Algèbre commutative, IX, p. 49
Soit M l’ensemble des nombres rationnels positifs dont le dénominateur est une puissance de p, muni de la structure de monoïde donnée par l’addition. Soit k un corps parfait de caractéristique p. On munit W(k) et son corps de fractions K de la topologie donnée par la valuation de W(k). Soit n un entier positif. Soit C l’algèbre sur K du monoïde produit Mn. Pour 1⩽i⩽n, on notera Ti l’image dans C de l’élément de M ayant pour i-ième composante 1 et pour autres composantes 0, et pour α∈Mn on notera Tα l’image de α. Pour α∈Mn, on posera
den(α)=1⩽i⩽nsup(p−inf(0,wp(αi))) où
wp désigne la valuation
p-adique de
Q. On note A l’anneau
k[T1,...,Tn], B l’anneau
W(k)[T1,...,Tn],
B l’algèbre de
Mn sur
W(k),
A l’algèbre de
Mn sur
k. On considère A comme un sous-anneau de
A, B comme un sous-anneau de
B,
B comme un sous-anneau de C. Soit E l’ensemble des éléments de C de la forme
∑α∈Mnden(α)aαTα où la famille à support fini
(aα) est formée d’éléments de
W(k). Soient F l’automorphisme de C coïncidant avec l’automorphisme de Frobenius sur
W(k) et vérifiant
F(Tiα)=Tipα pour tout
i(1⩽i⩽n) et tout
α∈M, et V l’automorphisme du groupe additif de C défini par
V=pF−1. a) E est un sous-anneau de C, contenant B et stable par F et V. b) E est un
W(k)-module, et est somme de ses sous-modules
ViB, pour
i∈N. c) On a
⋂i∈NViE=0. d) Pour tout
i∈N, on a
B∩ViE=piB.
e) Notons ρ:B→A l’application obtenue en réduisant les coefficients des éléments de Mn modulo pW(k). Alors on a ρ(E)=A, et ρ induit un isomorphisme ρ′ de E/VE sur A. f) Pour tout entier r⩾0, VrE/Vr+1E est un module sur E/VE. Par ρ′−1, on peut le considérer comme un A-module. L’application de A dans VrE/Vr+1E, qui à a∈A associe la classe de Vre, pour tout élément e∈E vérifiant ρ(e)=a, est un isomorphisme du A-module φ∗′A (p. 44, exerc. 13) sur le A-module VrE/Vr+1E. g) Il existe un unique homomorphisme de W(k)-algèbres σ:B→W(A) tel que pour 1⩽i⩽n et r∈M, on ait σ(Tir)=τA(Tir). On a σ∘F=FA et σ∘V=VA∘σ (s’inspirer de l’exerc. 14, p. 44). h) L’homomorphisme σ induit un homomorphisme de W(k)-algèbres σ~:E→W(A), qui est le seul W(k)-homomorphisme de E dans W(A) vérifiant σ~(Ti)=τA(Ti) pour 1⩽i⩽n et σ~∘V=VA∘σ~. i) Pour tout entier r⩾1, σ~ induit un isomorphisme de E/VrE et Wr(A) (utiliser l’exerc. 13, p. 44); σ~ est injectif. j) Soit C^ le complété de C pour la topologie p-adique. Pour tout x∈C^, il existe une unique famille (aα)α∈Mn d’éléments de K, telle que aα tende vers 0 quand α tend vers l’infini suivant le filtre des complémentaires des parties finies de Mn, et que x soit la somme de la famille aαTα. k) Soit E^ l’ensemble des éléments x=∑α∈Mnden(α)ααTα de C^ tels qu’on ait aα∈W(k) pour tout α∈Mn. Prouver que σ~:E→W(A) se prolonge en un isomorphisme de E^ sur W(A).