Bourbaki

§ 4. Relations entre produits tensoriels et modules d’homomorphismes

1. Les isomorphismes

Hom⁡B(E⊗AF,G)→Hom⁡A(F,Hom⁡B(E,G)) \operatorname{Hom}_B(E \otimes_A F, G) \to \operatorname{Hom}_A(F, \operatorname{Hom}_B(E, G))
et
Hom⁡C(E⊗AF,G)→Hom⁡A(E,Hom⁡C(F,G)). \operatorname{Hom}_C(E \otimes_A F, G) \to \operatorname{Hom}_A(E, \operatorname{Hom}_C(F, G)).

Soient E un A-module à droite, F un A-module à gauche, G un Z\mathbf{Z}-module, H le Z\mathbf{Z}-module des applications f:E×F→Gf : E \times F \to G qui sont Z\mathbf{Z}-bilinéaires et telles que

f(xλ,y)=f(x,λy)pour x∈E,y∈F,λ∈A. f(x \lambda, y) = f(x, \lambda y) \quad \text{pour } x \in E, y \in F, \lambda \in A.
On a vu (II, p. 51, prop. 1) qu’il existe un isomorphisme canonique de Z\mathbf{Z}-modules
H→Hom⁡Z(E⊗AF,G). H \to \operatorname{Hom}_Z(E \otimes_A F, G).
D’autre part, on a défini sur Hom⁡Z(E,G)\operatorname{Hom}_Z(E, G) une structure de A-module à gauche et sur Hom⁡Z(F,G)\operatorname{Hom}_Z(F, G) une structure de A-module à droite (II, p. 54); on peut donc considérer les Z\mathbf{Z}-modules Hom⁡A(E,Hom⁡Z(F,G))\operatorname{Hom}_A(E, \operatorname{Hom}_Z(F, G)) et Hom⁡A(F,Hom⁡Z(E,G))\operatorname{Hom}_A(F, \operatorname{Hom}_Z(E, G)). Une application ff de E×FE \times F dans GG s’identifie canoniquement à une application de EE dans l’ensemble GFG^F des applications de FF dans GG (E, II, p. 31); en exprimant que cette dernière application appartient à Hom⁡A(E,Hom⁡Z(F,G))\operatorname{Hom}_A(E, \operatorname{Hom}_Z(F, G)), on obtient précisément le fait que ff est biadditive et les conditions (1); d’où un isomorphisme canonique
H→Hom⁡A(E,Hom⁡Z(F,G)) H \to \operatorname{Hom}_A(E, \operatorname{Hom}_Z(F, G))
et on définit de même un isomorphisme canonique
H→Hom⁡A(F,Hom⁡Z(E,G)). H \to \operatorname{Hom}_A(F, \operatorname{Hom}_Z(E, G)).
Supposons maintenant que E et G soient aussi munis de structures de B-module à gauche (resp. à droite), et que sur E les structures de A-module et de B-module soient compatibles. Alors E⊗AFE \otimes_A F est canoniquement muni d’une structure de B-module à gauche (resp. à droite) (II, p. 54), et d’autre part Hom⁡B(E,G)\operatorname{Hom}_B(E, G) est canoniquement muni d’une structure de A-module à gauche (II, p. 35). On peut donc considérer les Z\mathbf{Z}-modules Hom⁡B(E⊗AF,G)\operatorname{Hom}_B(E \otimes_A F, G) et Hom⁡A(F,Hom⁡B(E,G))\operatorname{Hom}_A(F, \operatorname{Hom}_B(E, G)), qui sont des sous-modules de Hom⁡Z(E⊗AF,G)\operatorname{Hom}_Z(E \otimes_A F, G) et de Hom⁡A(F,Hom⁡Z(E,G))\operatorname{Hom}_A(F, \operatorname{Hom}_Z(E, G)) respectivement (II, p. 37, th. 2). Cherchons à quelle condition une application f∈Hf \in H a pour image par les isomorphismes (2) et (4) un élément de Hom⁡B(E⊗AF,G)\operatorname{Hom}_B(E \otimes_A F, G) et un élément de Hom⁡A(F,Hom⁡B(E,G))\operatorname{Hom}_A(F, \operatorname{Hom}_B(E, G)) respectivement; dans chacun des deux cas on trouve la même condition
f(βx,y)=βf(x,y) f(\beta x, y) = \beta f(x, y)
(resp.
f(xβ,y)=f(x,y)β) f(x \beta, y) = f(x, y) \beta)
pour x∈E,y∈F,β∈Bx \in E, y \in F, \beta \in B.

De même, supposons que F et G soient des C-modules à gauche (resp. à droite), et que sur F les structures de A-module et de C-module soient compatibles. Alors, pour qu’une application f∈Hf \in H ait pour image par (2) ou (3) un élément de HomC(E⊗AF,G)\mathrm{Hom}_C(E \otimes_A F, G) ou HomA(E,HomC(F,G))\mathrm{Hom}_A(E, \mathrm{Hom}_C(F, G)) respectivement, il faut et il suffit qu’elle satisfasse à la même condition

f(x,γy)=γf(x,y) f(x, \gamma y) = \gamma f(x, y)
(resp.
f(x,yγ)=f(x,y)γ) f(x, y \gamma) = f(x, y) \gamma)
pour x∈E,y∈F,γ∈Cx \in E, y \in F, \gamma \in C.

On a donc établi le résultat suivant (avec les notations introduites ci-dessus) :

Proposition 1

a) *Soient E un (B, A)-bimodule, F un A-module à gauche, G un B-module à gauche. Pour toute application g∈HomB(E⊗AF,G)g \in \mathrm{Hom}_B(E \otimes_A F, G), soit g′g' l’application de F dans HomB(E,G)\mathrm{Hom}_B(E, G) définie par (g′(y))(x)=g(x⊗y)(g'(y))(x) = g(x \otimes y) pour x∈E,y∈Fx \in E, y \in F. L’application g↦g′g \mapsto g' est un isomorphisme

(5)

β:HomB(E⊗AF,G)→HomA(F,HomB(E,G)). \beta : \mathrm{Hom}_B(E \otimes_A F, G) \to \mathrm{Hom}_A(F, \mathrm{Hom}_B(E, G)).

b) Soient E un A-module à droite, F un (A, C)-bimodule, G un C-module à droite. Pour toute application h∈HomC(E⊗AF,G)h \in \mathrm{Hom}_C(E \otimes_A F, G), soit h′h' l’application de E dans HomC(F,G)\mathrm{Hom}_C(F, G) définie par (h′(x))(y)=h(x⊗y)(h'(x))(y) = h(x \otimes y) pour x∈E,y∈Fx \in E, y \in F. L’application h↦h′h \mapsto h' est un isomorphisme

(6)

γ:HomC(E⊗AF,G)→HomA(E,HomC(F,G)). \gamma : \mathrm{Hom}_C(E \otimes_A F, G) \to \mathrm{Hom}_A(E, \mathrm{Hom}_C(F, G)).

On peut en particulier prendre pour B et C un sous-anneau Γ\Gamma du centre de l’anneau A ; alors pour tout Γ\Gamma-module G, les trois Γ\Gamma-modules

HomΓ(E⊗AF,G),HomA(E,HomΓ(F,G)),HomA(F,HomΓ(E,G)) \mathrm{Hom}_\Gamma(E \otimes_A F, G), \quad \mathrm{Hom}_A(E, \mathrm{Hom}_\Gamma(F, G)), \quad \mathrm{Hom}_A(F, \mathrm{Hom}_\Gamma(E, G))

sont canoniquement isomorphes au Γ\Gamma-module des applications Γ\Gamma-*bilinéaires* de E×FE \times F dans G qui vérifient (1) (II, p. 73). Plus particulièrement :

Corollaire

Si C est un anneau commutatif, E, F, G trois C-modules, alors les C-modules

HomC(E⊗CF,G),HomC(E,HomC(F,G)),HomC(F,HomC(E,G)),L2(E,F;G) \begin{array}{ll} \mathrm{Hom}_C(E \otimes_C F, G), & \mathrm{Hom}_C(E, \mathrm{Hom}_C(F, G)), \\ \mathrm{Hom}_C(F, \mathrm{Hom}_C(E, G)), & \mathscr{L}_2(E, F; G) \end{array}

sont canoniquement isomorphes.

2. L’homomorphisme** E∗⊗AF→HomA(E,F)E^* \otimes_A F \to \mathrm{Hom}_A(E, F).

Soient A, B deux anneaux, E un A-module à gauche, F un B-module à gauche, G un (A, B)*-bimodule*. Le Z\mathbf{Z}-module HomA(E,G)\mathrm{Hom}_A(E, G) est canoniquement muni d’une structure de B*-module à droite (II, p. 35) telle que (uβ)(x)=u(x)β(u \beta)(x) = u(x) \beta pour β∈B\beta \in B, u∈HomA(E,G)u \in \mathrm{Hom}_A(E, G), x∈Ex \in E. D’autre part, G⊗BFG \otimes_B F est canoniquement muni d’une structure de A-module à gauche (II, p. 54). Nous allons définir un Z\mathbf{Z}-homomorphisme canonique

(7)

ν:Hom⁡A(E,G)⊗BF→Hom⁡A(E,G⊗BF). \nu : \operatorname{Hom}_A(E, G) \otimes_B F \to \operatorname{Hom}_A(E, G \otimes_B F).

Pour cela, considérons, pour tout y∈Fy \in F et tout u∈Hom⁡A(E,G)u \in \operatorname{Hom}_A(E, G), l’application ν′(u,y):x↦u(x)⊗y\nu'(u, y) : x \mapsto u(x) \otimes y de E dans G⊗BFG \otimes_B F. On vérifie immédiatement que ν′(u,y)\nu'(u, y) est A-linéaire, et que ν′\nu' est une application Z\mathbf{Z}-bilinéaire de Hom⁡A(E,G)×F\operatorname{Hom}_A(E, G) \times F dans Hom⁡A(E,G⊗BF)\operatorname{Hom}_A(E, G \otimes_B F); en outre, pour tout β∈B\beta \in B, ν′(uβ,y)\nu'(u\beta, y) et ν′(u,βy)\nu'(u, \beta y) sont égales, car (u(x)β)⊗y=u(x)⊗(βy)(u(x)\beta) \otimes y = u(x) \otimes (\beta y). On en conclut (II, p. 51, prop. 1) l’existence de l’homomorphisme ν\nu cherché, tel que ν(u⊗y)\nu(u \otimes y) soit l’application A-linéaire x↦u(x)⊗yx \mapsto u(x) \otimes y.

On vérifie aussitôt que si E est un (A,(Ci′);(Dj′))(A, (C'_i); (D'_j))-multimodule, F un (B,(Ch′′);(Dk′′))(B, (C''_h); (D''_k))-multimodule, G un (A,(Cl′′′);B,(Dm′′′))(A, (C'''_l); B, (D'''_m))-multimodule, l’application (7) est un homomorphisme de ((Dj′),(Ch′′),(Cl′′′);(Ci′),(Dk′′),(Dm′′′))((D'_j), (C''_h), (C'''_l); (C'_i), (D''_k), (D'''_m))-multimodules.

Proposition 2

(i) Lorsque F est un B-module projectif (resp. projectif de type fini), l’homomorphisme canonique (7) est injectif (resp. bijectif).

(ii) Lorsque E est un A-module projectif de type fini, l’homomorphisme canonique (7) est bijectif.

(i) Fixons E et G, et pour tout B-module à gauche F, posons T(F)=Hom⁡A(E,G)⊗BFT(F) = \operatorname{Hom}_A(E, G) \otimes_B F, T′(F)=Hom⁡A(E,G⊗BF)T'(F) = \operatorname{Hom}_A(E, G \otimes_B F); pour tout homomorphisme u:F→F′u : F \to F' de B-modules à gauche, posons T(u)=1⊗uT(u) = 1 \otimes u (1 désignant ici l’application identique de Hom⁡A(E,G)\operatorname{Hom}_A(E, G)), T′(u)=Hom⁡(1E,1G⊗u)T'(u) = \operatorname{Hom}(1_E, 1_G \otimes u); écrivons d’autre part νF\nu_F au lieu de ν\nu. On a alors les lemmes suivants:

Lemme 1

Pour tout homomorphisme* u:F→F′u : F \to F', *le diagramme

T(F)→νFT′(F)∣∣T(u)T′(u)T(F′)→νF′T′(F′) \begin{array}{ccc} T(F) & \xrightarrow{\nu_F} & T'(F) \\ | & & | \\ T(u) & & T'(u) \\ T(F') & \xrightarrow{\nu_{F'}} & T'(F') \end{array}

est commutatif.

La vérification est immédiate.

Lemme 2

Soient M, N deux sous-modules supplémentaires dans F, et soient i : M \to F, j : N \to F les injections canoniques. Le diagramme

T(M)⊕T(N)→νM⊕νNT′(M)⊕T′(N)∣∣T(i)+T(j)T′(i)+T′(j)T(F)→νFT′(F) \begin{array}{ccc} T(M) \oplus T(N) & \xrightarrow{\nu_M \oplus \nu_N} & T'(M) \oplus T'(N) \\ | & & | \\ T(i) + T(j) & & T'(i) + T'(j) \\ T(F) & \xrightarrow{\nu_F} & T'(F) \end{array}

est commutatif, et les flèches verticales sont bijectives.

La commutativité résulte du lemme 1; les autres assertions, de II, p. 13, cor. 2 et de II, p. 61, prop. 7.

Lemme 3

Sous les hypothèses du lemme 2, pour que νF\nu_F soit injective (resp. surjective), il faut et il suffit que νM\nu_M et νN\nu_N le soient.

Cela résulte du lemme 2 et de II, p. 13, cor. 1.

Cela étant, le lemme 3, joint à II, p. 39, prop. 4, montre qu’il suffit de considérer le cas où F est un module libre. Or, si (bμ)(b_\mu) est une base de F, tout élément de HomA(E,G)⊗BF\mathrm{Hom}_A(E, G) \otimes_B F s’écrit alors d’une seule manière ∑μuμ⊗bμ\sum_\mu u_\mu \otimes b_\mu, où uμ∈HomA(E,G)u_\mu \in \mathrm{Hom}_A(E, G) (II, p. 62, cor. 1); l’image de cet élément par ν\nu est l’application A-linéaire x↦∑μuμ(x)⊗bμx \mapsto \sum_\mu u_\mu(x) \otimes b_\mu; elle ne peut être nulle pour tout x∈Ex \in E que si uμ(x)=0u_\mu(x) = 0 pour tout x∈Ex \in E et tout μ\mu, ce qui équivaut à dire que uμ=0u_\mu = 0 pour tout μ\mu; donc ν\nu est injectif. Lorsqu’en outre F admet une base finie, le lemme 3 montre (par récurrence sur le nombre d’éléments de la base de F) que pour prouver que ν\nu est surjectif, il suffit de le faire lorsque F=BsF = B_s; mais dans ce cas les deux membres de (7) s’identifient canoniquement à HomA(E,G)\mathrm{Hom}_A(E, G) (II, p. 55, prop. 4) et ν\nu devient l’identité.

(ii) Pour démontrer la proposition lorsque E est projectif et de type fini, fixons cette fois F et G, et posons, pour tout A-module à gauche E, T(E)=HomA(E,G)⊗BFT(E) = \mathrm{Hom}_A(E, G) \otimes_B F, T′(E)=HomA(E,G⊗BF)T'(E) = \mathrm{Hom}_A(E, G \otimes_B F), et pour tout homomorphisme v:E→E′v : E \to E' de A-modules à gauche, T(v)=Hom(v,1G)⊗1FT(v) = \mathrm{Hom}(v, 1_G) \otimes 1_F, T′(v)=Hom(v,1G⊗1F)T'(v) = \mathrm{Hom}(v, 1_G \otimes 1_F); écrivons d’autre part νE\nu_E au lieu de ν\nu. On a alors les deux lemmes:

Lemme 4

Pour tout homomorphisme v:E→E′v : E \to E', le diagramme

T(E′)→νE′T′(E′)∣∣T(v)T′(v)↓↓T(E)→νET′(E) \begin{array}{ccc} T(E') & \xrightarrow{\nu_{E'}} & T'(E') \\ | & & | \\ T(v) & & T'(v) \\ \downarrow & & \downarrow \\ T(E) & \xrightarrow{\nu_E} & T'(E) \end{array}

est commutatif.

Lemme 5

Soient M et N deux sous-modules supplémentaires dans E, et soient p:E→Mp : E \to M, q:E→Nq : E \to N les projections canoniques. Le diagramme

T(M)⊕T(N)→νM⊕νNT′(M)⊕T′(N)∣∣T(p)+T(q)T′(p)+T′(q)↓↓T(E)→νET′(E) \begin{array}{ccc} T(M) \oplus T(N) & \xrightarrow{\nu_M \oplus \nu_N} & T'(M) \oplus T'(N) \\ | & & | \\ T(p) + T(q) & & T'(p) + T'(q) \\ \downarrow & & \downarrow \\ T(E) & \xrightarrow{\nu_E} & T'(E) \end{array}

est commutatif, et les flèches verticales sont bijectives.

Ils se démontrent comme les lemmes 1 et 2, compte tenu de II, p. 13, cor. 2, de II, p. 37, prop. 1 et de II, p. 61, prop. 7.

Le reste de la démonstration procède alors comme dans (i) et on est ramené au cas où E=AsE = A_s; les deux membres de (7) s’identifient alors canoniquement à G⊗BFG \otimes_B F et ν\nu devient l’identité.

C. Q. F. D.

Prenons en particulier B=AB = A, et pour GG le (A,A)(A, A)-bimodule sAd{}_sA_d (II, p. 55), de sorte que le AA-module à droite HomA(E,sAd)\mathrm{Hom}_A(E, {}_sA_d) n’est autre que le dual E∗E^* de EE, et (sAd)⊗AF({}_sA_d) \otimes_A F s’identifie canoniquement à FF (II, p. 55, prop. 4). L’homomorphisme (7) se particularise alors en un Z\mathbf{Z}-homomorphisme canonique

θ:E∗⊗AF→HomA(E,F) \theta : \quad E^* \otimes_A F \to \mathrm{Hom}_A(E, F)

et θ(x∗⊗y)\theta(x^* \otimes y) est l’application linéaire de EE dans FF

x↦⟨x,x∗⟩y. x \mapsto \langle x, x^*\rangle y.

Remarque 1). — La caractérisation des AA-modules projectifs donnée dans II, p. 46, prop. 12, peut encore s’exprimer de la façon suivante: pour qu’un AA-module à gauche de type fini EE soit projectif, il faut et il suffit que l’homomorphisme canonique

θE:E∗⊗AE→HomA(E,E)=EndA(E) \theta_E : \quad E^* \otimes_A E \to \mathrm{Hom}_A(E, E) = \mathrm{End}_A(E)

soit tel que 1E1_E appartienne à l’image de θE\theta_E.

Corollaire

(i) Lorsque FF est un module projectif (resp. projectif de type fini), l’homomorphisme canonique (11) est injectif (resp. bijectif).

(ii) Lorsque EE est un module projectif de type fini, l’homomorphisme canonique (11) est bijectif.

Même lorsque EE et FF sont tous deux de type fini, θ\theta n’est pas nécessairement surjectif, comme le montre l’exemple A=ZA = \mathbf{Z}, E=F=Z/2ZE = F = \mathbf{Z}/2\mathbf{Z}; le second membre de (11) n’est pas réduit à 0, mais on a E∗={0}E^* = \{0\}. D’autre part, on peut donner des exemples où EE est libre, mais où (11) n’est ni injectif ni surjectif (II, p. 189, exerc. 3 b)).

Lorsque EE admet une base finie (ei)(e_i), on peut expliciter de la façon suivante l’isomorphisme réciproque θ−1\theta^{-1} de θ\theta. En effet, soit (ei∗)(e_i^*) la base duale de (ei)(e_i) (II, p. 45); pour tout u∈HomA(E,F)u \in \mathrm{Hom}_A(E, F) et tout x=∑iξieix = \sum_i \xi_i e_i avec ξi∈A\xi_i \in A, on a u(x)=∑iξiu(ei)=∑i⟨x,ei∗⟩u(ei)u(x) = \sum_i \xi_i u(e_i) = \sum_i \langle x, e_i^* \rangle u(e_i), et par suite on a u=∑iθ(ei∗⊗u(ei))u = \sum_i \theta(e_i^* \otimes u(e_i)), autrement dit

θ−1(u)=∑iei∗⊗u(ei). \theta^{-1}(u) = \sum_i e_i^* \otimes u(e_i).

En particulier, si de plus F=EF = E, on voit que l’image par θE−1\theta_E^{-1} de l’application identique 1E1_E est l’élément ∑iei∗⊗ei\sum_i e_i^* \otimes e_i, qui est donc indépendant de la base (ei)(e_i) considérée dans EE.

Notons d’autre part que lorsque EE est un module projectif de type fini, on peut transporter par θE−1\theta_E^{-1} la structure d’*anneau* de EndA(E)\mathrm{End}_A(E) à E∗⊗AEE^* \otimes_A E; on vérifie immédiatement que pour x,yx, y dans EE, x∗,y∗x^*, y^* dans E∗E^*, on a, dans l’anneau EndA(E)\mathrm{End}_A(E)

θE(x∗⊗x)∘θE(y∗⊗y)=θE((y∗⟨y,x∗⟩)⊗x). \theta_E(x^* \otimes x) \circ \theta_E(y^* \otimes y) = \theta_E((y^* \langle y, x^* \rangle) \otimes x).

Remarque 2). — Soit EE un AA-module à droite; remplaçant EE par E∗E^* dans (11), on obtient un Z\mathbf{Z}-homomorphisme canonique

E∗∗⊗AF→HomA(E∗,F). E^{**} \otimes_A F \to \mathrm{Hom}_A(E^*, F).

D’autre part, on a un A-homomorphisme canonique cE:E→E∗∗c_E : E \to E^{**}, d’où un Z\mathbf{Z}-homomorphisme cE⊗1F:E⊗AF→E∗∗⊗AFc_E \otimes 1_F : E \otimes_A F \to E^{**} \otimes_A F; composant avec ce dernier l’homomorphisme (14), on obtient donc un Z\mathbf{Z}-homomorphisme canonique

θ′:E⊗AF→Hom⁡A(E∗,F) \theta' : E \otimes_A F \to \operatorname{Hom}_A(E^*, F)
tel que θ′(x⊗y)\theta'(x \otimes y) soit l’application linéaire
x∗↦⟨x,x∗⟩y. x^* \mapsto \langle x, x^*\rangle y.

Si EE et FF sont des modules projectifs, l’application (15) est injective. En effet, cEc_E est alors injective (II, p. 47, cor. 4), et comme FF est projectif, le Z\mathbf{Z}-homomorphisme cE⊗1F:E⊗AF→E∗∗⊗AFc_E \otimes 1_F : E \otimes_A F \to E^{**} \otimes_A F est aussi injectif (II, p. 63, cor. 6); enfin, on a vu (II, p. 75, prop. 2) que l’homomorphisme (14) est injectif, d’où la conclusion.

Si EE est projectif de type fini, l’application (15) est bijective car les deux applications dont elle est composée sont alors bijectives (II, p. 47, cor. 4, et II, p. 75, prop. 2).

3. Trace d’un endomorphisme

Soit CC un anneau commutatif, et soit EE un CC-module. L’application (x∗,x)↦⟨x,x∗⟩(x^*, x) \mapsto \langle x, x^*\rangle de E∗×EE^* \times E dans CC est alors CC-*bilinéaire*, car pour tout γ∈C\gamma \in C, on a ⟨γx,x∗⟩=γ⟨x,x∗⟩\langle \gamma x, x^*\rangle = \gamma \langle x, x^*\rangle et ⟨x,x∗γ⟩=⟨x,x∗⟩γ\langle x, x^*\gamma \rangle = \langle x, x^*\rangle \gamma; on en déduit une application CC-*linéaire* canonique

τ:E∗⊗CE→C \tau : E^* \otimes_C E \to C
telle que τ(x∗⊗x)=⟨x,x∗⟩\tau(x^* \otimes x) = \langle x, x^*\rangle (II, p. 56). Supposons maintenant en outre que EE soit un CC-module projectif de type fini; l’isomorphisme canonique (11) de II, p. 77 est alors un isomorphisme de CC-*modules*, et on peut donc définir par transport de structure une forme linéaire canonique Tr⁡=τ∘θE−1\operatorname{Tr} = \tau \circ \theta_E^{-1} sur le CC-module End⁡C(E)\operatorname{End}_C(E). Pour tout u=End⁡C(E)u = \operatorname{End}_C(E), on dit que le scalaire Tr⁡(u)\operatorname{Tr}(u) est la trace de l’endomorphisme uu; tout u∈End⁡C(E)u \in \operatorname{End}_C(E) peut s’écrire (en général d’une infinité de manières) sous la forme x↦∑i⟨x,xi∗⟩yix \mapsto \sum_i \langle x, x_i^*\rangle y_i où xi∗∈E∗x_i^* \in E^* et yi∈Ey_i \in E, en vertu de II, p. 77, corollaire; on a alors
Tr⁡(u)=∑i⟨yi,xi∗⟩.(cf. II, p. 158) \operatorname{Tr}(u) = \sum_i \langle y_i, x_i^*\rangle \tag{cf. II, p. 158}.

Par définition, on a

Tr⁡(u+v)=Tr⁡(u)+Tr⁡(v)(18) \operatorname{Tr}(u + v) = \operatorname{Tr}(u) + \operatorname{Tr}(v) \tag{18}
Tr⁡(γu)=γTr⁡(u)(19) \operatorname{Tr}(\gamma u) = \gamma \operatorname{Tr}(u) \tag{19}
pour u,vu, v dans End⁡C(E)\operatorname{End}_C(E) et γ∈C\gamma \in C. En outre:

Proposition 3

Soient CC un anneau commutatif, E,FE, F deux CC-modules projectifs de type fini, u:E→Fu : E \to F et v:F→Ev : F \to E deux applications linéaires; on a alors*

Tr⁡(v∘u)=Tr⁡(u∘v).(20) \operatorname{Tr}(v \circ u) = \operatorname{Tr}(u \circ v). \tag{20}

Les deux applications (u,v)↦Tr(u∘v),(u,v)↦Tr(v∘u)(u, v) \mapsto \mathrm{Tr}(u \circ v), (u, v) \mapsto \mathrm{Tr}(v \circ u) de

HomC(E,F)×HomC(F,E) \mathrm{Hom}_C(E, F) \times \mathrm{Hom}_C(F, E)
dans CC sont CC-bilinéaires; il suffit donc de vérifier (20) lorsque uu est de la forme x↦⟨x,a∗⟩bx \mapsto \langle x, a^*\rangle b et vv de la forme y↦⟨y,b∗⟩ay \mapsto \langle y, b^*\rangle a, avec a∈E,a∗∈E∗,b∈F,b∗∈F∗a \in E, a^* \in E^*, b \in F, b^* \in F^*. Mais alors v∘uv \circ u est l’application x↦⟨x,a∗⟩⟨b,b∗⟩ax \mapsto \langle x, a^*\rangle \langle b, b^*\rangle a et u∘vu \circ v l’application y↦⟨y,b∗⟩⟨a,a∗⟩by \mapsto \langle y, b^*\rangle \langle a, a^*\rangle b. La formule (17) montre que les valeurs des deux membres de (20) sont égales à ⟨a,a∗⟩⟨b,b∗⟩\langle a, a^*\rangle \langle b, b^*\rangle.

Corollaire

Si u1,…,upu_1, \ldots, u_p sont des endomorphismes de EE, on a*

Tr(u1∘u2∘⋯∘up)=Tr(ui∘ui+1∘⋯∘up∘u1∘⋯∘ui−1) \mathrm{Tr}(u_1 \circ u_2 \circ \cdots \circ u_p) = \mathrm{Tr}(u_i \circ u_{i+1} \circ \cdots \circ u_p \circ u_1 \circ \cdots \circ u_{i-1})
pour 1≤i≤p1 \leq i \leq p (« invariance de la trace par permutation circulaire »).

Il suffit d’appliquer (20) au produit

(u1∘u2∘⋯∘ui−1)∘(ui∘ui+1∘⋯∘up). (u_1 \circ u_2 \circ \cdots \circ u_{i-1}) \circ (u_i \circ u_{i+1} \circ \cdots \circ u_p).
On notera par contre qu’on n’a pas nécessairement Tr(u∘v∘w)=Tr(u∘w∘v)\mathrm{Tr}(u \circ v \circ w) = \mathrm{Tr}(u \circ w \circ v) pour trois endomorphismes u,v,wu, v, w de EE.

4. L’homomorphisme

HomC(E1,F1)⊗CHomC(E2,F2)→HomC(E1⊗CE2,F1⊗CF2). \mathrm{Hom}_C(E_1, F_1) \otimes_C \mathrm{Hom}_C(E_2, F_2) \to \mathrm{Hom}_C(E_1 \otimes_C E_2, F_1 \otimes_C F_2).

Soient CC un anneau commutatif, E1,E2,F1,F2E_1, E_2, F_1, F_2 quatre CC-modules; on a défini dans II, p. 57, formule (13), un homomorphisme canonique de CC-modules

(21)λ:Hom(E1,F1)⊗Hom(E2,F2)→Hom(E1⊗E2,F1⊗F2).(21)\quad \lambda : \mathrm{Hom}(E_1, F_1) \otimes \mathrm{Hom}(E_2, F_2) \to \mathrm{Hom}(E_1 \otimes E_2, F_1 \otimes F_2).

Proposition 4

Lorsque l’un des couples (E1,E2),(E1,F1),(E2,F2)(E_1, E_2), (E_1, F_1), (E_2, F_2) est formé de CC-modules projectifs de type fini, l’homomorphisme canonique (21) est bijectif*.

Il suffit évidemment de faire la démonstration pour les couples (E1,F1)(E_1, F_1) et (E1,E2)(E_1, E_2).

Considérons d’abord le cas du couple (E1,F1)(E_1, F_1); fixons E2,F1,F2E_2, F_1, F_2, et posons pour tout CC-module EE, T(E)=Hom(E,F1)⊗CHom(E2,F2)T(E) = \mathrm{Hom}(E, F_1) \otimes_C \mathrm{Hom}(E_2, F_2) et T′(E)=Hom(E⊗E2,F1⊗F2)T'(E) = \mathrm{Hom}(E \otimes E_2, F_1 \otimes F_2); pour tout CC-homomorphisme v:E→E′v : E \to E', posons

T(v)=Hom(v,1F1)⊗1Hom(E2,F2) et T′(v)=Hom(v⊗1E2,1F1⊗F2). T(v) = \mathrm{Hom}(v, 1_{F_1}) \otimes 1_{\mathrm{Hom}(E_2, F_2)} \text{ et } T'(v) = \mathrm{Hom}(v \otimes 1_{E_2}, 1_{F_1} \otimes F_2).
Alors, les lemmes 4 et 5 (II, p. 76) (où on remplace vv par λ\lambda) sont valables et se démontrent de façons tout à fait analogues.

Fixons ensuite E2E_2 et F2F_2, et posons cette fois, pour tout CC-module FF, T(F)=Hom(C,F)⊗CHom(E2,F2)T(F) = \mathrm{Hom}(C, F) \otimes_C \mathrm{Hom}(E_2, F_2) et T′(F)=Hom(C⊗E2,F⊗F2)T'(F) = \mathrm{Hom}(C \otimes E_2, F \otimes F_2), et pour tout CC-homomorphisme u:F→F′u : F \to F', T(u)=Hom(1C,u)⊗1Hom(E2,F2)T(u) = \mathrm{Hom}(1_C, u) \otimes 1_{\mathrm{Hom}(E_2, F_2)} et T′(u)=Hom(1C⊗1E2,u⊗1F2)T'(u) = \mathrm{Hom}(1_C \otimes 1_{E_2}, u \otimes 1_{F_2}). Cette fois on vérifie aussitôt que les lemmes 1 et 2 (II, p. 75) (où λ\lambda remplace toujours vv) sont valables.

Cela étant, démontrons d’abord la proposition lorsque E1=CE_1 = C et que F1F_1 est projectif de type fini. Le raisonnement de II, p. 76 (qui repose sur les lemmes 1 et 2), joint aux remarques ci-dessus, ramène à prouver la proposition lorsque l’on a aussi F1=CF_1 = C; alors Hom(E1,F1),E1⊗E2\mathrm{Hom}(E_1, F_1), E_1 \otimes E_2 et F1⊗F2F_1 \otimes F_2 s’identifient à

C, E_2, et F_2 respectivement (II, p. 55, prop. 4); les deux membres de (21) s’identifient alors canoniquement tous deux à Hom(E_2, F_2) et, après ces identifications, on vérifie que λ\lambda devient l’identité.

Supposons F_1 projectif de type fini; le raisonnement de II, p. 76 (s’appuyant cette fois sur les lemmes 4 et 5) ramène la démonstration pour E_1 projectif de type fini quelconque au cas où E_1 = C, c’est-à-dire au premier cas traité.

Pour le couple (E_1, E_2), on procède de même en appliquant cette fois les lemmes 4 et 5 à deux reprises; nous laissons les détails au lecteur.

On notera que lorsque E_1 = C^{(I)}, E_2 = C^{(J)} sont libres (de type fini ou non), on a Hom(E_1, F_1) = F_1^I, Hom(E_2, F_2) = F_2^J, et Hom(E_1 \otimes E_2, F_1 \otimes F_2) = (F_1 \otimes F_2)^{I \times J} à des isomorphismes canoniques près, et (21) s’identifie alors à un cas particulier de l’homomorphisme canonique (22) de II, p. 61.

Lorsque E_2 = C, l’homomorphisme canonique (21) de II, p. 79, donne, après identification de Hom(E_2, F_2) à F_2 et de E_1 \otimes E_2 à E_1, un homomorphisme canonique

(22)Hom(E,F)⊗G→Hom(E,F⊗G) \text{(22)} \quad \text{Hom}(E, F) \otimes G \to \text{Hom}(E, F \otimes G)

pour trois C-modules quelconques E, F, G, qui n’est autre que l’homomorphisme (7) de II, p. 75 pour A = B = C.

On notera que lorsque F = C, l’homomorphisme canonique (22) redonne (11) (II, p. 77) pour le cas d’un anneau commutatif.

Supposons maintenant que F_1 = F_2 = C; comme F_1 \otimes F_2 s’identifie à C, on a cette fois un homomorphisme canonique

(23)μ:E∗⊗F∗→(E⊗F)∗ \text{(23)} \quad \mu : \quad E^* \otimes F^* \to (E \otimes F)^*

pour deux C-modules E, F; pour x∗∈E∗,y∗∈F∗x^* \in E^*, y^* \in F^*, l’image de x∗⊗y∗x^* \otimes y^* par l’homomorphisme canonique (23) est la forme linéaire u sur E \otimes F telle que

(24)u(x⊗y)=⟨x,x∗⟩⟨y,y∗⟩. \text{(24)} \quad u(x \otimes y) = \langle x, x^* \rangle \langle y, y^* \rangle.

En outre, si E_1, E_2, F_1, F_2 sont quatre C-modules, f:E1→E2,g:F1→F2f : E_1 \to E_2, g : F_1 \to F_2 deux applications linéaires, il résulte aussitôt de (24) que le diagramme

E2∗⊗F2∗→μ(E2⊗F2)∗tf⊗tg↓↓t(f⊗g)E1∗⊗F1∗→μ(E1⊗F1)∗ \begin{array}{ccc} E_2^* \otimes F_2^* & \xrightarrow{\mu} & (E_2 \otimes F_2)^* \\ tf \otimes tg \downarrow & & \downarrow t(f \otimes g) \\ E_1^* \otimes F_1^* & \xrightarrow{\mu} & (E_1 \otimes F_1)^* \end{array}

est commutatif.

Corollaire 1

Si l’un des modules E, F est projectif et de type fini, l’homomorphisme canonique (23) est bijectif.

Corollaire 2

Soient E_1, E_2 deux C-modules projectifs de type fini, u_1 un endomorphisme de E_1, u_2 un endomorphisme de E_2; on a alors

(26)Tr⁡(u1⊗u2)=Tr⁡(u1)Tr⁡(u2). \text{(26)} \quad \operatorname{Tr}(u_1 \otimes u_2) = \operatorname{Tr}(u_1) \operatorname{Tr}(u_2).

Par linéarité, il suffit de considérer le cas où u1u_1 est de la forme x1↦⟨x1,x1∗⟩y1x_1 \mapsto \langle x_1, x_1^* \rangle y_1 et u2u_2 de la forme x2↦⟨x2,x2∗⟩y2x_2 \mapsto \langle x_2, x_2^* \rangle y_2; alors l’image de x1⊗x2x_1 \otimes x_2 par u1⊗u2u_1 \otimes u_2 est par définition

⟨x1,x1∗⟩⟨x2,x2∗⟩(y1⊗y2)=⟨x1⊗x2,x1∗⊗x2∗⟩(y1⊗y2) \langle x_1, x_1^* \rangle \langle x_2, x_2^* \rangle (y_1 \otimes y_2) = \langle x_1 \otimes x_2, x_1^* \otimes x_2^* \rangle (y_1 \otimes y_2)

x1∗⊗x2∗x_1^* \otimes x_2^* étant canoniquement identifié par μ\mu à un élément de (E1⊗E2)∗(E_1 \otimes E_2)^*. Comme ⟨y1⊗y2,x1∗⊗x2∗⟩=⟨y1,x1∗⟩⟨y2,x2∗⟩\langle y_1 \otimes y_2, x_1^* \otimes x_2^* \rangle = \langle y_1, x_1^* \rangle \langle y_2, x_2^* \rangle, la formule (26) résulte dans ce cas de (17) (II, p. 78).

Remarque

Si E,F,GE, F, G sont trois CC-modules quelconques, on vérifie aussitôt que le diagramme

E∗⊗F∗⊗G∗→μ⊗1(E⊗F)∗⊗G∗1⊗μ↓↓μE∗⊗(F⊗G)∗→μ(E⊗F⊗G)∗ \begin{array}{ccc} E^* \otimes F^* \otimes G^* & \xrightarrow{\mu \otimes 1} & (E \otimes F)^* \otimes G^* \\ 1 \otimes \mu \downarrow & & \downarrow \mu \\ E^* \otimes (F \otimes G)^* & \xrightarrow{\mu} & (E \otimes F \otimes G)^* \end{array}

est commutatif, en vertu de la formule (24) (II, p. 80).

Notons aussi que, sans hypothèse sur les CC-modules E,FE, F, on a des isomorphismes canoniques

(28)

(E⊗F)∗→Hom(E,F∗) (E \otimes F)^* \to \mathrm{Hom}(E, F^*)
(29)
(E⊗F)∗→Hom(F,E∗) (E \otimes F)^* \to \mathrm{Hom}(F, E^*)

qui ne sont autres que les isomorphismes (6) et (5) de II, p. 74 pour G=CG = C, A=B=CA = B = C.

On définit ainsi une correspondance biunivoque canonique entre les formes bilinéaires sur E×FE \times F, les homomorphismes de E dans F et les homomorphismes de F dans E: si uu (resp. vv) est un homomorphisme de EE dans F∗F^* (resp. de FF dans E∗E^*), la forme bilinéaire qui lui correspond est donnée par

(x,y)↦⟨y,u(x)⟩(resp. (x,y)↦⟨x,v(y)⟩). (x, y) \mapsto \langle y, u(x) \rangle \quad \text{(resp. } (x, y) \mapsto \langle x, v(y) \rangle \text{)}.

Exercices

See the exercises for § 4.

Transcribed from the printed volume. Not translated.