Algèbre commutative, VIII, p. 88
Plaçons-nous dans la situation du th. 1 du § 4, no 2, et notons C l’ensemble des classes de H-modules gradués de type fini à composantes de longueur finie sur H0, et K(C) le groupe de Grothendieck correspondant. a) Pour tout H-module M comme ci-dessus, montrer qu’il existe un H0-module gradué de longueur finie M0 et un homomorphisme gradué surjectif p:H⊗H0M0→M. En déduire que tout H-module M comme ci-dessus admet une résolution graduée (A, X, p. 56) par des H-modules :
...→H⊗H0M1→H⊗H0M0→M→0
où pour tout i, Mi est un H0-module gradué de longueur finie. b) En utilisant une résolution de Koszul du H-module H0 (A, X, p. 152), montrer que pour tout H-module gradué M, TorjH(H0,M) est muni canoniquement d’une graduation, que TorjH(H0,M)=0 pour j>Card(I) et que TorjH(H0,P⊗H0H) est un H0-module de longueur finie pour tout j lorsque P est un H0-module de longueur finie.
c) Montrer que pour tout j, TorjH(H0,M) est un H0-module gradué de longueur finie lorsque M est de type C. (On pourra le montrer par récurrence croissante sur j. Si j=0, utiliser a) et b). Dans le cas général, utiliser une suite exacte 0→N→H⊗H0M0→M→0, l’hypothèse de récurrence et b).) d) Pour tout H-module M de type C, on pose
e(M)=p∈Z∑j=0∑∞(−1)j[TorjH(H0,M)p]Tp, obtenant ainsi un élément de
K(C0)[T,T−1] où
K(C0) est le groupe de Grothendieck des
H0-modules de longueur finie. Montrer que
M↦e(M) est additif sur les suites exactes de
H-modules gradués, et que par suite
M↦e(M) détermine un homomorphisme de groupes
e:K(C)→K(C0)[T,T−1]. Pour tout
H0-module gradué
P de longueur finie, on pose
τ(P)=[H⊗H0P]∈K(C). Montrer que
P↦τ(P) est additif sur les suites exactes et que par suite
P↦τ(P) détermine un homomorphisme entre les groupes de Grothendieck correspondants
τ:K(C0)[T,T−1]→K(C). Montrer que
e et
τ sont des isomorphismes de groupes inverses l’un de l’autre. (On montrera d’abord que
e∘τ est l’identité. Pour démontrer l’assertion, il suffit donc de montrer que
τ est surjectif, c’est-à-dire de montrer que pour tout
H-module
M de type
C,
[M] appartient à l’image de
τ. On remarquera que
M admet une filtration finie dont les quotients successifs sont annulés par un idéal maximal de
H0 et qu’un
H-module
M de type
C, annulé par un idéal maximal
m de
H0, admet une résolution graduée finie par des
H/mH-modules libres de type fini (A, X, p. 56).) e) Soit
M un
H-module de type
C. Montrer qu’on a dans
K(C) [M]=i≥0∑(−1)i[H⊗H0ToriH(H0,M)]. f) Soient
Γ un groupe commutatif et
Φ:K(C)→Γ un homomorphisme de groupes. Pour tout
H0-module de longueur finie
P, posons
ψ(P)=Φ([H⊗H0P]). Montrer que pour tout
H-module
M de type
C, on a
Φ([M])=j≥0∑(−1)jψ(TorjH(H0,M)). En particulier, avec les notations de la remarque 4 du § 4, n° 2 montrer que l’on a
QM=j=0∑r(−1)jPTj, et par suite que
cM=j=0∑r(−1)jlongH0(TorjH(H0,M)). g) Donner à l’aide des résultats précédents une nouvelle démonstration du th. 1 du § 4, n° 1. h) Soit
Γ un groupe commutatif. Décrire toutes les applications additives
M↦Φ(M) sur les
H-modules de type
C à valeurs dans
Γ, en termes d’applications de
Specmax(H0)×Z dans
Γ. i) On suppose que
H0 est un corps. Soit
A un anneau. Décrire toutes les applications additives
M↦C(M) à valeurs dans
A telles que
C(M).C(N)=∑j(−1)jC(TorjH(M,N)) pour tout couple
M et
N de
H-modules gradués de type fini.