Algèbre commutative, X, p. 167
Soient A un anneau, n un entier, S l’algèbre A[X1,…,Xn] (resp. A[[X1,…,Xn]]), a un idéal de S engendré par une suite P=(P1,…,Pn) complètement sécante pour S. On pose B=S/a, et on désigne par π l’homomorphisme canonique de S sur S/a. On suppose que le A-module B est libre de type fini. On se propose de prouver que le B-module B∗ est libre de rang 1 et que l’idéal différente de B sur A est engendré par π(det(∂Xj∂Pi)). a) On pose C=S⊗AB et ξi=Xi⊗1−1⊗π(Xi) pour 1≤i≤n. On note φ:C→B l’homomorphisme de A-algèbres tel que φ(P⊗b)=π(P)b. Prouver que le noyau de φ est engendré par la suite ξ=(ξ1,…,ξn), et que cette suite est complètement sécante pour C. b) Soit (cij)∈Mn(C) une matrice satisfaisant à Pi⊗1=∑jcijξj. Prouver l’égalité π(∂Xj∂Pi)=φ(cij). c) La matrice (cij) définit un morphisme de complexes K∙(P,C)→K∙(ξ,C) (A, X, p. 151), d’où un morphisme de complexes de S-modules u:K∙(P,S)→K∙(ξ,C). L’homomorphisme un:S→C applique 1S sur l’élément d=det(cij) de C. d) Soit v:HomS(C,S)⊗CB→B l’homomorphisme B-linéaire tel que v(f⊗1)=π(f(d)) ; prouver que v est un isomorphisme (identifier v à Hn(HomS(u,1S))), et observer que chacun des complexes K∙(P,S) et K∙(ξ,C) définit une résolution de B par des S-modules libres de type fini). e) On considère l’application composée t:HomA(B,A)→HomS(C,S)→B, où la première flèche s’obtient par extension des scalaires et la seconde est déduite de v. Prouver que t est B-linéaire et bijective (identifier HomS(C,S) à HomA(B,A)⊗BC). f) Prouver la formule t(TrB/A)=φ(d) (exprimer d et TrB/A à l’aide d’une base de B et de la base duale de B∗, cf. exerc. 7, a)).
g) Déduire de b), e) et f) que l’idéal différente de B sur A est engendré par π(det(∂Xj∂Pi)).