Algèbre commutative, IX, p. 75
Soient p un nombre premier, G le groupe libre à deux générateurs X et Y, Fp[G] l’algèbre du groupe G sur Fp. On pose Z=XY−YX et on note α l’idéal bilatère de Fp[G] engendré par les éléments ZX−XZ,ZY−YZ et Z2. Posant A=Fp[G]/α, on note z l’idéal bilatère de A engendré par l’image de Z dans A (on notera encore X, Y, Z les images dans A de X, Y et Z). a) Soit a un élément de A. Prouver qu’il existe deux familles à support fini d’éléments de Fp, soient (pα,β)(α,β)∈Z2 et (qα,β)(α,β)∈Z2, déterminées de manière unique par la condition
a=(α,β)∈Z2∑(pα,β+qα,βZ)XαYβ. En déduire que l’algèbre quotient
A/z est commutative et intègre, et que l’idéal
z est contenu dans le centre de A. b) Pour tout couple
(a,b) d’éléments de A, il existe un élément c de A tel qu’on ait
akb−bak=kak−1cZpour tout entier k≥0. En déduire que l’ensemble
Ap des puissances
p-ièmes des éléments de A est contenu dans le centre de A. c) La partie multiplicative
S=A−z de A permet un calcul de fractions à droite et à gauche (II, § 2, exerc. 22). On notera B l’anneau de fractions de A ainsi construit. (Pour vérifier par exemple que pour tout
a dans A et tout
s dans S, il existe
b∈A et
t∈S tels que
at=sb, prendre
b=sp−1a,t=sp et utiliser
b.) d) Prouver que l’application canonique de A dans B est injective. (Remarquer que le noyau de cette application est contenu dans
z et raisonner comme dans a.).
e) Le centre de B contient Z. Si m est l’idéal bilatère de B engendré par Z, on a m2=0. f) L’idéal m est l’ensemble des éléments non-inversibles de B, et le corps B/m est isomorphe au corps Fp(X,Y). g) Prouver qu’il n’existe pas de sous-corps de B dont l’image dans B/m soit tout B/m.
Dans les exerc. 2 à 5, les anneaux topologiques (commutatifs) sont supposés linéairement topologisés. Si A et B sont deux anneaux topologiques et que B est une A-algèbre, on dit que B est une A-algèbre topologique si l’homomorphisme de A dans B qui définit la structure d’algèbre est continu.