1. Extension de l’anneau des scalaires d’un module
Soient A,B deux anneaux, ρ:A→B un homomorphisme d’anneaux; considérons le A-module à droiteρ∗(Bd) défini par cet homomorphisme (II, p. 30); ce A-module est aussi muni d’une structure de B-module à gauche, à savoir celle de Bs, et comme b′(bρ(a))=(b′b)ρ(a) pour a∈A,b,b′ dans B, ces deux structures de module sur B sont compatibles (II, p. 33). Cela permet, pour tout A-module à gaucheE, de définir sur le produit tensoriel ρ∗(Bd)⊗AE une structure de B-module à gauche, telle que β′(β⊗x)=(β′β)⊗x pour β,β′ dans B et x∈E
(II, p. 54). On dit que ce B-module à gauche est déduit de E par extension à B de l’anneau des scalaires au moyen de ρ, et on le note ρ*(E), ou E(B) si cela n’entraîne pas confusion.
Proposition 1
Pour tout A-module à gauche E, l’application φ : x ↦ 1 ⊗ x de E dans le A-module ρ*(ρ*(E)) est A-linéaire, et l’ensemble φ(E) engendre le B-module ρ*(E). En outre, pour tout B-module à gauche F, et toute application A-linéaire f de E dans le A-module ρ*(F), il existe une application B-linéaire ĝ et une seule de ρ*(E) dans F telle que ĝ(1 ⊗ x) = f(x) pour tout x ∈ E.
En effet, B peut être considéré comme un (B, A)-bimodule au moyen de ρ; on a donc un isomorphisme canonique de Z-modules
(1)
HomB(B⊗AE,F)→HomA(E,HomB(Bs,F))
comme on l’a vu dans II, p. 74, prop. 1. Mais le A-module à gauche Hom_B(B_s, F) s’identifie canoniquement à ρ*(F): en effet, par définition (II, p. 35), à un élément y ∈ F correspond l’homomorphisme θ(y) : B_s → F tel que (θ(y))(1) = y; pour tout λ ∈ A, il correspond donc à ρ(λ)y ∈ F l’homomorphisme μ ↦ μρ(λ)y de B_s dans F, qui n’est autre que λθ(y) pour la structure de A-module à gauche de Hom_B(B_s, F) (II, p. 35). Compte tenu de cette identification, on a donc un isomorphisme canonique de Z-modules, réciproque de (1)
(2)
δ:HomA(E,ρ∗(F))→HomB(ρ∗(E),F)
et il résulte aussitôt des définitions que si δ(f) = ĝ, on a ĝ(1 ⊗ x) = f(x) pour tout x ∈ E. En particulier, l’application φ_E : x ↦ 1 ⊗ x n’est autre que
(3)
φE=δ−1(1ρ∗(E)).
La prop. 1 est donc démontrée. L’application φ_E : E → ρ_*(ρ^*(E)) est dite canonique.
Remarque 1
La prop. 1 montre que le couple formé de E(B) et de φ_E est solution du problème d’application universelle (E, IV, p. 23), où Σ est l’espèce de structure de B-module à gauche (les morphismes étant les applications B-linéaires) et les α-applications les applications A-linéaires de E dans un B-module.
Si E est un (A, (C'_i); (D'_j))-multimodule, F un (B, (C''_h); (D''_k))-multimodule, alors l’isomorphisme (2) est linéaire pour les structures de ((D'_j), (C''_h); (C'_i), (D''_k))-multimodules des deux membres (II, p. 34 et p. 54).
Remarque 3
Soient E un A-module à gauche, a un idéal bilatère de A, ρ : A → A/a l’homomorphisme canonique. Avec les notations de II, p. 60, cor. 2, le A-module E/aE est annulé par a, et est donc canoniquement muni d’une structure de (A/a)-module à gauche (II, p. 28); il est immédiat que l’application canonique π : ρ^*(E) → E/aE définie dans II, p. 60, cor. 2, est un isomorphisme pour les structures de (A/a)-module.
Corollaire
Soient E, E’ deux A-modules à gauche; pour toute application A-linéaire u : E → E’, v = 1_B ⊗ u est l’unique application B-linéaire rendant commutatif le diagramme
transformant 1⊗(1⊗x) en 1⊗x pour tout x∈E, et cet homomorphisme est bijectif.
En effet, les Z-modules sous-jacents à σ∗(ρ∗(E)) et à (σ∘ρ)∗(E) sont respectivement C⊗B(B⊗AE) et C⊗AE. Il existe un Z-isomorphisme canonique C⊗B(B⊗AE)→(C⊗BB)⊗AE (II, p. 64, prop. 8), qui est aussi un C-isomorphisme pour les structures de C-module à gauche de deux membres. En outre, le C-module C⊗BB s’identifie canoniquement au C-module Cs par l’isomorphisme qui à γ⊗β fait correspondre γσ(β) (II, p. 55, prop. 4), et cet isomorphisme est aussi un isomorphisme pour la structure de A-module à droite sur C⊗BB définie par ρ et la structure de A-module à droite sur C définie par σ∘ρ. On obtient donc bien un isomorphisme canonique
(C⊗BB)⊗AE→C⊗AE,
et en le composant avec l’isomorphisme C⊗B(B⊗AE)→(C⊗BB)⊗AE défini plus haut, on obtient l’isomorphisme canonique cherché.
Si φ,φ′,φ′′ désignent les applications canoniques E→ρ∗(E),ρ∗(E)→σ∗(ρ∗(E)) et E→(σ∘ρ)∗(E), φ′∘φ s’identifie à φ′′ par l’isomorphisme canonique de la prop. 2.
Proposition 3
Soient A, B deux anneaux commutatifs, ρ:A→B un homomorphisme d’anneaux, E, E′ deux A-modules. Il existe un B-homomorphisme et un seul
transformant (1⊗x)⊗(1⊗x′) en 1⊗(x⊗x′) pour x∈E,x′∈E′, et cet homomorphisme est bijectif.
En effet, le premier membre de (5) s’écrit (B⊗AE)⊗B(B⊗AE′) et s’identifie à (E⊗AB)⊗B(B⊗AE′) puisque A et B sont commutatifs ; ce dernier produit s’identifie successivement à E⊗A(B⊗BB)⊗AE′, à E⊗A(B⊗AE′), à E⊗A(E′⊗AB) et finalement à (E⊗AE′)⊗AB, par utilisation de l’associativité du produit tensoriel (II, p. 64, prop. 8), de la prop. 4 de II, p. 55, et de la commutativité de A et B. L’isomorphisme cherché est le composé de ces isomorphismes canoniques successifs.
Il est clair que si S est un système générateur de E, l’image de S par l’application canonique E→E(B) est un système générateur de E(B); en particulier, si E est un A-module de type fini, E(B) est un B-module de type fini.
Proposition 4
Soit E un A-module admettant une base (aλ)λ∈L; si φ:x↦1⊗x est l’application canonique de E dans ρ∗(E), alors (φ(aλ))λ∈L est une base de ρ∗(E). Si ρ est injectif, il en est de même de φ.
La première assertion résulte aussitôt de II, p. 62, cor. 1. En outre, on a, pour toute famille (ξλ)λ∈L d’éléments de A, de support fini, φ(∑λ∈Lξλaλ)=∑λ∈Lρ(ξλ)φ(aλ), et la relation φ(∑λ∈Lξλaλ)=0 équivaut donc à ρ(ξλ)=0 pour tout λ∈L, d’où la seconde assertion.
Corollaire
Pour tout A-module projectif E, le B-module ρ∗(E) est projectif. Si en outre ρ est injectif, l’application canonique de E dans ρ∗(E) est injective.
En effet, il existe par hypothèse un A-module libre M contenant E et dans lequel E admet un supplémentaire F. Il résulte aussitôt de II, p. 61, prop. 7 que M(B) s’identifie à la somme directe de E(B) et F(B), et si φ et ψ sont les applications canoniques E→E(B) et F→F(B), l’application canonique M→M(B) n’est autre que x+y↦φ(x)+ψ(y). Le corollaire résulte aussitôt de la prop. 4 appliquée au A-module M.
Lorsque E est un A-module à droite, on pose de même ρ∗(E)=E⊗Aρ∗(Bs), B étant cette fois considéré comme (A, B)-bimodule, et la structure de B-module à droite de ρ∗(E) étant telle que (x⊗β)β′=x⊗(ββ′) pour β∈B, β′∈B et x∈E. Nous laissons au lecteur le soin d’énoncer pour les modules à droite les résultats correspondant à ceux de ce n° et du suivant.
Remarque 4). — Considérons le A-module à gaucheρ∗(Bs) défini par ρ, et pour tout A-module à gauche E, considérons le Z-module
ρ~(E)=HomA(ρ∗(Bs),E).
Comme ρ∗(Bs) est muni d’une structure de B-*module à droite*, on en déduit sur ρ~(E) une structure de B-*module à gauche* (II, p. 35) telle que si u∈ρ~(E) et b′∈B, b′u est l’homomorphisme b↦u(bb′) de ρ∗(Bs) dans E. On définit en outre une application A-linéaire, dite canonique:
η:ρ∗(ρ~(E))→E
en faisant correspondre à tout homomorphisme u∈ρ~(E) l’élément u(1) dans E. Comme B peut être considéré comme un (A, B)-bimodule au moyen de ρ, on a, pour tout B-module à gauche F, un isomorphisme canonique de Z-modules
HomA(ρ∗(Bs)⊗BF,E)→HomB(F,HomA(ρ∗(Bs),E))
(II, p. 74, prop. 1). Comme le A-module à gauche ρ∗(Bs)⊗BF s’identifie canoniquement à ρ∗(F) en vertu de II, p. 55, prop. 4, on obtient donc un isomorphisme canonique de Z-modules, réciproque du précédent
HomB(F,ρ~(E))→HomA(ρ∗(F),E)
qui, à toute application B-linéaire g de F dans ρ~(E), fait correspondre l’application composée η∘g, considérée comme application A-linéaire de ρ∗(F) dans E. En particulier, sous les hypothèses de la prop. 2 (II, p. 83), si on remplace F par σ∗(Cs), on obtient un C-isomorphisme canonique
σ~(ρ~(E))→(σ∘ρ)∗(E).
2. Relations entre restriction et extension de l’anneau des scalaires
Soit ρ:A→B un homomorphisme d’anneaux. Pour tout A-module à gauche E, nous avons défini au n° 1 une application A-linéaire canonique
φE:E→ρ∗(ρ∗(E))
telle que φE(x)=1⊗x. Considérons maintenant un B-module à gauche F, et appliquons la prop. 1 (II, p. 82) au A-homomorphisme 1ρ∗(F):ρ∗(F)→ρ∗(F); on en déduit une application B-linéaire
ψF:ρ∗(ρ∗(F))→F
égale à δ(1ρ∗(F)), et telle par suite que pour tout y∈F et tout β∈B, on ait ψF(β⊗y)=βy.
Proposition 5
Soient E un A-module à gauche, F un B-module à gauche; les applications composées*
ρ∗(E)ρ∗(φE)ρ∗(ρ∗(ρ∗(E)))ψρ∗(E)ρ∗(E)
ρ∗(F)φρ∗(F)ρ∗(ρ∗(ρ∗(F)))ρ∗(ψF)ρ∗(F)
sont respectivement égales aux applications identiques de ρ∗(E) et de ρ∗(F).
Cité par 1
Montrons-le par exemple pour (12); pour tout x∈E, l’application ρ∗(φE) fait correspondre à 1⊗x l’élément 1⊗(1⊗x) et l’application ψρ∗(E) fait correspondre à 1⊗(1⊗x) l’élément 1⊗x; la conclusion résulte de ce que les éléments de la forme 1⊗x engendrent le B-module ρ∗(E); la démonstration est encore plus simple pour (13).
Corollaire
Les applications ρ∗(φE) et φρ∗(F) sont injectives et identifient respectivement ρ∗(E) à un facteur direct de ρ∗(ρ∗(ρ∗(E))) et ρ∗(F) à un facteur direct de ρ∗(ρ∗(ρ∗(F)))*.
transformant y⊗x en y⊗(1⊗x) pour tout x∈E et tout y∈F, et cet homomorphisme est bijectif.
En effet, par définition le second membre de (14) est F⊗B(B⊗AE), où B est considéré comme (B,A)-bimodule, et on a un Z-isomorphisme canonique (F⊗BB)⊗AE→F⊗B(B⊗AE) défini dans II, p. 64, prop. 8; d’autre part, l’isomorphisme canonique F→F⊗BB de II, p. 55, prop. 4 est un isomorphisme pour les structures de A-module à droite des deux membres, définies par ρ. D’où l’isomorphisme cherché.
Lorsque A et B sont commutatifs, l’isomorphisme (14) est un isomorphisme de A-modules
ρ∗(F)⊗AE→ρ∗(F⊗Bρ∗(E)).
3. Extension de l’anneau d’opérateurs d’un module d’homomorphismes
Soient A un anneau commutatif, B un anneau, ρ:A→B un homomorphisme d’anneaux, E, F deux A-modules; comme B est un (A,A)-bimodule (au moyen de ρ) et que F peut être considéré comme un (A,A)-bimodule, on a, sur le Z-module B⊗AF, deux structures de A-module, pour lesquelles on a respectivement a(b⊗y)=(ρ(a)b)⊗y et a(b⊗y)=b⊗(ay) pour a∈A,b∈B,y∈F. Nous désignerons par G′ et G′′ les deux A-modules ainsi définis; G′ n’est autre d’ailleurs que le A-module ρ∗(ρ∗(F)).
Cela étant, dans la définition de l’homomorphisme canonique de II, p. 75, formule (7), remplaçons B par A, le B-module F par l’anneau B considéré comme A-module au moyen de ρ, et G par F considéré comme (A,A)-bimodule; comme A est commutatif, on peut écrire le Z-homomorphisme canonique obtenu
B⊗AHomA(E,F)→HomA(E,G′′).
D’autre part (II, p. 82, formule (2)), on a un Z-*isomorphisme canonique*
Supposons maintenant que ρ(A) soit contenu dans le centre de B, auquel cas on dit encore que ρ est un homomorphisme central(ou que ρ définit sur B une structure de A-algèbre*, cf. III, p. 6)*. Alors les structures de A-module de G′ et G′′ sont identiques, et en composant les homomorphismes (16) et (15), on obtient donc un Z-homomorphisme canonique
ω:B⊗AHomA(E,F)→HomB(E(B),F(B))
qui est caractérisé par le fait que pour tout u∈HomA(E,F) et tout b∈B, on a
ω(b⊗u)=rb⊗u
en désignant par rb la multiplication à droite par b dans B.
En outre, l’hypothèse que ρ est un homomorphisme central entraîne que l’on a (bb′)ρ(a)=(bρ(a))b′ pour b,b′ dans B et a∈A; autrement dit la structure de
B-module à droite de Bd est compatible avec sa structure de A-module; elle définit donc sur B⊗AHomA(E,F) une structure de B-module à droite (II, p. 54) ainsi que sur F(B)=B⊗AF, et finalement, comme les structures de B-module à gauche et à droite sur F(B) sont compatibles, on obtient aussi sur HomB(E(B),F(B)) une structure de B-module à droite (II, p. 35). On vérifie alors aussitôt que (17) est un homomorphisme de B-modules à droite pour ces structures.
Proposition 7
Soient A un anneau commutatif, B un anneau, ρ:A→B un homomorphisme central, E, F deux A-modules. (i) Si B est un A-module projectif (resp. projectif de type fini), l’homomorphisme (17) est injectif (resp. bijectif). (ii) Si E est un A-module projectif de type fini, l’homomorphisme (17) est bijectif. Comme (16) est bijectif, la proposition résulte de II, p. 75, prop. 2, appliquée à l’homomorphisme canonique (15).
4. Dual d’un module obtenu par extension des scalaires
Soient A, B deux anneaux, ρ:A→B un homomorphisme d’anneaux, E un A-module à gauche, E* son dual. Nous allons définir une application B-linéaire canonique
vE:(E∗)(B)→(E(B))∗.
En effet, le premier membre de (19) s’écrit HomA(E,A)⊗Aρ∗(Bs), où dans HomA(E,A), A est considéré comme (A, A)-bimodule. On a donc un Z-homomorphisme canonique (II, p. 75, formule (7))
avec l’identification fournie par l’isomorphisme canonique de II, p. 55, prop. 4. D’autre part, le second membre de (19) s’écrit HomB(ρ∗(Bd)⊗AE,Bs); comme B est un (B, A)-bimodule, on a un Z-isomorphisme canonique (II, p. 74, prop. 1)
β:HomB(ρ∗(Bd)⊗AE,Bs)→HomA(E,HomB(Bs,Bs))
et HomB(Bs,Bs) s’identifie canoniquement, en tant que A-module, à ρ∗(Bs) (voir la démonstration de II, p. 82, prop. 1). Tenant compte de ces identifications, on obtient l’homomorphisme vE; on vérifie aisément que cet homomorphisme est caractérisé par l’équation
⟨ξ⊗x,vE(x∗⊗η)⟩=ξρ(⟨x,x∗⟩)η,
pour x∈E,x∗∈E∗,ξ,η dans B, ce qui montre aussitôt que vE est B-linéaire.
En outre, pour toute application A-linéaire u:E→F, le diagramme
Supposons en particulier que E soit un A-module libre de type fini et soient (ei)1≤i≤n une base de E, (ei∗)1≤i≤n la base duale; alors l’isomorphisme canonique (19) de II, p. 87 fait correspondre à la base (ei∗⊗1) de (E∗)(B) la base duale de la base (1⊗ei) de E(B).
5. Un critère de finitude
Proposition 9
Soient B un anneau, A un sous-anneau de B, P un A-module à gauche projectif. Alors, si* P(B)est un B-module de type fini, P est lui-même un A-module de type fini.
On sait (II, p. 46, prop. 12) qu’il existe une famille (aλ)λ∈L d’éléments de P et une famille (aλ∗)λ∈L d’éléments du dual P∗ telles que, pour tout x∈P, la famille (⟨x,aλ∗⟩) soit de support fini et que l’on ait x=∑λ⟨x,aλ∗⟩aλ. Puisque P(B) est de type fini, il existe une famille finie (yi)i∈I d’éléments de P telle que P(B) soit engendré par les éléments 1⊗yi. Pour chaque indice i, la famille (⟨yi,aλ∗⟩) a un support fini. Il existe donc une partie finie H de L telle que ⟨yi,aλ∗⟩=0 pour i∈I et λ∈/H. Puisque ⟨1⊗yi,IdB⊗aλ∗⟩=⟨yi,aλ∗⟩, il en résulte que IdB⊗aλ∗=0 pour λ∈/H. Quel que soit x∈P, on a donc ⟨x,aλ∗⟩=⟨1⊗x,IdB⊗aλ∗⟩=0 pour λ∈/H. Ceci montre que le A-module P est engendré par les aλ tels que λ∈H.