§ 15. Extensions séparables
1. Caractérisation des éléments nilpotents d’un anneau
Proposition 1
Soient A un anneau commutatif et x un élément de A. Pour que x soit nilpotent, il faut et il suffit que le polynôme soit inversible dans l’anneau A[T].
Notons que A[T] est un sous-anneau de l’anneau de séries formelles A[[T]], et que admet dans A[[T]] l’inverse (IV, p. 28, prop. 5). Pour que soit inversible dans A[T], il faut et il suffit que soit un polynôme, c’est-à-dire que x soit nilpotent.
Proposition 2
Soit A un anneau commutatif. L’ensemble des éléments nilpotents de A est un idéal de A égal à l’intersection de l’ensemble des idéaux premiers de A.
Cite 2 · Cité par 3
Cite I § 8. Anneaux, Proposition 1
Cité par Corollaire, Proposition 3, VIII § 8, Remarque 2, VIII § 9
Soient x un élément nilpotent de A et p un idéal premier de A. La classe de x modulo p est un élément nilpotent de l’anneau intègre A/p, donc est nulle ; on a donc .
Soit x un élément non nilpotent de A. D’après la prop. 1, l’idéal principal de A[T] est distinct de A[T]. D’après le th. de Krull (I, p. 99), il existe un idéal maximal m de A[T] contenant . Alors m est un idéal premier de A[T], donc est un idéal premier de A. On a et , d’où et .
On a donc prouvé que l’ensemble des éléments nilpotents de est l’intersection de l’ensemble des idéaux premiers de ; comme toute intersection d’idéaux est un idéal, est un idéal.
Corollaire
Pour qu’un anneau commutatif soit réduit* (V, p. 33, déf. 2), il faut et il suffit qu’il soit isomorphe à un sous-anneau d’un produit de corps.
La condition est évidemment suffisante.
Soit un anneau réduit. D’après la prop. 2, l’intersection de l’ensemble des idéaux premiers de est réduite à 0. Pour tout idéal premier de , soient le corps des fractions de et l’homomorphisme canonique de dans . Soit l’homomorphisme de dans dont la composante d’indice est . Le noyau de est , donc celui de est ; par suite est un isomorphisme de sur un sous-anneau de .
2. Algèbres séparables
Définition 1
Soit une algèbre commutative sur un corps . On dit que est séparable sur , ou que c’est une -algèbre séparable, si l’anneau est réduit pour toute extension de *.
Cite 1 · Cité par 3
Cite Théorème 3
Cité par § 15. Extensions séparables, Corollaire, V § 17, Exercice 1, § 13
Toute algèbre séparable est évidemment réduite. Pour une réciproque partielle, cf. th. 3 (V, p. 119).
Exemple 1
Soit une algèbre de polynômes . Pour toute extension de , l’anneau est isomorphe à (III, p. 22, remarque 2), donc est intègre (IV, p. 9, prop. 8). Autrement dit, toute algèbre de polynômes sur un corps est une -algèbre séparable.
Exemple 2
Soit une algèbre commutative de degré fini sur un corps . Pour que soit séparable, il faut et il suffit qu’elle soit étale (V, p. 34, th. 4).
Exemple 3
Soit une extension algébrique d’un corps . Si est une extension de , l’anneau est réunion des sous-anneaux où parcourt l’ensemble des sous-extensions de degré fini de ; par suite, l’anneau est réduit si et seulement s’il en est ainsi de pour toute sous-extension de , de degré fini sur . Compte tenu de l’exemple 2, on voit que est une algèbre séparable au sens de la déf. 1 ci-dessus, si et seulement si c’est une extension algébrique séparable au sens de la déf. 1 de V, p. 35.
Proposition 3
Soit un corps*.
Cite 4 · Cité par 2
Cite Proposition 7, II § 6, Proposition 15, II § 7, Proposition 2, II § 5, V § 2. Extensions
Cité par Proposition 8, Théorème 1
a) Toute sous-algèbre d’une -algèbre séparable est séparable.
b) Toute limite inductive de -algèbres séparables est séparable.
c) Tout produit de -algèbres séparables est séparable.
d) Soit une -algèbre et soit une extension de . Pour que soit séparable, il faut et il suffit que la -algèbre déduite de par extension des scalaires soit séparable.
Soit L une extension de K. Soient A une algèbre séparable sur K et B une sous-algèbre de A ; alors l’anneau est réduit, et est isomorphe à un sous-anneau de , donc est réduit. Donc B est séparable. Ceci prouve a). On démontre de même b) en utilisant l’isomorphisme canonique de avec (II, p. 93, prop. 7), et l’on prouve c) en remarquant que est isomorphe à un sous-anneau de (II, p. 109, prop. 15).
Utilisons les notations de d). Pour toute extension de , les anneaux et sont isomorphes (II, p. 83, prop. 2). On en déduit que, si A est une K-algèbre séparable, alors est une -algèbre séparable. Réciproquement, supposons que soit une -algèbre séparable. La remarque précédente montre que l’anneau est réduit pour toute extension de K contenant comme sous-extension. Soit L une extension de K ; d’après le scholie (V, p. 13), il existe une extension de K contenant comme sous-extension et un K-homomorphisme de L dans ; l’anneau est alors isomorphe à un sous-anneau de , donc est réduit. Ceci prouve que A est une K-algèbre séparable.
Proposition 4
Soit A une algèbre séparable sur un corps K et soit B l’anneau total des fractions de A. Alors la K-algèbre B est séparable.
Soit S l’ensemble des éléments simplifiables de A. On a identifié (I, p. 108) A à un sous-anneau de B ; de plus, tout élément de S est inversible dans B et tout élément de B est de la forme avec et . Soient L une extension de K et x un élément nilpotent de . On peut écrire x sous la forme avec pour . Si l’on pose alors appartient au sous-anneau de ; comme est nilpotent et A séparable sur K, on a et comme s est inversible dans B, on a finalement . Ceci prouve que l’anneau est réduit, d’où la proposition.
Proposition 5
Soient K un corps, A et B deux K-algèbres commutatives. Si A est réduite et B séparable, alors est réduite,
Cite 2 · Cité par 7
Cite Proposition 15, II § 7, Corollaire
Cité par Corollaire 1, Corollaire 2, Proposition 9, Théorème 3, Corollaire, VIII § 12, Proposition 3, VIII § 12, Corollaire 1, VIII § 13
D’après le cor. de la prop. 2 (V, p. 114), A est isomorphe à une sous-algèbre d’un produit , où est une extension de K pour tout . Par suite, est isomorphe à un sous-anneau de , et ce dernier anneau est isomorphe à un sous-anneau de (II, p. 109, prop. 15). Comme B est séparable, chacun des anneaux est réduit, et il en est donc de même de et a fortiori de .
Corollaire 1
Soient K un corps, L une extension séparable de K et f un polynôme de K[X]. Si f est sans facteur multiple dans K[X], il est aussi sans facteur multiple dans L[X].
Si f est sans facteur multiple dans K[X], l’anneau quotient K[X]/(f) est réduit ;
en effet, est produit de polynômes irréductibles deux à deux étrangers, donc est isomorphe d’après I, p. 104, prop. 9, au produit des corps . D’après la prop. 5, l’anneau est réduit, puisqu’isomorphe à ; si est un polynôme non constant de tel que divise , alors la classe de dans en est un élément nilpotent non nul ; donc est sans facteur multiple dans .
Corollaire 2
Soient A et B deux K-algèbres commutatives. Si A et B sont séparables, il en est de même de A B.
Cite 1
Cite Proposition 5
Soit L une extension de K. L’anneau est réduit car A est séparable ; la prop. 5 montre alors que (isomorphe à ) est un anneau réduit, d’où le corollaire.
3. Extensions séparables
Soit K un corps. Comme une extension de K est une K-algèbre, la notion de séparabilité introduite dans la déf. 1 (V, p. 114) s’applique en particulier au cas des extensions de K. D’après l’exemple 3 (V, p. 114), cette définition de séparabilité coïncide dans le cas des extensions algébriques avec celle du § 7 (V, p. 35, déf. 1).
Proposition 6
Toute extension pure d’un corps K est séparable.
Cela résulte aussitôt de l’exemple 1 (V, p. 114) et de la prop. 4 (V, p. 115).
Proposition 7
Soient E un corps, G un groupe d’automorphismes de E et K le sous-corps de E formé des invariants de G. Alors E est une extension séparable de K.
Cite 2
Soit L une extension de K ; il existe une extension algébriquement close de L dont le degré de transcendance sur K soit au moins égal à celui de E sur K. D’après le cor. 1 (V, p. 112), il existe un K-homomorphisme de E dans . Notons l’homomorphisme de -algèbres de dans qui transforme en pour et ; notons aussi le noyau de .
Pour tout , soit l’automorphisme de la -algèbre A ; le noyau de l’homomorphisme de A dans est l’idéal premier de A. Il est clair que l’idéal de A est stable par les automorphismes . Par suite (V, p. 60, cor.), l’idéal b de A est de la forme , où c est un idéal de . Or on a , d’où , et comme est un corps, on a donc , d’où .
La famille d’idéaux premiers de A a donc une intersection nulle. D’après la prop. 2 (V, p. 113), l’anneau A est donc réduit, et il en est a fortiori de même du sous-anneau de A. Vu l’arbitraire de l’extension L de K, ceci prouve que E est séparable sur K.
Proposition 8
Soit L une extension d’un corps K. Si L est séparable sur K, toute sous-extension de L est séparable sur K. Réciproquement, si toute sous-extension de type fini de L est séparable sur K, alors L est séparable sur K.
Cela résulte aussitôt de la prop. 3, a) et b) (V, p. 114).
On peut donc dire que la séparabilité est une propriété « de caractère fini ».
Proposition 9
Soient L une extension d’un corps K et M une L-algèbre commutative (par exemple, une extension de L). Si M est séparable sur L, et L séparable sur K, alors M est séparable sur K.
Cite 5 · Cité par 2
Cite Proposition 2, II § 5, Proposition 5, Proposition 6, Corollaire 3, V § 16. Critères différentiels de séparabilité
Cité par Théorème 1, Corollaire, V § 16
Soit K’ une extension de K. Comme L est extension séparable de K, l’anneau K’ L est réduit ; comme M est une L-algèbre séparable, la prop. 5 (V, p. 115) montre que l’anneau est réduit. Or l’anneau est isomorphe à (II, p. 83, prop. 2), donc est réduit. Ceci prouve que M est séparable sur K.
Si l’extension M est séparable sur K, elle n’est pas nécessairement séparable sur L (cf. cependant V, p. 119, cor. 3). Par exemple, si p est un nombre premier, le corps des fractions rationnelles en une indéterminée X sur est séparable sur (V, p. 116, prop. 6), mais c’est une extension algébrique radicielle de ; en particulier n’est pas séparable sur .
Nous étudierons plus loin (V, p. 131, prop. 5) la séparabilité des extensions composées.
4. Critère de séparabilité de MacLane
Théorème 1
Soit K un corps de caractéristique 0. Toute K-algèbre réduite, et en particulier toute extension de K, est séparable sur K.
Cite 7 · Cité par 3
Cite Théorème 1 (Steinitz), V § 14, Proposition 6, Proposition 9, V § 7. Extensions algébriques séparables, § 15. Extensions séparables, Corollaire, Proposition 3
Cité par Corollaire 1 (MacLane), Théorème 3, Théorème 4
Montrons d’abord que toute extension L de K est séparable. Soit B une base de transcendance de L sur K (V, p. 105, th. 1) et soit . Alors est séparable sur K (V, p. 116, prop. 6). De plus, L est une extension algébrique de et le corps est de caractéristique 0 ; par suite, L est séparable sur (V, p. 36, cor.). D’après la prop. 9, L est donc séparable sur K.
Soit alors A une algèbre réduite sur le corps K. D’après le cor. de la prop. 2 (V, p. 114), il existe une famille d’extensions de K telle que A soit isomorphe à une sous-algèbre de . Chacune des algèbres est séparable sur K par ce qui précède, et A a donc la même propriété d’après la prop. 3, a) et c) (V, p. 114).
Théorème 2
Soient K un corps de caractéristique , une clôture parfaite de K et A une K-algèbre commutative. Les propriétés suivantes sont équivalentes :
Cité par 6
Cité par Exercice 11, § 15, Exercice 12, § 15, Corollaire 1 (MacLane), Corollaire 3, Théorème 3, Théorème 4
a) A est séparable. b) Il existe une extension K’ de K telle que le corps K’ soit parfait et l’anneau réduit. c) L’anneau est réduit. d) L’anneau est réduit pour toute extension K’ de K, de degré fini et radicielle de hauteur . e) Pour toute famille d’éléments de A linéairement libre sur K, la famille est linéairement libre sur K. f) Il existe une base du K-espace vectoriel A telle que la famille soit linéairement libre sur K.
Si une extension K’ de K est un corps parfait, elle contient une sous-extension K-isomorphe à (V, p. 6, prop. 3); de plus, toute extension radicielle de K est isomorphe à une sous-extension de (V, p. 25, prop. 3). Ces remarques démontrent les implications .
Montrons que d) entraîne e). Soit une famille linéairement libre dans et soit une famille à support fini dans telle que . Soit la sous-extension de engendrée par les éléments ; elle est de degré fini et de hauteur . Posons dans ; on a
Il est clair que e) entraîne f) et il reste à prouver que f) entraîne a). Soit donc une base de sur , telle que la famille soit linéairement libre sur . Soit une extension de et soit un élément de tel que . Posons avec pour tout . On a et comme la famille est linéairement libre sur , on a , d’où pour tout ; finalement, on a . On a prouvé que la relation entraîne dans , d’où il résulte immédiatement que est réduit.
Corollaire 1 (MacLane)
Soient* un corps d’exposant caractéristique , une extension parfaite de et une sous-extension de . Les conditions suivantes sont équivalentes : a) est séparable sur . b) est linéairement disjointe de sur . c) est linéairement disjointe sur de toute extension radicielle de contenue dans , de degré fini et de hauteur .
Cite 2 · Cité par 5
Cite Théorème 1, Théorème 2
Cité par Remarque, Corollaire 2, Théorème 3, Théorème 4, Proposition 9, V § 17
Le cas où est de caractéristique 0 est trivial puisque est alors séparable sur (th. 1), et par convention. Supposons donc . Montrons d’abord que a) entraîne b). Supposons séparable sur et soit une base de sur . Soit une famille à support fini d’éléments de telle que ; il existe un entier et des éléments de tels que . On a
Il est clair que b) entraîne c). Enfin, supposons c) vérifiée et soit une extension de , de degré fini et radicielle de hauteur . L’anneau est isomorphe à un sous-anneau de , donc est réduit. On en déduit par le th. 2 que est séparable sur .
Corollaire 2
Soient* un corps d’exposant caractéristique , une clôture parfaite de et une extension séparable de . Alors l’anneau est un corps. Si est de plus algébrique sur , alors est une clôture parfaite de .
Cite 4 · Cité par 1
Cite Corollaire 1 (MacLane), Corollaire 1, V § 3, V § 5. Extensions radicielles, Corollaire 1, V § 7
Cité par Corollaire 3
Le cas est trivial ; supposons donc . Soit une clôture parfaite de . D’après le cor. 1, il existe un isomorphisme de -algèbres de sur qui transforme en pour et . Comme est algébrique sur , l’anneau est un sous-corps de (V, p. 18, cor. 1). Supposons de plus algébrique sur . Alors est une extension algébrique du corps parfait , donc c’est un corps parfait (V, p. 42, cor. 1) ; enfin, comme le corps est une extension radicielle de (V, p. 24, cor.), c’est une clôture parfaite de .
Corollaire 3
Soient* une extension algébrique de et une *-algèbre commutative* (par exemple une extension de ). Si est séparable sur , elle est séparable sur .
L’algèbre est -isomorphe à une sous-algèbre de , donc est extension séparable de . Par suite (cor. 2), il existe un -isomorphisme de sur . L’anneau est donc isomorphe à , donc à (II, p. 83, prop. 2) et ce dernier anneau est réduit car est séparable sur . L’anneau est donc réduit, ce qui prouve que est séparable sur (V, p. 117, th. 2).
Remarque
On peut formuler le critère de MacLane sans faire intervenir d’extension de autre que . En effet, d’après la condition c) du cor. 1, est séparable sur si et seulement si et sont linéairement disjointes sur . Comme l’application est un isomorphisme de sur le sous-corps , on obtient le critère suivant (cf. V, p. 166, exerc. 11 pour un critère analogue concernant les algèbres) :
L est séparable sur* si et seulement si les sous-corps et de sont linéairement disjoints sur .
Cite 1
5. Extensions d’un corps parfait
Pour la commodité des références, nous résumons les principales propriétés des extensions des corps parfaits :
Théorème 3
Soit* un corps parfait. a) Toute extension algébrique de est un corps parfait. b) Toute extension de est séparable. c) Pour qu’une *-algèbre soit séparable, il faut et il suffit qu’elle soit réduite*. d) Soient et deux *-algèbres réduites*. Alors est réduite. e) Si et sont deux extensions de , l’anneau est réduit.
Cite 5 · Cité par 5
Cite Corollaire 1, V § 7, Théorème 1, Corollaire 1 (MacLane), Théorème 2, Proposition 5
Cité par Définition 1, Corollaire, VIII § 12, Proposition 3, VIII § 12, Théorème 3, VIII § 12, Corollaire, VIII § 20
L’assertion a) n’est autre que le cor. 1 de la prop. 11 (V, p. 42). L’assertion b) résulte du th. 1 (V, p. 117) lorsque est de caractéristique 0, et du cor. 1 (V, p. 118) lorsque est de caractéristique . Prouvons c). Le cas où est de caractéristique 0 résulte du th. 1 (V, p. 117). Il suffit donc de montrer que si est parfait de caractéristique et est une -algèbre réduite, alors est séparable sur . Or cela résulte de l’équivalence des conditions a) et b) du th. 2 (V, p. 117 ; faire dans b)).
Enfin, l’assertion d) résulte de c) et de la prop. 5 (V, p. 115) et e) est un cas particulier de d).
6. Caractérisation de la séparabilité par les automorphismes
Théorème 4
Soient une extension algébriquement close d’un corps et une sous-extension de . Les conditions suivantes sont équivalentes :
Cite 6 · Cité par 1
Cite Théorème 1, Théorème 2, Théorème 7, II § 7, V § 10. Extensions galoisiennes, Proposition 10, V § 14, Corollaire 1 (MacLane)
Cité par Théorème 3, VIII § 12
a) est séparable sur .
b) L’intersection des noyaux des homomorphismes de -algèbres de dans est réduite à 0.
c) Quels que soient les éléments de linéairement indépendants sur , il existe des -automorphismes de tels que .
d) Soit un sous--espace vectoriel de , de dimension finie. Toute application -linéaire de dans est combinaison linéaire (à coefficients dans ) de restrictions à de -automorphismes de .
: Soient des éléments de linéairement indépendants sur et le sous--espace vectoriel de engendré par . L’application est une bijection -linéaire de sur . Supposons d) satisfaite. Il existe alors des -automorphismes de tels que les éléments de (pour ) forment une base de . On a , donc d) entraîne c).
: Supposons c) satisfaite et soit dans . Écrivons sous la forme avec dans et des éléments de linéairement indépendants sur . Choisissons des -automorphismes de tels que ; soient les -homomorphismes de dans tels que pour et . Supposons que l’on ait pour , autrement dit, que l’on ait pour .
Comme on a supposé que la matrice a un déterminant non nul, on a par conséquent pour , et finalement .
: Comme toute extension d’un corps de caractéristique 0 est séparable (V, p. 117, th. 1), il suffit d’examiner le cas où est de caractéristique . Soient l’ensemble des homomorphismes de -algèbres de dans et l’homomorphisme de dans défini par pour . La condition b) signifie que est injectif et entraîne donc que l’anneau est réduit. La condition b) du th. 2 (V, p. 117) est alors satisfaite avec , donc est séparable sur .
: Supposons séparable sur . Soient un sous--espace vectoriel de dimension finie de , le -espace vectoriel déduit de par extension des scalaires, et la forme linéaire sur telle que pour et . Notons le groupe des -automorphismes de ; pour , on pose et .
Pour tout , l’application de dans est -linéaire et transforme en pour et . Le noyau de est donc un sous-espace vectoriel de , et il en est donc de même de . Si est l’exposant caractéristique de , le corps des invariants de dans est égal à (V, p. 107, prop. 10). On a évidemment pour tout ; par suite (V, p. 60, cor.), le -espace vectoriel est engendré par . Comme est séparable sur , les corps et sont linéairement disjoints sur (V, p. 118, cor. 1); on a et pour et . Par suite, la restriction de à est injective. Or est nulle sur et sur . On a donc , d’où . Comme est de dimension finie sur , est de dimension finie sur ; l’intersection des noyaux des formes linéaires est nulle, donc (II, p. 104, th. 7) la famille engendre le dual de . Soit alors une application -linéaire de dans ; soit la forme linéaire sur qui applique sur pour et . D’après ce qui précède, il existe des éléments de et de tels que
Exercices
See the exercises for § 15.