Bourbaki

§ 7. Extensions algébriques séparables

Dans tout ce paragraphe, on note KK un corps.

1. Extensions algébriques séparables

Définition 1

Soit EE une extension algébrique de KK. On dit que EE est séparable (sur KK) si toute sous-extension FF de EE, de degré fini sur KK, est une algèbre étale sur KK (V, p. 28, déf. 1).

Soit EE une extension de degré fini de KK. Comme toute sous-algèbre d’une algèbre étale est étale (V, p. 29, prop. 3), il revient au même de supposer que EE est une extension séparable de KK, ou que EE est une algèbre étale sur KK.

Proposition 1

Soit EE une extension algébrique de KK. Si EE est séparable, toute sous-extension E′E' de EE est séparable. Réciproquement, si toute sous-extension de degré fini de EE est séparable, EE est séparable.

Cela résulte immédiatement de la définition 1.

Proposition 2

Pour que le corps KK soit parfait, il faut et il suffit que toute extension algébrique de KK soit séparable.

Supposons d’abord KK parfait. Comme un corps est un anneau réduit, il résulte du lemme 5 (V, p. 34) que toute extension de degré fini de KK est une algèbre étale sur KK; par suite, toute extension algébrique de KK est séparable.

Supposons maintenant que KK soit un corps imparfait de caractéristique p≠0p \neq 0. Soit Ω\Omega une clôture algébrique de KK. Comme KK est imparfait, il existe b∈Kb \in K n’appartenant pas à KpK^p; posons a=b1/pa = b^{1/p}. Alors l’extension K(a)K(a) de KK est radicielle de degré fini. D’après V, p. 25, prop. 3, il existe un seul KK-homomorphisme de K(a)K(a) dans Ω\Omega, et comme on a [K(a):K]>1[K(a):K] > 1, l’algèbre K(a)K(a) n’est pas étale sur KK (V, p. 31, prop. 4). Autrement dit, l’extension K(a)K(a) de degré fini de KK n’est pas séparable.

Corollaire

Toute extension algébrique d’un corps de caractéristique 0, ou d’un corps fini, est séparable.

Cela résulte de V, p. 7, prop. 5.

2. Polynômes séparables

Proposition 3

Soient f un polynôme non nul dans K[X]K[X] et Ω\Omega une extension algébriquement close de KK. Les conditions suivantes sont équivalentes :

a) Le polynôme f est étranger à sa dérivée f′f' dans K[X]K[X]. b) On a, soit deg⁡(f)=0\deg(f) = 0, soit deg⁡(f)>0\deg(f) > 0 et dis⁡(f)≠0\operatorname{dis}(f) \neq 0 (IV, p. 79). c) Il existe une extension L de KK telle que f se décompose dans L[X]L[X] en produit de polynômes distincts de degré ≤1\leq 1. d) Les racines de f dans Ω\Omega sont simples. e) La K-algèbre K[X]/(f)K[X]/(f) est étale (V, p. 28, déf. 1).

a)⇒d)a) \Rightarrow d) : Sous les hypothèses de a), il existe deux polynômes gg et hh dans K[X]K[X] tels que fg+f′h=1fg + f'h = 1 (IV, p. 12). Soit aa une racine de ff dans Ω\Omega; on a

f′(a) h(a)=f(a) g(a)+f′(a) h(a)=1, f'(a)\ h(a) = f(a)\ g(a) + f'(a)\ h(a) = 1 ,

d’où f′(a)≠0f'(a) \neq 0; par suite, aa est racine simple de ff dans Ω\Omega (IV, p. 16, prop. 7).

d)⇒c)d) \Rightarrow c) : Si d) est satisfaite, ff se décompose dans Ω[X]\Omega[X] en produit de polynômes distincts de degré ≤1\leq 1.

c)⇒b)c) \Rightarrow b) : Sous les hypothèses de c), il existe un élément λ≠0\lambda \neq 0 dans LL et des éléments distincts α1,…,αn\alpha_1, \ldots, \alpha_n de LL tels que f(X)=λ(X−α1)…(X−αn)f(X) = \lambda (X - \alpha_1) \ldots (X - \alpha_n). Si deg⁡(f)>0\deg(f) > 0, on a (IV, p. 79, prop. 11)

dis⁡(f)=λ2n−2∏i<j(αi−αj)2≠0. \operatorname{dis}(f) = \lambda^{2n-2} \prod_{i < j} (\alpha_i - \alpha_j)^2 \neq 0 .

b)⇒a)b) \Rightarrow a) : Soient cc le coefficient dominant et DD le discriminant de ff; le résultant de f′f' et ff est égal à ±cD\pm cD (IV, p. 79, formule (54)), donc n’est pas nul ; par suite (IV, p. 73, cor. 2), les polynômes ff et f′f' sont étrangers dans K[X]K[X].

a)⇔e)a) \Leftrightarrow e) : Soient AA la K-algèbre K[X]/(f)K[X]/(f) et xx l’image de XX dans AA; d’après III, p. 137, prop. 22, le AA-module ΩK(A)\Omega_K(A) est engendré par l’élément dxdx, soumis à la seule relation f′(x) dx=0f'(x)\ dx = 0. D’après V, p. 32, th. 3, la K-algèbre AA est donc étale si et seulement si f′(x)f'(x) est un élément inversible de AA, ce qui signifie que ff et f′f' sont étrangers dans K[X]K[X].

Définition 2

On dit qu’un polynôme* f∈K[X]f \in K[X] *est séparable s’il est non nul et satisfait aux conditions équivalentes a), b), c), d) et e) de la prop. 3.

Remarque 1

Soient L une extension de K et ff un polynôme non constant de K[X]K[X]. D’après la condition e) de la prop. 3 et V, p. 32, cor. 2, il revient au même de supposer que ff est séparable qu’on le considère comme élément de K[X]K[X] ou de L[X]L[X]. Par contre, il se peut fort bien que ff soit irréductible dans K[X]K[X], mais non dans L[X]L[X].

Remarque 2

Soit f∈K[X]f \in K[X]; on sait (IV, p. 13, prop. 13) qu’il existe des polynômes irréductibles f1,…,fmf_1, \ldots, f_m dans K[X]K[X] tels que f=f1…fmf = f_1 \ldots f_m. Soit Ω\Omega une clôture algébrique de K ; comme un polynôme irréductible g∈K[X]g \in K[X] est polynôme minimal sur K de chacune de ses racines dans Ω\Omega, deux polynômes irréductibles distincts dans K[X]K[X] n’ont aucune racine commune dans Ω\Omega. La condition d) de la prop. 3 montre alors que ff est séparable si et seulement si les polynômes f1,…,fmf_1, \ldots, f_m sont séparables et deux à deux distincts.

Proposition 4

Soit* ff un polynôme irréductible dans K[X]K[X]. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) ff est séparable. b) Il existe une extension L de K dans laquelle ff a une racine simple. c) La dérivée f′f' de ff n’est pas nulle. d) Le corps K est de caractéristique 0, ou bien il est de caractéristique p≠0p \neq 0 et l’on a f∉K[Xp]f \notin K[X^p].

Notons d’abord qu’un polynôme irréductible dans K[X]K[X] n’est pas constant. Il est clair que a) entraîne b) (prendre pour L une clôture algébrique de K). Si x est une racine simple de ff dans une extension L de K, on a f′(x)≠0f'(x) \neq 0 (IV, p. 16, prop. 7), donc b) entraîne c). L’équivalence de c) et d) résulte de V, p. 8, cor.

Supposons enfin qu’on ait f′≠0f' \neq 0; soit x une racine de ff dans une extension algébriquement close Ω\Omega de K. Comme ff est le polynôme minimal de x sur K et qu’on a deg⁡f′<deg⁡f\deg f' < \deg f, on a f′(x)≠0f'(x) \neq 0 et x est donc racine simple de ff (IV, p. 16, prop. 7). Par suite ff est séparable, et l’on a prouvé que c) entraîne a).

Corollaire 1

Pour que le corps* K soit parfait, il faut et il suffit que tout polynôme irréductible de K[X]K[X] soit séparable.

Si le corps K est de caractéristique 0, K est parfait et tout polynôme irréductible de K[X]K[X] est séparable d’après l’assertion d) ci-dessus. Supposons donc que K soit de caractéristique p≠0p \neq 0.

Supposons d’abord K parfait. On a K[Xp]=K[X]pK[X^p] = K[X]^p, donc il n’existe aucun polynôme irréductible de K[X]K[X] appartenant à K[Xp]K[X^p]. D’après la prop. 4, tout polynôme irréductible de K[X]K[X] est séparable.

Supposons maintenant K imparfait, d’où K≠KpK \neq K^p. Soit a un élément de K n’appartenant pas à KpK^p; le polynôme Xp−aX^p - a est irréductible dans K[X]K[X] (V, p. 24, lemme 1), et il appartient à K[Xp]K[X^p], donc n’est pas séparable.

Corollaire 2

Soit* f∈K[X]f \in K[X] un polynôme non nul. Pour que ff soit séparable, il faut et il suffit qu’il existe une extension L de K, qui soit un corps parfait et telle que ff soit sans facteur multiple dans L[X]L[X].

Soit Ω\Omega une clôture algébrique de K ; si ff est séparable, ff est sans facteur multiple dans Ω[X]\Omega[X] (prop. 3, d)). Inversement, si L est une extension parfaite de K telle que ff soit sans facteur multiple dans L[X]L[X], alors ff est séparable dans L[X]L[X] (cor. 1 et remarque 2), donc dans K[X]K[X] (remarque 1).

3. Éléments algébriques séparables

Définition 3

Soit E une extension de K. On dit qu’un élément x de E, algébrique sur K, est séparable sur K si l’extension algébrique K(x)K(x) de K est séparable.

Proposition 5

Soient E une extension de K, x un élément de E algébrique sur K, et f le polynôme minimal de x sur K. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) x est séparable sur K ; b) le polynôme f est séparable ; c) x est racine simple de f. L’équivalence de a) et b) résulte de la proposition 3, celle de b) et c) des propositions 3 et 4 (cf. V, p. 36 et 37).

Corollaire 1

Si un élément x de E est racine simple d’un polynôme g de K[X], il est séparable sur K. En effet, le polynôme minimal f de x sur K divise g dans K[X] (V, p. 15, th. 1), donc x est racine simple de f.

Corollaire 2

Si un élément x de E est algébrique et séparable sur K, il est algébrique et séparable sur toute extension K’ de K contenue dans E. Soit f le polynôme minimal de x sur K. Alors x est racine simple de f d’après la prop. 5, et comme f appartient à K’[X], l’élément x de E est séparable sur K’ d’après le cor. 1.

Corollaire 3

Supposons K de caractéristique p≠0p \neq 0. Pour qu’un élément x de E appartienne à K, il faut et il suffit qu’il soit à la fois algébrique séparable et radiciel sur K. La condition énoncée est évidemment nécessaire. Réciproquement, supposons que x soit algébrique séparable sur K, et radiciel de hauteur e sur K. Comme x est séparable sur K, le polynôme minimal f de x sur K n’appartient pas à K[Xp]K[X^p] (prop. 4 et 5) ; comme x est radiciel de hauteur e sur K, on a f(X)=Xpe−xpef(X) = X^{p^e} - x^{p^e} (V, p. 23, prop. 1) ; on en conclut e=0e = 0, d’où x∈Kx \in K.

Proposition 6

Soit E une extension de K. a) Si E est algébrique et séparable sur K, tout élément de E est algébrique et séparable sur K. b) Réciproquement, soit A un ensemble d’éléments de E algébriques et séparables sur K tel que E=K(A)E = K(A) ; alors E est algébrique et séparable sur K. Si E est algébrique et séparable sur K, il en est de même de l’extension K(x)K(x) de K pour tout x∈Ex \in E, d’où a).

. Sous les hypothèses de b), l’extension E est algébrique sur K (V, p. 18, cor. 1). Soit F une sous-extension de E, de degré fini sur K. D’après V, p. 11, cor., il existe des éléments x1,...,xmx_1, ..., x_m de A tels que F⊂K(x1,...,xm)F \subset K(x_1, ..., x_m), et l’on a

K(x1,...,xm)=K[x1,...,xm](V, p. 18, cor. 1). K(x_1, ..., x_m) = K[x_1, ..., x_m] \quad (\text{V, p. 18, cor. 1}) .
D’après l’hypothèse faite sur A, les algèbres K[x1],...,K[xm]K[x_1], ..., K[x_m] sont étales sur K ; il en est donc de même de l’algèbre K[x1]⊗...⊗K[xm]K[x_1] \otimes ... \otimes K[x_m] (V, p. 31, cor. 1). Or F est isomorphe à une sous-algèbre d’une algèbre quotient de K[x1]⊗...⊗K[xm]K[x_1] \otimes ... \otimes K[x_m], donc est étale (V, p. 29, prop. 3).

Corollaire

Pour qu’une extension algébrique E soit séparable sur K, il faut et il suffit que tout élément de E soit racine simple de son polynôme minimal sur K.* Il suffit d’appliquer les prop. 5 et 6.

4. Théorème de l’élément primitif

Soit E une extension de K ; on dit qu’un élément x de E est primitif si E=K[x]E = K[x]. Pour que l’extension E possède un élément primitif, il est nécessaire que [E:K][E : K] soit fini.

Théorème 1

Soit E une extension de K. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) E possède un élément primitif ; b) il n’existe qu’un nombre fini de sous-extensions de E. Ces conditions sont satisfaites lorsque E est une extension séparable de degré fini.* Supposons d’abord que E possède un élément primitif x, et soit f le polynôme minimal de x sur K. Pour chaque polynôme unitaire g∈E[X]g \in E[X] divisant f dans E[X], notons EgE_g la sous-extension de E engendrée par les coefficients de g. Comme les polynômes g possibles sont en nombre fini (si f se décompose dans E[X] en produit de r polynômes unitaires irréductibles, ce nombre est majoré par 2r2^r), les sous-extensions EgE_g sont en nombre fini. Il suffit donc, pour démontrer b), de prouver que toute sous-extension L de E est l’une des EgE_g. Or, si L est une sous-extension de E, on a L[x]=EL[x] = E; si g est le polynôme minimal de x sur L, on a [E:L]=deg⁡(g)[E : L] = \deg(g). Par ailleurs, g est un diviseur de f dans L[X], donc dans E[X] ; on a Eg⊂LE_g \subset L, et E=Eg[x]E = E_g[x]. Comme g(x)=0g(x) = 0, on a [E:Eg]≤deg⁡(g)[E : E_g] \leq \deg(g), donc [E:Eg]≤[E:L][E : E_g] \leq [E : L], donc L=EgL = E_g, ce qu’on voulait démontrer.

Notons maintenant que la condition b) implique que l’extension E est de degré fini : d’après la remarque 2 de V, p. 18, il suffit de prouver qu’elle est algébrique ; or, si z est un élément de E transcendant sur K, les sous-extensions K(zn)K(z^n), n∈Nn \in \mathbf{N}, sont deux à deux distinctes.

Pour démontrer l’implication b)⇒a)b) \Rightarrow a) distinguons alors deux cas :

*A) Si le corps K est fini, le corps E, qui est un espace vectoriel de dimension finie sur K, est un ensemble fini. Par suite 1^1 (V, p. 75, lemme 1), il existe un élément x de E engendrant le groupe multiplicatif de E, et on a E=K[x]E = K[x].

1^1 Le lecteur vérifiera que le théorème 1 n’est utilisé nulle part avant la démonstration du lemme 1 de V, p. 75.

B) Supposons maintenant le corps KK infini. Si b) est vérifiée, l’extension EE est de degré fini, donc b) signifie aussi que EE ne possède qu’un nombre fini de sous-algèbres. Cela étant, l’implication b)⇒a)b) \Rightarrow a) résulte de la proposition plus générale suivante (pour laquelle l’hypothèse que le corps KK est infini est indispensable, cf. V, p. 146, exerc. 5 du § 7) :

Proposition 7

Supposons KK infini ; soit AA une KK-algèbre commutative ne possédant qu’un nombre fini de sous-algèbres (par exemple une KK-algèbre étale, V, p. 29, prop. 3), et soit VV un sous-espace vectoriel de AA qui engendre AA. Il existe x∈Vx \in V tel que A=K[x]A = K[x].

Soient A1,...,AnA_1, ..., A_n les sous-algèbres de AA distinctes de AA. Si x∉A1∪...∪Anx \notin A_1 \cup ... \cup A_n, la sous-algèbre K[x]K[x] ne peut être égale à aucune des AiA_i, donc coïncide avec AA. Par ailleurs, puisque VV engendre AA, il n’est contenu dans aucun des sous-espaces AiA_i. La proposition 7 résulte donc du lemme suivant :

Lemme 1

Soient AA un KK-espace vectoriel, V,A1,...,AnV, A_1, ..., A_n des sous-espaces de AA. Si Card(K)≥n\mathrm{Card}(K) \geq n, et si VV n’est contenu dans aucun des AiA_i, VV n’est pas contenu dans A1∪...∪AnA_1 \cup ... \cup A_n.

Raisonnant par récurrence sur nn, il suffit de prouver que si V⊄AnV \not\subset A_n et si V⊂A1∪...∪AnV \subset A_1 \cup ... \cup A_n, alors V⊂A1∪...∪An−1V \subset A_1 \cup ... \cup A_{n-1}. Soit x∈V,x∉Anx \in V, x \notin A_n, et soit yy quelconque dans VV. Si yy appartient à KxKx, on a y∈A1∪...∪An−1y \in A_1 \cup ... \cup A_{n-1}. Sinon, les éléments xx et y+λx,λ∈Ky + \lambda x, \lambda \in K, sont en nombre strictement supérieur à nn et appartiennent à A1∪...∪AnA_1 \cup ... \cup A_n; deux d’entre eux appartiennent donc au même AiA_i. Il existe donc i,1≤i≤ni, 1 \leq i \leq n, avec, soit x∈Aix \in A_i et y+λx∈Aiy + \lambda x \in A_i pour un λ∈K\lambda \in K, soit y+λx∈Aiy + \lambda x \in A_i et y+μx∈Aiy + \mu x \in A_i pour deux scalaires distincts λ,μ∈K\lambda, \mu \in K. Dans les deux cas, on en conclut que x∈Aix \in A_i et y∈Aiy \in A_i: mais cela implique i≠ni \neq n, donc y∈A1∪...∪An−1y \in A_1 \cup ... \cup A_{n-1}, ce qu’on voulait démontrer.

Cela achève la démonstration de l’équivalence de a) et b) dans le théorème 1. Enfin, si l’extension EE est séparable et de degré fini, la condition b) est satisfaite, d’après V, p. 29, prop. 3.

5. Propriétés de stabilité des extensions algébriques séparables

Proposition 8

Soient EE une extension de KK et (Ei)i∈I(E_i)_{i \in I} une famille de sous-extensions de EE telles que E=K(⋃i∈IEi)E = K(\bigcup_{i \in I} E_i). Si chacune des extensions EiE_i est algébrique et séparable sur KK, il en est de même de EE.

Ceci résulte aussitôt de la prop. 6 (V, p. 38).

Proposition 9

Soient FF une extension algébrique de KK, et EE une sous-extension de FF. Pour que FF soit séparable sur KK, il faut et il suffit que FF soit séparable sur EE et EE séparable sur KK.

Supposons d’abord que FF soit séparable sur KK. Alors EE est séparable sur KK d’après la prop. 1 (V, p. 35). De plus, tout élément de FF est séparable sur KK (V, p. 38, prop. 6), donc sur E (V, p. 38, cor. 2), et par suite F est séparable sur E (V, p. 38, prop. 6).

Réciproquement, supposons que F soit séparable sur E et E séparable sur K. Notons x un élément de F et f∈E[X]f \in E[X] le polynôme minimal de x sur E. Comme E est algébrique sur K, le th. 2 (V, p. 17) montre qu’il existe une sous-extension E’ de E de degré fini sur K, et telle que f∈E′[X]f \in E'[X]; alors, ff est à la fois le polynôme minimal de x sur E et sur E’, et comme x est séparable sur E (V, p. 38, prop. 6), il l’est aussi sur E’ (V, p. 38, prop. 5). Posons F′=E′(x)F' = E'(x); alors F’ est séparable et de degré fini sur E’, et comme E est séparable sur K, E’ est séparable et de degré fini sur K (V, p. 35, prop. 1). Alors F’ est séparable et de degré fini sur K d’après V, p. 32, cor. 2. Par suite (V, p. 38, prop. 6), x est séparable sur K. On a prouvé que tout élément de F est séparable sur K, donc F est séparable sur K (V, p. 38, prop. 6).

Proposition 10

Soient E et K’ deux sous-extensions d’une même extension de K et E’ = K’(E). On suppose E algébrique sur K, donc E’ algébrique sur K’* (V, p. 18, cor. 2).

a) Si E est séparable sur K, alors E’ est séparable sur K’.

b) Réciproquement, si E’ est séparable sur K’ et si E et K’ sont linéairement disjointes sur K, alors E est séparable sur K.

L’assertion a) résulte aussitôt de la prop. 6 (V, p. 38).

Sous les hypothèses de b), soit F une sous-extension de E, de degré fini sur K. Alors F et K’ sont linéairement disjointes sur K, donc la K’-algèbre F(K′)=K′⊗KFF_{(K')} = K' \otimes_K F est isomorphe à K’(F). Comme K’(F) est une sous-extension de E’, de degré fini sur K’, et que E’ est algébrique et séparable sur K’, la K’-algèbre K’(F) est étale. Autrement dit, la K’-algèbre F(K′)F_{(K')} est étale, et le cor. 2 de la prop. 4 (V, p. 32) montre que F est étale sur K. On a prouvé que E est séparable sur K.

6. Un critère de séparabilité

Proposition 11

Supposons que K soit d’exposant caractéristique p et soit E une extension algébrique de K, engendrée par un ensemble S. Si E est séparable sur K, on a E=K(Spn)E = K(S^{p^n}) pour tout entier n≥0n \geq 0; réciproquement, si E est de degré fini sur K et si E=K(Sp)E = K(S^p), alors E est séparable sur K*.

Le cas p=1p = 1 est trivial d’après le cor. de V, p. 36. Supposons désormais p≠1p \neq 1. Par hypothèse, E est algébrique sur K et l’on a E=K(S)E = K(S); on a donc

K(Sp)=K(Ep)=K[Ep] K(S^p) = K(E^p) = K[E^p]

d’après V, p. 18, cor. 1 .

Si E est de degré fini sur K, c’est une extension séparable de K si et seulement si c’est une algèbre étale sur K ; le cor. de V, p. 34, montre que ceci se produit si et seulement si l’on a E=K[Ep]E = K[E^p].

Supposons maintenant E séparable et de degré infini sur K. Alors K[Ep]K[E^p] est réunion des sous-anneaux K[E′p]K[{E'}^p] où E′E' parcourt l’ensemble des sous-extensions de E, de degré fini sur K ; mais une telle extension E’ est séparable sur K (V, p. 35, prop. 1), d’où

E' = K[E'^p] \subset K[E^p] par ce qui précède ; finalement, on a E = K[E^p]. Par récurrence sur n≥0n \geq 0, la relation E=K[Ep]E = K[E^p] entraîne E=K[Epn]E = K[E^{p^n}].

Corollaire 1

Toute extension algébrique d’un corps parfait est un corps parfait.* Soient K un corps parfait d’exposant caractéristique pp, et E une extension algébrique de K. Alors E est séparable sur K (V, p. 35, prop. 2), d’où E=K(Ep)E = K(E^p) d’après la prop. 11 ; mais on a K=Kp⊂EpK = K^p \subset E^p, d’où E=K(Ep)=EpE = K(E^p) = E^p, et par suite, E est parfait.

Corollaire 2 (MacLane)

Soient K‾\overline{K} une clôture algébrique de K et Kp−∞K^{p^{-\infty}} la clôture parfaite de K dans K‾\overline{K}. Pour qu’une sous-extension E de K‾\overline{K} soit séparable sur K, il faut et il suffit qu’elle soit linéairement disjointe de Kp−∞K^{p^{-\infty}} sur K.* On se ramène immédiatement au cas où [E : K] est fini. Soit (xi)i∈I(x_i)_{i \in I} une base de E sur K. Pour que E soit linéairement disjointe de Kp−∞K^{p^{-\infty}}, il faut et il suffit qu’elle le soit de Kp−nK^{p^{-n}} pour tout n≥0n \geq 0. Ceci signifie aussi que la relation ∑i∈Ixiaip−n=0\sum_{i \in I} x_i a_i^{p^{-n}} = 0 entraîne ai=0a_i = 0 pour tout i∈Ii \in I, quelle que soit la famille (ai)i∈I(a_i)_{i \in I} d’éléments de K. Ceci signifie encore que la famille (xipn)i∈I(x_i^{p^n})_{i \in I} est libre sur K, ou encore que c’est une base de l’espace vectoriel E sur K. Autrement dit, E est linéairement disjointe de Kp−nK^{p^{-n}} si et seulement si l’on a E=K(Epn)E = K(E^{p^n}). Il suffit alors d’appliquer la prop. 11.

Remarque 1

Lorsque E est algébrique et de degré infini sur K, la condition E=K(Ep)E = K(E^p) n’assure pas nécessairement que E soit séparable sur K. Par exemple, si K est imparfait et si E est une clôture parfaite de K, on a E=K(Ep)E = K(E^p), mais E n’est pas extension séparable de K (V, p. 38, cor. 3).

Remarque 2

Soit E une extension algébrique séparable d’un corps K d’exposant caractéristique pp. On a alors Ep∩K=KpE^p \cap K = K^p (cor. 2) ; par suite, si E est parfait, il en est de même de K.

7. Fermeture algébrique séparable

Proposition 12

Soient E une extension de K et EsE_s l’ensemble des éléments de E qui sont algébriques et séparables sur K. Alors EsE_s est la plus grande sous-extension de E qui soit algébrique et séparable sur K.* D’après la prop. 6, a) (V, p. 38), toute sous-extension de E qui est algébrique et séparable sur K est contenue dans EsE_s. D’après la prop. 6, b) (loc. cit.), l’extension K(Es)K(E_s) de K est algébrique et séparable, d’où K(Es)⊂EsK(E_s) \subset E_s et finalement K(Es)=EsK(E_s) = E_s.

Avec les notations de la proposition précédente, on dit que EsE_s est la fermeture (algébrique) séparable de K dans E. Lorsque K est parfait, EsE_s est la fermeture algébrique de K dans E (V, p. 35, prop. 2).

Proposition 13

Soit E une extension algébrique de K, et soit EsE_s la fermeture algébrique séparable de K dans E.* a) E est extension radicielle de EsE_s. b) *Si F est une sous-extension de E, telle que E soit radiciel sur F, on a F⊃EsF \supset E_s.

c) EsE_s est l’unique sous-extension de EE qui soit séparable sur KK et sur laquelle EE soit radicielle.

Il suffit de prouver a) dans le cas où KK est de caractéristique p≠0p \neq 0. Soit xx un élément de EE, et soit ff son polynôme minimal sur KK. Il existe un entier m⩾0m \geqslant 0 tel que ff appartienne à K[Xpm]K[X^{p^m}], mais non à K[Xpm+1]K[X^{p^{m+1}}]; autrement dit, on a f(X)=g(Xpm)f(X) = g(X^{p^m}) avec g∈K[X]g \in K[X], g∉K[Xp]g \notin K[X^p]. Comme ff est irréductible, il en est de même de gg, donc gg est le polynôme minimal de xpmx^{p^m} sur KK. D’après V, p. 37, prop. 4 et p. 38, prop. 5, on a donc xpm∈Esx^{p^m} \in E_s, donc EE est radiciel sur EsE_s.

Plaçons-nous sous les hypothèses de b), et soit x∈Esx \in E_s. Comme xx est séparable sur KK, il l’est aussi sur FF (V, p. 38, cor. 2); mais comme EE est radiciel sur FF, xx est aussi radiciel sur FF, d’où x∈Fx \in F (V, p. 38, cor. 3).

Enfin, c) résulte de a) et b) et de la prop. 12.

Corollaire 1

Soient* EE et K′K' deux extensions de KK, contenues dans une même extension de KK. On suppose que EE est algébrique sur KK et l’on note EsE_s la fermeture algébrique séparable de KK dans EE. Alors K′(Es)K'(E_s) est la fermeture algébrique séparable de K′K' dans K′(E)K'(E).

En effet, K′(Es)K'(E_s) est une extension algébrique séparable de K′K' d’après la prop. 10 (V, p. 41); comme EE est radicielle sur EsE_s, l’extension K′(E)K'(E) de K′(Es)K'(E_s) est radicielle (V, p. 24, cor.). Il suffit alors d’appliquer la prop. 13.

Corollaire 2

Si* EE est de degré fini sur KK, on a Es=⋂n⩾0K(Epn)E_s = \bigcap_{n \geqslant 0} K(E^{p^n}).

Pour tout entier n⩾0n \geqslant 0, notons FnF_n la sous-extension K(Epn)K(E^{p^n}) de EE. La suite (Fn)n⩾0(F_n)_{n \geqslant 0} de sous-espaces vectoriels de EE est décroissante et EE est de dimension finie sur KK. Il existe donc un entier m⩾0m \geqslant 0 tel que Fm=FnF_m = F_n pour tout n⩾mn \geqslant m. On a alors K(Fmp)=Fm+1=FmK(F_m^p) = F_{m+1} = F_m, donc FmF_m est extension séparable de KK (V, p. 41, prop. 11); il est clair que EE est radiciel sur FmF_m et la prop. 13 entraîne alors Es=Fm=⋂n⩾0FnE_s = F_m = \bigcap_{n \geqslant 0} F_n.

Remarque

Soient EE une extension algébrique de KK, et ErE_r la fermeture radicielle de EE dans KK (V, p. 24). Alors ErE_r est la plus grande sous-extension de EE qui soit radicielle sur KK (V, p. 24, prop. 2). Cependant EE n’est pas en général séparable sur ErE_r (V, p. 145, exerc. 2); pour le cas des extensions quasi-galoisiennes, voir V, p. 73.

8. Clôture séparable d’un corps

Définition 4

On dit qu’un corps* KK est séparablement clos si toute extension algébrique séparable de KK est triviale.

Un corps algébriquement clos est séparablement clos. Réciproquement, si un corps parfait KK est séparablement clos, il est algébriquement clos, car toute extension algébrique de KK est séparable (V, p. 35, prop. 2).

Définition 5

Soit* KK un corps. On appelle clôture algébrique séparable, ou par abus de langage clôture séparable, de KK toute extension EE de KK qui est algébrique et séparable sur KK, et telle que le corps EE soit séparablement clos.

Lorsque K est parfait, il y a identité entre les notions de clôture séparable et de clôture algébrique de K (V, p. 35, prop. 2 et p. 42, cor. 1).

Proposition 14

Soit Ω\Omega une extension algébriquement close de K. a) La fermeture algébrique séparable Ωs\Omega_s de K dans Ω\Omega est une clôture séparable de K. b) Si E et E' sont deux clôtures séparables de K, il existe un K-isomorphisme de E sur E'.

Soit F une extension algébrique séparable de Ωs\Omega_s; comme Ω\Omega est algébriquement clos, il existe un Ωs\Omega_s-homomorphisme uu de F dans Ω\Omega (V, p. 20, th. 1). D’après la prop. 9 (V, p. 40), u(F)u(F) est séparable sur K, donc u(F)=Ωsu(F) = \Omega_s. Par suite, F est une extension triviale de Ωs\Omega_s, et Ωs\Omega_s est séparablement clos, d’où a).

Soit E une clôture séparable de K. Comme E est une extension algébrique de K, il existe un K-homomorphisme vv de E dans Ω\Omega (V, p. 20, th. 1). Alors, v(E)v(E) est algébrique séparable sur K, d’où v(E)⊂Ωsv(E) \subset \Omega_s. D’après V, p. 40, prop. 9, Ωs\Omega_s est séparable sur v(E)v(E) et comme le corps v(E)v(E) est séparablement clos, on a v(E)=Ωsv(E) = \Omega_s. Par suite, vv est un K-isomorphisme de E sur Ωs\Omega_s. L’assertion b) résulte immédiatement de là.

Corollaire

Soient E une extension séparablement close de K et F une extension algébrique séparable de K. Il existe un K-homomorphisme de F dans E.

Soit Ω\Omega une clôture algébrique de E ; on a Ωs⊂E\Omega_s \subset E, et il suffit de traiter le cas où E=ΩsE = \Omega_s. Comme F est une extension algébrique de K, il existe un K-homomorphisme uu de F dans Ω\Omega (V, p. 20, th. 1). Comme le corps u(F)u(F) est séparable sur K, on a u(F)⊂Ωsu(F) \subset \Omega_s, et uu définit un K-homomorphisme de F dans Ωs=E\Omega_s = E.

Remarque 1

Soient E et E' deux clôtures séparables de K. Si K n’est pas séparablement clos, il existe plusieurs K-isomorphismes de E sur E'. \* En effet, E est alors une extension galoisienne non triviale de K, et il existe donc des K-automorphismes de E distincts de l’identité (V, p. 54, th. 1). \

Remarque 2

\* Soit E une extension algébrique et séparable de K. Si toute extension algébrique et séparable de K est isomorphe à une sous-extension de E, alors E est une clôture séparable de K. En effet, si E' est une clôture séparable de K, chacune des extensions E et E' est isomorphe à une sous-extension de l’autre ; par suite, E et E' sont des extensions isomorphes de K (V, p. 50, prop. 1, a)). \

9. Degrés séparable et inséparable d’une extension de degré fini

Soient E une extension de degré fini de K et Ω\Omega une clôture algébrique de K. Rappelons (V, p. 30) que l’on appelle degré séparable de E sur K, et que l’on note [E:K]s[E : K]_s, le nombre des K-homomorphismes de E dans Ω\Omega.

Proposition 15

Soit EsE_s la fermeture séparable de K dans E. On a [E:K]s=[Es:K][E : K]_s = [E_s : K].

Le corps Ω\Omega est parfait, et E est radiciel sur EsE_s d’après V, p. 42, prop. 13 ; par suite, la proposition 3 (V, p. 25) montre que tout K-homomorphisme de EsE_s dans Ω\Omega se prolonge de manière unique en un K-homomorphisme de E dans Ω\Omega; on a donc [E:K]s=[Es:K]s[E : K]_s = [E_s : K]_s. Comme EsE_s est une extension séparable de degré fini de K, c’est une algèbre étale sur KK, et l’on a donc [Es:K]s=[Es:K][E_s : K]_s = [E_s : K] d’après V, p. 31, prop. 4. D’où la proposition.

Avec les notations précédentes, on appelle degré inséparable de EE sur KK, et l’on note [E:K]i[E : K]_i, le degré de EE sur EsE_s. On a donc

(1)

[E:K]=[E:K]s⋅[E:K]i [E : K] = [E : K]_s \cdot [E : K]_i
d’après la proposition 15.

Lorsque KK est de caractéristique 0, on a E=EsE = E_s, d’où [E:K]s=[E:K][E : K]_s = [E : K] et [E:K]i=1[E : K]_i = 1. Si KK est de caractéristique p≠0p \neq 0, le nombre [E:K]i[E : K]_i est une puissance de pp car EE est radiciel sur EsE_s (V, p. 42, prop. 13 et p. 25, prop. 4). On prendra garde que [E:K]i[E : K]_i n’est pas nécessairement égal à la plus grande puissance de pp qui divise [E:K][E : K], ni au degré [Er:K][E_r : K] de la fermeture radicielle de EE dans KK (V, p. 145, exerc. 3 et 2).

Proposition 16

Soient Ω\Omega une extension de KK et E,FE, F deux sous-extensions de Ω\Omega, de degré fini sur KK.

a) Si l’on a E⊂FE \subset F, on a [F:K]s=[F:E]s⋅[E:K]s[F : K]_s = [F : E]_s \cdot [E : K]_s et [F:K]i=[F:E]i⋅[E:K]i[F : K]_i = [F : E]_i \cdot [E : K]_i.

b) Soit K′K' une sous-extension de Ω\Omega. On a

[K′(E):K′]s≤[E:K]set[K′(E):K′]i≤[E:K]i, [K'(E) : K']_s \leq [E : K]_s \quad \text{et} \quad [K'(E) : K']_i \leq [E : K]_i,
et il y a égalité si K′K' est linéairement disjointe de EE sur KK.

c) On a [K(E∪F):K]s≤[E:K]s⋅[F:K]s[K(E \cup F) : K]_s \leq [E : K]_s \cdot [F : K]_s et [K(E∪F):K]i≤[E:K]i⋅[F:K]i[K(E \cup F) : K]_i \leq [E : K]_i \cdot [F : K]_i, et il y a égalité si EE et FF sont linéairement disjointes sur KK.

L’assertion sur les degrés séparables dans a) résulte de la formule (9) (V, p. 31). Comme on a [F:K]=[F:E]⋅[E:K][F : K] = [F : E] \cdot [E : K], l’assertion sur les degrés inséparables résulte de là et de la formule (1).

D’après le cor. 1 de la prop. 13 (V, p. 43) et la prop. 15, on a

(2)

[K′(E):K′]s=[K′(Es):K′],[K′(E):K′]i=[K′(E):K′(Es)]; [K'(E) : K']_s = [K'(E_s) : K'] , \quad [K'(E) : K']_i = [K'(E) : K'(E_s)] ;
lorsque K′K' est linéairement disjointe de EE sur KK, alors EsE_s est linéairement disjointe de K′K' sur KK et EE est linéairement disjointe de K′(Es)K'(E_s) sur EsE_s (V, p. 14, prop. 8). L’assertion b) résulte alors de la prop. 5 (V, p. 13).

D’après a), on a [K(E∪F):K]s=[F(E):F]s⋅[F:K]s[K(E \cup F) : K]_s = [F(E) : F]_s \cdot [F : K]_s; d’après b), on a [F(E):F]s≤[E:K]s[F(E) : F]_s \leq [E : K]_s, avec égalité si EE et FF sont linéairement disjointes sur KK. On en déduit l’inégalité [K(E∪F):K]s≤[E:K]s⋅[F:K]s[K(E \cup F) : K]_s \leq [E : K]_s \cdot [F : K]_s, avec égalité si EE et FF sont linéairement disjointes sur KK. L’assertion de c) sur les degrés inséparables se démontre de manière analogue.

Exercices

See the exercises for § 7.

Transcribed from the printed volume. Not translated.