Bourbaki

§ 3. Fonctions analytiques réelles ou complexes

Dans ce paragraphe, on suppose que K=RK = \mathbf{R} ou C\mathbf{C}. On désigne par (Ei), 1≤i≤n(E_i),\ 1 \leq i \leq n, une famille finie d’espaces normés sur KK, par EE l’espace produit des EiE_i, et par FF un espace vectoriel topologique localement convexe séparé sur KK.

3.1. Séries convergentes

3.1.1. Soit f=∑fαf = \sum f_\alpha une série formelle appartenant à P^(E1,…,En;F)\hat{P}(E_1, \ldots, E_n; F) (App., n° A.5). Si γ\gamma est une semi-norme continue sur FF et R=(R1,…,Rn)R = (R_1, \ldots, R_n) une suite de nn nombres réels strictement positifs, on pose :

∥f∥γ,R=∑αRα∥fα∥γ. \|f\|_{\gamma, R} = \sum_\alpha R^\alpha \|f_\alpha\|_\gamma.

Si FF est un espace normé et si γ\gamma est la norme de FF, on écrit ∥f∥R\|f\|_R au lieu de ∥f∥γ,R\|f\|_{\gamma, R}.

L’ensemble HR(E1,…,En;F)\mathscr{H}_R(E_1, \ldots, E_n; F) des f∈P^(E1,…,En;F)f \in \hat{P}(E_1, \ldots, E_n; F) telles que ∥f∥γ,R\|f\|_{\gamma, R} soit fini pour toute semi-norme continue γ\gamma sur FF est un sous-espace vectoriel de P^(E1,…,En;F)\hat{P}(E_1, \ldots, E_n; F). On a

HR(E1,…,En;F)⊂HR′(E1,…,En;F) \mathscr{H}_R(E_1, \ldots, E_n; F) \subset \mathscr{H}_{R'}(E_1, \ldots, E_n; F)

toutes les fois que Ri≥Ri′R_i \geq R'_i pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n. La réunion des

HR(E1,…,En;F) \mathscr{H}_R(E_1, \ldots, E_n; F)

est un sous-espace vectoriel, noté H(E1,…,En;F)\mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F), de P^(E1,…,En;F)\hat{P}(E_1, \ldots, E_n; F), dont les éléments sont appelés séries convergentes sur le produit des EiE_i, à valeurs dans FF. Il ne dépend que de la topologie des EiE_i et non de leurs normes. On peut donc parler de l’espace H(E1,…,En;F)\mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F) lorsque les EiE_i sont des espaces normables, sans avoir à choisir une norme sur chaque EiE_i.

3.1.2. L’application f↦∥f∥γ,Rf \mapsto \|f\|_{\gamma, R} est une semi-norme sur HR(E1,…,En;F)\mathscr{H}_R(E_1, \ldots, E_n; F). La topologie que définissent ces semi-normes lorsque γ\gamma décrit l’ensemble des semi-normes continues sur FF (ou simplement un ensemble de semi-normes définissant la topologie de FF) est séparée. Si FF est normable (resp. complet), il en est de même de HR(E1,…,En;F)\mathscr{H}_R(E_1, \ldots, E_n; F). Les semi-normes sur H(E1,…,En;F)\mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F) dont la restriction à chaque HR\mathscr{H}_R est continue définissent une topologie séparée sur H(E1,…,En;F)\mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F), qui ne dépend que des topologies des EiE_i. L’injection de H(E1,…,En;F)\mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F) dans P^(E1,…,En;F)\hat{P}(E_1, \ldots, E_n; F) est continue.

3.1.3. L’isomorphisme canonique de P^(E;F)\hat{P}(E; F) sur P^(E1,…,En;F)\hat{P}(E_1, \ldots, E_n; F) donne par restriction un isomorphisme d’espaces vectoriels topologiques de H(E;F)\mathscr{H}(E; F) sur H(E1,…,En;F)\mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F).

3.1.4. Soit f∈H(E1,…,En;F)f \in \mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F) et soit J(f)J(f) l’ensemble des R∈(R+∗)nR \in (\mathbf{R}_+^*)^n tels que f∈HR(E1,…,En;F)f \in \mathscr{H}_R(E_1, \ldots, E_n; F). L’intérieur I(f)I(f) de J(f)J(f) s’appelle l’indicatrice de convergence stricte de ff. Il se compose de l’ensemble des RR pour lesquels il existe un R′∈J(f)R' \in J(f) avec 0<Ri<Ri′0 < R_i < R'_i pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n. On note Ω(f)\Omega(f) l’ensemble des points (log⁡R1,…,log⁡Rn)(\log R_1, \ldots, \log R_n) de Rn\mathbf{R}^n pour R∈I(f)R \in I(f): c’est une partie convexe de Rn\mathbf{R}^n.

Lorsque n=1n = 1, l’ensemble I(f)I(f) est un intervalle ]0,ρ(f)[]0, \rho(f)[ de R\mathbf{R} et ρ(f)\rho(f) s’appelle le rayon de convergence strict de ff. C’est aussi la borne supérieure (finie ou +∞+\infty) de l’ensemble des nombres réels R>0R > 0 tels que pour toute semi-norme continue γ\gamma sur FF, il existe une constante MM telle que ∥fm∥γ≤MR−m\|f_m\|_{\gamma} \leq MR^{-m} (avec f=∑fm,fm∈Pm(E;F)f = \sum f_m, f_m \in P_m(E; F)) pour tout entier m≥0m \geq 0.

L’ensemble des points x=(xi)∈E1×⋯×Enx = (x_i) \in E_1 \times \cdots \times E_n tels qu’il existe R∈I(f)R \in I(f) avec ∥xi∥≤Ri\|x_i\| \leq R_i pour tout ii, s’appelle le domaine de convergence strict de ff et se note C(f)C(f). C’est aussi l’intérieur de l’ensemble des points xx pour lesquels il existe R∈J(f)R \in J(f) avec ∥xi∥<Ri\|x_i\| < R_i pour tout ii.

3.1.5. Pour fα∈Pα(E1,…,En;F)f_\alpha \in P_\alpha(E_1, \ldots, E_n; F) et pour toute semi-norme continue γ\gamma sur FF, posons :

∥fα∥γ=sup⁡∥xi∥≤1∥fα(x1,…,xn)∥γ. \|f_\alpha\|_{\gamma} = \sup_{\|x_i\| \leq 1} \|f_\alpha(x_1, \ldots, x_n)\|_{\gamma}.
On a alors les inégalités :
∥fα∥γ≤∥fα∥γ′≤ααα!∥fα∥γ. \|f_\alpha\|_{\gamma} \leq \|f_\alpha\|_{\gamma'} \leq \frac{\alpha^\alpha}{\alpha!} \|f_\alpha\|_{\gamma}.
Pour f=∑fα∈P^(E1,…,En;F)f = \sum f_\alpha \in \hat{P}(E_1, \ldots, E_n; F) et R∈(R+∗)nR \in (\mathbf{R}_+^*)^n, posons :
∥f∥γ,R=∑αRα∥fα∥γ \|f\|_{\gamma, R} = \sum_\alpha R^\alpha \|f_\alpha\|_{\gamma}
et désignons par H~R(E1,…,En;F)\tilde{\mathscr{H}}_R(E_1, \ldots, E_n; F) le sous-espace vectoriel de P^(E1,…,En;F)\hat{P}(E_1, \ldots, E_n; F) formé des ff tels que ∥f∥γ,R\|f\|_{\gamma, R} soit fini pour tout γ\gamma, muni de la topologie définie par les semi-normes f↦∥f∥γ,Rf \mapsto \|f\|_{\gamma, R}. On a HR⊂H~R\mathscr{H}_R \subset \tilde{\mathscr{H}}_R et l’injection de HR\mathscr{H}_R dans H~R\tilde{\mathscr{H}}_R est continue. L’espace H(E1,…,En;F)\mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F) est la réunion des H~R(E1,…,En;F)\tilde{\mathscr{H}}_R(E_1, \ldots, E_n; F) et sa topologie est la topologie localement convexe la plus fine qui rende continues les injections des HR\mathscr{H}_R dans H\mathscr{H}.

Si f∈H(E1,…,En;F)f \in \mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F), on appelle indicatrice de convergence l’intérieur I~(f)\tilde{I}(f) de l’ensemble J~(f)\tilde{J}(f) des R∈(R+∗)R \in (\mathbf{R}_+^*) tels que f∈H~Rf \in \tilde{\mathscr{H}}_R. On a :

e−1I~(f)⊂I(f)⊂I~(f) e^{-1}\tilde{I}(f) \subset I(f) \subset \tilde{I}(f)
(où ee est la base des logarithmes népériens). A partir de I~(f)\tilde{I}(f), on définit comme en 3.1.4. le domaine de convergence C~(f)\tilde{C}(f) et, lorsque n=1n = 1, le rayon de convergence ρ~(f)\tilde{\rho}(f). On a en particulier :
e−1ρ~(f)≤ρ(f)≤ρ~(f). e^{-1}\tilde{\rho}(f) \leq \rho(f) \leq \tilde{\rho}(f).

3.1.6. Pour R∈(R+∗)nR \in (\mathbf{R}_+^*)^n, on appelle polyboule (fermée) de centre 0 et de rayon RR de EE l’ensemble B(R)B(R) des x∈Ex \in E tels que ∥xi∥≤Ri\|x_i\| \leq R_i pour tout ii. Si dim⁡Ei=1\dim E_i = 1, on dit aussi polydisque. Si f∈H(E1,…,En;F)f \in \mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F), le domaine de convergence (resp. strict) de ff est la réunion des polyboules B(R)B(R) pour R∈I~(f)R \in \tilde{I}(f) (resp. R∈I(f)R \in I(f)).

3.1.7. Soit f∈H(E1,…,En;F)f \in \mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F). Supposons FF quasi-complet. Pour tout x∈C~(f)x \in \tilde{C}(f), la famille des fa(x)f_a(x) est sommable dans FF. Sa somme, notée f^(x)\hat{f}(x) ou simplement f(x)f(x), est une fonction continue sur C~(f)\tilde{C}(f). Plus précisément, pour tout RR tel que f∈H~Rf \in \tilde{\mathscr{H}}_R, la famille des fa(x)f_a(x) est uniformément sommable pour x∈B(R)x \in B(R). L’application f↦f^f \mapsto \hat{f} est une application linéaire continue injective de H~R\tilde{\mathscr{H}}_R dans l’espace des fonctions continues bornées sur B(R)B(R), muni de la topologie de la convergence uniforme.

3.1.8. Soient F1,…,FmF_1, \ldots, F_m des espaces polynormés séparés et soit uu une application mm-linéaire continue de F1×⋯×FmF_1 \times \cdots \times F_m dans FF. Soient fi∈H(E1,…,En;Fi)f_i \in \mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F_i) pour 1≤i≤m1 \leq i \leq m. La série formelle u(f1,…,fm)u(f_1, \ldots, f_m) appartient à H(E1,…,En;F)\mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F). On a:

C(u(f1,…,fm))⊃⋂iC(fi) C(u(f_1, \ldots, f_m)) \supset \bigcap_i C(f_i)
C~(u(f1,…,fm))⊃⋂iC~(fi) \tilde{C}(u(f_1, \ldots, f_m)) \supset \bigcap_i \tilde{C}(f_i)

et si x∈⋂iC~(fi)x \in \bigcap_i \tilde{C}(f_i), FF et les FiF_i étant quasi-complets, on a:

u(f1,…,fm)(x)=u(f1(x),…,fm(x)). u(f_1, \ldots, f_m)(x) = u(f_1(x), \ldots, f_m(x)).

3.1.9. Soient F1,…,FmF_1, \ldots, F_m des espaces normés complets et supposons FF quasi-complet. Soient f=(fi)1≤i≤mf = (f_i)_{1 \leq i \leq m} avec fi∈H(E1,…,En;Fi)f_i \in \mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F_i) et g∈H(F1,…,Fm;F)g \in \mathscr{H}(F_1, \ldots, F_m; F), tels que (fi(0))1≤i≤m(f_i(0))_{1 \leq i \leq m} appartienne au domaine de convergence strict de gg. Alors, pour tout α∈Nm\alpha \in \mathbf{N}^m, la série formelle gα∘fg_\alpha \circ f appartient à H(E1,…,En;F)\mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F) et la famille des gα∘fg_\alpha \circ f est sommable dans H(E1,…,En;F)\mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F) et afortioria fortiori dans P^(E1,…,En;F)\hat{P}(E_1, \ldots, E_n; F). Sa somme sera notée g∘fg \circ f.

De manière plus précise, il existe R∈⋂iI(fi)R \in \bigcap_i I(f_i) et R′∈I(g)R' \in I(g) tels que ∥fi∥R<Ri′\|f_i\|_R < R'_i pour 1≤i≤m1 \leq i \leq m. Sous ces conditions, la série formelle gα∘fg_\alpha \circ f appartient à HR(E1,…,En;F)\mathscr{H}_R(E_1, \ldots, E_n; F), et la famille des gα∘fg_\alpha \circ f est sommable dans HR(E1,…,En;F)\mathscr{H}_R(E_1, \ldots, E_n; F). Enfin, si x∈B(R)x \in B(R), alors f(x)=(fi(x))f(x) = (f_i(x)) appartient à B(R′)⊂F1×⋯×FmB(R') \subset F_1 \times \cdots \times F_m et on a:

g(f(x))=(g∘f)(x). g(f(x)) = (g \circ f)(x).

3.1.10. Supposons que Ei=KE_i = K pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n. L’espace P^(Kn;F)\hat{P}(K^n; F) s’identifie alors à l’espace des séries formelles à nn indéterminées X1,…,XnX_1, \ldots, X_n à coefficients dans FF et un élément de P^(Kn;F)\hat{P}(K^n; F) s’écrit :

f=∑αXαcαavec cα∈F. f = \sum_{\alpha} X^\alpha c_\alpha \quad \text{avec } c_\alpha \in F.

Si R∈(R+∗)nR \in (\mathbf{R}_+^*)^n et si γ\gamma est une semi-norme continue sur FF, on a :

∥f∥γ,R=∥f∥γ,R=∑αRα∥cα∥γ \| f \|_{\gamma, R} = \| f \|_{\gamma, R} = \sum_{\alpha} R^\alpha \| c_\alpha \|_\gamma

On a I(f)=I~(f)I(f) = \tilde{I}(f), C(f)=C~(f)C(f) = \tilde{C}(f) et, lorsque n=1n = 1, ρ(f)=ρ~(f)\rho(f) = \tilde{\rho}(f).

L’espace H(Kn;K)\mathscr{H}(K^n; K) des séries convergentes à coefficients dans KK se note aussi K{(X1,…,Xn)}K\{(X_1, \ldots, X_n)\}; c’est une sous-algèbre de K[[X1,…,Xn]]K[[X_1, \ldots, X_n]]. L’espace H(Kn;F)\mathscr{H}(K^n; F) est un module sur K{(X1,…,Xn)}K\{(X_1, \ldots, X_n)\} et si FF est de dimension finie, ce module s’identifie à K{(X1,…,Xn)}⊗KFK\{(X_1, \ldots, X_n)\} \otimes_K F.

3.1.11. Soit f∈H(Kn;Km)f \in \mathscr{H}(K^n; K^m), représenté par un système de mm séries convergentes fj(X1,…,Xn)f_j(X_1, \ldots, X_n), à coefficients dans KK. Soit de même g∈H(Km;Kp)g \in \mathscr{H}(K^m; K^p), représenté par un système de pp séries convergentes gk(Y1,…,Ym)=∑gk,βYβg_k(Y_1, \ldots, Y_m) = \sum g_{k,\beta} Y^\beta. L’élément h=g∘fh = g \circ f de H(Kn;Kp)\mathscr{H}(K^n; K^p) (cf. 3.1.9) est représenté par pp séries formelles hk(X1,…,Xn)h_k(X_1, \ldots, X_n), déterminées comme suit : pour α∈Nn\alpha \in \mathbf{N}^n et β∈Nm\beta \in \mathbf{N}^m, soit cα,βc_{\alpha,\beta} le coefficient de XαX^\alpha dans la série formelle fβ=∏fjβjf^\beta = \prod f_j^{\beta_j}; alors la famille (gk,βcα,β)β∈Nm(g_{k,\beta} c_{\alpha,\beta})_{\beta \in \mathbf{N}^m} est sommable dans KK et a pour somme le coefficient de XαX^\alpha dans hkh_k.

3.1.12. Supposons FF quasi-complet et soit E^i\hat{E}_i le complété de EiE_i. Tout polynôme-continu sur E1×⋯×EnE_1 \times \cdots \times E_n à valeurs dans FF se prolonge par continuité en un polynôme-continu sur E^1×⋯×E^n\hat{E}_1 \times \cdots \times \hat{E}_n, à valeurs dans FF. On en déduit une bijection jj de P^(E1,…,En;F)\hat{P}(E_1, \ldots, E_n; F) sur P^(E^1,…,E^n;F)\hat{P}(\hat{E}_1, \ldots, \hat{E}_n; F). Si f∈H(E1,…,En;F)f \in \mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F), alors j(f)∈H(E^1,…,E^n;F)j(f) \in \mathscr{H}(\hat{E}_1, \ldots, \hat{E}_n; F) et réciproquement. Les indicatrices de convergence strictes de ff et de j(f)j(f) sont les mêmes.

3.1.13. On suppose que K=RK = \mathbf{R}, mais que FF est muni d’une structure d’espace vectoriel complexe compatible avec sa structure d’espace vectoriel réel. Soit EiC=Ei⊗RCE_i^C = E_i \otimes_\mathbf{R} \mathbf{C}. Si y∈EiCy \in E_i^C, posons

y=inf⁡∑k∣ak∣⋅∥xk∥, y = \inf \sum_k |a_k| \cdot \| x_k \|,

la borne inférieure étant étendue à toutes les familles finies de couples (xk,ak)∈Ei×C(x_k, a_k) \in E_i \times \mathbf{C} telles que y=∑kxk⊗aky = \sum_k x_k \otimes a_k. On obtient ainsi une norme sur l’espace vectoriel complexe EiCE_i^C; cette norme prolonge la norme donnée sur EiE_i si l’on convient d’identifier x∈Eix \in E_i à x⊗1x \otimes 1. Soit hh un R\mathbf{R}-polynôme-continu sur E1×⋯×EnE_1 \times \cdots \times E_n, à valeurs dans FF, et homogène de multidegré α\alpha; il existe alors un C\mathbf{C}-polynôme-continu h~\tilde{h} sur E1C×⋯×EnCE_1^C \times \cdots \times E_n^C, et un seul, à valeurs dans FF, prolongeant hh, et homogène de multidegré α\alpha. On a

∥h~∥γ=∥h∥γ \| \tilde{h} \|_\gamma = \| h \|_\gamma

pour toute semi-norme continue γ\gamma sur l’espace vectoriel complexe FF.

Si f=∑αfα∈H(E1,…,En;F)f = \sum_{\alpha} f_{\alpha} \in \mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F), alors f~=∑αf~α∈H(E1c,…,Enc;F)\tilde{f} = \sum_{\alpha} \tilde{f}_{\alpha} \in \mathscr{H}(E_1^c, \ldots, E_n^c; F). Les séries ff et f~\tilde{f} ont même indicatrice de convergence stricte (et même rayon de convergence strict lorsque n=1n = 1).

Inversement, supposons K=CK = C. Soient Ei0E_i^0 et F0F^0 les espaces sur R\mathbf{R} obtenus par restriction des scalaires. Si fα∈Pα(E1,…,En;F)f_{\alpha} \in P_{\alpha}(E_1, \ldots, E_n; F), alors fα∈Pα(E10,…,En0;F0)f_{\alpha} \in P_{\alpha}(E_1^0, \ldots, E_n^0; F^0). Si f=∑αfα∈H(E1,…,En;F)f = \sum_{\alpha} f_{\alpha} \in \mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F), alors la série formelle f0=∑αfα∈P^(E10,…,En0;F0)f^0 = \sum_{\alpha} f_{\alpha} \in \hat{P}(E_1^0, \ldots, E_n^0; F^0) est une série convergente. Les indicatrices de convergence (resp. les indicatrices de convergence strictes) de ff et f0f^0 sont identiques et on a f(x)=f0(x)f(x) = f^0(x) pour tout x∈Cˉ(f)=Cˉ(f0)x \in \bar{C}(f) = \bar{C}(f^0).

3.2. Fonctions analytiques

3.2.1. Soient UU un ouvert de EE et ff une application de UU dans FF. On dit que ff est de classe CωC^{\omega}, ou K-analytique (ou simplement analytique) dans UU si, pour tout point aa de UU, il existe une série convergente fα∈H(E;F)f_{\alpha} \in \mathscr{H}(E; F) telle que f(a+x)=fα(x)f(a + x) = f_{\alpha}(x) pour tout xx dans EE assez voisin de zéro. Si K=RK = \mathbf{R} (resp. C\mathbf{C}), on dit encore que ff est analytique réelle (resp. analytique complexe ou holomorphe). Les applications analytiques de UU dans FF forment un sous-espace vectoriel, noté Cω(U;F)\mathscr{C}^{\omega}(U; F), de l’espace de toutes les applications de UU dans FF.

Pour a∈Ua \in U, la série formelle fαf_{\alpha} est unique : on l’appelle le développement en série entière de ff au point aa. Si fα=∑α(fα)αf_{\alpha} = \sum_{\alpha} (f_{\alpha})_{\alpha} (avec (fα)α∈Pα(E1,…,En;F)(f_{\alpha})_{\alpha} \in P_{\alpha}(E_1, \ldots, E_n; F)), on pose :

Δαf(a)=(fα)α. \Delta^{\alpha} f(a) = (f_{\alpha})_{\alpha}.

3.2.2. Si f∈Cω(U;F)f \in \mathscr{C}^{\omega}(U; F), l’application Δαf:a↦Δαf(a)\Delta^{\alpha} f : a \mapsto \Delta^{\alpha} f(a) de UU dans

Pα(E1,…,En;F) P_{\alpha}(E_1, \ldots, E_n; F)

est analytique. L’application Δα:f↦Δαf\Delta^{\alpha} : f \mapsto \Delta^{\alpha} f est une application KK-linéaire de Cω(U;F)\mathscr{C}^{\omega}(U; F) dans Cω(U;Pα(E1,…,En;F))\mathscr{C}^{\omega}(U; P_{\alpha}(E_1, \ldots, E_n; F)). Pour a∈Ua \in U, on a donc, pour α,β∈Nn\alpha, \beta \in \mathbf{N}^n, Δβ(Δαf)(a)∈Pβ(E1,…,En;Pα(E1,…,En;F))\Delta^{\beta}(\Delta^{\alpha} f)(a) \in P_{\beta}(E_1, \ldots, E_n; P_{\alpha}(E_1, \ldots, E_n; F)). Si x=(xi)∈Ex = (x_i) \in E, on a donc (Δβ(Δαf)(a))(x)∈Pα(E1,…,En;F)(\Delta^{\beta}(\Delta^{\alpha} f)(a))(x) \in P_{\alpha}(E_1, \ldots, E_n; F) et ((Δβ(Δαf)(a))(x))(x)∈F((\Delta^{\beta}(\Delta^{\alpha} f)(a))(x))(x) \in F. Cet élément de FF est égal à ((α,β))(Δα+βf(a))(x)((\alpha, \beta))(\Delta^{\alpha+\beta} f(a))(x). On exprime ceci en écrivant :

Δβ∘Δα=((α,β))Δα+β. \Delta^{\beta} \circ \Delta^{\alpha} = ((\alpha, \beta)) \Delta^{\alpha+\beta}.

3.2.3. Les indicatrices de convergence strictes (et les rayons de convergence stricts lorsque n=1n = 1) des développements en série entière de ff et de Δαf\Delta^{\alpha} f en un même point aa de UU, sont identiques.

3.2.4. Soit f∈Cω(U;F)f \in \mathscr{C}^\omega(U; F). Alors ff est strictement dérivable et indéfiniment dérivable dans UU (si K=RK = \mathbf{R}, ff est de classe C∞C^\infty dans UU). Les dérivées itérées de ff sont analytiques, et leurs valeurs en un point aa sont des applications multilinéaires symétriques. On peut alors introduire la notation DαfD^\alpha f pour les dérivées partielles itérées comme au n° 2.4.2. On a :

α!Δαf(a)(h)=Dαf(a).(h,…,h) \alpha! \Delta^\alpha f(a)(h) = D^\alpha f(a) . (h, \ldots, h)

quels que soient a∈Ua \in U et h∈Eh \in E, ce qu’on écrit :

α!Δαf=Dαf. \alpha! \Delta^\alpha f = D^\alpha f .

3.2.5. Soient UU un ouvert de EE et f,gf, g deux applications analytiques de UU dans FF. Soit a∈Ua \in U. Pour que ff et gg aient un contact d’ordre ≥k\geq k en aa, il faut et il suffit que Δαf(a)=Δαg(a)\Delta^\alpha f(a) = \Delta^\alpha g(a) pour tout α\alpha avec ∣α∣≤k|\alpha| \leq k. Si ff et gg ont un contact d’ordre infini en aa, elles sont égales dans un voisinage de aa. L’ensemble des points de UU où ff et gg ont un contact d’ordre infini est ouvert et fermé.

En particulier, si UU est connexe et s’il existe une partie ouverte non vide de UU sur laquelle ff et gg sont égales, on a f=gf = g (« principe du prolongement analytique »).

3.2.6. Soient UU un ouvert de EE et ff une application analytique de UU dans FF. Si la dérivée DfDf de ff est nulle, ff est localement constante.

3.2.7. Supposons FF quasi-complet et soit GG un espace normé complet. Soit gg une application analytique d’un ouvert UU de EE dans GG et soit ff une application analytique d’un ouvert VV de GG, contenant g(U)g(U), dans FF. L’application composée f∘gf \circ g est analytique dans UU. Supposons en outre que 0∈U0 \in U et que g(0)=0g(0) = 0. Le développement de f∘gf \circ g en série entière en 00 s’obtient alors en substituant, dans le développement de ff en 00, le développement en série entière de gg en 00 (3.1.9).

3.2.8. Soient F1,…,FmF_1, \ldots, F_m des espaces polynormés séparés et uu une application multilinéaire continue de F1×⋯×FmF_1 \times \cdots \times F_m dans FF. Soient UU un ouvert de EE et fi∈Cω(U;Fi)f_i \in \mathscr{C}^\omega(U; F_i). La fonction u(f1,…,fm)u(f_1, \ldots, f_m) est analytique, et son développement en série entière en un point a∈Ua \in U est la série u((f1)a,…,(fm)a)u((f_1)_a, \ldots, (f_m)_a) (3.1.8).

3.2.9. On suppose FF quasi-complet. Soit f∈H(E1,…,En;F)f \in \mathscr{H}(E_1, \ldots, E_n; F); la fonction x↦f(x)x \mapsto f(x) (3.1.7) est analytique dans l’ouvert C(f)C(f), domaine de convergence strict de ff. Si n=1n = 1 et si ∥a∥<ρ(f)\|a\| < \rho(f), le rayon de convergence strict du développement de ff en série entière en aa est au moins égal à ρ(f)−∥a∥\rho(f) - \|a\|. Si ρ(f)=+∞\rho(f) = + \infty, on dit que ff est une fonction entière.

3.2.10. Gardons les hypothèses de 3.2.9. Si K=CK = \mathbf{C}, les résultats de 3.2.9 restent exacts si l’on remplace C(f)C(f) par C~(f)\tilde{C}(f) et ρ(f)\rho(f) par ρ~(f)\tilde{\rho}(f) (pour n=1n = 1). Si K=RK = \mathbf{R}, la fonction x↦f(x)x \mapsto f(x) est analytique dans C~(f)\tilde{C}(f).

3.2.11. Supposons que Ei=KE_i = K pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n. Soient UU un ouvert de KnK^n et f∈Cω(Kn;F)f \in \mathscr{C}^\omega(K^n; F). Si 0∈U0 \in U et si f0=∑αXαcαf_0 = \sum_\alpha X^\alpha c_\alpha est le développement en série entière de ff en 00, le développement en série entière de Δαf\Delta^\alpha f en 00 s’écrit (après identification de Pα(Kn;F)P_\alpha(K^n; F) avec FF):

(Δαf)0=∑β((α,β))Xβcα+β. (\Delta^\alpha f)_0 = \sum_\beta ((\alpha, \beta)) X^\beta c_{\alpha + \beta}.

On a en particulier pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n et pour x∈C(f0)x \in C(f_0):

∂if(x)=∑α(αi+1)xαcα+ei. \partial_i f(x) = \sum_\alpha (\alpha_i + 1) x^\alpha c_{\alpha + e_i}.

3.3 Fonctions holomorphes

Dans ce n°, on suppose que K=CK = \mathbf{C}.

3.3.1. On suppose FF quasi-complet. Soient UU un ouvert de EE et ff une application de UU dans FF. Les conditions suivantes sont équivalentes: (i) ff est holomorphe; (ii) ff est dérivable; (iii) ff est localement bornée et quels que soient a∈Ua \in U et h∈Eh \in E, la fonction t↦f(a+th)t \mapsto f(a + th), définie dans un voisinage ouvert de 00 dans CC, est holomorphe; (iv) ff est localement bornée et pour toute forme linéaire continue uu sur FF, la fonction u∘fu \circ f à valeurs dans C\mathbf{C} est holomorphe; (v) ff est continue et localement bornée et il existe un ensemble total HH du dual de FF tel que u∘fu \circ f soit holomorphe pour tout u∈Hu \in H.

Lorsque EE est de dimension finie (resp. lorsque FF est un espace de Banach), ces conditions sont encore équivalentes aux conditions (iii'), (iv') ou (v') (resp. (iv') ou (v')) obtenues à partir de (iii), (iv) ou (v) (resp. (iv) ou (v)) en enlevant l’hypothèse « ff est localement bornée ».

3.3.2. Supposons FF quasi-complet. Soient UU un ouvert de EE et (fn)(f_n) une suite d’applications holomorphes de UU dans FF, possédant la propriété suivante: (W) Tout point de UU possède un voisinage dans lequel la suite (fn)(f_n) converge uniformément. Alors la limite ff de la suite (fn)(f_n) est holomorphe, la suite des dérivées (Dfn)(Df_n) (à valeurs dans l’espace quasi-complet L(E;F)\mathscr{L}(E; F)) possède la propriété (W) et DfDf est la limite de (Dfn)(Df_n).

3.3.3. Soient U un ouvert de E et f une application holomorphe de U dans F, supposé quasi-complet. Soit R=(Ri)∈(R+∗)nR = (R_i) \in (\mathbf{R}_+^*)^n et supposons que la polyboule B(R) est contenue dans U et que f est bornée sur B(R). On a alors, pour tout α∈Nn\alpha \in \mathbf{N}^n et tout x=(xi)∈B(R)x = (x_i) \in B(R):

Δαf(0)(x)=∫01⋯∫01f(e(θ1)x1,…,e(θn)xn)e(−α1θ1−⋯−αnθn) dθ1…dθn \Delta^\alpha f(0)(x) = \int_0^1 \cdots \int_0^1 f(e(\theta_1)x_1, \ldots, e(\theta_n)x_n)e(-\alpha_1\theta_1 - \cdots - \alpha_n\theta_n)\ d\theta_1 \ldots d\theta_n

(avec e(θ)=exp⁡2πiθe(\theta) = \exp 2\pi i \theta).

Soit de plus γ\gamma une semi-norme continue sur F et soit M la borne supérieure de ∥f(x)∥γ\|f(x)\|_\gamma pour ∥xi∥=Ri\|x_i\| = R_i. On a ∥Δαf(0)(x)∥γ≤M\|\Delta^\alpha f(0)(x)\|_\gamma \leq M pour tout x∈B(R)x \in B(R) et ∥Δαf(0)∥γ≤MR−α\|\Delta^\alpha f(0)\|_\gamma \leq MR^{-\alpha}. Enfin, le domaine de convergence du développement en série de f en 0 contient l'intérieur de la polyboule B(R).

3.3.4. Gardons les hypothèses de 3.3.3 et supposons de plus que Ei=CE_i = \mathbf{C}. Soit ∑αXαcα\sum_{\alpha} X^\alpha c_\alpha le développement en série de f en 0. On a:

cα=R−α∫01⋯∫01f(e(θ1)R1,…,e(θn)Rn)e(−α1θ1−⋯−αnθn) dθ1…dθn c_\alpha = R^{-\alpha}\int_0^1 \cdots \int_0^1 f(e(\theta_1)R_1, \ldots, e(\theta_n)R_n)e(-\alpha_1\theta_1 - \cdots - \alpha_n\theta_n)\ d\theta_1 \ldots d\theta_n

et:

∥cα∥γ≤R−αsup⁡x∈B(R)∥f(x)∥γ \|c_\alpha\|_\gamma \leq R^{-\alpha} \sup_{x \in B(R)} \|f(x)\|_\gamma

(« inégalités de Cauchy »). Le domaine de convergence strict de la série ∑αXαcα\sum_{\alpha} X^\alpha c_\alpha contient l'intérieur de B(R).

3.3.5. Supposons E de dimension finie et F quasi-complet. Soit f une application holomorphe de E dans F. Il existe alors dans H(E;F)\mathscr{H}(E; F) une série f0f_0 et une seule, de rayon de convergence infini (pour toute norme sur E), telle que f(x)=f0(x)f(x) = f_0(x) pour tout x∈Ex \in E.

3.3.6. Si f est une application holomorphe de E dans F telle que f(E)f(E) soit borné, alors la fonction f est constante (« théorème de Liouville »).

3.3.7. On suppose que E≠0E \neq 0. Soit f une application holomorphe d'un ouvert U de E dans F. Soient a un point de U et γ\gamma une semi-norme continue sur F. Pour tout voisinage V de a, contenu dans U, il existe x∈V,x≠ax \in V, x \neq a, tel que:

∥f(a)∥γ≤∥f(x)∥γ. \|f(a)\|_\gamma \leq \|f(x)\|_\gamma.

Si de plus F=CF = \mathbf{C} et si f n'est pas constante au voisinage de a, on a ∣f(a)∣<sup⁡x∈V,x≠a∣f(x)∣|f(a)| < \sup_{x \in V, x \neq a} |f(x)| et l'application f est ouverte au voisinage de a.

Enfin, soit B un ouvert borné d'adhérence contenue dans U et soit B' sa frontière. On a:

sup⁡x∈B‾∣f(x)∣=sup⁡x∈B′∣f(x)∣ \sup_{x \in \overline{B}} |f(x)| = \sup_{x \in B'} |f(x)|

(« principe du maximum »).

3.3.8. Supposons E de dimension finie. Soient U un ouvert de E, S un sous-espace vectoriel de codimension ≥2\geq 2 de E et ff une application holomorphe de U∩(E−S)U \cap (E - S) dans F. Alors ff se prolonge par continuité en une application holomorphe de U dans F.

3.3.9. Supposons que E=CE = \mathbf{C} et soit 0≤λ<μ≤+∞0 \leq \lambda < \mu \leq +\infty. Soit ff une application holomorphe de l’ouvert U={z∈C∣λ<∣z∣<μ}U = \{ z \in \mathbf{C} | \lambda < |z| < \mu \} dans F. Il existe une famille (an(f))n∈Z(a_n(f))_{n \in \mathbf{Z}} et une seule d’éléments de F telle que, pour tout compact H de U, la famille (an(f)zn)n∈Z(a_n(f)z^n)_{n \in \mathbf{Z}} soit uniformément sommable de somme f(z)f(z) pour zz décrivant H (« développement de Laurent »).

Supposons de plus λ=0\lambda = 0. On appelle ordre de ff au point x=0x = 0 la borne inférieure (finie ou infinie) de l’ensemble des entiers nn tels que an(f)≠0a_n(f) \neq 0. S’il existe un voisinage V de 0 tel que ff soit bornée dans V−{0}V - \{0\}, alors ff est d’ordre 0 au point x=0x = 0 et se prolonge par continuité en une fonction holomorphe sur l’ouvert ∣z∣<μ|z| < \mu. Soit pp un entier >0> 0; si ff est d’ordre −p-p au point x=0x = 0, on dit que 0 est un pôle d’ordre pp de ff.

3.3.10. Supposons que E=CE = \mathbf{C} et que F soit normé. Soit ff une application holomorphe du disque unité ouvert U de E dans F, telle que f(0)=0f(0) = 0 et soit M=sup⁡z∈U∥f(z)∥M = \sup_{z \in U} \|f(z)\|. On a alors ∥f(z)∥≤M⋅∣z∣\|f(z)\| \leq M \cdot |z| pour tout z∈Uz \in U (« lemme de Schwarz »).

3.4. Fonctions analytiques réelles

Supposons que K=RK = \mathbf{R}.

3.4.1. Soient U un ouvert de E et ff une application de U dans F, supposé quasi-complet.

Les conditions suivantes sont équivalentes: (i) ff est analytique. (ii) ff est de classe C∞C^\infty et, pour tout a∈Ua \in U, il existe un voisinage VaV_a de aa et un nombre réel MM tels que, pour toute semi-norme γ\gamma continue sur F, il existe une constante AγA_\gamma telle que l’on ait

∥Δαf(x)∥γ≤AγM∣α∣pour tout x∈Va et tout α∈Nn. \|\Delta^\alpha f(x)\|_\gamma \leq A_\gamma M^{|\alpha|} \quad \text{pour tout } x \in V_a \text{ et tout } \alpha \in \mathbf{N}^n.

3.4.2. Soient U un ouvert de E et ff une application de U dans F. Si F est quasi-complet, et si son dual fort F′F' est un espace de Baire, alors ff est analytique si et seulement si u∘fu \circ f est analytique pour tout u∈F′u \in F'.

Transcribed from the printed volume. Not translated.