Bourbaki

Exercice 1, § 3

Algèbre commutative, IX, p. 75

Soient p un nombre premier, G le groupe libre à deux générateurs X et Y, Fp[G]F_p[G] l’algèbre du groupe G sur FpF_p. On pose Z=XY−YXZ = XY - YX et on note α\alpha l’idéal bilatère de Fp[G]F_p[G] engendré par les éléments ZX−XZ,ZY−YZZX - XZ, ZY - YZ et Z2Z^2. Posant A=Fp[G]/αA = F_p[G]/\alpha, on note z\mathfrak{z} l’idéal bilatère de A engendré par l’image de Z dans A (on notera encore X, Y, Z les images dans A de X, Y et Z). a) Soit aa un élément de A. Prouver qu’il existe deux familles à support fini d’éléments de FpF_p, soient (pα,β)(α,β)∈Z2(p_{\alpha,\beta})_{(\alpha,\beta) \in \mathbf{Z}^2} et (qα,β)(α,β)∈Z2(q_{\alpha,\beta})_{(\alpha,\beta) \in \mathbf{Z}^2}, déterminées de manière unique par la condition

a=∑(α,β)∈Z2(pα,β+qα,βZ)XαYβ. a = \sum_{(\alpha,\beta) \in \mathbf{Z}^2} (p_{\alpha,\beta} + q_{\alpha,\beta}Z) X^\alpha Y^\beta .
En déduire que l’algèbre quotient A/zA/\mathfrak{z} est commutative et intègre, et que l’idéal z\mathfrak{z} est contenu dans le centre de A. b) Pour tout couple (a,b)(a, b) d’éléments de A, il existe un élément c de A tel qu’on ait
akb−bak=kak−1cZpour tout entier k≥0. a^k b - ba^k = ka^{k-1} cZ \quad \text{pour tout entier } k \geq 0 .
En déduire que l’ensemble ApA^p des puissances pp-ièmes des éléments de A est contenu dans le centre de A. c) La partie multiplicative S=A−zS = A - \mathfrak{z} de A permet un calcul de fractions à droite et à gauche (II, § 2, exerc. 22). On notera B l’anneau de fractions de A ainsi construit. (Pour vérifier par exemple que pour tout aa dans A et tout ss dans S, il existe b∈Ab \in A et t∈St \in S tels que at=sbat = sb, prendre b=sp−1a,t=spb = s^{p-1} a, t = s^p et utiliser bb.) d) Prouver que l’application canonique de A dans B est injective. (Remarquer que le noyau de cette application est contenu dans z\mathfrak{z} et raisonner comme dans a.).

e) Le centre de B contient Z. Si m est l’idéal bilatère de B engendré par Z, on a m2=0m^2 = 0. f) L’idéal m est l’ensemble des éléments non-inversibles de B, et le corps B/m est isomorphe au corps Fp(X,Y)F_p(X, Y). g) Prouver qu’il n’existe pas de sous-corps de B dont l’image dans B/m soit tout B/m.

Dans les exerc. 2 à 5, les anneaux topologiques (commutatifs) sont supposés linéairement topologisés. Si A et B sont deux anneaux topologiques et que B est une A-algèbre, on dit que B est une A-algèbre topologique si l’homomorphisme de A dans B qui définit la structure d’algèbre est continu.

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.