Étiquette 02Q4, permanente. À citer comme [Bourbaki, Tag 02Q4].
Théories spectrales, III, p. 110
On conserve les notations de l’exercice précédent. Soit R l’application linéaire continue de H2(T) dans L2(T) définie par Rf(θ)=f(−θ). Pour g∈L∞(T), on pose Γg= PMgR. a) Démontrer que l’application linéaire Γ:g↦Γg de L∞(T) dans L(H2(T)) est continue, de norme ⩽1, et que son noyau F est égal à H2(T)∘∩L∞(T). b) Si g est une fonction continue, alors Γg est un endomorphisme compact de H2(T).
c) Soit g∈L∞(T). On note αg la forme linéaire sur H2(T) définie par
αg(f)=∫TΓg(f)(θ)dθ
Soit A l’image par j du sous-espace de H2(D) constitué des fonctions holomorphes se prolongeant analytiquement à un voisinage de D. Démontrer que si f1 et f2 appartiennent à A, alors
αg(f1f2)=∫TΓg(f1)(θ)f2(−θ)dθ
d) Soit φ une fonction holomorphe au voisinage de D ne s’annulant pas sur ∂D, et soit f=j(φ∣D). Alors il existe f1 et f2 dans A tels que f=f1f2 et
∥f∥L1(T)=∥f1∥L2(T)∥f2∥L2(T)
(Soient z1,...,zn les zéros de φ dans D ; alors il existe une fonction ψ holomorphe au voisinage de D telle que
φ(z)=∏n1−zkzz−zkψ(z)2
k=1
pour tout z.)
e) Démontrer que, pour tout f∈H2(T), on a l’inégalité
∣αg(f)∣⩽∥Γg∥L(H2(T))∥f∥L1(T)
(Si φ∈H2(D), il existe une suite (rn)n∈N de]0,1[ telle que, pour tout n∈N, la fonction φn définie par φn(z)=φ(rnz) n’a pas de zéros sur ∂D, et limφn=φ dans H2(D).)
En déduire qu’il existe h∈L∞(T) telle que
αg(f)=∫Tf(θ)h(θ)dθ
pour tout f∈H2(T), et ∥h∥L∞(T)⩽∥Γg∥L(H2(T)).
f) Démontrer qu’il existe k∈L∞(T) telle que Γg=Γk et ∥k∥L∞(T)=∥Γg∥L(H2(T)).
L’application Γ:L∞(T)/F→L(H2(T)) est donc une isométrie (« Théo-rème de Nehari »).
g) Soit g une fonction continue sur T. Alors on a d(g,F)=d(g,F∩C(T)). (Pour R>1, on définit l’application linéaire PR de L∞(T) dans C(T) par
PRf(θ)=∫T∣Rei(θ−φ)−1∣2R2−1f(φ)dφ
Alors ∥PRf∥C(T)⩽∥f∥L∞(T) et, si f∈C(T), on a PRf→f dans C(T) quand R→1.)
En déduire que Γ(C(T)) est un sous-espace fermé de L(H2(T)) (« Théo-rème de Sarason »).
h) Soit g∈L∞(T) telle que Γg soit un endomorphisme compact. Pour m∈Z, on pose em(θ)=eimθ. Démontrer que ∥Γge−m∥L(H2(T)) tend vers zéro lorsque m tend vers +∞, puis qu’il existe une suite (hm)m∈N de F telle que la suite (emhm)m∈N converge vers g dans L∞(T). En déduire qu’il existe une fonction continue dans la classe de g modulo F (« Théorème de Hartman »).