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Théories spectrales, IV, p. 349
Si a et b sont des réels avec a<b, on note C2([a,b]) l’espace vectoriel des fonctions continues sur [a,b] dont la restriction à]a,b[ est de classe C2. On note μ la mesure de Lebesgue.
a) Soient q1 et q2 des fonctions à valeurs réelles dans C2([a,b]) telles que q1⩾q2. Pour i∈{1,2}, soit fi∈C2([a,b]) une solution de l’équation
fi′′+qifi=0
On suppose que f2(a)=f2(b)=0 et que f2=0. Si la fonction f1 ne s’annule pas dans]a,b[, alors q1=q2 et il existe c∈C tel que f1=cf2. (Se ramener au cas où f1 et f2 sont strictement positives sur]a,b[; considérer le wronskien w=f1f2′−f1′f2 et démontrer que w(a)=w(b), puis que w=0.)
b) Soit q∈C2([0,1]) vérifiant q⩾0. On note SLq l’opérateur partiel différentiel sur L2([0,1],μ) de domaine
D={f∈C2([0,1])∣f(0)=f(1)=0}
tel que
SLq(f)=−f′′+qf
(« opérateur de Sturm–Liouville »). L’opérateur SLq est symétrique et essentiellement auto-adjoint. On note SLq la fermeture de SLq.
c) Soit λ∈ Sp(SLq) une valeur propre de SLq. Le sous-espace propre associé à λ est de dimension 1 et engendré par une fonction à valeurs réelle appartenant à D.
d) Toute valeur propre λ de SLq vérifie λ⩾π2. (Démontrer d’abord que λ est positif en utilisant la question a) avec q1=q et q2=0.)
e) Pour s>0, il existe une unique fonction fs∈C2([0,1]) qui est solution de l’équation différentielle linéaire
−fs′′+qf−s2f=0
et vérifie fs(0)=0 et fs′(0)=s. Posons f(x,s)=fs(x); l’application f est une fonction de classe C2 sur]0,1[×R+∗. Les valeurs propres de SLq sont de la forme λ=s2 où s vérifie f(1,s)=0.
f) Pour t∈[0,1] et s>0, soit N(t,s)∈N le nombre de x∈[0,t] tels que f(x,s)=0. On a N(t,s)∈N et la fonction s↦N(t,s) est croissante pour tout t fixé. (Utiliser la question a).)
g) Soit t∈[0,1] et s0>0. Soit m=N(t,s0)∈N. Notons
0=x1(s0)<x2(s0)<...<xm(s0)
les zéros de fs0 dans [0,t]. Pour s⩾0, soient
0=x1(s)<...<xm(s)
les m premiers zéros de fs dans [0,t]. Les fonctions s↦xj(s) sont de classe C1 et on a
∂1(xj(s),s)xj′(s)=−∂2f(xj(s),s)
h) L’ensemble des valeurs propres de SLq est l’ensemble des valeurs d’une suite croissante de nombres réels strictement positifs
0<λ0<λ1<⋯<λn<⋯
tendant vers +∞. De plus, l’espace propre correspondant à λn est de dimension 1 ; si φn en est une base, on a φn∈C2([0,1]) et la fonction φn s’annule en exactement n points distincts de [0,1]. (Pour démontrer qu’il existe une infinité de valeurs propres de SLq, utiliser la question a) avec q1=M−s2, où M∈R est bien choisi, pour vérifier que N(1,s) tend vers +∞ quand s→+∞.)