Bourbaki

Exercice 23, § 3

Algèbre commutative, VII

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soient BB un anneau de Krull, EE son corps des fractions, Δ\Delta une dérivation de EE telle que Δ(B)⊂B\Delta(B) \subset B, KK le sous-corps de EE noyau de Δ\Delta et AA l’anneau de Krull B∩KB \cap K; on suppose KK de caractéristique p>0p > 0; on a Ep⊂KE^p \subset K et Bp⊂AB^p \subset A, de sorte que BB est la fermeture intégrale de AA dans EE, et l’homomorphisme canonique i:C(A)→C(B)i : C(A) \to C(B) est défini (§ 1, n° 10). On désigne par UU le groupe des éléments inversibles de BB.

a) Si b∈Eb \in E est tel que div⁡B(b)\operatorname{div}_B(b) soit l’image canonique d’un diviseur de D(A)D(A), montrer que l’on a Δb/b∈B\Delta b/b \in B (noter que pour tout idéal premier P\mathfrak{P} de hauteur 1 de BB, il existe b′∈Kb' \in K tel que vP(b)=vP(b′)v_{\mathfrak{P}}(b) = v_{\mathfrak{P}}(b'), et observer que BPB_{\mathfrak{P}} est stable par Δ\Delta). Soient LL le sous-groupe additif de BB formé des Δb/b\Delta b/b (« dérivées logarithmiques ») qui appartiennent à BB (pour b∈Eb \in E ou b∈Bb \in B, ce qui revient au même, et b≠0b \neq 0), et soit L′L' le sous-groupe de LL formé des Δu/u\Delta u/u, où u∈Uu \in U. Montrer que, pour tout diviseur d∈D(A)d \in D(A) tel que l’image de dd soit un diviseur principal dans D(B)D(B), la classe mod. L′L' de Δb/b\Delta b/b pour tout bb tel que i(d)=div⁡B(b)i(d) = \operatorname{div}_B(b) ne dépend que de la classe de dd dans C(A)C(A), et en déduire un homomorphisme injectif canonique φ\varphi de Ker⁡(i)\operatorname{Ker}(i) dans L/L′L/L'.

b) Montrer que si Δ(B)\Delta(B) n’est contenu dans aucun idéal premier de hauteur 1 de BB et si [E:K]=p[E : K] = p, φ\varphi est bijectif. (Se ramener à montrer que si b∈Eb \in E est tel que Δb/b∈B\Delta b/b \in B et si P\mathfrak{P} est un idéal premier de hauteur 1 dans BB tel que vP(b)v_{\mathfrak{P}}(b) ne soit pas multiple de pp, alors e(P/p)=1e(\mathfrak{P}/p) = 1, où p=P∩Ap = \mathfrak{P} \cap A; pour cela, déduire de l’hypothèse que si tt est une uniformisante de BPB_{\mathfrak{P}}, on a Δt/t∈BP\Delta t/t \in B_{\mathfrak{P}}, de sorte que PBP\mathfrak{P}B_{\mathfrak{P}} est stable par Δ\Delta, et que Δ\Delta définit donc par passage aux quotients une dérivation Δˉ\bar{\Delta} du corps résiduel k=BP/PBPk = B_{\mathfrak{P}}/\mathfrak{P}B_{\mathfrak{P}}; montrer que Δˉ≠0\bar{\Delta} \neq 0, et en déduire que f(P/p)=pf(\mathfrak{P}/p) = p.

c) Soient kk un corps de caractéristique 2, BB l’anneau de polynômes k[X,Y,Z]k[X, Y, Z], Δ\Delta la dérivation de E=k(X,Y,Z)E = k(X, Y, Z) telle que Δ(X)=Y4\Delta(X) = Y^4, Δ(Y)=X2\Delta(Y) = X^2, Δ(Z)=XYZ\Delta(Z) = XYZ; le corps KK noyau de Δ\Delta est tel que [E:K]=4[E : K] = 4. On a Δ(Z)/Z∈B\Delta(Z)/Z \in B, mais montrer que div⁡B(Z)\operatorname{div}_B(Z) n’est pas l’image canonique d’un diviseur de D(A)D(A). (Raisonner par l’absurde en supposant que e(P/p)=1e(\mathfrak{P}/p) = 1 pour P=BZ\mathfrak{P} = BZ, p=P∩Ap = \mathfrak{P} \cap A; il y aurait alors dans AA une uniformisante de BPB_{\mathfrak{P}}, nécessairement de la forme a(X,Y,Z)Za(X, Y, Z)Z avec b=a(X,Y,0)≠0b = a(X, Y, 0) \neq 0; en déduire que l’on aurait Δb/b=−XY\Delta b/b = -XY et obtenir une contradiction en calculant Δ(−XY)\Delta(-XY)).

Solution

Aucune solution n’a encore été écrite.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.