Étiquette 02Q7, permanente. À citer comme [Bourbaki, Tag 02Q7].
Théories spectrales, III, p. 112
a) Soit N⩾1 un entier. On note GN (resp. HN) l’ensemble {−1,1}N (resp. l’ensemble {−1,2}N). On note μN (resp. νN) la mesure positive de masse totale 1 sur GN (resp. sur HN) telle que, pour tout (ti)1⩽i⩽N dans GN (resp. dans HN), on a μN((ti)1⩽i⩽N)=21N, resp.
1 j 2 N−j
νN((ti)1⩽i⩽N)=
3 3 où j est le nombre d’indices i tels que ti=2.
Il existe un nombre réel c>0 tel que, pour toute famille (ai)1⩽i⩽N de nombres complexes, on a
(On peut supposer que ai∈R pour tout i et que ∑∣ai∣2=1; pour la première inégalité, démontrer et utiliser la majoration
∫GN exp(λ∣∑i=1Naiti∣)dμN⩽2 exp(λ2)
pour tout réel λ>0; raisonner de manière similaire pour la seconde majoration en utilisant l’inégalité 31(e2x+2e−x)⩽e2x2 pour tout x∈R.)
b) Pour k∈N, soit Ak=Z/(3⋅2k)Z. Il existe un nombre réel c′>0, ne dépendant pas de k, et une fonction fk:Ak→{−1,2} telle que
χ∈Ak∑fk(χ)=0
et, pour tout x∈Ak, on ait
∣χ∈Ak∑χ(x)fk(χ)∣⩽c′(k+1)1/22k/2
(À l’aide de a), déterminer l’existence d’une fonction fk satisfaisant à la seconde condition, puis modifier fk pour obtenir la première.)
On note Bk (resp. Ck) l’ensemble des caractères χ de Ak tels que fk(χ)=2 (resp. fk(χ)=−1). On a Card(Bk) =2k et Card(Ck) =2k+1.
Pour tout k⩾1, on fixe une bijection ιk:Bk→Ck−1.
On note A l’ensemble somme des Ak pour k∈N; on munit A de la topologie discrète, et on note E=Cb(A).
On fixe une famille ε=(εk)k⩾N de fonctions εk:Bk→{−1,1}. On définit alors des fonctions ek,χ∈E, pour k∈N et χ∈Bk, par
ιk(χ)(x) si k⩾1 et x∈Ak−1,
ek,χ(x)=εk(χ)χ(x) si x∈Ak
0 sinon.
On note Eε le sous-espace fermé de E engendré par les fonctions (ek,χ)k∈N,χ∈Bk. C’est un espace de Banach complexe de type dénombrable. Le reste de l’exercice a pour but de démontrer que, pour un choix convenable de ε, l’espace Eε n’a pas la propriété d’approximation ; il n’admet pas de base banachique.
c) Pour k∈N et χ∈Bk, il existe une forme linéaire continue λk,χ∈Eε′ telle que, pour tout f∈Eε,
λk,χ(f)= Card(A1 k)∑εk(χ)χ(x−1)f(x).
x∈Ak
Pour k⩾1 et f∈Eε, on a
λk,χ(f)= Card(A2 k)∑ιk(χ)(x−1)f(x).
x∈Ak
d) Pour tout k∈N, soit βk la forme linéaire continue sur L(Eε) définie par
f) Il existe un nombre réel c′′⩾c′ tel que, pour tout k⩾1, il existe une fonction εk:Bk→{−1,1} qui vérifie ∣φk,x(y)∣⩽c′′3(k+1)1/22−k/2 pour (x,y)∈Ak×Ak−1. (Appliquer la première inégalité de a).) On suppose désormais que ε=(εk) vérifie ces propriétés.
g) Pour tout k∈N et x∈Ak, on a ∥φk,x∥⩽c′′(k+1)1/22−k/2.
h) Soit K le sous-ensemble de Eε dont les éléments sont e0,χ0, où χ0 est l’unique élément de B0, et les fonctions (k+1)2φk,x pour k∈N et x∈Ak. L’ensemble K est relativement compact dans Eε, et on a
∣βk+1(u)−βk(u)∣⩽ 1 2 sup∥u(x)∥
(k+1)x∈K
pour tout k∈N et tout u∈L(Eε).
i) La suite (βk)k∈N converge dans le dual de l’espace L(Eε) muni de la topologie de la convergence simple. Notons β sa limite. Pour tout u∈L(Eε), on a ∣β(u)∣⩽3 supx∈K∥u(x)∥.
j) On a β(1Eε)=1 et β(u)=0 si u est de rang fini.
k) L’espace Eε n’a pas la propriété d’approximation. l) Soit p∈]2,+∞[. On munit A de la mesure de comptage et on note Eεp le sous-espace fermé de Lp(A) engendré par les (ek,χ)k∈N,χ∈Bk. L’espace Eεp n’a pas la propriété d’approximation. (Vérifier que le cardinal du support de φk,x est ⩽21⋅2k et en déduire que ∥φk,x∥p=O((k+1)1/22−k(p−2)/2p) pour k∈N et x∈Ak.)