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Théories spectrales, II, p. 297
Soit r⩾1 un entier. Soit A=(ai,j) une matrice symétrique définie positive de type (r,r) à coefficients entiers, et soit N⩾1 un entier tel que la matrice A∗= NA−1 soit également à coefficients entiers. On note Q (resp. Q) la forme quadratique entière associée à A (resp. à A−1), c’est-à-dire que l’on a Q(x)=txAx pour tout x∈Zr. On note (a,b)↦⟨a∣b⟩A la forme bilinéaire associée à A, de sorte que ⟨a∣b⟩A=taAb.
On note H l’ensemble des nombres complexes z tels que I(z)>0. C’est un ouvert de C. On note log:H→C la restriction à H de la détermination principale du logarithme (FVR, III, p. 10). Soit k∈N un entier impair. Pour z∈H, on note zk= exp(k log(z)).
a) Le groupe SL2(Z) agit transitivement sur H par
(abcd)⋅z=cz+daz+b,(abcd)∈ SL2(Z)
(cf. TA, I, p. 150, exercice 5).
b) Pour tout nombre complexe z∈H et tout x∈Zr, la série
∑m∈Zr exp(iπQ(m)z)
m≡x mod.N
converge absolument et uniformément sur les compacts.
On note θA(z;x) ou θQ(z;x) la somme de cette série (« fonction thêta associée à Q »). C’est une fonction holomorphe sur H. c) Pour tout y∈Zr, on a
(appliquer la formule de Poisson et l’exercice 1).
d) On note H le sous-groupe de (Z/NZ)r formé des éléments α∈(Z/NZ)r tels que Aα=0 dans Z/NZ. Le groupe H est de cardinal det(A). Tout caractère de H est de la forme
ψβ(α)= exp(2iπN2⟨α∣β⟩A),
où β∈H.
e) Pour tout α∈H et z∈H, on a θQ(z+2;α)= exp(N22iπQ(α))θQ(z;α). f) Pour tout α∈H et z∈H, on a
θQ(−z1;α)=√det(A)1 (−iz)r/2∑ψβ(α)θQ(z;β).
β∈H
(ab)
g) Soit g=∈ SL2(Z) tel que c=0,d>0 et b≡c≡0 mod.2. Pour
(considérer d’abord θQ(g⋅z;α) où g=g ; remarquer la formule
1 0
dg⋅z=b−(dz−c)−1, et appliquer la question précédente ; noter que Φ(α,β) ne dépend que de β modulo N).
h) Supposons de plus que c≡0 mod.2N. Alors
θQ(g⋅z;x)=dr/2τ(cz+d)kθQ(z;aα)
où
τ=∑ exp(dN2iπbQ(δ)).
δ mod.dNδ≡x mod.N
i) Supposons de plus que d est impair. On a τ= exp(N2iπabQ(α))τQ(c;d), où
τQ(c,d)=∑e(−diπcQ(x))
x∈(Z/dZ)r (« somme de Gauss »). j) Écrivons d=p1⋯pk, où p1,...pk sont des nombres premiers. On note
k(dn)=∏ℓpi(n)i=1
où, pour tout nombre premier impair p, on note ℓp l’unique caractère d’ordre 2 de (Z/pZ)∗, étendu à Z/pZ en posant ℓp(0)=0 (« symbole de Jacobi »). Si d et 2c det(A) sont premiers entre eux, alors
τQ(c,d)=( det(A)d)(εd(d2c)√d)r,
où
{1 si d≡1 mod.4
εd=
i si d≡−1 mod.4.
(Diagonaliser la forme quadratique et utiliser l’exercice précédent.)
k) Si g est congrue à l’identité modulo 4N, alors
θQ(g⋅z;α)=(d2c)r(cz+d)kθQ(z;α)
Cela signifie que l’application z↦θq(z;α) est une forme modulaire holomorphe de poids r/2 et de niveau 4N. (FM, en préparation.)