Bourbaki

§ 7. Théorème d’approximation.

1. Intersection d’un nombre fini d’anneaux de valuation

Proposition 1

Soient KK un corps, (Ai)1≤i≤n(\mathbf{A}_i)_{1 \leq i \leq n} une famille finie d’anneaux de valuation pour KK, et B=⋂i=1nAiB = \bigcap_{i=1}^n \mathbf{A}_i. Posons pi=B∩m(Ai)\mathfrak{p}_i = B \cap m(\mathbf{A}_i). Alors Ai=Bpi\mathbf{A}_i = B_{\mathfrak{p}_i} pour tout ii, et le corps des fractions de BB est KK.

Il est clair que Bpi⊂AiB_{p_i} \subset A_i. Pour prouver l’inclusion opposée, nous aurons besoin du lemme suivant :

Lemme 1

Soient viv_i (1≤i≤n1 \leq i \leq n) des valuations d’un corps KK, et x∈K∗x \in K^*. Il existe alors un polynôme f(X)f(X) de la forme

f(X)=1+n1X+⋯+nk−1Xk−1+Xk f(X) = 1 + n_1 X + \cdots + n_{k-1} X^{k-1} + X^k
(k≥2, nj∈Z pour 1≤j≤k−1)(k \geq 2,\ n_j \in \mathbf{Z}\ \text{pour}\ 1 \leq j \leq k-1)

tel que f(x)≠0f(x) \neq 0 et que l’élément z=f(x)−1z = f(x)^{-1} jouisse des propriétés suivantes pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n:

vi(z)=0si vi(x)≥0vi(z)+vi(x)>0si vi(x)<0. \begin{array}{ll} v_i(z) = 0 & \text{si}\ v_i(x) \geq 0 \\ v_i(z) + v_i(x) > 0 & \text{si}\ v_i(x) < 0. \end{array}

Admettons pour un moment ce lemme, et montrons comment il entraîne que A1⊂Bp1A_1 \subset B_{p_1}. Soit xx un élément non nul de A1A_1. Appliquons le lemme à xx et à des valuations viv_i associées aux AiA_i. On a vi(z)≥0v_i(z) \geq 0 et vi(zx)≥0v_i(zx) \geq 0 pour tout ii, donc z∈Bz \in B et zx∈Bzx \in B. Comme v1(x)≥0v_1(x) \geq 0, on a v1(z)=0v_1(z) = 0, donc z∉p1z \notin p_1. Donc x=xz/z∈Bp1x = xz/z \in B_{p_1}. Le corps des fractions de BB contient alors A1A_1, et est donc KK.

Passons à la démonstration du lemme. Soit II l’ensemble des indices ii tels que vi(x)≥0v_i(x) \geq 0. Pour i∈Ii \in I, soit AiA_i l’anneau de la valuation viv_i, et notons xˉi\bar{x}_i l’image canonique de xx dans κ(Ai)\kappa(A_i). Pour tout i∈Ii \in I, construisons un polynôme fif_i de la façon suivante : s’il existe un polynôme g(X)g(X) de la forme (1) tel que g(xˉi)=0g(\bar{x}_i) = 0 dans κ(Ai)\kappa(A_i), nous prendrons pour fif_i un tel polynôme ; sinon nous prendrons fi=1f_i = 1. Posons alors f(X)=1+X2∏i∈Ifi(X)f(X) = 1 + X^2 \prod_{i \in I} f_i(X). C’est évidemment un polynôme de la forme (1). Si i∈Ii \in I, on a f(x)∈Aif(x) \in A_i, et aussi f(xˉi)≠0f(\bar{x}_i) \neq 0 par construction ; donc f(x)∉m(Ai)f(x) \notin m(A_i), vi(f(x))=0v_i(f(x)) = 0 et vi(z)=0v_i(z) = 0. Si i∉Ii \notin I, on a vi(x)<0v_i(x) < 0, d’où vi(f(x))=kvi(x)v_i(f(x)) = kv_i(x) (§ 3, no 1, prop. 1), et vi(x)+vi(z)=(1−k)vi(x)>0v_i(x) + v_i(z) = (1 - k)v_i(x) > 0 (puisque k≥2k \geq 2). D’où le lemme.

Proposition 2

Les hypothèses étant celles de la prop. 1, supposons de plus que Ai⊄AjA_i \not\subset A_j pour i≠ji \neq j. Alors les pip_i sont des idéaux maximaux de BB deux à deux distincts, et tout idéal maximal de BB est égal à un des pip_i.

Si on avait pi⊂pjp_i \subset p_j pour i≠ji \neq j, on aurait Ai=Bpi⊃Bpj=AjA_i = B_{p_i} \supset B_{p_j} = A_j. Il suffit alors d’appliquer le Chap. II, § 3, no 5, cor. de la prop. 17.

Corollaire 1

Supposons que Ai⊄AjA_i \not\subset A_j pour i≠ji \neq j. Pour toute famille d’éléments ai∈Ai (1≤i≤n)a_i \in A_i \ (1 \leq i \leq n), il existe x∈Bx \in B tel que x≡ai (mod. m(Ai))x \equiv a_i \ (\mathrm{mod.}\ m(A_i)) pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n.

Puisque les pi\mathfrak{p}_i sont des idéaux maximaux de BB, on a Ai/m(Ai)=Bpi/piBpi=B/piA_i / m(A_i) = B_{\mathfrak{p}_i}/\mathfrak{p}_i B_{\mathfrak{p}_i} = B/\mathfrak{p}_i, et l’on peut donc supposer que ai∈Ba_i \in B pour tout ii. Le corollaire résulte alors du fait que l’application canonique de BB dans ∏i=1n(B/pi)\prod_{i=1}^n (B/\mathfrak{p}_i) est surjective (Chap. II, , n° 2, prop. 5)

Corollaire 2

Supposons que Ai⊊AjA_i \subsetneq A_j pour i≠ji \neq j. Il existe des éléments xix_i (1≤i≤n1 \leq i \leq n) de KK tels que vi(xi)=0v_i(x_i) = 0 et vj(xi)>0v_j(x_i) > 0 pour i≠ji \neq j. Pour chaque indice ii, on applique le cor. 1 à la famille (aj)(a_j) telle que ai=1a_i = 1 et aj=0a_j = 0 pour j≠ij \neq i.

Corollaire 3

Tout anneau de valuation pour KK contenant BB contient l’un des AiA_i. On peut se borner au cas où Ai⊊AjA_i \subsetneq A_j pour i≠ji \neq j. Soit VV un anneau de valuation pour KK contenant BB. Posons

p=m(V)∩B. \mathfrak{p} = m(V) \cap B.
Il existe un idéal maximal pi\mathfrak{p}_i de BB contenant p\mathfrak{p}, d’où
Ai=Bpi⊂Bp⊂V. A_i = B_{\mathfrak{p}_i} \subset B_{\mathfrak{p}} \subset V.

2. Valuations indépendantes

Définition 1

Soient AA et A′A' deux anneaux de valuation pour un même corps KK. On dit que AA et A′A' sont indépendants si KK est l’anneau engendré par AA et A′A'. Deux valuations de KK sont dites indépendantes si leurs anneaux sont indépendants, dépendantes dans le cas contraire.

Une valuation impropre de KK est indépendante de toute valuation de KK. Pour que deux valuations de hauteur 1 de KK soient indépendantes, il faut et il suffit qu’elles soient inéquivalentes (§4,n°5,§ 4, n° 5, prop. 6, c)).

Théorème 1 (Théorème d’approximation pour les valuations)

Soient viv_i (1≤i≤n1 \leq i \leq n) des valuations deux à deux indépendantes d’un corps KK, et Γi\Gamma_i le groupe des ordres de viv_i. Soient ai∈Ka_i \in K et αi∈Γi\alpha_i \in \Gamma_i (1≤i≤n1 \leq i \leq n). Il existe alors x∈Kx \in K tel que vi(x−ai)≥αiv_i(x - a_i) \geq \alpha_i pour tout ii. Si viv_i est impropre, on a αi=0\alpha_i = 0 et la relation vi(x−ai)≥αiv_i(x - a_i) \geq \alpha_i est vraie pour tout x∈Kx \in K. On peut donc supposer les viv_i non impropres.

Soient AiA_i l’anneau de viv_i, B=⋂i=1nAiB = \bigcap_{i=1}^n A_i et pi=m(Ai)∩B\mathfrak{p}_i = m(A_i) \cap B. D’après la prop. 1 du no 1, les aia_i peuvent s’écrire ai=bi/sa_i = b_i/s (bi∈Bb_i \in B, s∈B−{0}s \in B - \{0\}); si l’on pose x=y/sx = y/s et αi′=αi+vi(s)\alpha'_i = \alpha_i + v_i(s), on devra avoir vi(y−bi)≥αi′v_i(y - b_i) \geq \alpha'_i. Ceci montre qu’on peut supposer que ai∈Ba_i \in B pour tout ii; on peut aussi supposer que αi>0\alpha_i > 0 pour tout ii. Soit viv_i l’ensemble des z∈Kz \in K tels que vi(z)≥αiv_i(z) \geq \alpha_i; posons qi=vi∩Bq_i = v_i \cap B. Pour x∈Bx \in B, vi(x−ai)≥αiv_i(x - a_i) \geq \alpha_i équivaut à x≡aix \equiv a_i (qiq_i). Il s’agit donc de montrer que l’homomorphisme canonique B→∏i=1n(B/qi)B \to \prod_{i=1}^n (B/q_i) est surjectif, c’est-à-dire qu’on a qi+qj=Bq_i + q_j = B pour i≠ji \neq j (Chap. II, § 1, no 2, prop. 5). Comme les idéaux maximaux de BB sont les pi\mathfrak{p}_i (prop. 2), il suffira pour cela de montrer que l’on a qi∉pjq_i \notin \mathfrak{p}_j pour i≠ji \neq j.

Supposons qu’il existe i,ji, j tels que l’on ait qi⊂pjq_i \subset \mathfrak{p}_j et i≠ji \neq j. Nous verrons dans un instant que la racine de qiq_i est un idéal premier p\mathfrak{p} de BB. On a alors p⊂pj\mathfrak{p} \subset \mathfrak{p}_j, et aussi p⊂pi\mathfrak{p} \subset \mathfrak{p}_i puisque αi>0\alpha_i > 0, donc qi⊂piq_i \subset \mathfrak{p}_i. On a donc Aj=Bpj⊂BpA_j = B_{\mathfrak{p}_j} \subset B_{\mathfrak{p}} (no 1, prop. 1), et, de même, Ai⊂BpA_i \subset B_{\mathfrak{p}}. Or, comme vi≠(0)v_i \neq (0) et que vi=Bpiqiv_i = B_{\mathfrak{p}_i} q_i (chap. II, § 2, no 4, prop. 10), on a qi≠(0)q_i \neq (0), d’où p≠(0)\mathfrak{p} \neq (0) et Bp≠KB_{\mathfrak{p}} \neq K. Ceci contredit l’hypothèse que AiA_i et AjA_j sont indépendants.

Reste à montrer que p\mathfrak{p} est premier. Or ceci résulte du lemme suivant :

Lemme 2

Soient AA un anneau de valuation, et b\mathfrak{b} un idéal de AA distinct de AA. Alors la racine rr de b\mathfrak{b} est un idéal premier.

Supposons qu’on ait xy∈rxy \in r. Il existe alors n≥1n \geq 1 tel que (xy)n∈b(xy)^n \in \mathfrak{b}. Notons vv une valuation associée à AA. Si, par exemple, on a v(x)≥v(y)v(x) \geq v(y), on a v(x2n)≥v(xnyn)v(x^{2^n}) \geq v(x^n y^n), d’où x2n∈bx^{2^n} \in \mathfrak{b} et x∈rx \in r.

Corollaire 1

Pour toute famille d’éléments γi∈Γi(1≤i≤n)\gamma_i \in \Gamma_i (1 \leq i \leq n), il existe x∈Kx \in K tel que vi(x)=γi(1≤i≤n)v_i(x) = \gamma_i (1 \leq i \leq n).

On peut supposer Ai≠KA_i \neq K pour tout ii. Alors, il existe pour tout ii un ai∈Ka_i \in K tel que vi(ai)=γiv_i(a_i) = \gamma_i et un αi∈Γi\alpha_i \in \Gamma_i tel que γi<αi\gamma_i < \alpha_i. Appliquons le th. 1 à ces éléments aia_i: il existe x∈Kx \in K tel que vi(x−ai)>vi(ai)v_i(x - a_i) > v_i(a_i); d’où, comme x=ai+(x−ai)x = a_i + (x - a_i), vi(x)=vi(ai)=γiv_i(x) = v_i(a_i) = \gamma_i (§3§ 3, no 1, prop. 1).

Corollaire 2

Soit Ti\mathscr{T}_i la topologie définie sur KK par viv_i; munissons KnK^n de la topologie produit des Ti\mathscr{T}_i. Si les viv_i sont non impropres, la diagonale de KnK^n est dense dans KnK^n.

Proposition 3

Soient vv et v′v' deux valuations non impropres d’un même corps K. Pour que vv et v′v' définissent la même topologie sur K, il faut et il suffit qu’elles soient dépendantes.

Supposons les topologies Tv\mathscr{T}_v et Tv′\mathscr{T}_{v'}, définies par vv et v′v', identiques. Puisque Tv\mathscr{T}_v est séparée, la diagonale de K2K^2 est fermée, donc vv et v′v' sont dépendantes (cor. 2 du th. 1).

Inversement, supposons vv et v′v' dépendantes. Alors leurs anneaux A et A' sont contenus dans un même anneau A'' distinct de K, et A'' est l’anneau d’une valuation v′′v'' (§4§ 4, n° 1, prop. 1). Il suffit de montrer que la topologie Tv′′\mathscr{T}_{v''} est identique à Tv\mathscr{T}_v. Soient Γ\Gamma et Γ′′\Gamma'' les groupes des ordres de vv et v′′v''. Il existe un homomorphisme croissant λ\lambda de Γ\Gamma sur Γ′′\Gamma'' tel que v′′=λ∘vv'' = \lambda \circ v (§4§ 4, n° 3). Si α′′∈Γ′′\alpha'' \in \Gamma'', soit α∈λ−1(α′′)\alpha \in \lambda^{-1}(\alpha''); la condition v(x)≥αv(x) \geq \alpha entraîne v′′(x)≥α′′v''(x) \geq \alpha''. Soient β∈Γ\beta \in \Gamma, et β′′=λ(β)\beta'' = \lambda(\beta); la condition v(x)≤βv(x) \leq \beta entraîne v′′(x)≤β′′v''(x) \leq \beta'', donc la condition v′′(x)>β′′v''(x) > \beta'' entraîne v(x)>βv(x) > \beta. Comme vv et v′′v'' sont non impropres, les inégalités envisagées définissent des systèmes fondamentaux de voisinages de 0 pour Tv\mathscr{T}_v et Tv′′\mathscr{T}_{v''}. Donc Tv=Tv′′\mathscr{T}_v = \mathscr{T}_{v''}, ce qui termine la démonstration.

Remarque 1

La prop. 3 montre que la relation « vv et v′v' sont dépendantes » est une relation d’équivalence.

Remarque 2

Compte tenu des relations entre valuations de hauteur 1 et valeurs absolues ultramétriques (§6§ 6, n° 2), la prop. 3 résulte aussi, dans le cas des valuations de hauteur 1, de la caractérisation des valeurs absolues équivalentes (Top. gén., chap. IX, 2e éd., §3§ 3, n° 2, prop. 5).

Proposition 4

Soient v1,…,vn(n≥2)v_1, \ldots, v_n (n \geq 2) des valuations deux à deux dépendantes d’un même corps K. Alors les anneaux A1,…,AnA_1, \ldots, A_n de v1,…,vnv_1, \ldots, v_n engendrent un sous-anneau de K distinct de K.

Pour n=2n = 2, la prop. 4 résulte de la déf. 1. Supposons-la établie pour n−1n - 1 valuations. Il existe alors un sous-anneau A de K distinct de K et contenant A1,…,An−1A_1, \ldots, A_{n-1}; il existe aussi un sous-anneau B≠KB \neq K contenant An−1A_{n-1} et AnA_n. Comme A et B contiennent An−1A_{n-1}, ils sont comparables pour l’inclusion (§4§ 4, n° 1, cor. de la prop. 1). Le plus grand des deux contient donc tous les AiA_i.

3. Cas des valeurs absolues

Théorème 2 (Théorème d’approximation pour les valeurs absolues)

Soient fi(1≤i≤n)f_i (1 \leq i \leq n) des valeurs absolues non impropres et deux à deux inéquivalentes sur un même corps K. Soient ai(1≤i≤n)a_i (1 \leq i \leq n) des éléments de K, et ε\varepsilon un nombre réel >0> 0. Il existe alors x∈Kx \in K tel que fi(x−ai)≤εf_i(x - a_i) \leq \varepsilon pour tout ii.

Notons KiK_i le corps K muni de la topologie définie par fif_i. Le résultat à démontrer équivaut au suivant : dans le produit P=K1×⋯×KnP = K_1 \times \cdots \times K_n, l’adhérence D‾\overline{D} de la diagonale D est égale à P. Ceci est évident pour n=1n = 1. Nous supposerons que ce point est établi dans le cas de kk valeurs absolues pour k<nk < n.

Montrons d’abord qu’il existe, pour 2≤h≤n2 \leq h \leq n, un élément xhx_h de K tel que f1(xh)<1f_1(x_h) < 1, f2(xh)>1f_2(x_h) > 1, et fi(xh)≠1f_i(x_h) \neq 1 pour 3≤i≤h3 \leq i \leq h. Raisonnons par récurrence sur hh. Si h=2h = 2, ceci résulte du fait que f1f_1 et f2f_2 sont inéquivalentes. Supposons donc démontrée l’existence de xh−1x_{h-1}, et prouvons celle de xhx_h. Si fh(xh−1)≠1f_h(x_{h-1}) \neq 1, on peut prendre xh=xh−1x_h = x_{h-1}; si fh(xh−1)=1f_h(x_{h-1}) = 1, on choisit z∈K∗z \in K^* tel que fh(z)≠1f_h(z) \neq 1, et xh=z(xh−1)sx_h = z(x_{h-1})^s répond à la question pour s assez grand. On a ainsi prouvé l’existence de xnx_n.

Quand l’entier qq tend vers l’infini, f1(xnq)f_1(x_n^q) tend vers 0, f2(xnq)f_2(x_n^q) tend vers +∞+\infty, et fi(xnq)f_i(x_n^q) tend vers 0 ou +∞+\infty pour i≥3i \geq 3. Posant yq=xnq(1+xnq)−1y_q = x_n^q(1 + x_n^q)^{-1}, on a 1−yq=(1+xnq)−11 - y_q = (1 + x_n^q)^{-1}; donc la suite (yq)(y_q) tend vers 0 dans K1K_1, vers 1 dans K2K_2, et vers 0 ou 1 dans KiK_i pour i≥3i \geq 3. En changeant la numérotation des KiK_i, on peut donc supposer qu’il existe un entier r(1≤r<n)r (1 \leq r < n) tel que D‾\overline{D} contienne le point (e1,…,en)(e_1, \ldots, e_n) où ei=1e_i = 1 pour 1≤i≤r1 \leq i \leq r et ei=0e_i = 0 pour r+1≤i≤nr + 1 \leq i \leq n. Or, D‾\overline{D} est un sous-K-espace vectoriel de P. Donc D‾\overline{D} contient les diagonales D′D' et D′′D'' de P′=K1×⋯×KrP' = K_1 \times \cdots \times K_r et P′′=Kr+1×⋯×KnP'' = K_{r+1} \times \cdots \times K_n. D’après l’hypothèse de récurrence, P′=D‾′P' = \overline{D}' et P′′=D‾′′P'' = \overline{D}''. Donc D‾=P\overline{D} = P. C.Q.F.D.

Exercices

See the exercises for § 7.

Transcribed from the printed volume. Not translated.