§ 2. Exemples d’applications linéaires compactes
1. Endomorphismes de trace finie, de Hilbert–Schmidt et de puissance nucléaire
*Soient E et F des espaces hilbertiens. Tout endomorphisme de E de trace finie (EVT, V, p. 49, déf. 7 et p. 50, déf. 8) est compact (IV, p. 165, cor. 1) ; toute application de Hilbert–Schmidt de E dans F (EVT, V, p. 51, déf. 9) est compacte (IV, p. 165, cor. 2).
Pour tout nombre réel , l’espace vectoriel des applications linéaires de E dans F de puissance nucléaire est contenu dans cf. IV, p. 169, remarque 2 pour
2. Opérateurs diagonaux dans des espaces de suites
Soit I un ensemble non vide. Rappelons (EVT, I, p. 4 et p. 5) que l’espace vectoriel des familles bornées d’éléments de , muni de la norme sup, est un espace de Banach que l’on note .
Soit un élément de . L’espace des familles d’éléments de telles que la famille soit sommable est un espace vectoriel sur lequel l’application est une norme qui en fait un espace de Banach. Si l’on munit l’espace I de la topologie discrète et de la mesure pour laquelle pour tout , cet espace n’est autre que l’espace de Banach . Lorsque ou , cette notation coïncide ainsi avec celle de EVT, I, p. 4 et EVT, V, p. 18 (cf. INT, IV, p. 141, §4, n, exemple).
Pour des familles et de nombres complexes, on note la famille .
Proposition 1 02QK
Soit une famille bornée d’éléments de . Soit un élément de . Soit E l’espace de Banach .
a) Pour tout , on a et l’application est un endomorphisme continu de E, dont le spectre dans l’algèbre de Banach est égal à l’adhérence dans de l’ensemble des , et dont la norme est égale à sup;
b) L’endomorphisme est compact si et seulement si pour tout nombre réel , l’ensemble des éléments tels que est fini.
Avec les notations de la proposition, l’endomorphisme est appelé un endomorphisme diagonal de .
Démontrons la proposition. Soit C = sup. Soit . On a les inégalités
, si
sup, si .
Cela prouve que . L’application est donc un endomorphisme de E, et ces inégalités prouvent qu’il est de norme .
Pour , notons l’élément de tel que et si . On a alors pour tout , ce qui montre que appartient au spectre de . Comme le spectre de est fermé, l’adhérence dans de l’ensemble des est inclus dans le spectre de . Puisque le spectre de est contenu dans le disque centré en 0 et de rayon I, p. 24, th. 1 et formule (3) de I, p. 21), on en déduit l’inégalité , d’où .
Réciproquement, si n’est pas adhérent à l’ensemble des , alors la famille est bornée. Ce qui précède montre donc que l’application linéaire est un endomorphisme de E. Il est inverse de , et donc n’appartient pas au spectre de . Cela démontre a).
Démontrons maintenant b). Supposons que l’endomorphisme est compact. Soit . Notons J l’ensemble des tels que . L’ensemble des éléments pour est borné dans E. Son image par , formée des éléments pour , est donc relativement compacte dans E (remarque 1 de III, p. 2). Comme pour tout couple d’éléments dans J, cela n’est possible que si l’ensemble J est fini.
Démontrons l’assertion réciproque. Soit J une partie finie de I et notons , où pour et pour - J ; la famille définit un endomorphisme de rang fini de E. D’après ce qui précède, la norme de l’application linéaire est majorée par la borne supérieure dans de la famille . L’hypothèse implique que pour tout , il existe une partie finie telle que cette borne supérieure soit . Il en résulte que l’application est adhérente à (E), et donc qu’elle est compacte (III, p. 4, cor. de la prop. 2).
Remarque 1 02QL
L’hypothèse de l’assertion b) est toujours valide si I est fini. Lorsque l’ensemble I est infini, elle signifie que la famille tend vers 0 suivant le filtre des complémentaires de parties finies de I ; en particulier, l’ensemble des tels que est alors dénombrable.
Remarque 2 02QM
On verra ultérieurement (cf. IV, p. 149, théorème 1) que lorsque , tout endomorphisme compact normal de l’espace hilbertien est de la forme où est un endomorphisme compact diagonal et est un endomorphisme unitaire (EVT, V, p. 40) de l’espace hilbertien
3. Applications linéaires à valeurs dans un espace de fonctions continues définies par un noyau
On prend ici . Soient X et Y des espaces topologiques localement compacts. Soient une mesure complexe sur X et une application de dans possédant les deux propriétés suivantes :
(i) Pour tout , la fonction de X dans est -intégrable ;
(ii) L’application de Y dans est continue.
Munissons l’espace des fonctions continues sur Y à valeurs complexes de la topologie de la convergence compacte. Pour dans , on définit par
L’application est une forme linéaire continue sur , donc la condition (ii) montre que la fonction est continue.
Proposition 2 02QN
L’application de dans est compacte.
Quels que soient et dans Y, on a
D’après le théorème d’Ascoli (TG, X, p. 18, cor. 2), il en résulte que l’image par de la boule unité de est relativement compacte dans .
Corollaire 02QO
Soient X un espace topologique compact, Y un espace topologique localement compact, une mesure complexe sur X et une application continue de dans . Alors la formule (1) définit une application linéaire compacte, encore notée , de muni de la topologie de la convergence uniforme dans muni de la topologie de la convergence compacte.
Vérifions les conditions (i) et (ii) pour . Pour tout , l’application est continue sur l’espace compact X, donc -intégrable. De plus, l’application est continue de Y dans puisque X est compact (TG, X, p. 28, th. 3). Comme pour tout , cette application de Y dans est continue. D’après la prop. 2, l’application de dans est compacte. Par composition avec l’application canonique , on obtient une application linéaire compacte de dans .
4. Applications linéaires entre espaces de Lebesgue définies par un noyau
On prend ici . Soit X un espace topologique localement compact muni d’une mesure positive . Pour tout , on note et . Lorsque , on identifie le dual de avec où est l’exposant conjugué de , tel que (INT, V, p. 61, § 5, n, th. 4). On note la norme (ou semi-norme) de (ou ).
On rappelle qu’une partie A de X est dite -modérée (INT, V, p. 4, § 1, n) si elle est contenue dans la réunion d’une suite d’ensembles -intégrables, et qu’une fonction définie sur X à valeurs dans un espace vectoriel ou dans est -modérée si elle est nulle dans le complémentaire d’une partie -modérée de X. Si 1 et (X), alors est modérée (INT, V, p. 9, § 1, n, cor.). Si est -modérée, alors est -modérée pour toute fonction .
Soient et des éléments de. Soient X et Y des espaces topologiques localement compacts, munis de mesures positives et , respectivement. On munit l’espace (resp. ) de la mesure produit (resp. ).
On note , ou simplement , l’ensemble des applications )-mesurables de dans telles qu’il existe un nombre réel vérifiant
pour toutes fonctions et . On note alors la borne inférieure de l’ensemble des nombres réels C ayant cette propriété.
Remarque 02QP
Soient et . Puisque et , les fonctions et sont modérées, et la fonction définie par est )-modérée (cf. INT, V, p. 92, § 8, n, cor. 2). Par conséquent, la fonction est )-modérée, et en particulier l’intégrale supérieure de sa valeur absolue coïncide avec l’intégrale supérieure essentielle (INT, V, p. 6, § 1, n, prop. 7).
L’ensemble est un sous-espace vectoriel de l’espace des fonctions de dans et l’application définie par est une semi-norme sur .
Lemme 1 02QQ
Soit . La fonction est localement -intégrable.
L’application est )-mesurable par hypothèse. Soit A une partie compacte de . Il existe des parties compactes et telles que . En appliquant (2) aux fonctions caractéristiques de B et de C, on obtient
d’où le résultat (INT, V, p. 41, §5, n, prop. 1 et déf. 1).
Proposition 3 02QR
a) Soit . Pour et , la fonction
est -intégrable et il existe une unique application de dans telle que
pour tous et . L’application est linéaire et continue, sa norme est ;
b) Soit . On a si et seulement si est localement -négligeable ;
c) L’application qui à associe est une application linéaire continue de l’espace semi-normé dans l’espace de Banach , telle que pour tout .
Soit . Par définition, la fonction de dans définie par est )-intégrable lorsque et (Y), et l’application
est une application bilinéaire continue de dans . Pour tout (X), il existe donc un unique tel que pour tout ; notons . D’après (2), on a ; l’application est linéaire et continue de norme . De plus, l’application est linéaire, et les assertions a) et c) en découlent.
Démontrons b). Supposons que est localement )-négligeable. Soient et ; la fonction définie sur par est )-modérée. Comme elle est localement )-négligeable, elle est négligeable (INT, V, p. 7, § 1, n, cor. 1). Ainsi, on a . Il en résulte que .
Réciproquement, soit tel que . La fonction est localement )-intégrable (lemme 1). Pour toutes fonctions et (Y), on a
donc la mesure sur est nulle (cf. INT, III, p. 82, § 4, n, th. 1). Cela signifie que est localement )-négligeable (INT, V, p. 46, §5, n, cor. 2).
Définition 1 02QS
Soit . On dit que l’application est l’opérateur intégral à noyau de dans .
Pour et (X), on notera parfois aussi l’image par de la classe de dans .
Proposition 4 02QT
Soient et . L’application définie sur X par est -intégrable pour tout en dehors d’un ensemble localement -négligeable, et coïncide avec la classe de la fonction
définie localement -presque partout.
Notons l’ensemble des tels que l’application n’est pas -intégrable. Soit et soit C un voisinage compact de , dont on note la fonction caractéristique. D’après la condition (2) appliquée à et , la fonction est intégrable sur par rapport à la mesure . D’après le théorème de Lebesgue–Fubini (INT, V, p. 96, § 8, n, th. 1, a)), la fonction est -intégrable pour en dehors d’un ensemble -négligeable . Comme , on en déduit que est localement -négligeable dans Y (INT, IV, p. 172, § 5, n, déf. 3).
Notons l’application définie localement -presque partout sur Y par . Elle est localement -intégrable (INT, V, loc. cit.). Soit . On a
(INT, V, loc. cit.). On a donc localement -presque partout (cf. INT, V, p. 46, § 5, n, cor. 2).
Proposition 5 02QU
L’espace est contenu dans . L’application linéaire de dans définie par induit par passage au quotient une application linéaire continue injective de dans .
Soit . L’application est mesurable (INT, IV, p. 84, § 5, n, th. 5). Soient et . La fonction appartient à et (INT, V, p. 95, § 8, n, cor. 2). La fonction est donc intégrable sur et on a
d’après l’inégalité de Hölder (INT, IV, p. 208, § 6, n, th. 2) ce qui démontre que avec .
Puisque , toute fonction est modérée (INT, V, p. 9, § 1, n, cor.), et la dernière assertion résulte alors de la prop. 3, b) et c).
Pour toute fonction et pour tout , on note l’application de X dans donnée par , et on note l’application de Y dans définie par . On notera de même l’application de Y dans l’espace des fonctions définies -presque partout sur X qui à associe la classe de .
Pour toute fonction de dans , on note
C’est un élément de .
Lemme 2 02QV
Pour tout , on a .
Soit . D’après INT, V, p. 96, § 8, n, th. 1, a), l’ensemble des éléments tels que la fonction ne soit pas -intégrable est -négligeable ; de plus, la fonction définie par sur Y - et nulle sur est -intégrable et vérifie
On note , ou simplement , l’espace vectoriel complexe des fonctions )-mesurables de dans telles que, pour -presque tout , l’application appartient à (X), et telles que l’application appartient à (INT, IV, p. 129, § 3, n, déf. 2). On munit de la semi-norme ; notons que celle-ci vérifie alors , où est vue comme application à valeurs dans l’espace de Banach .
Proposition 6 02QW
a) L’espace est contenu dans et pour , on a ;
b) L’espace est contenu dans et pour , on a .
Démontrons l’assertion a). Soit . D’après INT, V, p. 96, § 8, n, th. 1, a), la fonction appartient à pour -presque tout .
Soit . Il existe telle que . La fonction est une fonction continue à support compact de Y dans qui vérifie
d’après le lemme 2. Il en résulte que appartient à , c’est-à-dire que appartient à . Le lemme 2 démontre alors que .
Démontrons l’assertion b). Soit et soit . Pour tout , l’inégalité de Hölder (INT, IV, p. 208, § 6, n, th. 2) appliquée à implique
Soit . Les applications et sont modérées, puisque et sont finis. Par conséquent, l’application est -modérée (cf. INT, V, p. 92, § 8, n, cor. 2), et donc l’application est )-modérée. D’après INT, V, p. 93, § 8, n, prop. 7, a), il vient alors
en utilisant de nouveau l’inégalité de Hölder. Cela conclut la démonstration.
Proposition 7 02QX
Soit . L’application linéaire de dans est compacte.
Supposons d’abord que est tel que (X)), et notons A le support de . Soit F le sous-espace de engendré par les fonctions , où et . Lorsque vérifie , l’application linéaire est de rang fini, donc compacte. Pour et dans (X)), on a de plus
sup.
Comme l’espace F est dense dans pour la topologie de la convergence uniforme dans A (INT, III, p. 41, § 1, n, prop. 1 et INT, III, p. 46, § 1, n, prop. 5), on conclut que l’application linéaire est limite d’une suite d’applications linéaires de rang fini. Elle est donc compacte (cor. 1 de III, p. 4).
Considérons le cas général. Soit . Pour tout , il existe une application telle que
La fonction correspondante vérifie alors
Puisque est compacte d’après ce qui précède, l’application est également compacte (prop. 2 de III, p. 4).
Posons et supposons . Il peut exister des applications telles que pour tout , et telles que l’intégrale
soit finie (en particulier, la condition (2) de III, p. 27 est valide), mais telles que l’application linéaire de dans ne soit pas compacte (exercice 2 de III, p. 119).
En particulier, on déduit de la proposition le corollaire suivant :
Corollaire 1 (Hilbert–Schmidt) 02QY
Soit . L’application linéaire est compacte de dans .
D’après la prop. 5, on a , donc l’application linéaire est définie (prop. 3). On a (prop. 6, a)), donc est compacte (prop. 7).
Remarque 02QZ
Dans le cas , il est généralement plus commode d’exprimer la caractérisation de l’opérateur intégral à l’aide du produit scalaire : il s’agit de l’unique application de dans telle que
pour tous et . De plus, l’adjoint de est l’application linéaire , où vérifie pour presque tout . En effet, pour tous et (Y), on a
Corollaire 2 02R0
Soit G un groupe topologique compact muni d’une mesure de Haar . Soit un nombre réel tel que et l’exposant conjugué de . Soit . Posons pour tous .
a) On a ;
b) Pour , la convolution appartient à et l’application linéaire de dans lui-même est continue. Elle coïncide avec l’endomorphisme . En particulier, l’application linéaire est compacte.
Puisque G est compact, la fonction appartient à . L’application linéaire est donc définie et continue d’après INT, VIII, p. 167, § 4, n, prop. 13.
L’application est )-mesurable, et on a pour tout . Comme la mesure est bornée, il vient
donc . L’application linéaire est donc une application linéaire compacte de dans (prop. 7).
Soit . D’après INT, VIII, p. 166, § 4, n, prop. 11 et la prop. 4 de III, p. 29, on a alors
pour presque tout . Cela implique que .
5. Restriction d’applications différentiables
Soient et des entiers positifs, U une partie ouverte de et F un espace de Banach. Notons l’espace vectoriel des applications de classe de U dans F, muni de la topologie de la -convergence compacte. Rappelons que celle-ci est la borne supérieure des topologies de la -convergence uniforme sur K (VAR, R2, 12.3.10, p. 56), lorsque K décrit l’ensemble des parties compactes de U. L’espace n’est autre que l’espace des applications continues de U dans F, muni de la topologie de la convergence compacte.
Lemme 3 02R1
Soit A l’ensemble des multi-indices tels que et soit l’application linéaire de dans .
a) L’application est injective, continue, stricte et son image est fermée.
b) L’espace vectoriel topologique est complet.
L’application est linéaire et injective. Elle est continue et stricte par définition de la topologie de .
Soit un point de adhérent à l’image de . Il existe un filtre sur tel que l’on ait lim dans pour tout . Soit un entier tel que . En raisonnant par récurrence sur , on déduit du th. 1 de FVR, II, p. 2, que l’application est de classe et que l’on a pour tout avec . Ainsi appartient à l’espace et son image par est . Cela démontre que l’image de est fermée, et établit donc l’assertion a).
L’assertion a) implique que l’espace est isomorphe à son image dans ; puisque cette image est fermée et que l’espace est complet (TG, X, p. 9, cor. 3 du th. 2 et TG, II, p. 17, prop. 10), l’espace est complet.
Proposition 8 02R2
Supposons que F est de dimension finie. Soient un entier tel que et V une partie ouverte relativement compacte de U. L’application linéaire de dans est compacte.
Soit W l’ensemble des fonctions dont les dérivées partielles d’ordre prennent en tout point de V une valeur de norme inférieure à 1. L’ensemble W est un voisinage de 0 dans l’espace . Soit un multi-indice tel que . Considérons l’ensemble H des fonctions de la forme pour dans W. L’ensemble H est une partie équicontinue de (TG, X, p. 10) d’après le théorème des accroissements finis (VAR, R, 2.2.3). Par ailleurs, pour tout , l’image de H par l’application est une partie bornée, donc relativement compacte, de F. D’après le théorème d’Ascoli (TG, X, p. 18, cor. 2), l’ensemble H est relativement compact dans . Cela démontre que l’application linéaire de dans est compacte. La proposition résulte alors du lemme 3 et des remarques 5 et 6 de III, p. 3.
6. Restriction de sections différentiables d’un fibré vectoriel
Soient un entier positif, X une variété différentielle de classe localement de dimension finie et E un fibré vectoriel (réel ou complexe) de base X et de classe . Pour tout ouvert U de X, notons l’espace vectoriel (noté dans VAR, R1, 7.4, p. 74) des sections de classe de E au-dessus de U, muni de la topologie de la -convergence compacte.
Lemme 4 02R3
Soit un recouvrement ouvert de X. L’application de dans est linéaire, injective, continue et stricte. Son image est fermée.
L’application est linéaire, injective et continue. En vertu de TG, IX, p. 43, prop. 1 et p. 48, cor. 1, toute partie compacte de X possède un recouvrement fini où, pour chaque , l’ensemble est une partie compacte de l’un des ouverts du recouvrement . Il en résulte que l’application linéaire est stricte. Enfin, son image est fermée, puisque elle est constituée des familles telles que et coïncident dans pour tous U et V dans .
Proposition 9 02R4
L’espace est complet.
Supposons d’abord qu’il existe un entier et un espace de Banach F tels que X soit une partie ouverte de et E le fibré vectoriel trivial de base X et de fibre F. Dans ce cas, l’espace vectoriel topologique est isomorphe à , et le résultat découle du lemme 3 de III, p. 34.
Dans le cas général, soit un recouvrement ouvert de X par des domaines de cartes tel que pour tout , la restriction de E à U est trivialisable. D’après le lemme ci-dessus, l’espace est isomorphe à l’image de l’application linéaire , qui est fermée dans le produit des espaces pour U dans . D’après le cas précédent, chacun des espaces est complet, donc leur produit est complet (TG, II, p. 17, prop. 10). Par conséquent est complet.
Remarque 02R5
Soit un recouvrement ouvert de X par des domaines de cartes tel que pour tout , la restriction de E à U est trivialisable de type , où est un espace de Banach. Pour tout , on identifie une section de E sur U à une application de dans . Il résulte de la preuve de la prop. 9 que la topologie de l’espace est définie par la famille des semi-normes telles que
sup, où U parcourt parcourt l’ensemble des parties compactes de et l’ensemble des multi-indices tels que .
Proposition 10 02R6
Supposons que le fibré vectoriel E soit localement de rang fini. Soient un entier tel que et Y une partie ouverte relativement compacte de X. L’application linéaire de dans est compacte.
Supposons d’abord qu’il existe un entier et un espace de Banach F de dimension finie tels que X soit une partie ouverte de et E le fibré vectoriel trivial de base X et de fibre F. Dans ce cas, les espaces vectoriels topologiques et sont isomorphes à et , respectivement, et la prop. 10 est conséquence de la prop. 8.
Passons au cas général. Soit C une partie compacte de X contenant Y. Pour tout point de C, choisissons un voisinage ouvert de dans X qui soit un domaine de carte au-dessus duquel le fibré vectoriel E est trivialisable. Choisissons par ailleurs un voisinage ouvert relativement compact de dans . Comme l’ensemble C est compact, il est recouvert par une famille finie de tels ouverts. Pour tout , posons et . Alors est une partie ouverte relativement compacte de et l’on a . Les applications linéaires de dans sont continues et les applications linéaires de dans sont compactes d’après la première partie de la démonstration. Les applications linéaires de dans sont donc compactes (prop. 3 de III, p. 5). Compte tenu du lemme 4, appliqué au recouvrement de Y par les ouverts , et des remarques 5 et 6 de III, p. 3, l’application linéaire de dans est compacte, ce qui termine la démonstration.
7. Restriction de sections analytiques d’un fibré vectoriel
Soient X une variété analytique complexe localement de dimension finie et E un fibré vectoriel analytique de base X (VAR, p. 35 et VAR, p. 70). Notons l’espace vectoriel des sections analytiques de E sur X, muni de la topologie de la convergence compacte.
Lemme 5 02R7
Soient la variété analytique réelle sous-jacente à X et le fibré vectoriel complexe sur sous-jacent à E.
a) Le sous-espace vectoriel de est fermé, et l’injection de dans est continue et stricte ;
b) L’injection canonique de dans est continue.
Supposons d’abord qu’il existe un entier et un espace de Banach F tels que X soit un ouvert de et E le fibré vectoriel trivial . Dans ce cas, les espaces vectoriels topologiques , et sont isomorphes à et respectivement, et l’espace est métrisable (TG, X, p. 20, cor. de la prop. 1). Le lemme résulte alors de VAR, 3.3.2, p. 28.
Passons au cas général. Soit un filtre sur qui converge dans l’espace vers une limite . Il s’agit de démontrer que appartient à et que le filtre converge vers dans l’espace . Cet énoncé est de nature locale, donc résulte de la première partie de la démonstration.
Proposition 11 02R8
Supposons que le fibré vectoriel E soit localement de rang fini. Soit Y une partie ouverte relativement compacte de X. L’application de restriction de dans est compacte.
Avec les notations du lemme 5, on a un diagramme commutatif
où et sont les injections canoniques et les applications de restriction. L’application est continue (lemme 5, b)), et l’application est compacte (prop. 10). Comme l’injection canonique est continue, stricte et d’image fermée (lemme 5, a)), l’application est compacte (remarque 5 de III, p. 3).
Corollaire 02R9
Soient X une variété analytique complexe compacte et E un fibré vectoriel analytique de base X, localement de rang fini. L’espace vectoriel est de dimension finie.
Étant compacte, la variété analytique X est localement de dimension finie. D’après la prop. 11, l’application identique de est une application linéaire compacte. Cela implique que l’espace est de dimension finie (remarque 3 de III, p. 2).
Exercices
See the exercises for § 2.