Bourbaki

Exercice 27, § 2

Algèbre commutative, III

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

a) Soit AA un anneau commutatif muni d’une topologie linéaire. Pour toute partie multiplicative SS de AA, on désigne par A{S−1}A \left\{ S^{-1} \right\} le séparé complété de l’anneau S−1AS^{-1}A muni de la topologie dont un système fondamental de voisinages de 00 est formé des idéaux S−1UλS^{-1}U_\lambda, où (Uλ)(U_\lambda) est un système fondamental de voisinages de 00 dans AA formé d’idéaux de AA. Montrer que A{S−1}A \left\{ S^{-1} \right\} est canoniquement isomorphe à la limite projective des anneaux Sλ−1(A/Uλ)S_\lambda^{-1}(A/U_\lambda) où SλS_\lambda est l’image canonique de SS dans A/UλA/U_\lambda. Si A^\hat{A} est le séparé complété de AA, A{S−1}A \left\{ S^{-1} \right\} est canoniquement isomorphe à A^{S′−1}\hat{A} \left\{ {S'}^{-1} \right\}, où S′S' est l’image canonique de SS dans A^\hat{A}.

b) Pour que A{S−1}A \left\{ S^{-1} \right\} soit réduit à 00, il faut et il suffit que, dans AA, 00 soit adhérent à SS. En déduire un exemple où AA est séparé et complet, mais où il n’en est pas de même de S−1AS^{-1}A pour la topologie définie dans a).

c) Pour tout homomorphisme continu de AA dans un anneau linéairement topologisé BB, séparé et complet, tel que u(S)u(S) soit formé d’éléments inversibles dans BB, montrer que u=u′∘ju = u' \circ j, où j:A→A{S−1}j : A \to A \left\{ S^{-1} \right\} est l’application canonique, et u′u' est continu ; en outre u′u' est déterminé de façon unique.

d) Soient S1,S2S_1, S_2 deux parties multiplicatives de AA, et soit S2′S'_2 l’image canonique de S_2 dans A\{S^{-1}\}; définir un isomorphisme canonique de A\{(S_1S_2)^{-1}\} sur A\{S_1^{-1}\}\{S_2'^{-1}\}.

e) Soit aa un idéal ouvert de A, et soit a{S−1}a\{S^{-1}\} le séparé complété de S−1aS^{-1}a pour la topologie induite par celle de S−1AS^{-1}A; montrer que a{S−1}a\{S^{-1}\} s’identifie canoniquement à un idéal ouvert de A{S−1}A\{S^{-1}\}, et que l’anneau discret A{S−1}/a{S−1}A\{S^{-1}\}/a\{S^{-1}\} est isomorphe à S−1(A/a)S^{-1}(A/a). Inversement, si a′a' est un idéal ouvert de A{S−1}A\{S^{-1}\}, son image réciproque aa dans A est un idéal ouvert tel que a′=a{S−1}a' = a\{S^{-1}\}. En particulier, l’application p→p{S−1}p \to p\{S^{-1}\} est une bijection croissante de l’ensemble des idéaux premiers ouverts de A ne rencontrant pas S sur l’ensemble des idéaux premiers ouverts de A{S−1}A\{S^{-1}\}.

f) Soit pp un idéal premier ouvert dans A, et soit S=A−pS = A - p. Montrer que A{S−1}A\{S^{-1}\} est un anneau local, dont le corps résiduel est isomorphe au corps des fractions de A/pA/p.

g) Pour tout élément f∈Af \in A, on désigne par A{f}A\{f\} l’anneau A{Sf−1}A\{S_f^{-1}\}, où SfS_f est l’ensemble multiplicatif des fn(n≥0)f^n(n \geq 0). Lorsque ff parcourt une partie multiplicative S de A, les A{f}A\{f\} forment un système inductif filtrant d’anneaux, dont on désigne par A{s}A\{s\} la limite inductive (non munie d’une topologie); définir un homomorphisme canonique

A{s}→A{S−1}. A\{s\} \to A\{S^{-1}\}.

Lorsque S=A−pS = A - p, où pp est un idéal premier ouvert de A, montrer que A{s}A\{s\} est un anneau local, l’homomorphisme canonique A{s}→A{S−1}A\{s\} \to A\{S^{-1}\} est local et les corps résiduels de A{s}A\{s\} et de A{S−1}A\{S^{-1}\} sont canoniquement isomorphes (cf. chap. II, § 3, exerc. 16).

h) On suppose que la topologie de A est la topologie mm-adique pour un idéal mm de A, que A est séparé et complet, et que m/m2m/m^2 est un (A/m)(A/m)-module de type fini. Montrer que si m′=m{S−1}m' = m\{S^{-1}\}, la topologie de A′=A{S−1}A' = A\{S^{-1}\} est la topologie m′m'-adique, on a m′=mA′m' = mA' et m′/m′2m'/{m'}^2 est un (A′/m′)(A'/m')-module de type fini (utiliser la prop. 14 du n° 10). Si A est noethérien, il en est de même de A′A'.

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.