Bourbaki

§ 15. Extensions séparables

1. Caractérisation des éléments nilpotents d’un anneau

Proposition 1

Soient A un anneau commutatif et x un élément de A. Pour que x soit nilpotent, il faut et il suffit que le polynôme 1−xT1 - xT soit inversible dans l’anneau A[T].

Cite 1 · Cité par 1

Cite Proposition 5, IV § 4

Cité par Proposition 2

Notons que A[T] est un sous-anneau de l’anneau de séries formelles A[[T]], et que 1−xT1 - xT admet dans A[[T]] l’inverse ∑n=0∞xnTn\sum_{n=0}^{\infty} x^n T^n (IV, p. 28, prop. 5). Pour que 1−xT1 - xT soit inversible dans A[T], il faut et il suffit que ∑n=0∞xnTn\sum_{n=0}^{\infty} x^n T^n soit un polynôme, c’est-à-dire que x soit nilpotent.

Proposition 2

Soit A un anneau commutatif. L’ensemble des éléments nilpotents de A est un idéal de A égal à l’intersection de l’ensemble des idéaux premiers de A.

Cite 2 · Cité par 3

Cite I § 8. Anneaux, Proposition 1

Cité par Corollaire, Proposition 3, VIII § 8, Remarque 2, VIII § 9

Soient x un élément nilpotent de A et p un idéal premier de A. La classe de x modulo p est un élément nilpotent de l’anneau intègre A/p, donc est nulle ; on a donc x∈px \in p.

Soit x un élément non nilpotent de A. D’après la prop. 1, l’idéal principal (1−xT)(1 - xT) de A[T] est distinct de A[T]. D’après le th. de Krull (I, p. 99), il existe un idéal maximal m de A[T] contenant 1−xT1 - xT. Alors m est un idéal premier de A[T], donc p=A∩mp = A \cap m est un idéal premier de A. On a 1∉m1 \notin m et 1−xT∈m1 - xT \in m, d’où xT∉mxT \notin m et a fortiori x∉pa \text{ fortiori } x \notin p.

On a donc prouvé que l’ensemble nn des éléments nilpotents de AA est l’intersection de l’ensemble des idéaux premiers de AA; comme toute intersection d’idéaux est un idéal, nn est un idéal.

Corollaire

Pour qu’un anneau commutatif soit réduit* (V, p. 33, déf. 2), il faut et il suffit qu’il soit isomorphe à un sous-anneau d’un produit de corps.

Cite 1 · Cité par 2

Cite Proposition 2

Cité par Proposition 5, Théorème 1

La condition est évidemment suffisante.

Soit AA un anneau réduit. D’après la prop. 2, l’intersection nn de l’ensemble des idéaux premiers de AA est réduite à 0. Pour tout idéal premier pp de AA, soient k(p)k(p) le corps des fractions de A/pA/p et φp\varphi_p l’homomorphisme canonique de AA dans k(p)k(p). Soit φ\varphi l’homomorphisme de AA dans ∏pk(p)\prod_p k(p) dont la composante d’indice pp est φp\varphi_p. Le noyau de φp\varphi_p est pp, donc celui de φ\varphi est n=0n = 0; par suite φ\varphi est un isomorphisme de AA sur un sous-anneau de ∏pk(p)\prod_p k(p).

2. Algèbres séparables

Définition 1

Soit AA une algèbre commutative sur un corps KK. On dit que AA est séparable sur KK, ou que c’est une KK-algèbre séparable, si l’anneau L⊗KAL \otimes_K A est réduit pour toute extension LL de KK*.

Cite 1 · Cité par 3

Cite Théorème 3

Cité par § 15. Extensions séparables, Corollaire, V § 17, Exercice 1, § 13

Toute algèbre séparable est évidemment réduite. Pour une réciproque partielle, cf. th. 3 (V, p. 119).

Exemple 1

Soit AA une algèbre de polynômes K[Xi]i∈IK[X_i]_{i \in I}. Pour toute extension LL de KK, l’anneau L⊗KAL \otimes_K A est isomorphe à L[Xi]i∈IL[X_i]_{i \in I} (III, p. 22, remarque 2), donc est intègre (IV, p. 9, prop. 8). Autrement dit, toute algèbre de polynômes sur un corps KK est une KK-algèbre séparable.

Exemple 2

Soit AA une algèbre commutative de degré fini sur un corps KK. Pour que AA soit séparable, il faut et il suffit qu’elle soit étale (V, p. 34, th. 4).

Exemple 3

Soit EE une extension algébrique d’un corps KK. Si LL est une extension de KK, l’anneau L⊗KEL \otimes_K E est réunion des sous-anneaux L⊗KFL \otimes_K F où FF parcourt l’ensemble des sous-extensions de degré fini de EE; par suite, l’anneau L⊗KEL \otimes_K E est réduit si et seulement s’il en est ainsi de L⊗KFL \otimes_K F pour toute sous-extension FF de EE, de degré fini sur KK. Compte tenu de l’exemple 2, on voit que EE est une algèbre séparable au sens de la déf. 1 ci-dessus, si et seulement si c’est une extension algébrique séparable au sens de la déf. 1 de V, p. 35.

Proposition 3

Soit KK un corps*.

Cite 4 · Cité par 2

Cite Proposition 7, II § 6, Proposition 15, II § 7, Proposition 2, II § 5, V § 2. Extensions

Cité par Proposition 8, Théorème 1

a) Toute sous-algèbre d’une KK-algèbre séparable est séparable.

b) Toute limite inductive de KK-algèbres séparables est séparable.

c) Tout produit de KK-algèbres séparables est séparable.

d) Soit AA une KK-algèbre et soit K′K' une extension de KK. Pour que AA soit séparable, il faut et il suffit que la K′K'-algèbre A(K′)A_{(K')} déduite de AA par extension des scalaires soit séparable.

Soit L une extension de K. Soient A une algèbre séparable sur K et B une sous-algèbre de A ; alors l’anneau L⊗KAL \otimes_K A est réduit, et L⊗KBL \otimes_K B est isomorphe à un sous-anneau de L⊗KAL \otimes_K A, donc est réduit. Donc B est séparable. Ceci prouve a). On démontre de même b) en utilisant l’isomorphisme canonique de L⊗Klim⁡⟶AiL \otimes_K \lim_{\longrightarrow} A_i avec lim⁡⟶L⊗KAi\lim_{\longrightarrow} L \otimes_K A_i (II, p. 93, prop. 7), et l’on prouve c) en remarquant que L⊗K(∏i∈IAi)L \otimes_K (\prod_{i \in I} A_i) est isomorphe à un sous-anneau de ∏i∈I(L⊗KAi)\prod_{i \in I} (L \otimes_K A_i) (II, p. 109, prop. 15).

Utilisons les notations de d). Pour toute extension L′L' de K′K', les anneaux L′⊗K′A(K′)L' \otimes_{K'} A_{(K')} et L′⊗KAL' \otimes_K A sont isomorphes (II, p. 83, prop. 2). On en déduit que, si A est une K-algèbre séparable, alors A(K′)A_{(K')} est une K′K'-algèbre séparable. Réciproquement, supposons que A(K′)A_{(K')} soit une K′K'-algèbre séparable. La remarque précédente montre que l’anneau L′⊗KAL' \otimes_K A est réduit pour toute extension L′L' de K contenant K′K' comme sous-extension. Soit L une extension de K ; d’après le scholie (V, p. 13), il existe une extension L′L' de K contenant K′K' comme sous-extension et un K-homomorphisme de L dans L′L' ; l’anneau L⊗KAL \otimes_K A est alors isomorphe à un sous-anneau de L′⊗KAL' \otimes_K A, donc est réduit. Ceci prouve que A est une K-algèbre séparable.

Proposition 4

Soit A une algèbre séparable sur un corps K et soit B l’anneau total des fractions de A. Alors la K-algèbre B est séparable.

Cite 1 · Cité par 2

Cite I § 8. Anneaux

Cité par Exercice 12, § 15, Proposition 6

Soit S l’ensemble des éléments simplifiables de A. On a identifié (I, p. 108) A à un sous-anneau de B ; de plus, tout élément de S est inversible dans B et tout élément de B est de la forme as−1as^{-1} avec a∈Aa \in A et s∈Ss \in S. Soient L une extension de K et x un élément nilpotent de L⊗KBL \otimes_K B. On peut écrire x sous la forme x=∑i=1nyi⊗aisi−1x = \sum_{i=1}^n y_i \otimes a_i s_i^{-1} avec yi∈L,ai∈A,si∈Sy_i \in L, a_i \in A, s_i \in S pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n. Si l’on pose s=s1…sns = s_1 \ldots s_n alors x(1⊗s)x(1 \otimes s) appartient au sous-anneau L⊗KAL \otimes_K A de L⊗KBL \otimes_K B ; comme x(1⊗s)x(1 \otimes s) est nilpotent et A séparable sur K, on a x(1⊗s)=0x(1 \otimes s) = 0 et comme s est inversible dans B, on a finalement x=0x = 0. Ceci prouve que l’anneau L⊗KBL \otimes_K B est réduit, d’où la proposition.

Proposition 5

Soient K un corps, A et B deux K-algèbres commutatives. Si A est réduite et B séparable, alors A⊗KBA \otimes_K B est réduite,

Cite 2 · Cité par 7

Cite Proposition 15, II § 7, Corollaire

Cité par Corollaire 1, Corollaire 2, Proposition 9, Théorème 3, Corollaire, VIII § 12, Proposition 3, VIII § 12, Corollaire 1, VIII § 13

D’après le cor. de la prop. 2 (V, p. 114), A est isomorphe à une sous-algèbre d’un produit ∏i∈ILi\prod_{i \in I} L_i, où LiL_i est une extension de K pour tout i∈Ii \in I. Par suite, A⊗KBA \otimes_K B est isomorphe à un sous-anneau de (∏i∈ILi)⊗KB(\prod_{i \in I} L_i) \otimes_K B, et ce dernier anneau est isomorphe à un sous-anneau de ∏i∈I(Li⊗KB)\prod_{i \in I} (L_i \otimes_K B) (II, p. 109, prop. 15). Comme B est séparable, chacun des anneaux Li⊗KBL_i \otimes_K B est réduit, et il en est donc de même de ∏i∈I(Li⊗KB)\prod_{i \in I} (L_i \otimes_K B) et a fortiori de A⊗KBA \otimes_K B.

Corollaire 1

Soient K un corps, L une extension séparable de K et f un polynôme de K[X]. Si f est sans facteur multiple dans K[X], il est aussi sans facteur multiple dans L[X].

Cite 2 · Cité par 1

Cite Proposition 9, I § 8, Proposition 5

Cité par Corollaire, VII § 5

Si f est sans facteur multiple dans K[X], l’anneau quotient K[X]/(f) est réduit ;

en effet, ff est produit de polynômes irréductibles fif_i deux à deux étrangers, donc K[X]/(f)K[X]/(f) est isomorphe d’après I, p. 104, prop. 9, au produit des corps K[X]/(fi)K[X]/(f_i). D’après la prop. 5, l’anneau L[X]/(f)L[X]/(f) est réduit, puisqu’isomorphe à L⊗KK[X]/(f)L \otimes_K K[X]/(f); si gg est un polynôme non constant de L[X]L[X] tel que g2g^2 divise ff, alors la classe de fg−1fg^{-1} dans L[X]/(f)L[X]/(f) en est un élément nilpotent non nul ; donc ff est sans facteur multiple dans L[X]L[X].

Corollaire 2

Soient A et B deux K-algèbres commutatives. Si A et B sont séparables, il en est de même de A ⊗K\otimes_K B.

Cite 1

Cite Proposition 5

Soit L une extension de K. L’anneau L⊗KAL \otimes_K A est réduit car A est séparable ; la prop. 5 montre alors que (L⊗KA)⊗KB(L \otimes_K A) \otimes_K B (isomorphe à L⊗K(A⊗KB)L \otimes_K (A \otimes_K B)) est un anneau réduit, d’où le corollaire.

3. Extensions séparables

Soit K un corps. Comme une extension de K est une K-algèbre, la notion de séparabilité introduite dans la déf. 1 (V, p. 114) s’applique en particulier au cas des extensions de K. D’après l’exemple 3 (V, p. 114), cette définition de séparabilité coïncide dans le cas des extensions algébriques avec celle du § 7 (V, p. 35, déf. 1).

Proposition 6

Toute extension pure d’un corps K est séparable.

Cite 1 · Cité par 2

Cite Proposition 4

Cité par Proposition 9, Théorème 1

Cela résulte aussitôt de l’exemple 1 (V, p. 114) et de la prop. 4 (V, p. 115).

Proposition 7

Soient E un corps, G un groupe d’automorphismes de E et K le sous-corps de E formé des invariants de G. Alors E est une extension séparable de K.

Cite 2

Cite Corollaire 1, V § 14, V § 10. Extensions galoisiennes

Soit L une extension de K ; il existe une extension algébriquement close Ω\Omega de L dont le degré de transcendance sur K soit au moins égal à celui de E sur K. D’après le cor. 1 (V, p. 112), il existe un K-homomorphisme uu de E dans Ω\Omega. Notons vv l’homomorphisme de Ω\Omega-algèbres de A=Ω⊗KEA = \Omega \otimes_K E dans Ω\Omega qui transforme λ⊗x\lambda \otimes x en λ.u(x)\lambda .u(x) pour λ∈Ω\lambda \in \Omega et x∈Ex \in E ; notons aussi aa le noyau de vv.

Pour tout s∈Gs \in G, soit hsh_s l’automorphisme IdΩ⊗s\mathrm{Id}_\Omega \otimes s de la Ω\Omega-algèbre A ; le noyau de l’homomorphisme v∘hsv \circ h_s de A dans Ω\Omega est l’idéal premier as=hs−1(a)a_s = h_s^{-1}(a) de A. Il est clair que l’idéal b=⋂s∈Gasb = \bigcap_{s \in G} a_s de A est stable par les automorphismes hsh_s. Par suite (V, p. 60, cor.), l’idéal b de A est de la forme c⊗KEc \otimes_K E, où c est un idéal de Ω\Omega. Or on a b⊂a≠Ab \subset a \neq A, d’où c≠Ωc \neq \Omega, et comme Ω\Omega est un corps, on a donc c=0c = 0, d’où b=0b = 0.

La famille (as)s∈G(a_s)_{s \in G} d’idéaux premiers de A a donc une intersection nulle. D’après la prop. 2 (V, p. 113), l’anneau A est donc réduit, et il en est a fortiori de même du sous-anneau L⊗KEL \otimes_K E de A. Vu l’arbitraire de l’extension L de K, ceci prouve que E est séparable sur K.

Proposition 8

Soit L une extension d’un corps K. Si L est séparable sur K, toute sous-extension de L est séparable sur K. Réciproquement, si toute sous-extension de type fini de L est séparable sur K, alors L est séparable sur K.

Cite 2 · Cité par 1

Cite § 15. Extensions séparables, Proposition 3

Cité par Proposition 5, V § 16

Cela résulte aussitôt de la prop. 3, a) et b) (V, p. 114).

On peut donc dire que la séparabilité est une propriété « de caractère fini ».

Proposition 9

Soient L une extension d’un corps K et M une L-algèbre commutative (par exemple, une extension de L). Si M est séparable sur L, et L séparable sur K, alors M est séparable sur K.

Cite 5 · Cité par 2

Cite Proposition 2, II § 5, Proposition 5, Proposition 6, Corollaire 3, V § 16. Critères différentiels de séparabilité

Cité par Théorème 1, Corollaire, V § 16

Soit K’ une extension de K. Comme L est extension séparable de K, l’anneau K’ ⊗K\otimes_K L est réduit ; comme M est une L-algèbre séparable, la prop. 5 (V, p. 115) montre que l’anneau (K′⊗KL)⊗LM(K' \otimes_K L) \otimes_L M est réduit. Or l’anneau K′⊗KMK' \otimes_K M est isomorphe à (K′⊗KL)⊗LM(K' \otimes_K L) \otimes_L M (II, p. 83, prop. 2), donc est réduit. Ceci prouve que M est séparable sur K.

Si l’extension M est séparable sur K, elle n’est pas nécessairement séparable sur L (cf. cependant V, p. 119, cor. 3). Par exemple, si p est un nombre premier, le corps Fp(X)F_p(X) des fractions rationnelles en une indéterminée X sur FpF_p est séparable sur FpF_p (V, p. 116, prop. 6), mais c’est une extension algébrique radicielle de Fp(Xp)F_p(X^p); en particulier Fp(X)F_p(X) n’est pas séparable sur Fp(Xp)F_p(X^p).

Nous étudierons plus loin (V, p. 131, prop. 5) la séparabilité des extensions composées.

4. Critère de séparabilité de MacLane

Théorème 1

Soit K un corps de caractéristique 0. Toute K-algèbre réduite, et en particulier toute extension de K, est séparable sur K.

Cite 7 · Cité par 3

Cite Théorème 1 (Steinitz), V § 14, Proposition 6, Proposition 9, V § 7. Extensions algébriques séparables, § 15. Extensions séparables, Corollaire, Proposition 3

Cité par Corollaire 1 (MacLane), Théorème 3, Théorème 4

Montrons d’abord que toute extension L de K est séparable. Soit B une base de transcendance de L sur K (V, p. 105, th. 1) et soit L1=K(B)L_1 = K(B). Alors L1L_1 est séparable sur K (V, p. 116, prop. 6). De plus, L est une extension algébrique de L1L_1 et le corps L1L_1 est de caractéristique 0 ; par suite, L est séparable sur L1L_1 (V, p. 36, cor.). D’après la prop. 9, L est donc séparable sur K.

Soit alors A une algèbre réduite sur le corps K. D’après le cor. de la prop. 2 (V, p. 114), il existe une famille (Li)i∈I(L_i)_{i \in I} d’extensions de K telle que A soit isomorphe à une sous-algèbre de ∏i∈ILi\prod_{i \in I} L_i. Chacune des algèbres LiL_i est séparable sur K par ce qui précède, et A a donc la même propriété d’après la prop. 3, a) et c) (V, p. 114).

Théorème 2

Soient K un corps de caractéristique p≠0p \neq 0, Kp−∞K^{p^{-\infty}} une clôture parfaite de K et A une K-algèbre commutative. Les propriétés suivantes sont équivalentes :

Cité par 6

Cité par Exercice 11, § 15, Exercice 12, § 15, Corollaire 1 (MacLane), Corollaire 3, Théorème 3, Théorème 4

a) A est séparable. b) Il existe une extension K’ de K telle que le corps K’ soit parfait et l’anneau K′⊗KAK' \otimes_K A réduit. c) L’anneau Kp−∞⊗KAK^{p^{-\infty}} \otimes_K A est réduit. d) L’anneau K′⊗KAK' \otimes_K A est réduit pour toute extension K’ de K, de degré fini et radicielle de hauteur ≤1\leq 1. e) Pour toute famille (ai)i∈I(a_i)_{i \in I} d’éléments de A linéairement libre sur K, la famille (aip)i∈I(a_i^p)_{i \in I} est linéairement libre sur K. f) Il existe une base (ai)i∈I(a_i)_{i \in I} du K-espace vectoriel A telle que la famille (aip)i∈I(a_i^p)_{i \in I} soit linéairement libre sur K.

Si une extension K’ de K est un corps parfait, elle contient une sous-extension K-isomorphe à Kp−∞K^{p^{-\infty}} (V, p. 6, prop. 3); de plus, toute extension radicielle de K est isomorphe à une sous-extension de Kp−∞K^{p^{-\infty}} (V, p. 25, prop. 3). Ces remarques démontrent les implications a)⇒b)⇒c)⇒d)a) \Rightarrow b) \Rightarrow c) \Rightarrow d).

Montrons que d) entraîne e). Soit (ai)i∈I(a_i)_{i \in I} une famille linéairement libre dans AA et soit (λi)i∈I(\lambda_i)_{i \in I} une famille à support fini dans KK telle que ∑i∈Iλiaip=0\sum_{i \in I} \lambda_i a_i^p = 0. Soit K′K' la sous-extension de Kp−∞K^{p^{-\infty}} engendrée par les éléments λip−1\lambda_i^{p^{-1}}; elle est de degré fini et de hauteur ≤1\leq 1. Posons x=∑i∈Iλip−1⊗aix = \sum_{i \in I} \lambda_i^{p^{-1}} \otimes a_i dans K′⊗KAK' \otimes_K A; on a

xp=∑i∈Iλi⊗aip=1⊗∑i∈Iλiaip=0. x^p = \sum_{i \in I} \lambda_i \otimes a_i^p = 1 \otimes \sum_{i \in I} \lambda_i a_i^p = 0 .
Sous l’hypothèse d), on a x=0x = 0, d’où λi=0\lambda_i = 0 pour tout i∈Ii \in I.

Il est clair que e) entraîne f) et il reste à prouver que f) entraîne a). Soit donc (ai)i∈I(a_i)_{i \in I} une base de AA sur KK, telle que la famille (aip)i∈I(a_i^p)_{i \in I} soit linéairement libre sur KK. Soit LL une extension de KK et soit xx un élément de L⊗KAL \otimes_K A tel que xp=0x^p = 0. Posons x=∑i∈Iλi⊗aix = \sum_{i \in I} \lambda_i \otimes a_i avec λi∈L\lambda_i \in L pour tout i∈Ii \in I. On a xp=∑i∈Iλip⊗aip=0x^p = \sum_{i \in I} \lambda_i^p \otimes a_i^p = 0 et comme la famille (aip)i∈I(a_i^p)_{i \in I} est linéairement libre sur KK, on a λip=0\lambda_i^p = 0, d’où λi=0\lambda_i = 0 pour tout i∈Ii \in I; finalement, on a x=0x = 0. On a prouvé que la relation xp=0x^p = 0 entraîne x=0x = 0 dans L⊗KAL \otimes_K A, d’où il résulte immédiatement que L⊗KAL \otimes_K A est réduit.

Corollaire 1 (MacLane)

Soient* KK un corps d’exposant caractéristique pp, Ω\Omega une extension parfaite de KK et LL une sous-extension de Ω\Omega. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) LL est séparable sur KK. b) LL est linéairement disjointe de Kp−∞K^{p^{-\infty}} sur KK. c) LL est linéairement disjointe sur KK de toute extension radicielle de KK contenue dans Ω\Omega, de degré fini et de hauteur ≤1\leq 1.

Cite 2 · Cité par 5

Cite Théorème 1, Théorème 2

Cité par Remarque, Corollaire 2, Théorème 3, Théorème 4, Proposition 9, V § 17

Le cas où KK est de caractéristique 0 est trivial puisque LL est alors séparable sur KK (th. 1), et Kp−∞=KK^{p^{-\infty}} = K par convention. Supposons donc p≠1p \neq 1. Montrons d’abord que a) entraîne b). Supposons LL séparable sur KK et soit (ai)i∈I(a_i)_{i \in I} une base de LL sur KK. Soit (λi)i∈I(\lambda_i)_{i \in I} une famille à support fini d’éléments de Kp−∞K^{p^{-\infty}} telle que ∑i∈Iλiai=0\sum_{i \in I} \lambda_i a_i = 0; il existe un entier f≥0f \geq 0 et des éléments μi\mu_i de KK tels que λi=μip−f\lambda_i = \mu_i^{p^{-f}}. On a

∑i∈Iμiaipf=(∑i∈Iλiai)pf=0 \sum_{i \in I} \mu_i a_i^{p^f} = (\sum_{i \in I} \lambda_i a_i)^{p^f} = 0
et le th. 2 entraîne par récurrence sur ff que la famille (aipf)i∈I(a_i^{p^f})_{i \in I} est linéairement libre sur KK. On a donc μi=0\mu_i = 0, d’où λi=0\lambda_i = 0 pour tout i∈Ii \in I. Finalement LL est linéairement disjointe de Kp−∞K^{p^{-\infty}} sur KK.

Il est clair que b) entraîne c). Enfin, supposons c) vérifiée et soit K′K' une extension de KK, de degré fini et radicielle de hauteur ≤1\leq 1. L’anneau K′⊗KLK' \otimes_K L est isomorphe à un sous-anneau de Ω\Omega, donc est réduit. On en déduit par le th. 2 que LL est séparable sur KK.

Corollaire 2

Soient* KK un corps d’exposant caractéristique pp, Kp−∞K^{p^{-\infty}} une clôture parfaite de KK et LL une extension séparable de KK. Alors l’anneau L⊗KKp−∞L \otimes_K K^{p^{-\infty}} est un corps. Si LL est de plus algébrique sur KK, alors L⊗KKp−∞L \otimes_K K^{p^{-\infty}} est une clôture parfaite de LL.

Cite 4 · Cité par 1

Cite Corollaire 1 (MacLane), Corollaire 1, V § 3, V § 5. Extensions radicielles, Corollaire 1, V § 7

Cité par Corollaire 3

Le cas p=1p = 1 est trivial ; supposons donc p≠1p \neq 1. Soit Ω\Omega une clôture parfaite de LL. D’après le cor. 1, il existe un isomorphisme de KK-algèbres de L⊗KKp−∞L \otimes_K K^{p^{-\infty}} sur L[Kp−∞]L[K^{p^{-\infty}}] qui transforme x⊗yx \otimes y en xyxy pour x∈Lx \in L et y∈Kp−∞y \in K^{p^{-\infty}}. Comme Kp−∞K^{p^{-\infty}} est algébrique sur KK, l’anneau L[Kp−∞]L[K^{p^{-\infty}}] est un sous-corps de Ω\Omega (V, p. 18, cor. 1). Supposons de plus LL algébrique sur KK. Alors L[Kp−∞]L[K^{p^{-\infty}}] est une extension algébrique du corps parfait Kp−∞K^{p^{-\infty}}, donc c’est un corps parfait (V, p. 42, cor. 1) ; enfin, comme le corps L[Kp−∞]L[K^{p^{-\infty}}] est une extension radicielle de LL (V, p. 24, cor.), c’est une clôture parfaite de LL.

Corollaire 3

Soient* LL une extension algébrique de KK et MM une LL*-algèbre commutative* (par exemple une extension de LL). Si MM est séparable sur KK, elle est séparable sur LL.

Cite 3 · Cité par 1

Cite Proposition 2, II § 5, Théorème 2, Corollaire 2

Cité par Proposition 9

L’algèbre LL est KK-isomorphe à une sous-algèbre de MM, donc LL est extension séparable de KK. Par suite (cor. 2), il existe un LL-isomorphisme de Lp−∞L^{p^{-\infty}} sur Kp−∞⊗KLK^{p^{-\infty}} \otimes_K L. L’anneau Lp−∞⊗LML^{p^{-\infty}} \otimes_L M est donc isomorphe à (Kp−∞⊗KL)⊗LM(K^{p^{-\infty}} \otimes_K L) \otimes_L M, donc à Kp−∞⊗KMK^{p^{-\infty}} \otimes_K M (II, p. 83, prop. 2) et ce dernier anneau est réduit car MM est séparable sur KK. L’anneau Lp−∞⊗LML^{p^{-\infty}} \otimes_L M est donc réduit, ce qui prouve que MM est séparable sur LL (V, p. 117, th. 2).

Remarque

On peut formuler le critère de MacLane sans faire intervenir d’extension de KK autre que LL. En effet, d’après la condition c) du cor. 1, LL est séparable sur KK si et seulement si LL et Kp−1K^{p^{-1}} sont linéairement disjointes sur KK. Comme l’application x↦xpx \mapsto x^p est un isomorphisme de LL sur le sous-corps LpL^p, on obtient le critère suivant (cf. V, p. 166, exerc. 11 pour un critère analogue concernant les algèbres) :

L est séparable sur* KK si et seulement si les sous-corps LpL^p et KK de LL sont linéairement disjoints sur KpK^p.

Cite 1

Cite Corollaire 1 (MacLane)

5. Extensions d’un corps parfait

Pour la commodité des références, nous résumons les principales propriétés des extensions des corps parfaits :

Théorème 3

Soit* KK un corps parfait. a) Toute extension algébrique de KK est un corps parfait. b) Toute extension de KK est séparable. c) Pour qu’une KK*-algèbre soit séparable, il faut et il suffit qu’elle soit réduite*. d) Soient AA et BB deux KK*-algèbres réduites*. Alors A⊗KBA \otimes_K B est réduite. e) Si EE et FF sont deux extensions de KK, l’anneau E⊗KFE \otimes_K F est réduit.

Cite 5 · Cité par 5

Cite Corollaire 1, V § 7, Théorème 1, Corollaire 1 (MacLane), Théorème 2, Proposition 5

Cité par Définition 1, Corollaire, VIII § 12, Proposition 3, VIII § 12, Théorème 3, VIII § 12, Corollaire, VIII § 20

L’assertion a) n’est autre que le cor. 1 de la prop. 11 (V, p. 42). L’assertion b) résulte du th. 1 (V, p. 117) lorsque KK est de caractéristique 0, et du cor. 1 (V, p. 118) lorsque KK est de caractéristique p≠0p \neq 0. Prouvons c). Le cas où KK est de caractéristique 0 résulte du th. 1 (V, p. 117). Il suffit donc de montrer que si KK est parfait de caractéristique p≠0p \neq 0 et AA est une KK-algèbre réduite, alors AA est séparable sur KK. Or cela résulte de l’équivalence des conditions a) et b) du th. 2 (V, p. 117 ; faire K′=KK' = K dans b)).

Enfin, l’assertion d) résulte de c) et de la prop. 5 (V, p. 115) et e) est un cas particulier de d).

6. Caractérisation de la séparabilité par les automorphismes

Théorème 4

Soient Ω\Omega une extension algébriquement close d’un corps KK et LL une sous-extension de Ω\Omega. Les conditions suivantes sont équivalentes :

Cite 6 · Cité par 1

Cite Théorème 1, Théorème 2, Théorème 7, II § 7, V § 10. Extensions galoisiennes, Proposition 10, V § 14, Corollaire 1 (MacLane)

Cité par Théorème 3, VIII § 12

a) LL est séparable sur KK.

b) L’intersection des noyaux des homomorphismes de Ω\Omega-algèbres de Ω⊗KL\Omega \otimes_K L dans Ω\Omega est réduite à 0.

c) Quels que soient les éléments a1,...,ana_1, ..., a_n de LL linéairement indépendants sur KK, il existe des KK-automorphismes σ1,...,σn\sigma_1, ..., \sigma_n de Ω\Omega tels que det⁡(σi(aj))≠0\det(\sigma_i(a_j)) \neq 0.

d) Soit VV un sous-KK-espace vectoriel de LL, de dimension finie. Toute application KK-linéaire de VV dans Ω\Omega est combinaison linéaire (à coefficients dans Ω\Omega) de restrictions à VV de KK-automorphismes de Ω\Omega.

d)⇒c)d) \Rightarrow c) : Soient a1,...,ana_1, ..., a_n des éléments de LL linéairement indépendants sur KK et VV le sous-KK-espace vectoriel de LL engendré par a1,...,ana_1, ..., a_n. L’application f↦(f(a1),...,f(an))f \mapsto (f(a_1), ..., f(a_n)) est une bijection Ω\Omega-linéaire de HomK(V,Ω)\mathrm{Hom}_K(V, \Omega) sur Ωn\Omega^n. Supposons d) satisfaite. Il existe alors des KK-automorphismes σ1,...,σn\sigma_1, ..., \sigma_n de Ω\Omega tels que les éléments (σi(a1),...,σi(an))(\sigma_i(a_1), ..., \sigma_i(a_n)) de Ωn\Omega^n (pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n) forment une base de Ωn\Omega^n. On a det⁡(σi(aj))≠0\det(\sigma_i(a_j)) \neq 0, donc d) entraîne c).

c)⇒b)c) \Rightarrow b) : Supposons c) satisfaite et soit xx dans Ω⊗KL\Omega \otimes_K L. Écrivons xx sous la forme ∑j=1nxj⊗aj\sum_{j=1}^n x_j \otimes a_j avec x1,...,xnx_1, ..., x_n dans Ω\Omega et des éléments a1,...,ana_1, ..., a_n de LL linéairement indépendants sur KK. Choisissons des KK-automorphismes σ1,...,σn\sigma_1, ..., \sigma_n de Ω\Omega tels que det⁡σi(aj)≠0\det \sigma_i(a_j) \neq 0; soient χ1,...,χn\chi_1, ..., \chi_n les Ω\Omega-homomorphismes de Ω⊗KL\Omega \otimes_K L dans Ω\Omega tels que χi(a⊗b)=a⋅σi(b)\chi_i(a \otimes b) = a \cdot \sigma_i(b) pour a∈Ωa \in \Omega et b∈Lb \in L. Supposons que l’on ait χi(x)=0\chi_i(x) = 0 pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n, autrement dit, que l’on ait ∑j=1nxj⋅σi(aj)=0\sum_{j=1}^n x_j \cdot \sigma_i(a_j) = 0 pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n.

Comme on a supposé que la matrice (σi(aj))(\sigma_i(a_j)) a un déterminant non nul, on a par conséquent xi=0x_i = 0 pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n, et finalement x=0x = 0.

b)⇒a)b) \Rightarrow a) : Comme toute extension d’un corps de caractéristique 0 est séparable (V, p. 117, th. 1), il suffit d’examiner le cas où KK est de caractéristique p≠0p \neq 0. Soient XX l’ensemble des homomorphismes de Ω\Omega-algèbres de Ω⊗KL\Omega \otimes_K L dans Ω\Omega et ff l’homomorphisme de Ω⊗KL\Omega \otimes_K L dans ΩX\Omega^X défini par f(u)=(χ(u))χ∈Xf(u) = (\chi(u))_{\chi \in X} pour u∈Ω⊗KLu \in \Omega \otimes_K L. La condition b) signifie que ff est injectif et entraîne donc que l’anneau Ω⊗KL\Omega \otimes_K L est réduit. La condition b) du th. 2 (V, p. 117) est alors satisfaite avec K′=ΩK' = \Omega, donc LL est séparable sur KK.

a)⇒d)a) \Rightarrow d) : Supposons LL séparable sur KK. Soient VV un sous-KK-espace vectoriel de dimension finie de LL, V(Ω)=Ω⊗KVV_{(\Omega)} = \Omega \otimes_K V le Ω\Omega-espace vectoriel déduit de VV par extension des scalaires, et f0f_0 la forme linéaire sur V(Ω)V_{(\Omega)} telle que f0(x⊗y)=xyf_0(x \otimes y) = xy pour x∈Ωx \in \Omega et y∈Vy \in V. Notons GG le groupe des KK-automorphismes de Ω\Omega; pour σ∈G\sigma \in G, on pose σV=σ⊗IdV\sigma_V = \sigma \otimes \mathrm{Id}_V et gσ=σ∘f0∘σV−1g_\sigma = \sigma \circ f_0 \circ \sigma_V^{-1}.

Pour tout σ∈G\sigma \in G, l’application gσg_\sigma de V(Ω)V_{(\Omega)} dans Ω\Omega est Ω\Omega-linéaire et transforme x⊗yx \otimes y en x.σ(y)x.\sigma(y) pour x∈Ωx \in \Omega et y∈Vy \in V. Le noyau NσN_\sigma de gσg_\sigma est donc un sous-espace vectoriel de V(Ω)V_{(\Omega)}, et il en est donc de même de N=⋂σ∈GNσN = \bigcap_{\sigma \in G} N_\sigma. Si pp est l’exposant caractéristique de KK, le corps des invariants de GG dans Ω\Omega est égal à Kp−K^{p^{-}} (V, p. 107, prop. 10). On a évidemment σV(N)=N\sigma_V(N) = N pour tout σ∈G\sigma \in G; par suite (V, p. 60, cor.), le Ω\Omega-espace vectoriel NN est engendré par N0=N∩(Kp−⊗V)N_0 = N \cap (K^{p^{-}} \otimes V). Comme LL est séparable sur KK, les corps Kp−K^{p^{-}} et LL sont linéairement disjoints sur KK (V, p. 118, cor. 1); on a Kp−⊗KV⊂Kp−⊗KLK^{p^{-}} \otimes_K V \subset K^{p^{-}} \otimes_K L et f0(x⊗y)=xyf_0(x \otimes y) = xy pour x∈Ωx \in \Omega et y∈Vy \in V. Par suite, la restriction de f0f_0 à Kp−⊗KVK^{p^{-}} \otimes_K V est injective. Or f0=g1f_0 = g_1 est nulle sur NN et afortioria fortiori sur N0⊂Kp−⊗KVN_0 \subset K^{p^{-}} \otimes_K V. On a donc N0=0N_0 = 0, d’où N=0N = 0. Comme VV est de dimension finie sur KK, V(Ω)V_{(\Omega)} est de dimension finie sur Ω\Omega; l’intersection des noyaux des formes linéaires gσg_\sigma est nulle, donc (II, p. 104, th. 7) la famille (gσ)σ∈G(g_\sigma)_{\sigma \in G} engendre le dual de V(Ω)V_{(\Omega)}. Soit alors uu une application KK-linéaire de VV dans Ω\Omega; soit u~\tilde{u} la forme linéaire sur V(Ω)V_{(\Omega)} qui applique x⊗yx \otimes y sur xu(y)xu(y) pour x∈Ωx \in \Omega et y∈Vy \in V. D’après ce qui précède, il existe des éléments σ1,...,σn\sigma_1, ..., \sigma_n de GG et λ1,...,λn\lambda_1, ..., \lambda_n de Ω\Omega tels que

u~=∑i=1nλigσi,d’ouˋ u(y)=∑i=1nλiσi(y) pour tout y∈V. On a prouveˊ que a) entraıˆne d). \tilde{u} = \sum_{i=1}^n \lambda_i g_{\sigma_i}, \text{d’où } u(y) = \sum_{i=1}^n \lambda_i \sigma_i(y) \text{ pour tout } y \in V. \text{ On a prouvé que } a) \text{ entraîne } d).

Exercices

See the exercises for § 15.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.