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Théories spectrales, IV, p. 361
On reprend les notations de l’exercice précédent ; en particulier, on considère une suite μ=(μn)n∈N de nombres réels vérifiant les conditions (24) et telle que la forme sesquilinéaire bμ est séparante. On identifie C[X] à un sous-espace dense de Eμ.
a) Il existe une unique suite (pn)n∈N de polynômes dans C[X] telle que les conditions suivantes soient satisfaites (« polynômes orthogonaux de première espèce associés à μ ») :
(i) La famille (pn) est une base orthonormale de Eμ;
(ii) Le polynôme pn est de degré n pour tout n∈N;
(iii) Le coefficient de Xn de pn appartient à R+∗.
√
De plus, on a pn∈R[X] pour tout n∈N et p0=1/μ0. On notera également p−1=0.
b) Il existe des suites (an)n⩾−1 dans R+∗ et (bn)n∈N dans R telles que a−1=1 et
uμ(pn)=anpn+1+bnpn+an−1pn−1
pour tout n∈N. Ces suites sont uniques.
c) Pour tout n⩾1, le coefficient de Xn du polynôme orthogonal pn est égal à (a0⋯an−1)−1.
d) Soit F l’espace vectoriel complexe des suites (zn)n⩾−1 de nombres complexes telles que z−1=0. On note vμ l’application linéaire de F dans lui-même telle que vμ(zn)=(wn)n∈N où w−1=0 et
wn=anzn+1+bnzn+an−1zn−1
pour tout n∈N.
Pour tout s∈C, la suite zs=(pn(s))n⩾−1 est l’unique suite dans F telle (zs)0=p0(z) et vμ(zs)=szs.
e) Soient z et w des éléments de F. On définit la suite W(z,w)=(Wn(z,w))n∈N en posant
Wn(z,w)=an(zn+1wn−znwn+1)
pour n∈N. On a
Wn(z,w)=j=0∑n(vμ(z)jwj−zjvμ(w)j)
pour tout n∈N.
f) Soit P⊂ℓ2(N) l’espace des suites à support fini. Pour tout z∈P, la suite vμ(z) appartient à ℓ2(N).
On note vμ l’opérateur partiel sur ℓ2(N) de domaine P donné par z↦vμ(z). Il est symétrique.
g) L’adjoint de vμ est l’opérateur partiel de domaine
dom(vμ∗) ={z∈ℓ2(N)∣vμ(z)∈ℓ2(N)}
tel que vμ∗(z)=vμ(z) pour z∈ dom(vμ∗).
h) Pour tous z et w dans dom(vμ∗), la limite de Wn(z,w) quand n→+∞ existe et est égale à ⟨w∣vμ∗(z)⟩−⟨vμ∗(w)∣z⟩.
i) Soit s∈C. Le noyau de vμ∗−s⋅1ℓ2(N) est de dimension ⩽1; il est de dimension 1 si et seulement si zs∈ℓ2(N), et il est alors engendré par zs.
j) La fermeture de l’opérateur partiel vμ (resp. de uμ) a indice de carence (0,0) ou (1,1); le premier cas vaut si et seulement s’il existe s∈C−R tel que zs∈/ℓ2(N). (Pour le cas de uμ, observer que l’application Xn↦en, où (en) est la base canonique de ℓ2(N), induit un isomorphisme isométrique de Eμ dans ℓ2(N) qui permet d’identifier uμ à vμ.)
k) Soient s∈C et f∈ Ker(uμ∗−s⋅1Eμ). Si ⟨f∣1⟩=0, alors f=0.
l) Soient u1 et u2 des extensions auto-adjointes de uμ sur Eμ. On a u1=u2 si et seulement s’il existe s∈C−R tel que ⟨R(u1,s)1∣1⟩=⟨R(u2,s)1∣1⟩. (Supposons qu’une telle égalité a lieu ; poser f1=R(u1,s)1, et montrer que f1 n’appartient pas au domaine de uμ; en déduire que u1 coïncide avec la fermeture de la restriction de u1 à dom(uμ)⊕Cf1. Raisonner de même avec u2 et f2=R(u2,s)1, puis démontrer que f1=f2 pour conclure que u1=u2.) m) Supposons que uμ n’est pas essentiellement auto-adjoint. Il existe alors au moins deux mesures ν∈Mm(R) vérifiant ν(xn)=μn pour tout n∈N. n) On suppose dans la suite que uμ est essentiellement auto-adjoint. Pour tout s∈C-R, il existe une suite (rs,m)m∈N de polynômes telle que (x−s)rs,m converge dans Eμ vers la fonction constante 1 quand m→+∞.
o) Soit ν∈Mm(R) une mesure telle que ν(xn)=μn pour tout n∈N. Pour tout m∈N, l’inégalité