Algèbre, I, p. 128
Bourbaki marks this one as harder than the rest.
Soit E un ensemble, f une application de Em dans E; on écrira f(x1,x2,…,xm)=x1x2…xm; on suppose que f satisfait aux conditions suivantes: 1° On a identiquement
(x1x2…xm)xm+1…x2m−1=x1(x2x3…xm+1)xm+2…x2m−1;
2° Quels que soient a1,a2,…,am−1 dans E, les applications
xx↦xa1a2…am−1↦a1a2…am−1x
sont des bijections de E sur E. a) Montrer qu’on a identiquement
(x1x2…xm)xm+1…x2m−1=x1x2…xi(xi+1…xi+m)xi+m+1…x2m−1
pour tout indice i tel que 1≤i≤m−1 (raisonner par récurrence sur i, en considérant l’élément
((x1x2…xm)xm+1…x2m−1)a1a2…am−1.
b) Quels que soient a1,a2,…,am−2, il existe u∈E tel que l’on ait identiquement en x
x=xa1a2…am−2u=ua1a2…am−2x.
c) Dans l’ensemble Ek des suites (u1,u2,…,uk) de k éléments de E (1≤k≤m−1) on considère la relation d’équivalence Rk qui s’énonce: quels que soient x1,x2,…,xm−k,u1u2…ukx1x2…xm−k=v1v2…vkx1x2…xm−k; on désigne par Ek l’ensemble quotient Ek/Rk, par G l’ensemble somme (E, II, p. 30) de E1=E,E2,…,Em−1. Soient α∈Ei,β∈Ej; si (u1,u2,…,ui) est une suite de la classe α, (v1,…,vj) une suite de la classe β, on considère la suite (u1,u2,…,ui,v1,…,vj) de Ei+j si i+j<m, la suite
(u1,u2,…,ui+j−m,(ui+j−m+1…uiv1v2…vj))
de Ei+j−m+1 si i+j≥m; montrer que la classe de cette suite dans Ei+j (resp. Ei+j−m+1) ne dépend que des classes α et β; on la désigne par α.β. Montrer qu’on définit ainsi sur G une loi de groupe, que H=Em−1 est sous-groupe distingué de G, et que le groupe quotient G/H est cyclique d’ordre m−1; prouver enfin que E est identique à une classe (mod. H) engendrant G/H, et que x1x2…xm n’est autre que le composé, dans le groupe G, de la suite (x1,x2,…,xm).