Algèbre, III, p. 194
Bourbaki marks this one as harder than the rest.
Soient K un corps commutatif infini, m,n,r trois entiers ≥0 tels que r≤n≤m, Mm,n(K) le K-espace vectoriel (de dimension mn) formé des matrices de type (m,n) sur K,
V un sous-espace vectoriel de Mm,n(K) tel que r soit la plus grande valeur du rang des matrices X∈V. On se propose de prouver l’inégalité
(*)
dim(V)≤mr.
a) Montrer qu’on peut supposer que m=n et que la matrice
X0=(Ir000) appartient à V. En déduire que toute matrice
X∈V est alors de la forme
(X11X21X120) (où
X11 est d’ordre
r) avec la condition
X21X12=0 (écrire que pour tout
ξ∈K, la matrice
ξX0+X est de rang
≤r).
b) Déduire de a) que pour deux matrices X,Y dans V, on a
X21Y12+Y21X12=0.
c) Pour toute matrice X∈V, on pose f(X)=(X11 X12)∈Mr,n(K); f est une application linéaire et on a dim(V)=dim(Im(f))+dim(Ker(f)). D’autre part, on note uX la forme linéaire (Y11 Y12)↦Tr(X21Y12) sur Mr,n(K). Montrer que l’application linéaire X↦uX de Ker(f) dans le dual (Mr,n(K))∗ est injective; achever de prouver (*) en notant que l’image par X↦uX de Ker(f) est contenue dans l’orthogonal de Im(f).