Théories spectrales, III, p. 106
Soient p et r des nombres réels tels que 1⩽p<r. Soit u une application linéaire continue de ℓKr(N) dans ℓKp(N).
On note rn (resp. pn) la projection
(xi)i∈N↦(x0,...,xn−1,0,0,...)
sur ℓKr(N) (resp. sur ℓKp(N)). On note ∥⋅∥p (resp. ∥⋅∥r) la norme sur ℓKp(N) (resp. sur ℓKr(N)).
a) Montrer que pour tout n∈N, on a ∥pnu(1−rm)∥→0 quand m→+∞, où 1 désigne le morphisme identique de ℓKr(N).
b) Pour n,m∈N, soit un,m=(1−pn)u(1−rm). Soit α=(αn)n∈N une suite de nombres réels strictement positifs telle que ∥α∥r=1 et α n’appartient pas à ℓKp(N), et soit (εn) une suite de nombres réels strictement positifs telle que la série ∑εnαn converge.
Si u n’est pas compacte, montrer qu’il existe δ>0, des suites strictement croissantes d’entiers (ni)i∈N et (mi)i∈N et deux suites (xi)i∈N d’éléments de ℓKr(N) et (yi)i∈N d’éléments de ℓKp(N), avec les propriétés suivantes :
(i) On a ∥xi∥r=1 pour tout i∈N;
(ii) Les ensembles Si={n∈N∣xi,n=0} sont deux à deux disjoints et les ensembles Ti={n∈N∣yi,n=0} sont deux à deux disjoints ;
(iii) On a ∥yi∥p⩾δ;
(iv) On a ∥u(xi)∥q>δ−2εi.
(Procéder par récurrence et utiliser les formules
u=un,m+pnu(1−rm)+(1−pn)urm+pnuqm
pour n et m dans N.)
c) En déduire par contradiction que u est compacte (« théorème de Pitt »). d) Montrer que l’injection canonique de ℓKp(N) dans ℓKr(N) n’est pas compacte.
e) Soient p et r des nombres réels tels que 1⩽p⩽r⩽+∞. Montrer que ℓKr(N) est isomorphe à ℓKp(N) si et seulement si p=r.
Nothing.
Nothing.