Soient A un anneau, E un A-module projectif de type fini, et u∈EndA(E). Si E est un A-module libre, on note detE(u) le déterminant de u. En général, on peut choisir un A-module F tel que E⊕F soit un A-module libre de type fini, et on pose
Edet(u)=E⊕Fdet(u⊕1F).
a) Montrer que detE(u) est indépendant du choix de F, que det(1E)=1, et que detE(u∘v)=detE(u)⋅detE(v) quels que soient u,v dans EndA(E). b) Supposons que L soit un sous-module facteur direct de E stable par u, et notons uL∈EndA(L) et uE/L∈EndA(E/L) les endomorphismes définis par u. Alors on a detE(u)=detL(uL)⋅detE/L(uE/L). Soient T une indéterminée, E[T]=A[T]⊗AE, et identifions u à 1A[T]⊗Au∈EndA[T](E[T]). Posons
χE(u)=det(T⋅1−u)
(polynôme caractéristique de u) et
χE(u)=det(1+uT)=n≥0∑Tr(Λn(u))Tn
où 1 désigne 1E[T] (cf. A, III, p. 107).
c) On a χE(0)=1. Supposons que E soit localement libre de rang constant r. On a χE(1E)=(1+T)r. Si σr:A[T,T−1]→A[T,T−1] désigne l’application (σrf)(T)=Tr⋅f((−T)−1) on a σr(σr(f))=(−1)rf et σr(χE(u))=χE(u).
d) Soit α:A→A′ un homomorphisme d’anneaux. On a χA′⊗AE(IdA′⊗Au)=α(χE(u)), où on note α aussi l’homomorphisme A[T]→A′[T] défini par α.
(Il suffit de vérifier les formules localement sur le spectre de A, donc on peut supposer E égal à A′. Soit (uij)1≤i,j≤r la matrice de u, soit (Xij)1≤i,j≤r une famille d’indéterminées, posons B=Z[(Xij)], et soit v l’endomorphisme de B′ de matrice X=(Xij)1≤i,j≤r. Il suffit de vérifier les formules pour B′ et v∈EndB(B′). On peut plonger B dans un corps C algébriquement clos, et il suffit de vérifier les formules pour C′ et w=IdC⊗Bv. Soient a1,...,ar les valeurs propres de w, de sorte que χC′(wn)=∏i(1+aiT). On a ψnC(χC′(w))=∏i=1r(1+ainT)=χC′(wn). De plus χΛn(C′)(Λn(w))=∏H(1+aHT), où H parcourt l’ensemble des parties à n éléments de {1,...,r}, et où aH=∏h∈Hah. On peut maintenant appliquer l’exerc. 46, d), p. 59, pour montrer que λnC(χC′(w))=χΛn(C′)(Λn(w)).)
f) On a
−T[dTdχE(u)]/χE(u)=n∈J∑Tr(un)(−T)n,
autrement dit Ln(χE(u))=Tr(un) pour n∈J. (Raisonner comme dans e).)
g) Soient E′ un A-module projectif de type fini, et u′∈EndA(E′). On a, dans l’anneau Λ(A),
χE′⊗AE(u⊗Au′)=χE(u)∗χE′(u′).
(Raisonner comme dans e).)
h) Soient k un corps algébriquement clos de caractéristique p non nulle, E un espace vectoriel sur k de dimension finie n, u un endomorphisme de E. On notera χ~E(u) l’image de χE(u) dans W(k) par les homomorphismes canoniques (exerc. 43, p. 57 et exerc. 39, p. 53) :
Λ(k)E−1U(k)⟶Up∞(k)⟶W(k).
Prouver que si α1,...,αn sont les valeurs propres de l’endomorphisme u, on a