Théories spectrales, II, p. 301
Bourbaki marks this one as harder than the rest.
Soient k⩾2 et ℓ>k des entiers naturels. Pour tout entier N⩾1, on note rk,ℓ(N) le nombre de familles (n1,...,nℓ)∈Nℓ telles que
n1k+⋯+nℓk=N
Le but de cet exercice est de démontrer que, si ℓ est assez grand en fonction de k, alors rk,ℓ(N)⩾1 (« problème de Waring ») pour tout N⩾1.
On note e:T→C∗ le caractère défini par passage au quotient par le caractère x↦e2iπx de R.
Soit P⩾1 un entier. On note SP la fonction sur T telle que
SP(x)=n=1∑Pe(xnk)
On note dx la mesure de Haar normalisée sur T.
a) Si P>N1/k, alors on a
rk,ℓ(N)=∫TSP(x)ℓe(−Nx)dx
b) Soit δ un nombre réel tel que 0<δ<1/3 et soit P=[N1/k]. On suppose que N est suffisamment grand, de sorte que P⩾1. Soient a et q des entiers premiers entre eux tels que 1⩽q⩽Pδ. On note Ma,q l’image dans T de l’intervalle ouvert
]qa−Pk−δ1,qa+Pk−δ1[.
Pour x∈Ma,q, on a
n=1∑Pe2iπxnk=q1S(a;q)I(x−qa)+O(P2δ)
lorsque N→+∞, où
S(a;q)=x=1∑qe(qaxk),I(y)=∫0Pe(ytk)dt.
c) On note M la réunion des ensembles Ma,q lorsque q parcourt l’ensemble des entiers tels que 1⩽q⩽Pδ et a l’ensemble des entiers premiers à q tels que 1⩽a<q. Si δ<1/5, alors il existe un nombre réel δ′>0 tel que
∫MSP(x)ℓe(−Nx)dx=Pℓ−kS(Pδ,N)J(Pδ)+O(Pℓ−k−δ′)
lorsque N→+∞, où on pose, pour Q⩾1
q
1 ℓaN S(Q,N)=∑∑S(a;q)e−
1⩽q⩽Qa=1
∫Q∫1ℓ
J(Q) = e(ytk)dte(−y)dy.
−Q 0
d) On a
Γ(1+1/k)ℓ−(ℓ/k−1)
J(Q) = + O(Q )
Γ(ℓ/k)
lorsque Q→+∞. (Montrer d’abord que
1∫−1+1/k−(ℓ/k−1)
J(Q) = (y1⋯yℓ−1(1−y1−⋯−yℓ−1))dy+O(Q )
kXℓℓ
où
Xℓ={(y1,...,yℓ−1)∈(R+∗)ℓ−1∣y1+⋯+yℓ−1<1}
puis évaluer cette intégrale ; cf. FVR VII, p. 8, prop. 4.)
e) Supposons que ℓ>δ−1k2k. Il existe δ′>0 tel que
∫T−M∣SP(x)∣ℓe(−Nx)dx=O(Pℓ−k−δ′)
lorsque N→+∞. (Si N est suffisamment grand et si x∈R a image dans T− M, il existe des entiers a et q premiers entre eux tels que
Pδ⩽q⩽Pk−δ,∣x−a∣⩽12
Utiliser alors l’exercice 66.)
f) Pour tout nombre premier p et tout entier m⩾1, posons
A(pm)=∑pm(pm1S(a;pm))ℓe(−pmaN)
a=1 (a,q)=1
et
N(pm)= Card({(x1,...,xℓ)∈(Z/pmZ)ℓ∣x1k+⋯+xℓk=N mod.pm}). Lorsque ℓ>2k, on a
+∞m
1+∑A(pm)= limm→+∞pm(ℓ−1)N(p).
m=1
g) Lorsque ℓ>2k, on a S(Q,N)=S(N)+o(1) quand Q→+∞, où
S(N)=p∏(1+m⩾1∑A(pm))
le produit portant sur les nombres premiers étant absolument convergent. h) Soit p un nombre premier. Soit ν⩾0 l’entier tel que k=pνr où p ne divise pas r. Notons γ l’entier
{ν+1 si p⩾3
ν+2 sinon.
S’il existe des entiers (n1,...,nℓ) tels que p ne divise pas tout les ni et tels que
x1k+⋯+xℓk≡0 mod.pγ,
alors
limm→+∞pm(ℓ−1)N(pm)>0.
i) Il existe ℓ>k tel que, si N est suffisamment grand, alors S(N)>0. (Utiliser la question précédente et la question h) de l’exercice 33.)
j) Il existe un entier ℓ>k tel que rk,ℓ(N)⩾1 pour tout entier N⩾1.
Rien.
Rien.