§ 1. Applications linéaires compactes
1. Applications linéaires compactes
Définition 1 02NY
Soient E un espace vectoriel topologique et F un espace vectoriel topologique séparé. On dit qu’une application linéaire de E dans F est compacte s’il existe un voisinage V de 0 dans E tel que soit une partie relativement compacte de F.
On note l’ensemble des applications linéaires compactes de E dans F ; on note aussi l’ensemble .
Remarque 1 02NZ
Un voisinage de 0 dans E absorbe toute partie bornée de E ; l’image d’une partie bornée de E par une application linéaire compacte de E dans F est donc une partie relativement compacte de F.
Remarque 2 02O0
Soit E un espace semi-normé et soit B la boule unité de E. Pour qu’une application linéaire de E dans un espace vectoriel topologique séparé F soit compacte, il faut et il suffit que soit une partie relativement compacte de F.
Remarque 3 02O1
Soit F un espace vectoriel topologique séparé. Pour qu’un sous-espace vectoriel E de F soit de dimension finie, il faut et il suffit que l’injection canonique de E dans F soit compacte (EVT, I, p. 15, th. 3).
Remarque 4 02O2
Pour tout espace vectoriel topologique E sur le corps , on note l’espace vectoriel topologique complexifié de E (EVT, II, p. 65). On identifie E à un sous-espace vectoriel topologique réel de par l’application ; l’espace vectoriel topologique réel sous-jacent à est alors somme directe topologique de E et .
Soit une application linéaire de E dans un espace vectoriel topologique séparé F sur . Notons l’application -linéaire de dans qui prolonge . Les ensembles de la forme , où V est un voisinage de 0 dans E, forment un système fondamental de voisinages de 0 dans . Pour que l’ensemble soit relativement compact dans , il faut et il suffit que soit relativement compact dans F. Par suite, pour que l’application -linéaire soit compacte, il faut et il suffit que l’application -linéaire le soit.
Dans le même ordre d’idées, lorsque est une application -linéaire continue de dans un -espace vectoriel topologique G, pour que soit compacte il faut et il suffit que sa restriction à E soit compacte.
Remarque 5 02O3
Soient E un espace vectoriel topologique, F un espace vectoriel topologique séparé. Soit un sous-espace vectoriel fermé de F et soit l’injection canonique de dans F. Pour qu’une application linéaire de E dans soit compacte, il faut et il suffit que l’application linéaire de E dans F le soit.
Remarque 6 02O4
Soit une famille d’espaces vectoriels topologiques séparés, et pour tout , soit une application linéaire compacte d’un espace vectoriel topologique E dans . Si l’ensemble I est fini, ou si E est un espace semi-normé, l’application linéaire de E dans est compacte (remarque 2 et TG, I, p. 63, th. 3).
Proposition 1 02O5
Soient E un espace vectoriel topologique et F un espace vectoriel topologique séparé.
a) Toute application linéaire compacte de E dans F est continue ;
b) Toute application linéaire continue de rang fini de E dans F est compacte;
c) L’ensemble des applications linéaires compactes de E dans F est un sous-espace vectoriel de .
Démontrons a). Soient une application linéaire compacte et U un voisinage de 0 dans F. Choisissons un voisinage V de 0 dans E tel que soit relativement compact dans F. Alors est borné et il existe donc un nombre réel tel que l’ensemble soit contenu dans U ; par suite, est continue.
Soit une application linéaire continue de rang fini. Comme l’image de est séparée et de dimension finie, il existe un voisinage compact A de 0 dans . L’ensemble est un voisinage de 0 dans E et l’on a , donc l’application linéaire est compacte. Cela prouve l’assertion b).
Soient et des applications linéaires compactes de E dans F. Soient et des voisinages de 0 dans E tels que les ensembles et soient relativement compacts dans F. Posons et . Alors est contenu dans , donc est relativement compact dans F, et l’application linéaire est compacte. Il est immédiat que est stable par homothétie. Cela prouve que est un sous-espace vectoriel de , d’où l’assertion c).
Proposition 2 02O6
Soient E un espace semi-normé et F un espace vectoriel topologique séparé. On suppose que toute partie fermée bornée de F est complète. Alors le sous-espace vectoriel de est fermé pour la topologie de la convergence bornée.
Soit un élément de adhérent à pour la topologie de la convergence bornée. Notons B la boule unité de E et V un voisinage de 0 dans F. Choisissons un voisinage W de 0 dans F tel que . Il existe par hypothèse un élément de tel que . L’ensemble étant relativement compact dans F, il existe une partie finie M de F telle que , d’où . Comme ceci vaut pour tout V, l’ensemble est précompact dans F, donc son adhérence l’est également (TG, II, prop. 1, p. 30). Puisque celle-ci est fermée et bornée, elle est complète par l’hypothèse faite sur F, et par conséquent est compacte (TG, II, cor., p. 30). Il en résulte que est relativement compact. Cela prouve que appartient à .
Si F est localement convexe, l’hypothèse de la proposition signifie que F est quasi-complet (EVT, III, p. 8, déf. 6).
Corollaire 02O7
Soient E et F des espaces de Banach. L’ensemble est un sous-espace vectoriel fermé de l’espace de Banach . Il contient l’adhérence de l’espace des applications linéaires continues de rang fini de E dans F.
Cela résulte des propositions 1 et 2.
Il existe des espaces de Banach E et F tels que ne soit pas dense dans cf. remarque 6 de III, p. 16 et théorème 4 de III, p. 19, b)).
Proposition 3 02O8
Soient , E, F, des espaces vectoriels topologiques, F et étant supposés séparés. Soient et des applications linéaires. Si et sont continues et compacte, alors est compacte.
Par hypothèse, il existe un voisinage V de 0 dans E tel que soit relativement compact dans F. Posons . Alors U est un voisinage de 0 dans et son image par est contenu dans (V)), donc est relativement compact dans . Par suite, l’application linéaire est compacte.
Soit E un espace vectoriel topologique séparé ; d’après les prop. 1 et 3 est un idéal bilatère de l’algèbre . Lorsque E est un espace de Banach, est une algèbre de Banach et est un idéal bilatère fermé de (cor. de la prop. 2). C’est un idéal propre si E est de dimension infinie (cf. remarque 3, p. 2).
Corollaire 02O9
Soit E un espace hilbertien. L’espace est un idéal bilatère auto-adjoint fermé de . En particulier, c’est une algèbre stellaire.
En effet, l’espace est un idéal bilatère fermé, donc auto-adjoint, de (lemme 15 de I, p. 122).
Proposition 4 02OA
Soient E un espace vectoriel topologique, son séparé complété et l’application canonique de E dans . Soit une application linéaire compacte de E dans un espace vectoriel topologique séparé F. Il existe une unique application linéaire compacte de dans F telle que .
Identifions F à un sous-espace vectoriel topologique de et notons l’unique application linéaire continue telle que coïncide avec dans E. Comme est compacte, il existe un voisinage V de 0 dans E et une partie compacte A de F tels que . On a , d’où . Or est un voisinage de 0 dans (TG, III, p. 24, prop. 7). Par suite, l’image de est contenue dans F et l’application linéaire continue déduite de par passage au sous-espace est compacte. Comme est dense dans , l’application est l’unique application linéaire continue de dans F telle que .
Proposition 5 02OB
Soient E un espace localement convexe, F un espace vectoriel topologique séparé et une application linéaire compacte de E dans F. Il existe un espace de Banach G, une application linéaire continue de E dans G et une application linéaire compacte de G dans F tels que .
Soit V un voisinage de 0 dans E tel que soit relativement compact dans F. Soit une semi-norme continue sur E telle que V contienne la boule unité de (EVT, II, p. 26, cor.). Notons l’espace semi-normé obtenu en munissant E de la semi-norme . L’application est une application linéaire compacte de dans F. Le séparé complété G de est un espace de Banach. Notons l’application linéaire canonique de dans G. D’après la prop. 4, il existe une application linéaire compacte telle que . D’autre part, est une application continue de E dans G car la topologie de E est plus fine que celle de .
2. Applications linéaires compactes et topologies faibles
Soient E un espace localement convexe, son dual. Rappelons que la topologie sur E s’appelle la topologie affaiblie sur E (EVT, IV, p. 4). Dans ce numéro, désigne l’espace E muni de la topologie affaiblie.
Proposition 6 02OC
Soient E un espace localement convexe, F un espace localement convexe séparé, une application linéaire compacte et B une partie bornée de E. La restriction de à B est une application continue de l’ensemble B, muni de la topologie induite par , dans l’espace F.
L’application est une application linéaire continue de E dans F, et aussi de dans . Sa restriction à B est donc une application continue de l’ensemble B, muni de la topologie induite par , dans l’espace . Or l’ensemble est contenu dans une partie compacte C de F (remarque 1 de III, p. 2) et l’espace est séparé, de sorte que les topologies induites sur C par celles de F et de coïncident. La proposition en résulte.
Corollaire 02OD
Soit une suite de points de E, qui converge vers un point de E pour la topologie affaiblie. La suite converge dans F vers .
En effet, l’ensemble constitué du point et des points de la suite est une partie bornée de E (EVT, III, p. 3, cor. de la prop. 2).
Proposition 7 02OE
Soient E un espace semi-normé, son dual, B la boule unité de et une application linéaire de dans un espace localement convexe séparé F. Si la restriction de à B muni de la topologie induite par est continue, alors est une partie compacte de F et est une application linéaire compacte du dual fort de E dans F.
En effet l’ensemble B, muni de la topologie induite par , est compact (EVT, III, p. 17, cor. 2).
Corollaire 1 02OF
Soit E un espace semi-normé de type dénombrable, soit son dual et soit B la boule unité de . Soit une application linéaire de dans un espace localement convexe séparé F. On suppose que pour toute suite d’éléments de B qui converge pour vers 0, la suite converge vers 0 dans F. Alors, est une partie compacte de F et est une application linéaire compacte du dual fort de E dans F.
En effet, la topologie induite sur B par est métrisable (EVT, III, p. 19, cor. 2). L’hypothèse du corollaire entraîne donc que la restriction de à B est une application continue de B dans F, lorsque B est muni de la topologie , et le corollaire résulte de la proposition précédente.
Corollaire 2 02OG
Soient E un espace semi-normé et un ensemble de parties précompactes de E dont la réunion est dense dans E. Notons le dual fort de E et le dual de E muni de la -topologie. L’espace est séparé et l’application identique de dans est compacte.
L’espace est séparé d’après TG, X, p. 8, prop. 7 ; sur la boule unité de , la -topologie coïncide avec la topologie faible (EVT, III, p. 17, prop. 5), d’où le corollaire.
Exemple 02OH
Soit E un espace semi-normé. L’application identique de dans l’espace , muni de la topologie faible, de la topologie de la convergence compacte ou de la topologie de la convergence précompacte, est compacte.
Proposition 8 02OI
Soient E un espace de Banach réflexif, B sa boule unité, F un espace localement convexe séparé et une application linéaire. Les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) L’application linéaire est compacte ;
(ii) L’ensemble est une partie compacte de F ;
(iii) La restriction de à B est une application continue de l’ensemble B, muni de la topologie induite par , dans F ;
(iv) Pour toute suite de points de B qui converge vers 0 pour la topologie , la suite converge vers 0 dans F ;
(v) De toute suite infinie de points de , on peut extraire une suite qui converge dans F ;
(vi) Toute suite infinie de points de a une valeur d’adhérence dans F.
Comme E est un espace réflexif, B est une partie compacte de (EVT, IV, p. 17, prop. 6), donc (iii) implique (ii). La condition (ii) implique (i) par définition, et la condition (i) implique (iii) d’après la prop. 6. Il est également élémentaire que (iii) implique (iv) et que (v) implique (vi).
Nous allons maintenant démontrer que (iv) implique (v). Soit une suite infinie de points de B. Comme B est une partie compacte de , il existe d’après le théorème de mulian (EVT, IV, p. 36, th. 2) une suite , extraite de la suite , qui converge dans vers une limite . La suite est bornée dans , donc dans E (EVT, IV, p. 1, prop. 1) ; elle est donc contenue dans un ensemble homothétique de B. Si la condition (iv) est satisfaite, la suite converge vers 0 dans F, et , qui est une suite extraite de , converge vers . Cela prouve que (iv) implique (v).
Démontrons pour finir que (vi) implique (ii). Soit l’injection canonique de F dans son complété. Sous l’hypothèse (vi), est une partie précompacte de F (EVT, IV, p. 32, prop. 1), donc est une partie relativement compacte de (TG, II, n, p. 29) et est une application linéaire compacte. D’après l’équivalence déjà démontrée des conditions (i) et (ii), est une partie compacte de . Par suite, est une partie compacte de F.
3. Transposition
Soient E un espace localement convexe et son dual. Rappelons que l’on note et les espaces localement convexes obtenus en munissant l’espace vectoriel de la topologie de la convergence bornée et de celle de la convergence compacte respectivement (EVT, III, p. 14). L’espace est aussi appelé le dual fort de E (loc. cit., exemple 4).
Proposition 9 02OJ
Soient E un espace localement convexe, F un espace localement convexe séparé et une application linéaire continue de E dans F.
a) Si l’application est compacte, alors sa transposée est une application linéaire compacte de dans et une application linéaire continue de dans ;
b) Supposons que l’espace E soit un espace semi-normé et que l’espace F soit quasi-complet. Si la transposée est une application continue de dans , alors l’application linéaire est compacte.
Supposons d’abord que l’application linéaire est compacte. Il existe alors un voisinage V de 0 dans E dont l’image par est contenue dans une partie compacte C de F. De par sa définition (EVT, II, p. 47, déf. 2 et p. 68, déf. 1), le polaire de C est un voisinage de 0 dans et l’on a . Or est une partie équicontinue de , fermée pour la topologie faible, donc compacte dans (EVT, III, p. 17, cor. 2 et prop. 5). Cela prouve que est une application linéaire compacte de dans .
Conservons les hypothèses précédentes et soit U un voisinage de 0 dans . Il contient le polaire d’une partie bornée A de E. Comme l’application linéaire est compacte, l’ensemble est relativement compact dans F (remarque 1 de III, p. 2), et est un voisinage de 0 dans . Cela prouve que est une application linéaire continue de dans .
Plaçons-nous maintenant sous les hypothèses de b) et notons B la boule unité de E. Le polaire de B est la boule unité de et l’on a . Si est une application continue de dans , l’ensemble est donc un voisinage de 0 dans ; il contient alors le polaire d’une partie compacte C de F. D’après le théorème des bipolaires (EVT, II, p. 49, cor. 3), l’ensemble est contenu dans l’enveloppe fermée convexe de ; celle-ci est compacte parce que l’espace F est quasi-complet (EVT, III, p. 8). Cela prouve que l’application linéaire est compacte.
Corollaire 1 (Schauder) 02OK
Soient E un espace semi-normé, F un espace de Banach, et leurs duals forts respectifs et une application linéaire continue de E dans F. Les propriétés suivantes sont équivalentes :
(i) L’application linéaire de E dans F est compacte ;
(ii) L’application linéaire de dans est compacte ;
(iii) L’application linéaire de dans est continue.
L’équivalence de (i) et (iii) résulte de la prop. 9, a) et b) ; l’implication (iii)(ii) provient du fait que l’application identique de dans est compacte (cor. de la prop. 7 de III, p. 7).
Démontrons pour conclure que la condition (ii) implique (i). Supposons que l’application linéaire soit compacte. Il résulte de l’implication (i)(ii), appliquée à , que est une application linéaire compacte de dans . Notons l’application linéaire canonique de E dans ; elle est continue. Comme F s’identifie à un sous-espace vectoriel fermé de et que coïncide avec sur E, il résulte de la remarque 5 de III, p. 3 que l’application linéaire est compacte.
Corollaire 2 02OL
Soient E un espace semi-normé et F un espace de Banach de type dénombrable. Soit une application linéaire continue de E dans F. On suppose que pour toute suite d’éléments de tendant faiblement vers 0, la suite tend fortement vers 0 dans . Alors l’application linéaire est compacte.
Notons la boule unité de , munie de la topologie induite par la topologie . Comme F est un espace de Banach de type dénombrable, est un espace compact métrisable (EVT, III, p. 19, cor. 2). Sous l’hypothèse faite, la restriction de à est une application continue de dans et est une partie compacte de . D’après le cor. 1, l’application linéaire est compacte.
Remarque 02OM
Soient E et F des espaces localement convexes séparés. La transposée d’une application linéaire compacte de E dans F n’est pas toujours une application linéaire compacte de dans cf. III, p. 108, exercice 15).
4. Le théorème de Leray–Schauder
Le théorème suivant sera démontré dans TA, à paraître.
Théorème 1 (Brouwer) 02ON
Soit B une partie convexe compacte non vide d’un espace vectoriel normé de dimension finie. Toute application continue de B dans B possède un point fixe.
Nous allons en déduire le résultat suivant.
Théorème 2 (Leray–Schauder) 02OO
Soit X un espace topologique compact non vide, homéomorphe à une partie convexe d’un espace localement convexe. Toute application continue de X dans X possède un point fixe.
On peut supposer que X est une partie convexe d’un espace localement convexe E. Soient N l’adhérence de dans E et la surjection canonique. Puisque X est un espace séparé, la restriction de à X est injective ; puisque X est compact, elle définit alors un homéomorphisme de X sur une partie convexe compacte non vide de l’espace localement convexe séparé . Cela nous permet de supposer que l’espace E est séparé.
Soit une application continue. L’application définie par est continue ; comme X est compact, l’image est fermée. Il suffit donc de prouver que 0 est adhérent à (X), c’est-à-dire que pour tout voisinage ouvert convexe U de 0 dans E, il existe un point de X tel que .
Soit U un voisinage convexe de 0 dans E. Pour tout , désignons par l’ensemble des éléments de X tels que . Il est ouvert dans X et contient . Comme X est compact et non vide, il existe une partie finie non vide A de X telle que les ensembles , pour , recouvrent X. Soit une partition continue de l’unité subordonnée au recouvrement (TG, IX, p. 43, prop. 1 et p. 47, th. 3). Notons F le sous-espace vectoriel de E engendré par . Pour tout , posons
On définit ainsi une application continue . Son image est contenue dans l’enveloppe convexe de (A), donc dans . Comme l’ensemble est une partie convexe compacte non vide d’un espace vectoriel de dimension finie, l’application possède un point fixe d’après le théorème 1. On a
Pour tout A tel que , on a de sorte que . Comme U est convexe, on conclut que , ce qui achève la démonstration.
5. Sous-espaces invariants par un opérateur compact
Le théorème suivant est à rapprocher du lemme de Schur (A, VIII, p. 43, cor. et V, p. 386, prop. 6) et du cor. 4 de I, p. 26.
Théorème 3 02OP
Soient E un espace localement convexe séparé sur et A une partie de . Faisons les hypothèses suivantes :
(i) Il n’existe aucun sous-espace vectoriel fermé de E, distinct de et E, qui soit stable par A ;
(ii) L’ensemble A contient un endomorphisme compact non nul. Alors le commutant de A est réduit aux homothéties.
En remplaçant A par la sous-algèbre unifère de engendrée par A, on se ramène au cas où A est une sous-algèbre unifère de . Soit alors un endomorphisme compact non nul de E appartenant à A.
Lemme 1 02OQ
Il existe un élément de A tel que le noyau de ne soit pas réduit à 0.
Il existe un élément de E tel que . Soit V un voisinage fermé de ne contenant pas 0. Comme l’endomorphisme est compact, on peut choisir un voisinage ouvert convexe U de tel que soit une partie relativement compacte de V. L’adhérence C de est donc une partie convexe compacte de E ; comme elle est contenue dans V, elle ne contient pas 0.
Soit un point de C. Notons l’ensemble des images de par les éléments de A. C’est un sous-espace vectoriel de E stable par A ; il est non nul car il contient . D’après l’hypothèse (i) du théorème, l’ensemble est dense dans E. Il existe donc un élément de A tel que . Comme l’ensemble C est compact, il existe une
famille finie d’éléments de A tels que les ensembles recouvrent C. Il existe une partition continue de l’unité sur C subordonnée à ce recouvrement (TG, IX, p. 47, th. 3). Définissons une application en posant
pour tout ; c’est une application continue. Comme U est convexe et que appartient à U lorsque n’est pas nul, on a et . D’après le théorème de Leray–Schauder (th. 2 de III, p. 11), il existe un élément tel que . Posons alors
On a et est non nul puisque 0 n’appartient pas à C, donc le noyau de n’est pas nul.
Terminons la démonstration du théorème 3. Soit un élément de A tel que le noyau T de soit non nul (lemme 1). Notons l’injection canonique de T dans E. L’application linéaire est égale à , elle est donc compacte. Ainsi la dimension de T est finie (remarque 3 de III, p. 2). Soit un élément de qui commute à A. Comme commute à , on a . Comme T est de dimension finie non nulle sur le corps algébriquement clos , l’endomorphisme de T induit par admet une valeur propre .
Posons F = Ker(). C’est un sous-espace vectoriel fermé non nul de E ; il est stable par A, puisque commute aux éléments de A. D’après l’hypothèse (i), on a F = E, d’où .
Corollaire 1 02OR
Conservons les hypothèses du théorème 3 et supposons de plus que les éléments de A soient deux à deux permutables. Alors E est de dimension 1 sur .
D’après l’hypothèse (ii) du théorème 3, l’espace E n’est pas nul. Il contient donc un sous-espace vectoriel F de dimension 1. Ce sous-espace est fermé car E est supposé séparé. D’après le th. 3, tout élément de A est une homothétie, donc stabilise F. Il résulte alors de l’hypothèse (i) du th. 3 que F est égal à E.
Corollaire 2 (Lomonosov) 02OS
Soient E un espace localement convexe séparé de dimension au moins 2 sur le corps et un endomorphisme de E. On suppose qu’il existe un endomorphisme compact de E permutable à . Il existe alors un sous-espace vectoriel fermé F de E, distinct de et de E, tel que .
En effet, le corollaire 1 montre que l’ensemble ne peut satisfaire à l’hypothèse (i) du théorème 3.
Corollaire 3 02OT
Soient E un espace localement convexe séparé sur le corps et un endomorphisme compact de E. Si E est de dimension au moins 2, il existe un sous-espace vectoriel fermé F de E, distinct de et de E, tel que .
Le cas est immédiat. Le cas se déduit du cor. 2 en prenant .
6. Espaces d’approximation
Étant donnés des espaces localement convexes E et F, rappelons (EVT, III, p. 14, exemple 2) que l’on note l’espace localement convexe obtenu en munissant de la topologie de la convergence précompacte. On note aussi l’espace localement convexe . Lorsque l’espace localement convexe E est séparé et quasi-complet (EVT, III, p. 8, déf. 6), la topologie de la convergence précompacte sur coïncide avec la topologie de la convergence compacte, puisque l’adhérence d’une partie précompacte de E est compacte (EVT, III, p. 8).
Définition 2 02OU
On dit qu’un espace localement convexe E possède la propriété d’approximation, ou encore est un espace d’approximation, si l’application identique de E est adhérente dans l’espace à l’ensemble des endomorphismes continus de rang fini de E.
En particulier, tout espace localement convexe de dimension finie est un espace d’approximation.
Remarque 1 02OV
Pour que la somme directe topologique d’espaces localement convexes E et F soit un espace d’approximation, il faut et il suffit que E et F soient des espaces d’approximation.
Remarque 2 02OW
Soit E un espace localement convexe. Soient N l’adhérence de dans E et P un sous-espace supplémentaire algébrique de N dans E. Alors P est un supplémentaire topologique de N dans E, et est isomorphe à l’espace localement convexe . L’espace N est un espace d’approximation. D’après la remarque 1, pour que E soit un espace d’approximation, il faut et il suffit que l’espace localement convexe séparé en soit un.
Remarque 3 02OX
Soient E un espace localement convexe, A une partie équicontinue de et T une partie totale de E. Si est adhérent à A pour la topologie de la convergence simple dans T, alors est adhérent à A dans (EVT, III, p. 16, prop. 4 et p. 17, prop. 5), et E est un espace d’approximation.
Remarque 4 02OY
Soit E un espace localement convexe sur . Notons l’espace localement convexe sur sous-jacent à E. Pour que E soit un espace d’approximation, il faut et il suffit que en soit un. En effet, la condition est nécessaire ; démontrons qu’elle est suffisante. Supposons donc que soit un espace d’approximation. Soient C une partie précompacte de E et U un voisinage convexe équilibré de 0 dans E. Posons . Il existe une application -linéaire continue de rang fini de dans telle que appartienne à U pour tout . Posons pour tout dans E. On définit ainsi une application -linéaire continue de rang fini de E dans E. Pour tout , on a et , de sorte que appartient à U. Cela prouve que E est un espace d’approximation.
Remarque 5 02OZ
Soit E un espace localement convexe sur . Pour que l’espace localement convexe complexifié de E soit un espace d’approximation, il faut et il suffit que E en soit un. Cela résulte des remarques 1 et 4, puisque l’espace localement convexe réel sous-jacent à est isomorphe à .
Proposition 10 02P0
Soit E un espace hilbertien. Alors E est un espace d’approximation.
L’ensemble A des orthoprojecteurs de rang fini dans E est équicontinu. Soient un entier et une famille d’éléments de E. Notons V le sous-espace vectoriel engendré par les et l’orthoprojecteur d’image V. On a pour . Cela entraîne que est adhérent à A pour la topologie de la convergence simple, et il en résulte que E est un espace d’approximation (remarque 3).
D’autres exemples d’espaces d’approximation seront donnés dans le n de III, p. 20.
Lemme 2 02P1
Soit E un espace localement convexe. Alors E est un espace d’approximation si et seulement si, pour toute partie précompacte C de E et tout voisinage U de 0 dans E, il existe un entier , des éléments de E, et des formes linéaires continues sur E, tels que appartienne à U pour tout .
La définition de la topologie de la convergence précompacte montre que la condition est suffisante. Inversement, supposons que E soit un espace d’approximation. Soit P un espace supplémentaire topologique dans E de l’adhérence de cf. remarque 2). L’ensemble A des tels que est alors dense dans . Comme P est séparé, tout élément de A est de la forme , où sont des éléments de E et des formes linéaires continues sur E (EVT, I, p. 14, th. 2). Cela prouve que la condition est nécessaire.
Remarque 6 02P2
Il existe des espaces de Banach qui ne possèdent pas la propriété d’approximation, comme l’a démontré P. Enflo (A counterexample to the approximation problem in Banach spaces, Acta Math. 130 (1973), p. 309–317 ; cf. exercice 25 de III, p. 112). Cela répondait à une question de S. Banach (Théorie des opérations linéaires, Monografje Matematyczne I, Warszawa, 1932, remarques au chapitre VI, §1). Voir aussi la remarque p. 21.
Proposition 11 02P3
Soient E et F des espaces localement convexes. Supposons que E soit un espace d’approximation.
a) L’ensemble est dense dans ;
b) L’ensemble est dense dans ;
c) Soient un ensemble de parties bornées de F et . Supposons que l’image par de toute partie de F appartenant à soit précompacte. Alors est adhérent à pour la -topologie (EVT, III, p. 13).
Soit un élément de . L’application de dans est continue (TG, X, p. 5, prop. 3). On a et , donc est adhérent à dans . Cela prouve a).
De même, sous les hypothèses de c), l’application de dans est continue (loc. cit.). On a et , donc est adhérent à dans .
L’image d’une partie précompacte de F par une application linéaire continue de F dans E est précompacte, donc b) résulte de c).
Corollaire 02P4
Soient E un espace d’approximation séparé et F un espace localement convexe. Toute application linéaire compacte de F dans E est adhérente à dans l’espace muni de la topologie de la convergence bornée.
Cela résulte de la prop. 11, c), car l’image d’une partie bornée de F par une application linéaire compacte de F dans E est relativement compacte dans E (remarque 1 de III, p. 2), donc précompacte.
Proposition 12 02P5
Soient E un espace localement convexe, I un ensemble, et pour chaque , soient un espace localement convexe et une application linéaire continue d’image dense. Supposons que pour tout voisinage U de 0 dans E, il existe et un voisinage V de 0 dans tels que . Si les sont des espaces d’approximation, alors E en est un également.
Soient A une partie précompacte de E et U un voisinage de 0 dans E. Il existe par hypothèse et une semi-norme continue sur tels que U contienne . Posons et (A), et supposons que F soit un espace d’approximation. L’ensemble B est précompact dans F. Il existe donc (lemme 2) un entier , des éléments de F et des formes linéaires continues sur F, tels que l’on ait, pour tout ,
Comme B est borné (EVT, III, p. 3, prop. 2), il existe un nombre réel tel que pour tout tel que et tout . De plus, puisque est dense dans F, il existe, pour chaque entier tel que , un élément de E tel que . L’application linéaire
appartient à . Pour tout , on a
d’où , et par suite . La proposition en résulte.
Corollaire 1 02P6
Un sous-espace vectoriel dense d’un espace d’approximation est un espace d’approximation.
Corollaire 2 02P7
Si le séparé complété d’un espace localement convexe E est un espace d’approximation, alors E est un espace d’approximation.
Corollaire 3 02P8
Le produit d’une famille d’espaces d’approximation est un espace d’approximation.
Soit en effet une famille d’espaces d’approximation. Pour toute partie finie J de I, posons et notons l’application canonique de dans . L’espace localement convexe est un espace d’approximation (remarque 1). Le corollaire résulte alors de la prop. 12 appliquée à l’espace localement convexe E, à la famille d’espaces localement convexes et aux applications linéaires continues .
Corollaire 4 02P9
Soit E un espace localement convexe. Si toute semi-norme continue sur E est majorée par une semi-norme continue préhilbertienne, alors E est un espace d’approximation.
Soit l’ensemble des semi-normes préhilbertiennes continues sur E. Pour chaque , l’hypothèse implique que l’espace semi-normé obtenu en munissant E de la semi-norme est un espace d’approximation (corollaire 2 et proposition 10), et l’application identique de E dans est continue. Le corollaire résulte donc de la proposition 12.
Lemme 3 02PA
Soient E un espace localement convexe métrisable et une suite d’éléments de E convergeant vers 0. Il existe une suite d’éléments de E convergeant vers 0 et une suite d’éléments de l’intervalle convergeant vers 0 telles que l’on ait pour tout .
Puisque E est métrisable, il existe un système fondamental de voisinages équilibrés de 0 dans E tel que et pour tout . Puisque converge vers 0, il existe une suite strictement croissante d’entiers telle que et telle que, pour tout , on ait pour . Pour tout entier , il existe un unique entier tel que , et on pose alors et . La suite ainsi définie converge vers 0. De plus, comme pour , la suite converge vers 0 dans E. Enfin, on a pour tout .
Rappelons (EVT, II, p. 28) que si E est un espace vectoriel et L une partie convexe équilibrée de E, on note le sous-espace vectoriel de E engendré par L, muni de la semi-norme dont la boule unité est L. Lorsque l’ensemble L ne contient aucune droite, cette semi-norme est une norme.
Lemme 4 02PB
Soient E un espace de Fréchet et A une partie compacte de E. Il existe une partie compacte convexe équilibrée L de E contenant A telle que les topologies induites sur A par celles de E et de coïncident.
L’ensemble A est contenu dans l’enveloppe fermée convexe équilibrée de l’ensemble des points d’une suite d’éléments de E convergeant vers 0 (EVT, IV, p. 24, cor. 1). Soient et des suites satisfaisant aux conclusions du lemme 3. L’enveloppe fermée convexe équilibrée L des points de la suite contient A et est une partie compacte de E (EVT, III, p. 8). Par suite, est un espace de Banach (EVT, III, p. 8, cor.). Dans cet espace de Banach, la norme de est majorée par , donc la suite tend vers 0. L’enveloppe fermée convexe équilibrée de la suite dans est une partie compacte de (EVT, III, p. 8). Comme L est une partie bornée de E, l’injection canonique de dans E est continue. Les topologies induites sur par celles de et de E coïncident, et est une partie compacte, donc fermée, de E. Puisque l’ensemble est convexe, équilibré et contient la suite , il contient A. Ceci achève la démonstration.
Théorème 4 02PC
Soit E un espace de Fréchet.
a) Supposons que E soit un espace d’approximation. Alors, pour tout espace semi-normé F, l’espace est dense dans pour la topologie de la convergence bornée ;
b) Inversement, supposons que pour tout espace de Banach F, toute application linéaire compacte de F dans E soit adhérente à pour la topologie de la convergence bornée. Alors E est un espace d’approximation.
Soit F un espace semi-normé. L’adhérence de dans est contenue dans (prop. 1 et 2 de III, p. 4). Elle est égale à si E est un espace d’approximation d’après le cor. de la prop. 11. Cela prouve l’assertion a).
Supposons satisfaite l’hypothèse de b). Soit un nombre réel. Soient A une partie compacte de E et une semi-norme continue sur E. Soit L une partie compacte convexe équilibrée de E telle que A soit une partie compacte de l’espace normé (lemme 4). L’injection canonique est compacte et est un espace de Banach (EVT, III, p. 8, cor.). Il existe donc par hypothèse un entier , des éléments de E, et des formes linéaires continues sur , tels que l’application de dans E définie par vérifie pour . L’image de est dense dans pour la topologie faible (EVT, IV, p. 6, prop. 5). Sur la topologie de la convergence compacte est compatible avec la dualité entre et (EVT, IV, p. 3, exemple). Donc est dense dans pour la topologie de la convergence compacte (EVT, IV, p. 1, prop. 1), et il existe des formes linéaires continues sur E telles que
pour et . L’endomorphisme de E appartient à et pour tout , on a
Il résulte de cela que est adhérent à pour la topologie de la convergence compacte. Or celle-ci coïncide avec la topologie de la convergence précompacte car E est complet. Donc E est un espace d’approximation.
7. Exemples d’espaces d’approximation
Rappelons que tout espace hilbertien est un espace d’approximation (III, p. 15, prop. 10). Ce numéro donne d’autres exemples.
Si X est un espace localement compact, on note , ou simplement (X), l’espace de Banach des fonctions continues de X dans K tendant vers 0 à l’infini, muni de la norme définie par sup pour . Lorsque X est compact, cet espace coïncide avec l’espace des fonctions continues de X dans K.
Lemme 5 02PD
Soient X un espace topologique compact, F un sous-ensemble fini de et un nombre réel.
Il existe un sous-ensemble fini et une application linéaire de norme tels que pour tout .
Puisque l’ensemble F est une partie équicontinue de (X), il existe un recouvrement fini de X tel que, pour tout et tout , le diamètre de soit . Pour dans I, choisissons un point de , et notons l’ensemble fini des pour .
Soit une partition continue de l’unité subordonnée à (TG, IX, p. 47, th. 3). Définissons une application linéaire de dans en posant
pour tout . L’application linéaire est de norme et vérifie pour tout dans F, d’où l’assertion.
Proposition 13 02PE
Soit X un espace topologique localement compact. L’espace de Banach est un espace d’approximation.
Supposons d’abord X compact. Soit l’ensemble des applications de la forme , où est un sous-ensemble fini de X et une application linéaire de norme . L’ensemble A est équicontinu. Par le lemme 5, l’application identique de est adhérente à A pour la topologie de la convergence simple sur . La proposition résulte alors de la remarque 3 de III, p. 14.
Passons au cas général. Soient Y le compactifié d’Alexandroff de X et le point à l’infini de Y (TG, I, p. 67). Identifions à l’ensemble des éléments de nuls en . Alors est somme directe topologique de et de l’espace vectoriel des applications constantes sur Y. Comme est un espace d’approximation d’après ce qui précède, l’espace est un espace d’approximation (remarque 1 de III, p. 14).
Corollaire 02PF
Toute algèbre stellaire commutative est un espace d’approximation.
En effet, une telle algèbre est isomorphe à l’algèbre des fonctions continues tendant vers 0 à l’infini sur un espace localement compact (I, p. 108, th. 1).
Remarque 02PG
Si E est un espace hilbertien de dimension infinie, l’algèbre stellaire n’a pas la propriété d’approximation (A. Szankowski, does not have the approximation property, Acta Math. 147 (1981), p. 89–108).
Lemme 6 02PH
Soit X un espace topologique localement compact. Soit une mesure positive sur X et . Soient F un sous-ensemble fini de et un nombre réel.
Il existe un projecteur de rang fini de de norme tel que pour tout dans F.
Soit l’ensemble des partitions finies de X, où est un entier et sont des parties intégrables et de mesure non nulle de X. Pour toute partition , on définit un endomorphisme de en posant
pour , où est la fonction caractéristique de . L’application induit, par passage aux quotients, un projecteur de . On vérifie aisément que l’image de est l’espace des classes de fonctions telles que est nulle sur H et constante sur pour .
Démontrons que . Pour , on a
D’après l’inégalité de Hölder (INT, IV, p. 208, § 6, n, th. 2), on a pour tout l’inégalité
d’où .
Soit l’ensemble des classes dans des fonctions intégrables sur X qui ne prennent qu’un nombre fini de valeurs. Comme est dense dans (INT, IV, p. 162, §4, n, cor. 1), il existe un ensemble fini de tel que tout élément de F soit à distance au plus d’un élément de . En considérant la partition finie formée par les ensembles de mesure non nulle où l’application prend une valeur donnée, on voit qu’il existe un élément de tel que pour tout dans . Le projecteur a donc les propriétés requises.
Proposition 14 02PI
Soient X un espace topologique localement compact, une mesure positive sur X, et . L’espace est un espace d’approximation.
Si , alors l’espace est une algèbre stellaire commutative (exemple 4 de I, p. 103), donc un espace d’approximation (cor. de la prop. 13), et il en est de même de d’après la remarque 5 de III, p. 15.
Supposons que est fini. Soit l’ensemble des projecteurs de rang fini et norme . Par le lemme 6, l’application identique de est adhérente à A pour la topologie de la convergence simple, et la proposition résulte alors de la remarque 3 de III, p. 14.
Exercices
Dans les exercices 1 à 5 exclusivement K désigne un corps valué complet non archimédien et non discret, dont on note la valuation. On note aussi l’image de par l’application . Les espaces de Banach considérés sont des espaces de Banach sur K.
See the exercises for § 1.