Bourbaki

Exercice 12, § 8

Algèbre commutative, VI

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soient K un corps, vv une valuation sur K, A l’anneau de la valuation vv, Γ\Gamma son groupe des ordres.

a) Soit f(X)=a0Xn+a1Xn−1+⋯+anf(X) = a_0 X^n + a_1 X^{n-1} + \cdots + a_n un polynôme de A[X]A[X] tel que v(a0)=0v(a_0) = 0, dont toutes les racines appartiennent à K; soient xi (1≤i≤r)x_i \ (1 \leq i \leq r) ces racines distinctes et soit kik_i l’ordre de multiplicité de xi (1≤i≤r)x_i \ (1 \leq i \leq r). Soit

g(X)=b0Xn+b1Xn−1+⋯+bn=b0(X−y1)⋯(X−yn) g(X) = b_0 X^n + b_1 X^{n-1} + \cdots + b_n = b_0 (X - y_1) \cdots (X - y_n)

un second polynôme de A[X]A[X] tel que v(b0)=0v(b_0) = 0 et que les yhy_h appartiennent à KK. Montrer qu’il existe λ0∈Γ\lambda_0 \in \Gamma tel que v(xi−xj)<λ0v(x_i - x_j) < \lambda_0 pour tout couple d’indices distincts i,ji, j et que, pour tout λ≥λ0\lambda \geq \lambda_0, il existe μ≥λ\mu \geq \lambda tel que les relations v(ai−bi)≥μv(a_i - b_i) \geq \mu pour tout ii entraînent que, pour 1≤i≤r1 \leq i \leq r, il y a exactement kik_i indices hh tels que v(xi−yh)≥λv(x_i - y_h) \geq \lambda. (Évaluer d’abord de deux manières v(f(yh))v(f(y_h)) pour montrer que l’on a nécessairement v(xi−yh)≥λv(x_i - y_h) \geq \lambda pour un ii au moins; puis évaluer v(f′(z)f(z)−g′(z)g(z))v \left( \frac{f'(z)}{f(z)} - \frac{g'(z)}{g(z)} \right) en des points z∈Kz \in K convenables). Si en outre bi=aib_i = a_i sauf pour i=n−1i = n - 1, montrer que dès que λ0\lambda_0 est assez grand, les yhy_h sont tous distincts (évaluer f′(yh)/f(yh)f'(y_h)/f(y_h) en supposant que yhy_h n’est pas racine simple de gg).

b) On suppose désormais que KK est la clôture algébrique d’un sous-corps K0K_0 tel que A0=A∩K0A_0 = A \cap K_0 soit hensélien. Supposons que le polynôme ff appartienne à A0[X]A_0[X] et soit irréductible et séparable sur K0K_0. Soit z∈Kz \in K tel que v(z−xi)>v(z−xj)v(z - x_i) > v(z - x_j) pour tout j≠ij \neq i; montrer alors que l’on a K0(xi)⊂K0(z)K_0(x_i) \subset K_0(z). (Montrer que z−xiz - x_i est égal à tous ses conjugués par rapport à K0(xi)K_0(x_i).)

c) Supposons que f∈A0[X]f \in A_0[X] soit séparable, et soit f=a0∏i=1rfif = a_0 \prod_{i=1}^r f_i la décomposition de ff en polynômes irréductibles unitaires de K0[X]K_0[X] (qui appartiennent en fait à A0[X]A_0[X], cf. chap. V, § 1, no 3, prop. 11). Montrer (avec les notations de aa) que si μ\mu est pris assez grand, la décomposition de gg en facteurs irréductibles unitaires de K0[X]K_0[X] peut s’écrire b0∏i=1rgib_0 \prod_{i=1}^r g_i où, pour tout ii, gig_i est de même degré que fif_i (décomposition dite « du même type » que celle de ff), et en outre les corps des racines de fif_i et de gig_i sont les mêmes pour tout ii. (Montrer d’abord que gg est séparable; considérer ensuite une extension galoisienne de degré fini de K0K_0 contenant les racines de ff et de gg, et envisager la façon dont le groupe de Galois de cette extension permutte ces racines; utiliser enfin bb).

d) Donner un exemple où ff est irréductible mais non séparable et où, quel que soit μ≥λ0\mu \geq \lambda_0, il existe un polynôme

g(X)=b0Xn+b1Xn−1+⋯+bn∈A0[X] g(X) = b_0 X^n + b_1 X^{n-1} + \cdots + b_n \in A_0[X]
avec v(ai−bi)≥μv(a_i - b_i) \geq \mu pour tout ii, et qui ne soit pas irréductible (prendre K0K_0 tel que K≠K0K \neq K_0 et que KK soit une extension radicielle de K0K_0).

Solution

Aucune solution n’a encore été écrite.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.