§ 16. Critères différentiels de séparabilité
1. Prolongement des dérivations : cas des anneaux
Soient un anneau commutatif, une -algèbre commutative et une famille d’éléments de . Soit par ailleurs une dérivation de dans un -module , autrement dit (III, p. 118) une application -linéaire de dans satisfaisant à la relation pour dans . Pour tout , soit la dérivation partielle par rapport à dans l’anneau de polynômes ; c’est l’unique dérivation de cet anneau dans lui-même qui est nulle sur et sur pour tout dans , et qui prend la valeur 1 sur (IV, p. 6). Pour tout polynôme dans , on notera l’élément de .
Proposition 1
On suppose que la famille* engendre la *-algèbre* . Soient une famille d’éléments de et une famille de polynômes engendrant l’idéal des polynômes tels que . Pour qu’il existe une dérivation de dans telle que pour tout et pour tout , il faut et il suffit que l’on ait
Cité par 2
Cité par Remarque 2, Proposition 4
Posons et notons le -homomorphisme de sur qui applique sur pour tout ; on a donc pour tout . Considérons comme un -module au moyen de l’homomorphisme et définissons une application de dans par (remarquer que la famille est à support fini pour tout ). Il est immédiat que est l’unique dérivation de dans , prolongeant et appliquant sur pour tout .
Soit une dérivation de dans telle que pour tout et pour tout . Alors est une dérivation de dans , prolongeant et appliquant sur pour tout . On a donc , c’est-à-dire la relation (2). Ceci démontre l’unicité de ; de plus, la formule (1) est conséquence de et de (2).
Réciproquement, supposons la relation (1) satisfaite ; autrement dit, on a pour tout . Soit ; il existe une famille à support fini dans telle que . On a
2. Prolongement des dérivations : cas des corps
Soient et des corps tels que . D’après la prop. 21 (III, p. 136), on a une suite exacte de -espaces vectoriels
Soit un -espace vectoriel ; notons l’espace vectoriel des -dérivations de à valeurs dans , et introduisons de même et . D’après III, p. 135, diagramme (42) et III, p. 136, diagramme (44), on a un diagramme commutatif d’homomorphismes d’espaces vectoriels
où les flèches verticales sont des isomorphismes, où est l’injection canonique et l’application de restriction.
On déduit alors de II, p. 102, th. 5 et II, p. 104, prop. 10 la proposition suivante :
Proposition 2
Les conditions suivantes sont équivalentes :
Cité par 3
Cité par Corollaire, Corollaire, Corollaire 2
a) L’application est injective. b) Toute -dérivation de dans se prolonge en une -dérivation de dans . c) Toute -dérivation de dans un -espace vectoriel se prolonge en une -dérivation de dans .
Proposition 3
Soient un corps, une extension pure de et une base pure de * (V, p. 102, déf. 2).
a) Soient un espace vectoriel sur , une dérivation de dans et une famille d’éléments de . Il existe une dérivation de dans , et une seule, prolongeant et telle que pour tout . b) *Le -espace vectoriel des -différentielles de a pour base la famille .
Cite 1 · Cité par 3
Cite IV § 3. Fractions rationnelles
Cité par Corollaire, Théorème 1, Théorème 1 (Zariski), V § 17
L’assertion b) a été démontrée en IV, p. 22, et l’assertion a) s’en déduit aussitôt.
Corollaire
Soit un sous-corps de . L’application canonique de dans est injective, et la famille est une base (sur ) d’un sous-espace de supplémentaire de l’image de .
Cite 2
Cite Proposition 2, Proposition 3
La prop. 3, a) montre que toute -dérivation de dans un espace vectoriel sur se prolonge en une -dérivation de dans ; l’injectivité de résulte alors de la prop. 2. La deuxième assertion du corollaire résulte de l’exactitude de la suite et de la prop. 3, b) (compte tenu de la formule (4)).
Proposition 4
Soient un corps, une extension algébrique et séparable de et un espace vectoriel sur .
Cite 3 · Cité par 7
Cite III § 10. Dérivations, Proposition 7, IV § 2, Proposition 1
Cité par Remarque 1, Corollaire 1, Corollaire 2, Corollaire 3, Théorème 1, Corollaire 2, Théorème 1 (Zariski), V § 17
a) Toute -dérivation de dans est nulle. b) Si est une dérivation de dans , il existe une dérivation de dans , et une seule, qui prolonge .
Soit une -dérivation de dans . Si est une sous-extension de , de degré fini sur , la -algèbre est étale, et l’on a donc (V, p. 32, th. 3), d’où par la propriété universelle de (III, p. 134). Comme est réunion d’une famille de sous-extensions de degré fini sur , on a , d’où a).
Soit une dérivation de dans . Si et sont deux prolongements de en une dérivation de dans , la différence est une -dérivation de dans ; elle est donc nulle d’après a), d’où .
Il reste à prouver l’existence d’un prolongement de . Le théorème de Zorn (E, III, p. 20) entraîne l’existence d’un prolongement maximal de en une dérivation définie dans un sous-corps de contenant .
Soient dans et le polynôme minimal de sur . Comme est algébrique et séparable sur , est algébrique et séparable sur (V, p. 38, prop. 6 et p. 38, cor. 2); par suite, est une racine simple de (V, p. 38, prop. 5), d’où (IV, p. 16, prop. 7). Si l’on définit comme en V, p. 121, il existe donc un élément de tel que ; d’après la prop. 1 (V, p. 121), il existe une dérivation de dans , prolongeant et telle que . Vu le caractère maximal de , on a donc , d’où . Vu l’arbitraire de , on a finalement .
Corollaire 1
On a* si est algébrique et séparable sur . Le corollaire résulte de la prop. 4, a) car le -espace vectoriel est engendré par l’image de la -dérivation canonique .
Corollaire 2
Si* est une extension algébrique et séparable d’un corps , l’application canonique est un isomorphisme pour tout sous-corps de . L’application est injective d’après la prop. 2 (V, p. 123) et la prop. 4, b) ; comme est réduit à 0 (cor. 1), l’exactitude de la suite entraîne que est surjective.
Cite 3
Corollaire 3
Soient* une extension d’un corps et une dérivation de dans , appliquant dans . Si est une sous-extension de qui est algébrique et séparable sur , on a . Soit la dérivation de dans qui coïncide avec sur . D’après la prop. 4 (V, p. 123), il existe une dérivation de dans prolongeant . On peut considérer et la restriction de à comme des dérivations de dans ; comme elles coïncident sur , on a d’après la prop. 4, d’où
Cite 1
Cite Proposition 4
Remarque 1
Nous démontrerons plus loin (V, p. 125, cor. 3 et p. 129, cor. 2) une réciproque au cor. 1 de la prop. 4.
Remarque 2
Toute extension algébrique d’un corps premier est séparable (V, p. 36, cor.). Comme toute dérivation d’un corps premier est nulle, toute dérivation d’une extension algébrique d’un corps premier est nulle (prop. 4).
3. Dérivations dans les corps de caractéristique 0
Théorème 1
Soient* un corps de caractéristique 0, une extension de et un espace vectoriel sur . Soient une dérivation de dans , une base de transcendance de sur et une famille d’éléments de . Il existe une dérivation de dans , et une seule, prolongeant et telle que pour tout . Posons . La prop. 3 (V, p. 123) montre que se prolonge de manière unique en une dérivation de dans telle que pour tout . Le corps est extension algébrique de , et comme est de caractéristique 0, est séparable sur E (V, p. 36, cor.). Par suite (V, p. 123, prop. 4), D_0 se prolonge de manière unique en une dérivation D de L dans V.
Cite 3 · Cité par 3
Cite Proposition 3, Proposition 4, V § 7. Extensions algébriques séparables
Cité par Corollaire 2, Théorème 3, Proposition 1, V § 17
Corollaire 1
Toute dérivation de K dans V se prolonge en une dérivation de L dans V.
Cité par 1
Cité par Corollaire 4
Corollaire 2
Soient E une sous-extension de L et U le sous-L-espace vectoriel de engendré par les différentielles des éléments de E. Pour qu’un élément x de L soit algébrique sur E, il faut et il suffit que l’on ait .
Cite 3 · Cité par 3
Cite Proposition 4, V § 7. Extensions algébriques séparables, Théorème 1
Cité par Corollaire, Corollaire 3, Théorème 2
Pour tout , soit D(y) la classe de modulo U. Alors D est une E-dérivation de L dans . Comme K est de caractéristique 0, toute extension algébrique de E est séparable (V, p. 36, cor.) ; si est algébrique sur E, on a d’après la prop. 4 (V, p. 123), c’est-à-dire .
Si est transcendant sur E, il existe une E-dérivation de E(x) dans L telle que (V, p. 123, prop. 3) ; d’après le th. 1, se prolonge en une E-dérivation D de L dans L. Soit la forme linéaire sur telle que ; on a pour et , d’où .
Corollaire 3
Pour qu’un élément x de L soit algébrique sur K, il faut et il suffit que l’on ait dans . En particulier, pour que L soit une extension algébrique de K, il faut et il suffit que l’on ait .
Cite 1
Cite Corollaire 2
Ce corollaire résulte immédiatement du cor. 2 où l’on fait .
Corollaire 4
Soient K, L et M des corps de caractéristique 0 tels que ; l’application canonique est injective.
Cite 1
Cite Corollaire 1
Ce corollaire résulte aussitôt du cor. 1 et de V, p. 122, prop. 2.
Théorème 2
Soient K un corps de caractéristique 0, L une extension de K et une famille d’éléments de L.
Cite 1
Cite Corollaire 2
a) Pour que soit algébriquement libre sur K, il faut et il suffit que la famille des différentielles (pour ) dans soit linéairement libre sur L.
b) Pour que L soit algébrique sur , il faut et il suffit que les différentielles pour engendrent l’espace vectoriel sur L.
c) Pour que soit une base de transcendance de L sur K, il faut et il suffit que la famille soit une base de sur L.
Pour tout , soit le sous-corps de L. Pour que la famille soit algébriquement libre sur K, il faut et il suffit (V, p. 104, prop. 5) que soit transcendant sur pour tout . D’après le cor. 2 du th. 1, ceci signifie que, pour tout , la différentielle n’est pas combinaison linéaire à coefficients dans L des différentielles pour dans I ; cette dernière condition signifie que la famille est libre sur L, d’où a).
L’assertion b) résulte aussitôt du cor. 2 du th. 1, et c) est conséquence de a) et b).
Corollaire
On a lorsque K est de caractéristique 0.
4. Dérivations dans les extensions séparables
On a vu (V, p. 117, th. 1) que toute extension L d’un corps K de caractéristique 0 est séparable ; de plus, toute dérivation de K dans un espace vectoriel sur L se prolonge alors en une dérivation de L (V, p. 125, cor. 1). On a plus généralement l’énoncé suivant :
Théorème 3
Soient K un corps et L une extension de K. Pour que L soit séparable sur K, il faut et il suffit que toute dérivation de K dans un L-espace vectoriel se prolonge en une dérivation de L.
Cite 4 · Cité par 2
Cite V § 15. Extensions séparables, V § 13. EXTENSIONS RADICIELLES DE HAUTEUR $\leqslant 1$, Proposition 1, V § 13, Théorème 1
Cité par Corollaire, Proposition 5, LIE V § 5
On peut supposer K de caractéristique . Supposons d’abord que L soit séparable sur K. Soient V un espace vectoriel sur L et une dérivation de K dans V. D’après le critère de MacLane (V, p. 119, remarque), les corps et K sont linéairement disjoints sur . Comme est une application -linéaire de K dans V, elle se prolonge de manière unique en une application -linéaire de dans V. Il est immédiat que est une dérivation de dans V nulle sur ; elle se prolonge donc (V, p. 97, cor. 1) en une dérivation de L dans V.
Réciproquement, supposons que toute dérivation de K à valeurs dans L se prolonge en une dérivation de L dans L. Soit B une -base de K (V, p. 95) et soit l’ensemble des familles à support fini formées d’entiers compris entre 0 et . Pour tout , il existe une dérivation de K dans K caractérisée par (symbole de Kronecker) pour tout (V, p. 98). Par hypothèse, il existe pour chaque une dérivation de L dans L prolongeant . On a pour dans B, ce qui prouve que, dans , les différentielles (pour ) sont linéairement indépendantes sur L. Par suite (V, p. 97, th. 1), B est -libre sur . Par suite (V, p. 94, prop. 1 et p. 119, remarque), l’extension L de K est séparable.
Corollaire
Si L est extension séparable de K, l’application canonique est injective pour tout sous-corps P de K. Réciproquement, s’il existe un sous-corps parfait P de K (par exemple le sous-corps premier de K) tel que l’application soit injective, alors L est séparable sur K.
Cite 3
Cite Proposition 2, Corollaire 2, Théorème 3
La première assertion résulte de la prop. 2 (V, p. 123) et du th. 3. Réciproquement, soit P un sous-corps parfait de K ; on a , donc toute dérivation de K dans un L-espace vectoriel est une P-dérivation ; la deuxième assertion du corollaire résulte alors de la prop. 2 (V, p. 123) et du th. 3.
5. Indice d’une application linéaire
Soit L un corps . Soient U et V deux espaces vectoriels sur L et une application L-linéaire ; on dit que possède un indice si le noyau N et le conoyau C de sont de dimension finie, et l’on appelle indice de l’entier
Lemme 1
Soient U et V deux espaces vectoriels de dimension finie sur un corps L. Toute application linéaire possède un indice égal à .
Cité par 1
Cité par Corollaire 3
Soient N le noyau, I l’image et C le conoyau de . On a et I est isomorphe à ; on a donc et , d’où le lemme.
Lemme 2
Soient et des applications L-linéaires. Si et possèdent un indice, il en est de même de et l’on a :
Posons ; notons respectivement N, N', N'' les noyaux de et C, C', C'' les conoyaux de ces applications. On a et ; par suite, il existe une application linéaire coïncidant avec sur et de noyau N. L’application canonique de V sur induit une application de dans dont le noyau est . Par passage au quotient, définit une application de dans dont le noyau est évidemment . Enfin, l’application canonique de sur a pour noyau . En résumé, on a établi l’exactitude de la suite
(où est l’injection canonique de N dans ).
Par hypothèse, N, N', C et C' sont de dimension finie ; il en est donc de même de N'' et C''. D’après le cor. 2 (II, p. 98), on a alors
d’où .
6. Propriétés différentielles des extensions de type fini
Théorème 4
Soient P un corps parfait, L une extension de P et K une sous-extension de L ; on suppose que L est une extension de type fini de K. Alors l’application L-linéaire canonique a un indice égal au degré de transcendance de sur .
Cite 3 · Cité par 2
Cite Proposition 2, II § 5, Lemme 2, Proposition 5
Cité par Corollaire 1, Corollaire 3
Si et sont deux sous-extensions de telles que , nous noterons l’application -linéaire canonique de dans et, lorsqu’il est défini, l’indice de sera noté . Si , et sont trois sous-extensions de telles que , on a un diagramme commutatif
où est l’isomorphisme canonique défini dans la prop. 2 (II, p. 83). Comme l’indice est évidemment invariant par extension des scalaires et que l’indice d’un isomorphisme est nul, le lemme 2 (V, p. 127) montre que l’indice est défini lorsque et le sont et que l’on a alors
Comme est une extension de type fini de , la formule (5) et le cor. de V, p. 106 montrent qu’il suffit de considérer le cas où il existe tel que ; de plus, si est algébrique sur , il existe une puissance de l’exposant caractéristique de tel que soit algébrique et séparable sur (V, p. 42, prop. 13). Il suffit d’établir l’égalité dans les trois cas particuliers ci-dessous.
a) est transcendant sur : alors est injectif et son conoyau est de rang 1 sur (V, p. 123, cor.) ; on a donc et aussi .
b) est algébrique et séparable sur : alors est bijectif (V, p. 124, cor. 2), d’où ; on a évidemment .
c) Le corps est de caractère , on a et appartient à : le conoyau de est isomorphe à , et comme est une -base de sur , l’espace est donc de dimension 1 sur (V, p. 97, th. 1). Comme est une puissance -ième dans , on a , et le noyau de contient le sous-espace de engendré par . Pour tout , soit la classe de modulo ; alors est une P-dérivation de dans telle que . La prop. 5 (V, p. 96) montre que se prolonge en une P-dérivation de dans . Il existe alors une application -linéaire telle que , et est l’application canonique de sur . Ceci prouve que est le noyau de . Comme est parfait, on a , d’où et finalement (V, p. 99, prop. 6). Le noyau et le conoyau de sont donc de dimension 1, d’où ; on a aussi .
Corollaire 1
Soit une extension de type fini d’un corps , de degré de transcendance . L’espace vectoriel est de dimension sur , et l’on a égalité si et seulement si est séparable sur .
Cite 2 · Cité par 4
Cite § 16. Critères différentiels de séparabilité, Théorème 4
Cité par Exercice 8, § 16, Remarque 2, Corollaire 2, Théorème 5
Soit P le sous-corps premier de K. Soit N le noyau de ; d’après l’exactitude de la suite (V, p. 122) et le th. 4, on a ; d’après V, p. 126, cor., l’extension L de K est séparable si et seulement si . D’où le corollaire.
Corollaire 2
Soit L une extension de type fini d’un corps K. Pour que L soit algébrique et séparable sur K, il faut et il suffit que l’on ait *.
Cite 1 · Cité par 4
Cite Corollaire 1
Cité par Remarque 1, Remarque 2, Théorème 5, Théorème 1 (Zariski), V § 17
Cela résulte aussitôt du corollaire 1.
Corollaire 3
Soient K un corps de caractéristique et L une extension de type fini de K, de degré de transcendance s. Si est fini, il en en est de même de et l’on a *.
Cite 5
Cite Théorème 2, V § 13, Lemme 1, Théorème 4, Théorème 1, V § 2, Théorème 2, V § 3
Soit P le sous-corps premier de K. Si est fini, l’espace vectoriel est de dimension finie m sur K, et l’on a (V, p. 98, th. 2); l’espace vectoriel est alors de dimension finie m sur L. Par ailleurs, comme K est de degré fini sur , le corps est de degré fini sur ; comme le corps L est une extension de type fini de K et qu’il est algébrique sur , c’est une extension de degré fini de (V, p. 17, th. 2); on en conclut que L est de degré fini sur (V, p. 9, th. 1). Alors est un espace vectoriel de dimension finie n sur L, et l’on a (V, p. 98, th. 2). D’après le lemme 1 (V, p. 127), l’application L-linéaire a donc un indice égal à , d’où d’après le th. 4 (V, p. 127) et .
Remarque 1
Soient K un corps de caractéristique et L une extension de K. On a si et seulement si l’on a (V, p. 99, prop. 6). Par suite, si L est de type fini sur K, c’est une extension algébrique et séparable si et seulement si l’on a . Lorsque L n’est pas de type fini sur K, ce résultat cesse d’être valable comme le montre le cas où L est la clôture parfaite de K.
Cite 1
Remarque 2
Soient K un corps, des polynômes de , et L une extension de K engendrée par des éléments . On suppose que les polynômes engendrent l’idéal de formé des polynômes F tels que . On déduit facilement de la prop. 1 (V, p. 121) et de la propriété universelle des modules de différentielles (III, p. 134) le résultat suivant : l’espace vectoriel sur L est engendré par ; on a les relations
enfin, si sont des éléments de L tels que , il existe des éléments de L tels que pour . Notons r le rang de la matrice à n lignes et m colonnes; soit s le degré de transcendance de L sur K. On a alors . Par suite, l’extension L de K est séparable si et seulement si l’on a (cor. 1), elle est algébrique et séparable si et seulement si l’on a (cor. 2).
Cite 4
Cite III § 10. Dérivations, Proposition 1, Corollaire 1, Corollaire 2
7. Bases de transcendance séparantes
Définition 1
Soit L une extension d’un corps K. On dit qu’une base de transcendance B de L sur K est séparante si l’extension algébrique L de K(B) est séparable.
Si K est de caractéristique 0, toute base de transcendance de L sur K est séparante puisque toute extension algébrique d’un corps de caractéristique 0 est séparable (V, p. 36, cor.). Si une extension admet une base de transcendance séparante, elle est séparable (V, p. 116, prop. 6 et p. 117, prop. 9). Le théorème suivant montre que toute extension séparable de type fini admet une base de transcendance séparante ; cette restriction est essentielle (V, p. 166, exerc. 1).
Théorème 5
Soient K un corps, L une extension de K et une famille d’éléments de L. Si la famille est une base de transcendance séparante de L sur K, la famille est une base de l’espace vectoriel sur L. La réciproque est vraie si L est une extension séparable de type fini de K.
Posons et notons l’application canonique de dans . Si est une base de transcendance séparante de L sur K, la famille est une base du M-espace vectoriel (V, p. 123, prop. 3) et est un isomorphisme de L-espaces vectoriels puisque L est algébrique et séparable sur M (V, p. 124, cor. 2). Comme on a , la famille est donc une base de sur L.
Réciproquement, supposons que L soit une extension séparable de type fini de K, et que la famille soit une base de l’espace vectoriel sur L. D’après le cor. 1 de V, p. 128, le degré de transcendance de L sur K est égal à la dimension de sur L, donc au cardinal de I. D’après la suite exacte (V, p. 122), on a ; comme L est une extension de type fini de M, le cor. 2 de V, p. 129, montre que L est algébrique et séparable sur ; comme le degré de transcendance de L sur K est fini et égal au cardinal de I, la famille est une base de transcendance de L sur K (V, p. 106, cor. 1).
Corollaire
Soit L une extension séparable de type fini de K, et soit S une partie de L telle que . Il existe alors une base de transcendance séparante B de L sur K, contenue dans S.
Comme est engendré par les différentielles des éléments de S, il existe s éléments de S tels que soit une base de sur L. Il suffit alors d’appliquer le th. 5.
Remarque
Soit L une extension séparable de type fini d’un corps K de caractéristique ; il peut exister des bases de transcendance de L qui ne sont pas séparantes. Il suffit de noter que est une base de transcendance de K(X) mais que K(X) est une extension radicielle de degré de K.
Proposition 5
Soient L et M deux extensions d’un corps K, contenues dans une même extension et algébriquement disjointes sur K. Si M est séparable sur K, alors L(M) est séparable sur L.
Cite 5 · Cité par 2
Cite Proposition 12, V § 14, Proposition 8, V § 15, Corollaire, Corollaire 2, V § 7, Proposition 6, V § 7
Cité par Corollaire, Théorème 4
Il suffit de montrer que, pour toute partie finie S de M, L(S) est séparable sur L (V, p. 116, prop. 8). Soit S une partie finie de M. Comme le corps K(S) est séparable sur K, il possède une base de transcendance séparante B (cor. du th. 5). Comme L et M sont algébriquement disjointes sur K, B est une base de transcendance de L(B) sur L (V, p. 108, prop. 12). De plus, tout élément de S est algébrique et séparable sur K(B), donc sur L(B) (V, p. 38, cor. 2). On en conclut (V, p. 38, prop. 6) que L(S) = L(B) (S) est algébrique et séparable sur L(B), donc L(S) est séparable sur L.
Corollaire
Si L et M sont des extensions séparables et algébriquement disjointes de K, le corps K(L ∪ M) est séparable sur K.
Cite 2
En effet, K(L ∪ M) = L(M) est séparable sur L d’après la prop. 5 (car M est séparable sur K) et L est séparable sur K, d’où le corollaire (V, p. 117, prop. 9).
L’hypothèse que les extensions L et M sont algébriquement disjointes est indispensable dans la prop. 5 et son corollaire. En effet, soient K un corps imparfait de caractéristique , et E une extension de la forme avec x transcendant sur K et a radiciel de hauteur 1 sur K ; on pose et . Alors est transcendant sur K (sinon serait algébrique sur K) et les corps L et M sont séparables sur K. Pourtant est radiciel de degré sur et n’est séparable ni sur L, ni sur K.
Exercices
See the exercises for § 16.