Bourbaki

Exercice 55, § 1

Algèbre commutative, IX, p. 65

Soit C un anneau. Soit G un monoïde et soit C(G)C^{(G)} son algèbre sur C. Au lieu de RepC(C(G))\mathrm{Rep}_C(C^{(G)}) et RC(C(G))R_C(C^{(G)}), on écrira RepC(G)\mathrm{Rep}_C(G) et RC(G)R_C(G). Si α:G′→G\alpha : G' \to G est un homomorphisme de monoïdes, on notera aussi α\alpha l’homomorphisme de C-algèbres C(G′)→C(G)C^{(G')} \to C^{(G)} qu’il définit, et α∗:RC(G)→RC(G′)\alpha_* : R_C(G) \to R_C(G') l’homomorphisme correspondant.

D’après A, VIII, § 10, no 5, il existe sur RC(G)R_C(G) une structure d’anneau (commutatif) telle que

[E].[F]=[E⊗CF] [E].[F] = [E \otimes_C F]

si E et F sont des modules de type RepC(G)\mathrm{Rep}_C(G). L’élément neutre pour cette multiplication est la classe du module C1C_1, égal à C avec opération triviale de G.

a) L’anneau RC(G)R_C(G) admet une unique structure de pré-λ\lambda-anneau telle que

λ[E]=∑n≥0[Λn(E)]Tn \lambda[E] = \sum_{n \geq 0} [\Lambda^n(E)] T^n

pour tout module E de type RepC(G)\mathrm{Rep}_C(G). (Observer tout d’abord que Λn(E)\Lambda^n(E) est encore un module de type RepC(G)\mathrm{Rep}_C(G). Ensuite, si F est un sous-module tel que F et E/F sont de type RepC(G)\mathrm{Rep}_C(G), montrer que

[Λn(E)]=∑p=0n[Λp(F)⊗CΛn−p(E/F)] [\Lambda^n(E)] = \sum_{p=0}^n [\Lambda^p(F) \otimes_C \Lambda^{n-p}(E/F)]

dans RC(G)R_C(G). Pour cela notons LpL_p l’image de Λp(F)⊗CΛn−p(E)\Lambda^p(F) \otimes_C \Lambda^{n-p}(E), par la multiplication, dans Λn(E)\Lambda^n(E). On a Λn(E)=L0⊃L1⊃...⊃Ln=Λn(F)⊃Ln+1=0\Lambda^n(E) = L_0 \supset L_1 \supset ... \supset L_n = \Lambda^n(F) \supset L_{n+1} = 0, et il existe un isomorphisme canonique de C(G)C^{(G)}-modules de Lp/Lp+1L_p/L_{p+1} sur Λp(F)⊗Λn−p(E/F)\Lambda^p(F) \otimes \Lambda^{n-p}(E/F).

b) Pour tout homomorphisme α:G′→G\alpha : G' \to G de monoïdes, l’application α∗:RC(G)→RC(G′)\alpha_* : R_C(G) \to R_C(G') est un λ\lambda-morphism. En particulier K0(C)K_0(C) est un pré-λ\lambda-anneau et ε∗:RC(G)→K0(C)\varepsilon_* : R_C(G) \to K_0(C) est un λ\lambda-morphism. L’homomorphisme G→{1}G \to \{1\} en fournit un inverse à droite.

c) Soient G un monoïde et R un ensemble. Une fonction f:G→Rf : G \to R sera dite centrale si f(st)=f(ts)f(st) = f(ts) quels que soient s,t∈Gs, t \in G. Notons FC(G, R) l’ensemble de ces fonctions. Si R est un λ\lambda-anneau, FC(G, R) est canoniquement muni d’une structure de λ\lambda-anneau telle que

(f+f′)(s)=f(s)+f′(s) (f + f')(s) = f(s) + f'(s)
(f.f′)(s)=f(s).f′(s) (f.f')(s) = f(s).f'(s)
(λnf)(s)=λn(f(s)) (\lambda_n f)(s) = \lambda_n(f(s))

quels que soient f,f′f, f' dans FC(G, R) et s dans G. Ceci s’applique notamment lorsque R=Λ(C)R = \Lambda(C).

d) Soit E un module de type Rep_C(G). Pour tout s ∈ G, notons s_E l’homothétie de rapport s dans E, et posons

χ‾E(s)=det⁡E[T](1+sET)∈Λ(C) \overline{\chi}_E(s) = \det_{E[T]}(1 + s_E T) \in \Lambda(C)

(cf. p. 62, exerc. 49). Montrer que

χ‾:[E]↦χ‾E \overline{\chi} : [E] \mapsto \overline{\chi}_E

définit un λ\lambda-morphisme

χ‾:RC(G)→FC(G,Λ(C)). \overline{\chi} : R_C(G) \to FC(G, \Lambda(C)) .

e) Si C est un corps, alors χ‾\overline{\chi} est injectif (A, VIII, § 10, n° 6, prop. 10). En déduire dans ce cas que RC(G)R_C(G) est un λ\lambda-anneau.

Solution

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