Bourbaki

§ 10. Cohomologie locale, dualité de grothendieck

1. Cohomologie locale

Dans ce numéro, on considère un anneau AA local noethérien. Rappelons (VIII, § 3, n° 3, lemme 2) que les idéaux de définition de AA sont les idéaux de AA distincts de AA contenant une puissance de mAm_A, ou encore les idéaux a⊂mAa \subset m_A tels que A/aA/a soit de longueur finie. On notera D\mathscr{D} l’ensemble des idéaux de définition de AA, muni de la relation d’ordre opposée à l’inclusion ; il est filtrant à droite.

Soit MM un AA-module. Associons à tout idéal de définition aa de AA le AA-module gradué ExtA(A/a,M)\mathrm{Ext}_A(A/a, M) ; si aa et bb sont des idéaux de définition avec a⊂ba \subset b, notons pab:A/a→A/bp_{ab} : A/a \to A/b l’application canonique et considérons l’application AA-linéaire Ext(pab,1M):ExtA(A/b,M)⟶ExtA(A/a,M)\mathrm{Ext}(p_{ab}, 1_M) : \mathrm{Ext}_A(A/b, M) \longrightarrow \mathrm{Ext}_A(A/a, M). On obtient ainsi un système inductif de AA-modules gradués et d’applications AA-linéaires graduées de degré 0 relatif à l’ensemble ordonné D\mathscr{D}. On appelle module de cohomologie locale de MM, et on note HA(M)H_A(M), le AA-module gradué lim←⁡a∈DExtA(A/a,M)\varprojlim_{a \in \mathscr{D}} \mathrm{Ext}_A(A/a, M).

Les idéaux mAnm_A^n pour n≥1n \geq 1 forment une partie cofinale de D\mathscr{D} ; on a donc un isomorphisme canonique de modules gradués lim←⁡nExtA(A/mAn,M)⟶HA(M)\varprojlim_n \mathrm{Ext}_A(A/m_A^n, M) \longrightarrow H_A(M). Par suite tout élément de HA(M)H_A(M) est annulé par une puissance de mAm_A.

Remarque 1

Soient XX l’espace topologique Spec(A)\mathrm{Spec}(A), OX\mathscr{O}_X le faisceau d’anneaux structural et M~\widetilde{M} le OX\mathscr{O}_X-module associé à MM. Le AA-module gradué HA(M)H_A(M) s’identifie au module H{mA}(X,M~)H_{\{m_A\}}(X, \widetilde{M}) de cohomologie à support dans le point fermé mAm_A de XX.

Pour tout homomorphisme f:M→Nf : M \to N de AA-modules, les applications ExtA(1A/a,f):ExtA(A/a,M)⟶ExtA(A/a,N)\mathrm{Ext}_A(1_{A/a}, f) : \mathrm{Ext}_A(A/a, M) \longrightarrow \mathrm{Ext}_A(A/a, N) forment un système inductif d’applications linéaires graduées. Par passage à la limite inductive, on obtient un homomorphisme gradué HA(f):HA(M)→HA(N)H_A(f) : H_A(M) \to H_A(N). Pour toute suite M→fN→gPM \xrightarrow{f} N \xrightarrow{g} P de AA-modules et d’homomorphismes, on a HA(g∘f)=HA(g)∘HA(f)H_A(g \circ f) = H_A(g) \circ H_A(f). Soit

0→M→fN→gP→0 \begin{array}{ccccccccc} 0 & \to & M & \xrightarrow{f} & N & \xrightarrow{g} & P & \to & 0 \end{array}

une suite exacte de AA-modules. D’après AA, XX, p. 90, prop. 8, les homomorphismes de liaison des modules d’extensions ExtA(A/a,P)⟶ExtA(A/a,M)\mathrm{Ext}_A(A/a, P) \longrightarrow \mathrm{Ext}_A(A/a, M) forment un système inductif d’applications AA-linéaires, graduées de degré (ascendant) +1. Par passage à la limite inductive, on en déduit un AA-homomorphisme ∂(E):HA(P)→HA(M)\partial(\mathscr{E}) : H_A(P) \to H_A(M), gradué de degré +1 , qui rend exacte la suite d’homomorphismes

…⟶HAn−1(P)→∂n−1(E)HAn(M)→HAn(f)HAn(N)→HAn(g)HAn(P)→∂n(E)HAn+1(M)⟶… \ldots \longrightarrow H_A^{n-1}(P) \xrightarrow{\partial^{n-1}(\mathscr{E})} H_A^n(M) \xrightarrow{H_A^n(f)} H_A^n(N) \xrightarrow{H_A^n(g)} H_A^n(P) \xrightarrow{\partial^n(\mathscr{E})} H_A^{n+1}(M) \longrightarrow \ldots

Soit M un A-module. Pour tout idéal α\alpha de A, le A-module HomA(A/α,M)\mathrm{Hom}_A(A/\alpha, M) s’identifie canoniquement au sous-module de M formé des éléments annulés par α\alpha. Ainsi HA0(M)H_A^0(M) s’identifie au sous-module de M formé des éléments mm qui sont annulés par une puissance de mA\mathfrak{m}_A, c’est-à-dire tels que longA(Am)<+∞\mathrm{long}_A(Am) < +\infty. On a en particulier HA0(M)=MH_A^0(M) = M lorsque M est artinien.

Exemple 1

Si M est injectif, le A-module HAi(M)H_A^i(M) est nul pour i>0i > 0 et injectif pour i=0i = 0 (§ 8, n° 2, lemme 1, c)).

Exemple 2

Si HA0(M)=MH_A^0(M) = M (par exemple si M est artinien), HAi(M)H_A^i(M) est nul pour i>0i > 0. Soit en effet (I, e) une enveloppe injective de M. Le sous-module HA0(I)H_A^0(I) de I est injectif (exemple 1) et contient e(M)e(M), donc est égal à I. Posons N=Coker eN = \mathrm{Coker}\,e et considérons la suite exacte 0→M→eI→pN→00 \to M \xrightarrow{e} I \xrightarrow{p} N \to 0. Comme I=HA0(I)I = H_A^0(I), on a N=HA0(N)N = H_A^0(N) et l’homomorphisme HA0(p)H_A^0(p) est surjectif. Puisque HAi(I)H_A^i(I) est nul pour i>0i > 0 (exemple 1), HA1(M)H_A^1(M) est nul et HAi(M)H_A^i(M) est isomorphe à HAi−1(N)H_A^{i-1}(N) pour i>1i > 1; on conclut en raisonnant par récurrence sur l’entier ii.

Exemple 3

Soit Ω\Omega un A-module dualisant. Pour i≠dim⁡(A)i \neq \dim(A), on a ExtAi(A/α,Ω)=0\mathrm{Ext}_A^i(A/\alpha, \Omega) = 0 pour tout idéal de définition α\alpha de A (§ 8, n° 5, exemple 3), d’où HAi(Ω)=0H_A^i(\Omega) = 0; pour i=dim⁡(A)i = \dim(A), le A-module HAi(Ω)H_A^i(\Omega), qui est isomorphe à lim←⁡ExtAi(A/mAn,Ω)\varprojlim \mathrm{Ext}_A^i(A/\mathfrak{m}_A^n, \Omega), est un A-module de Matlis (loc. cit., exemple 6).

Exemple 4

Soit A un anneau local noethérien intègre ; notons K son corps des fractions, et supposons A≠KA \neq K. C’est un A-module injectif (A, X, p. 18, exemple 1), de sorte que le module HA(K)H_A(K) est nul (exemple 1). De la suite exacte 0→A→K→K/A→00 \to A \to K \to K/A \to 0, on tire pour tout ii un isomorphisme HAi(K/A)→HAi+1(A)H_A^i(K/A) \to H_A^{i+1}(A).

Plus généralement, pour tout A-module sans torsion M et tout entier ii, on déduit de la suite exacte

0→M→K⊗AM→(K/A)⊗AM→0 0 \to M \to K \otimes_A M \to (K/A) \otimes_A M \to 0

un isomorphisme HAi((K/A)⊗AM)→HAi+1(M)H_A^i((K/A) \otimes_A M) \to H_A^{i+1}(M).

Exemple 5

Conservons les hypothèses de l’exemple précédent et supposons de plus dim⁡(A)=1\dim(A) = 1. Soit N un A-module de torsion ; comme tout idéal non nul de A distinct de A est un idéal de définition (VIII, § 1, n° 3, prop. 6, e)), on a HA0(N)=NH_A^0(N) = N, et par suite HAi(N)=0H_A^i(N) = 0 pour i>0i > 0 (exemple 2).

Soit M un A-module ; notons T(M) son sous-module de torsion. Considérons la suite exacte longue de cohomologie locale associée à la suite exacte

0→T(M)→M→M/T(M)→0; 0 \to T(M) \to M \to M/T(M) \to 0 ;

compte tenu de ce qui précède, on en déduit des isomorphismes canoniques T(M)→HA0(M)T(M) \to H_A^0(M) et HA1(M)→HA1(M/T(M))H_A^1(M) \to H_A^1(M/T(M)). Comme l’homomorphisme canonique (K/A)⊗AM→(K/A)⊗A(M/T(M))(K/A) \otimes_A M \to (K/A) \otimes_A (M/T(M)) est bijectif, on obtient finalement des *isomorphismes canoniques

HA0(M)→T(M),HA1(M)→(K/A)⊗AM. H_A^0(M) \to T(M) , \qquad H_A^1(M) \to (K/A) \otimes_A M .

Proposition 1

Soient AA un anneau local noethérien et MM un AA-module de type fini.

a) Le AA-module HA(M)H_A(M) est artinien, et nul en degré >dim⁡(M)> \dim(M).

b) Posons p=prof⁡A(M)p = \operatorname{prof}_A(M). On a HAi(M)=0H_A^i(M) = 0 pour i<pi < p, et HAp(M)≠0H_A^p(M) \neq 0 si MM est non nul.

Prouvons a) en raisonnant par récurrence sur dim⁡(M)\dim(M). Le cas dim⁡(M)≤0\dim(M) \leq 0 résulte de l’exemple 2 ci-dessus. Supposons dim⁡(M)>0\dim(M) > 0 et prenons d’abord MM de la forme A/pA/\mathfrak{p}, où p\mathfrak{p} est un idéal premier de AA distinct de mA\mathfrak{m}_A. Soit xx un élément de mA−p\mathfrak{m}_A - \mathfrak{p}; on a une suite exacte 0→M→xMM⟶M/xM→00 \to M \xrightarrow{xM} M \longrightarrow M/xM \to 0, avec dim⁡(M/xM)=dim⁡(M)−1\dim(M/xM) = \dim(M) - 1. On en déduit une suite exacte de cohomologie locale

HAi−1(M/xM)⟶HAi(M)→xHAi(M) H_A^{i-1}(M/xM) \longrightarrow H_A^i(M) \xrightarrow{x} H_A^i(M)

Tout élément de HAi(M)H_A^i(M) est annulé par une puissance de mA\mathfrak{m}_A; pour prouver que ce module est artinien, il suffit donc de prouver que le socle de HAi(M)H_A^i(M) est de dimension finie sur κA\kappa_A (§ 8, n° 3, lemme 3). Par l’hypothèse de récurrence, le noyau NN de l’homothétie de rapport xx dans HAi(M)H_A^i(M) est artinien; comme xx appartient à mA\mathfrak{m}_A, le socle de HAi(M)H_A^i(M) s’identifie à celui de NN, donc est de dimension finie. Si i>dim⁡(M)i > \dim(M), on a HAi−1(M/xM)=0H_A^{i-1}(M/xM) = 0 par l’hypothèse de récurrence, de sorte que l’homothétie de rapport xx est injective dans HAi(M)H_A^i(M); comme tout élément de HAi(M)H_A^i(M) est annulé par une puissance de xx, on en déduit HAi(M)=0H_A^i(M) = 0, d’où a) dans le cas considéré.

Passons au cas général. Le AA-module MM admet une suite de composition (Mj)0≤j≤n(M_j)_{0 \leq j \leq n} telle que chaque quotient Mj/Mj+1M_j/M_{j+1} soit isomorphe à A/pjA/\mathfrak{p}_j, où pj\mathfrak{p}_j est un idéal premier de AA (IV, § 1, n° 4, th. 1). Prouvons par récurrence sur nn que MM satisfait a). Le cas n=0n = 0 est trivial. La suite exacte 0→M1→M→A/p0→00 \to M_1 \to M \to A/\mathfrak{p}_0 \to 0 fournit une suite exacte de cohomologie locale

HAi(M1)⟶HAi(M)⟶HAi(A/p0) H_A^i(M_1) \longrightarrow H_A^i(M) \longrightarrow H_A^i(A/\mathfrak{p}_0)

le AA-module HAi(M1)H_A^i(M_1) est artinien par l’hypothèse de récurrence, et il en est de même de HAi(A/p0)H_A^i(A/\mathfrak{p}_0) par les cas déjà traités; par suite HAi(M)H_A^i(M) est artinien. Si i>dim⁡(M)i > \dim(M), les modules M1M_1 et A/p0A/\mathfrak{p}_0 sont de dimension <i< i; les modules HAi(M1)H_A^i(M_1) et HAi(A/p0)H_A^i(A/\mathfrak{p}_0) sont donc nuls d’après l’hypothèse de récurrence et les cas déjà traités, ce qui entraîne HAi(M)=0H_A^i(M) = 0.

Supposons MM non nul, et prouvons b) par récurrence sur l’entier p=prof⁡(M)p = \operatorname{prof}(M). Le cas p=0p = 0 résulte de la définition de la profondeur. Supposons p>0p > 0 et choisissons un élément xx de mA\mathfrak{m}_A tel que l’homothétie xMx_M soit injective. On obtient comme ci-dessus une suite exacte de cohomologie locale

HAi−1(M/xM)⟶HAi(M)→xHAi(M) H_A^{i-1}(M/xM) \longrightarrow H_A^i(M) \xrightarrow{x} H_A^i(M)

On a prof⁡(M/xM)=prof⁡(M)−1\operatorname{prof}(M/xM) = \operatorname{prof}(M) - 1 (§ 1, n° 4, prop. 7), d’où HAi−1(M/xM)=0H_A^{i-1}(M/xM) = 0 pour i<pi < p par l’hypothèse de récurrence, ce qui implique comme ci-dessus HAi(M)=0H_A^i(M) = 0. En particulier HAp−1(M)H_A^{p-1}(M) est nul, de sorte que l’homomorphisme HAp−1(M/xM)⟶HAp(M)H_A^{p-1}(M/xM) \longrightarrow H_A^p(M) est injectif; ainsi HAp(M)H_A^p(M) est non nul par l’hypothèse de récurrence.

On peut montrer que le module HAdim⁡(M)(M)H_A^{\dim(M)}(M) est non nul lorsque MM est non nul (exerc. 4 ; cf. n° 3, cor. du th. 2).

Corollaire

Soit MM un AA-module macaulayen, non nul et de type fini. Le AA-module HAi(M)H_A^i(M) est nul pour i≠dim⁡(M)i \neq \dim(M) et non nul pour i=dim⁡(M)i = \dim(M).

Remarque 2

Pour tout idéal de définition α\alpha de AA, le AA-module ExtA(A/α,M)\mathrm{Ext}_A(A/\alpha, M) est annulé par α\alpha, et A/αA/\alpha s’identifie à A^/αA^\widehat{A}/\alpha \widehat{A}; par conséquent, le AA-module gradué ExtA(A/α,M)\mathrm{Ext}_A(A/\alpha, M) s’identifie à A^⊗AExtA(A/α,M)\widehat{A} \otimes_A \mathrm{Ext}_A(A/\alpha, M), donc aussi à ExtA^(A^/αA^,A^⊗AM)\mathrm{Ext}_{\widehat{A}}(\widehat{A}/\alpha \widehat{A}, \widehat{A} \otimes_A M) (A, X, p. 111, prop. 10). L’ensemble des idéaux αA^\alpha \widehat{A}, pour α∈D\alpha \in \mathscr{D}, contient les puissances de mA^m_{\widehat{A}}, donc est cofinal dans l’ensemble des idéaux de définition de A^\widehat{A}; on déduit donc de ce qui précède un isomorphisme canonique de AA-modules gradués

HA(M)⟶HA^(A^⊗AM) H_A(M) \longrightarrow H_{\widehat{A}}(\widehat{A} \otimes_A M)

Si le AA-module MM est de type fini, le AA-module A^⊗AM\widehat{A} \otimes_A M s’identifie au complété M^\widehat{M} de MM (III, § 3, n° 4, th. 3), et on a un isomorphisme HA(M)→HA^(M^)H_A(M) \to H_{\widehat{A}}(\widehat{M}), gradué de degré 0.

2. Cohomologie locale sur un anneau de Macaulay

Dans ce numéro, on suppose que AA est un anneau de Macaulay local ; on pose dim⁡(A)=d\dim(A) = d.

Les idéaux engendrés par une suite d’éléments de mAm_A complètement sécante pour AA et de longueur d=dim⁡(A)d = \dim(A) forment une partie cofinale Dcs\mathscr{D}_{cs} dans l’ensemble D\mathscr{D} des idéaux de définition de AA. En effet, soit (x1,…,xd)(x_1, \ldots, x_d) une suite d’éléments de mAm_A complètement sécante pour AA (§ 2, n° 3, prop. 3) ; pour tout entier nn, la suite (x1n,…,xdn)(x_1^n, \ldots, x_d^n) est complètement sécante pour AA (A, X, p. 158, prop. 6, c)), et engendre un idéal de définition (VIII, § 3, n° 2, cor. de la prop. 3 et th. 1) contenu dans mAnm_A^n.

Soit α∈Dcs\alpha \in \mathscr{D}_{cs}, et soit π:L→A/α\pi : L \to A/\alpha une résolution libre de type fini, nulle en degré >d> d (par exemple le complexe de Koszul associé à une suite complètement sécante pour AA engendrant α\alpha). Considérons le dual L∗=HomgrA(L,A)L^* = \mathrm{Homgr}_A(L, A) de LL ; puisque la profondeur de AA est égale à dd, on a ExtAi(A/α,A)=0\mathrm{Ext}_A^i(A/\alpha, A) = 0 pour i<di < d (§ 1, n° 1, cor. 2 de la prop. 2). Comme L∗L^* est de longueur ≤d\leq d, on en déduit que Hi(L∗)H^i(L^*) est nul pour i≠di \neq d et que Hd(L∗)H^d(L^*) s’identifie à ExtAd(A/α,A)\mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, A) (A, X, p. 100, th. 1). On a par suite un homologisme

π∗:L∗(−d)⟶ExtAd(A/α,A) \pi^* : L^*(-d) \longrightarrow \mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, A)

qui définit une résolution libre de type fini de ExtAd(A/α,A)\mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, A).

Soit MM un AA-module ; considérons les isomorphismes canoniques (loc. cit.)

φ(L,M):H(HomgrA(L,M))→ExtA(A/α,M) \varphi(L, M) : H(\mathrm{Homgr}_A(L, M)) \to \mathrm{Ext}_A(A/\alpha, M)
ψ(M,L∗(−d)):TorA(M,ExtAd(A/α,A))→H(M⊗AL∗)(−d) \psi(M, L^*(-d)) : \mathrm{Tor}^A(M, \mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, A)) \to H(M \otimes_A L^*)(-d)

Comme le complexe L est libre de type fini, le morphisme canonique de complexes M⊗AL∗→HomgrA(L,M)M \otimes_A L^* \to \mathrm{Homgr}_A(L, M) est un isomorphisme ; on en déduit un isomorphisme de A-modules gradués H(M⊗AL∗)→H(HomgrA(L,M))H(M \otimes_A L^*) \to H(\mathrm{Homgr}_A(L, M)). Par composition des isomorphismes précédents, on obtient un isomorphisme de A-modules gradués, dit canonique

τ(L,M):TorA(M,ExtAd(A/α,A))(d)⟶ExtA(A/α,M) \tau(L, M) : \mathrm{Tor}^A(M, \mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, A))(d) \longrightarrow \mathrm{Ext}_A(A/\alpha, M)

qui induit pour chaque entier ii un isomorphisme

τi(L,M):Tord−iA(M,ExtAd(A/α,A))⟶ExtAi(A/α,M) \tau^i(L, M) : \mathrm{Tor}_{d-i}^A(M, \mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, A)) \longrightarrow \mathrm{Ext}_A^i(A/\alpha, M)

Pour M=AM = A, τd(L,A)\tau^d(L, A) est l’isomorphisme canonique de A⊗AExtAd(A/α,A)A \otimes_A \mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, A) sur ExtAd(A/α,A)\mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, A).

Soit bb un idéal de Dcs\mathscr{D}_{cs} contenu dans α\alpha. Soit ρ:R→A/b\rho : R \to A/b une résolution libre de type fini de longueur ≤d\leq d et soit pab:A/b→A/αp_{ab} : A/b \to A/\alpha la surjection canonique. D’après A, X, p. 49, prop. 3, il existe un morphisme de complexes PLR:R→LP_{LR} : R \to L tel que π∘PLR=pab∘ρ\pi \circ P_{LR} = p_{ab} \circ \rho. D’après la prop. 2 de A, X, p. 103, on a un diagramme commutatif

TorA(M,ExtAd(A/α,A))(d)→Tor(1M,Extd(pab,1A))TorA(M,ExtAd(A/b,A))(d)↓ψ(L∗(−d),M)↓ψ(R∗(−d),M)H(M⊗AL∗)→H(1M⊗tPLR)H(M⊗AR∗)↓↓H(HomgrA(L,M))→H(Homgr(PLR,M))H(HomgrA(R,M))↓φ(L,M)↓φ(R,M)ExtA(A/α,M)→Ext(pab,1M)ExtA(A/b,M) \begin{array}{ccc} \mathrm{Tor}^A(M, \mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, A))(d) & \xrightarrow{\mathrm{Tor}(1_M, \mathrm{Ext}^d(p_{ab}, 1_A))} & \mathrm{Tor}^A(M, \mathrm{Ext}_A^d(A/b, A))(d) \\ \downarrow \psi(L^*(-d), M) & & \downarrow \psi(R^*(-d), M) \\ H(M \otimes_A L^*) & \xrightarrow{H(1_M \otimes^t P_{LR})} & H(M \otimes_A R^*) \\ \downarrow & & \downarrow \\ H(\mathrm{Homgr}_A(L, M)) & \xrightarrow{H(\mathrm{Homgr}(P_{LR}, M))} & H(\mathrm{Homgr}_A(R, M)) \\ \downarrow \varphi(L, M) & & \downarrow \varphi(R, M) \\ \mathrm{Ext}_A(A/\alpha, M) & \xrightarrow{\mathrm{Ext}(p_{ab}, 1_M)} & \mathrm{Ext}_A(A/b, M) \end{array}

Il en résulte d’abord, en prenant α=b\alpha = b, que l’isomorphisme τ(L,M)\tau(L, M) ne dépend pas du choix de la résolution L de A/αA/\alpha; notons-le τα(M)\tau_\alpha(M). Il en résulte ensuite que les τα(M)\tau_\alpha(M) pour α∈Dcs\alpha \in \mathscr{D}_{cs} forment un système inductif d’isomorphismes. Passant à la limite inductive, on obtient pour chaque entier ii, compte tenu de A, X, p. 70, prop. 8, un isomorphisme de A-modules

τi(M):Tord−iA(M,HAd(A))⟶HAi(M) \tau^i(M) : \mathrm{Tor}_{d-i}^A(M, H_A^d(A)) \longrightarrow H_A^i(M)

Pour M=AM = A, τd(A)\tau^d(A) est l’isomorphisme canonique de A⊗AHAd(A)A \otimes_A H_A^d(A) sur HAd(A)H_A^d(A).

Remarque 1

Soit f:M→Nf : M \to N un homomorphisme de A-modules. En utilisant A, X, p. 103, prop. 2, on prouve que les diagrammes suivants sont commutatifs :

Tord−iA(M,HAd(A))→τi(M)HAi(M)↓Tord−i(f,1)↓Hi(f)Tord−iA(N,HAd(A))→τi(N)HAi(N) \begin{array}{ccc} \mathrm{Tor}_{d-i}^A(M, H_A^d(A)) & \xrightarrow{\tau^i(M)} & H_A^i(M) \\ \downarrow \mathrm{Tor}_{d-i}(f,1) & & \downarrow H^i(f) \\ \mathrm{Tor}_{d-i}^A(N, H_A^d(A)) & \xrightarrow{\tau^i(N)} & H_A^i(N) \end{array}

Remarque 2

Soit

(E)0→M→N→P→0 (\mathscr{E}) \quad 0 \to M \to N \to P \to 0
une suite exacte de A-modules. En utilisant A, X, p. 104, prop. 3 et p. 106, prop. 4, on prouve que les diagrammes suivants sont commutatifs :

Tord−iA(P,HAd(A))→τi(P)HAi(P)↓∂d−i(E,HAd(A))↓∂i(E)Tord−i−1A(M,HAd(A))→τi+1(M)HAi+1(M) \begin{array}{ccc} \mathrm{Tor}_{d-i}^A(P, H_A^d(A)) & \xrightarrow{\tau^i(P)} & H_A^i(P) \\ \downarrow \partial_{d-i}(\mathscr{E}, H_A^d(A)) & & \downarrow \partial^i(\mathscr{E}) \\ \mathrm{Tor}_{d-i-1}^A(M, H_A^d(A)) & \xrightarrow{\tau^{i+1}(M)} & H_A^{i+1}(M) \end{array}

Remarque 3

Considérons l’isomorphisme

τd(M):M⊗AHAd(A)⟶HAd(M) \tau^d(M) : M \otimes_A H_A^d(A) \longrightarrow H_A^d(M)
Pour x∈Mx \in M, notons fxf_x l’application a↦axa \mapsto ax de A dans M. Pour tout u∈HAd(A)u \in H_A^d(A), on a
τd(M)(x⊗u)=HAd(fx)(u) \tau^d(M)(x \otimes u) = H_A^d(f_x)(u)
Cela résulte en effet de la remarque 1 appliquée à l’homomorphisme fx:A→Mf_x : A \to M.

3. Dualité de Grothendieck sur un anneau de Macaulay

On suppose toujours que A est un anneau de Macaulay local, de dimension d. Soit Ω\Omega un A-module dualisant. Le A-module HAd(Ω)H_A^d(\Omega) est un module de Matlis (§ 8, n° 5, exemple 6) ; conformément aux notations du § 8, nous poserons D(M)=HomA(M,HAd(Ω))D(M) = \mathrm{Hom}_A(M, H_A^d(\Omega)) pour tout A-module M.

Considérons l’isomorphisme τd(Ω):Ω⊗HAd(A)→HAd(Ω)\tau^d(\Omega) : \Omega \otimes H_A^d(A) \to H_A^d(\Omega) (n° 2). On en déduit un homomorphisme ω:HAd(A)→HomA(Ω,HAd(Ω))\omega : H_A^d(A) \to \mathrm{Hom}_A(\Omega, H_A^d(\Omega)) qui associe à un élément uu de HAd(A)H_A^d(A) l’homomorphisme x↦HAd(fx)(u)x \mapsto H_A^d(f_x)(u) (remarque 3 ci-dessus).

Proposition 2

Soit A un anneau de Macaulay local, de dimension d*, et soit Ω\Omega un A-module dualisant. L’homomorphisme ω:HAd(A)→D(Ω)\omega : H_A^d(A) \to D(\Omega) est bijectif.

L’homomorphisme ω\omega est la limite du système inductif d’applications (ωα)α∈Dcs(\omega_\alpha)_{\alpha \in \mathscr{D}_{cs}}, où

ωα:ExtAd(A/α,A)⟶HomA(Ω,ExtAd(A/α,Ω)) \omega_\alpha : \mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, A) \longrightarrow \mathrm{Hom}_A(\Omega, \mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, \Omega))

associe à un élément uu de ExtAd(A/α,A)\mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, A) l’application x↦fx∘ux \mapsto f_x \circ u (A, X, p. 114). Il suffit donc de prouver que chacune des applications ωα\omega_\alpha est bijective.

Soit α\alpha un idéal de Dcs\mathscr{D}_{cs}, engendré par une suite x=(x1,…,xd)x = (x_1, \ldots, x_d) complètement sécante pour AA. Le complexe de Koszul K∙(x,A)K^\bullet(x, A) fournit une résolution projective de A/αA/\alpha; pour tout AA-module MM, le AA-module Hd(HomgrA(K∙(x,A),M))H^d(\mathrm{Homgr}_A(K^\bullet(x, A), M)) s’identifie canoniquement à M/αMM/\alpha M (A, X, p. 155). On en déduit un isomorphisme (A, X, p. 100)

φM:M/αM⟶ExtAd(A/α,M). \varphi_M : M/\alpha M \longrightarrow \mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, M) .
Soit x∈Ωx \in \Omega. Compte tenu de loc. cit., p. 103, prop. 2, on a un diagramme commutatif

A/α→φAExtAd(A/α,A)↓fx↓Ext(1A/α,fx)Ω/αΩ→φΩExtAd(A/α,Ω) \begin{array}{ccc} A/\alpha & \xrightarrow{\varphi_A} & \mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, A) \\ \downarrow f_x & & \downarrow \mathrm{Ext}(1_{A/\alpha}, f_x) \\ \Omega/\alpha \Omega & \xrightarrow{\varphi_\Omega} & \mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, \Omega) \end{array}

où fxf_x est l’homomorphisme déduit de fxf_x par passage aux quotients. Il en résulte que si pour tout AA-module MM on identifie ExtAd(A/α,M)\mathrm{Ext}_A^d(A/\alpha, M) à M/αMM/\alpha M à l’aide de φM\varphi_M, l’homomorphisme ωα\omega_\alpha s’identifie à l’application AA-linéaire de A/αA/\alpha dans HomA(Ω,Ω/αΩ)\mathrm{Hom}_A(\Omega, \Omega/\alpha \Omega) qui envoie 1 sur la surjection canonique, c’est-à-dire encore à l’application canonique A/α⟶EndA/α(Ω/αΩ)A/\alpha \longrightarrow \mathrm{End}_{A/\alpha}(\Omega/\alpha \Omega). Mais puisque le A/αA/\alpha-module Ω/αΩ\Omega/\alpha \Omega est dualisant (§ 9, n° 2, prop. 4), celle-ci est bijective (§ 9, n° 4, prop. 6), ce qui prouve la proposition.

Identifions le bidual de Matlis D(D(Ω))D(D(\Omega)) à Ω^\widehat{\Omega} par l’isomorphisme α^Ω\widehat{\alpha}_\Omega (§ 8, n° 3, th. 2, b)).

Corollaire

L’homomorphisme* D(ω):Ω^→D(HAd(A))D(\omega) : \widehat{\Omega} \to D(H^d_A(A)) est un isomorphisme.

Soient MM un AA-module, et ii un entier. Considérons les homomorphismes canoniques (§ 8, n° 7)

ρd−i(M,Ω):Tord−iA(M,D(Ω))⟶D(ExtAd−i(M,Ω)) \rho_{d-i}(M, \Omega) : \mathrm{Tor}^A_{d-i}(M, D(\Omega)) \longrightarrow D(\mathrm{Ext}_A^{d-i}(M, \Omega))
θd−i(M,HAd(A)):ExtAd−i(M,D(HAd(A)))⟶D(Tord−iA(M,HAd(A))). \theta^{d-i}(M, H^d_A(A)) : \mathrm{Ext}_A^{d-i}(M, D(H^d_A(A))) \longrightarrow D(\mathrm{Tor}^A_{d-i}(M, H^d_A(A))) .

À l’aide des isomorphismes ω:HAd(A)→D(Ω)\omega : H^d_A(A) \to D(\Omega), D(ω):Ω^→D(HAd(A))D(\omega) : \widehat{\Omega} \to D(H^d_A(A)) (cor. 1 de la prop. 2) et τi(M):Tord−iA(M,HAd(A))→HAi(M)\tau^i(M) : \mathrm{Tor}^A_{d-i}(M, H^d_A(A)) \to H^i_A(M) (n° 2), on en déduit des *homomorphismes canoniques de AA-modules

γi(M):HAi(M)⟶D(ExtAd−i(M,Ω)) \gamma^i(M) : H^i_A(M) \longrightarrow D(\mathrm{Ext}_A^{d-i}(M, \Omega))
δi(M):ExtAd−i(M,Ω^)⟶D(HAi(M)). \delta^i(M) : \mathrm{Ext}_A^{d-i}(M, \widehat{\Omega}) \longrightarrow D(H^i_A(M)) .

Théorème 1 (Dualité de Grothendieck)

Soit AA un anneau de Macaulay local, de dimension dd, et soit Ω\Omega un AA-module dualisant.

a) Le AA-module HAd(Ω)H_A^d(\Omega) est un module de Matlis ; pour tout AA-module PP, notons D(P)D(P) le dual de Matlis HomA(P,HAd(Ω))\mathrm{Hom}_A(P, H_A^d(\Omega)).

b) Pour tout AA-module de type fini MM et tout entier ii, l’homomorphisme canonique

γi(M):HAi(M)⟶D(ExtAd−i(M,Ω)) \gamma^i(M) : H_A^i(M) \longrightarrow D(\mathrm{Ext}_A^{d-i}(M, \Omega))
est un isomorphisme de AA-modules artiniens.

c) Pour tout AA-module MM et tout entier ii, l’homomorphisme canonique

δi(M):ExtAd−i(M,Ω^)⟶D(HAi(M)) \delta^i(M) : \mathrm{Ext}_A^{d-i}(M, \widehat{\Omega}) \longrightarrow D(H_A^i(M))
est un isomorphisme de A^\widehat{A}-modules.

Cela résulte de la prop. 6 du § 8, n° 7.

Corollaire

Soient AA un anneau de Macaulay local, MM un AA-module non nul de type fini, de dimension ee. Le AA-module HAe(M)H_A^e(M) est non nul.

Grâce à la remarque 2 du n° 1, on peut supposer que l’anneau local AA est complet. Dans ce cas AA possède un module dualisant Ω\Omega (§9§ 9, n° 3, cor. 3 de la prop. 6) ; si HAe(M)H_A^e(M) est nul, il en est de même de son dual de Matlis ExtAd−e(M,Ω)\mathrm{Ext}_A^{d-e}(M, \Omega), ce qui contredit la prop. 3, b) du §9§ 9, n° 1.

Remarque 1

Lorsque le AA-module MM est de type fini, le A^\widehat{A}-module ExtAd−i(M,Ω^)\mathrm{Ext}_A^{d-i}(M, \widehat{\Omega}) s’identifie à A^⊗AExtAd−i(M,Ω)\widehat{A} \otimes_A \mathrm{Ext}_A^{d-i}(M, \Omega) (AA, X, p. 108, prop. 7, c)), et δi(M)\delta^i(M) peut aussi s’obtenir en composant D(γi(M))D(\gamma^i(M)) avec l’isomorphisme de bidualité.

Remarque 2

Soit u:M→M′u : M \to M' un homomorphisme de AA-modules. D’après la remarque 1 du n° 2 et celle du §8§ 8, n° 7, les diagrammes suivants sont commutatifs :

HAi(M)→γi(M)D(ExtAd−i(M,Ω))↓HAi(u)↓D(Ext(u,1))HAi(M′)→γi(M′)D(ExtAd−i(M′,Ω)) \begin{array}{ccc} H_A^i(M) & \xrightarrow{\gamma^i(M)} & D(\mathrm{Ext}_A^{d-i}(M, \Omega)) \\ \downarrow H_A^i(u) & & \downarrow D(\mathrm{Ext}(u,1)) \\ H_A^i(M') & \xrightarrow{\gamma^i(M')} & D(\mathrm{Ext}_A^{d-i}(M', \Omega)) \end{array}
ExtAd−i(M′,Ω^)→δi(M′)D(HAi(M′))↓Ext(u,1)↓D(HAi(u))ExtAd−i(M,Ω^)→δi(M)D(HAi(M)) \begin{array}{ccc} \mathrm{Ext}_A^{d-i}(M', \widehat{\Omega}) & \xrightarrow{\delta^i(M')} & D(H_A^i(M')) \\ \downarrow \mathrm{Ext}(u,1) & & \downarrow D(H_A^i(u)) \\ \mathrm{Ext}_A^{d-i}(M, \widehat{\Omega}) & \xrightarrow{\delta^i(M)} & D(H_A^i(M)) \end{array}

Remarque 3

Soit

(E)(\mathscr{E})
0→M′→M→M′′→00 \to M' \to M \to M'' \to 0

une suite exacte de AA-modules. D’après la remarque 2 du n° 2 et celle du § 8, n° 7, les diagrammes suivants sont commutatifs :

HAi−1(M′′)→γi−1(M′′)D(ExtAd−i+1(M′′,Ω))↓↓(−1)d−i+1D(δdi(E,Ω))HAi(M′)→γi(M′)D(ExtAd−i(M′,Ω)) \begin{array}{ccc} H_A^{i-1}(M'') & \xrightarrow{\gamma^{i-1}(M'')} & D(\mathrm{Ext}_A^{d-i+1}(M'', \Omega)) \\ \downarrow & & \downarrow (-1)^{d-i+1}D(\delta^d i(\mathscr{E}, \Omega)) \\ H_A^i(M') & \xrightarrow{\gamma^i(M')} & D(\mathrm{Ext}_A^{d-i}(M', \Omega)) \end{array}
ExtAd−i(M′,Ω^)→δi(M′)D(HAi(M′))↓↓(−1)d−i+1D(∂i−1(E))ExtAd−i+1(M′′,Ω^)→δi−1(M′′)D(HAi−1(M′′)) \begin{array}{ccc} \mathrm{Ext}_A^{d-i}(M', \widehat{\Omega}) & \xrightarrow{\delta^i(M')} & D(H_A^i(M')) \\ \downarrow & & \downarrow (-1)^{d-i+1}D(\partial^{i-1}(\mathscr{E})) \\ \mathrm{Ext}_A^{d-i+1}(M'', \widehat{\Omega}) & \xrightarrow{\delta^{i-1}(M'')} & D(H_A^{i-1}(M'')) \end{array}

Exemple

Soit AA un anneau local noethérien intègre de dimension 1 ; notons KK son corps des fractions. Soit Ω\Omega un AA-module dualisant, et soit MM un AA-module de type fini. Les AA-modules HA0(M)H_A^0(M) et HA1(M)H_A^1(M) s’identifient canoniquement à T(M)T(M) et (K/A)⊗AM(K/A) \otimes_A M (n° 1, exemple 5). Avec ces identifications, les isomorphismes de dualité

γ0(M):T(M)⟶D(ExtA1(M,Ω)),γ1(M):(K/A)⊗AM⟶D(HomA(M,Ω))\gamma^0(M) : T(M) \longrightarrow D(\mathrm{Ext}_A^1(M, \Omega)) \quad , \quad \gamma^1(M) : (K/A) \otimes_A M \longrightarrow D(\mathrm{Hom}_A(M, \Omega))

(th. 1) ne sont autres que les isomorphismes définis au § 9, n° 6.

Exercises

Exercices

See the exercises for § 10.

Transcribed from the printed volume. Not translated.