Bourbaki

§ 9. Normes et traces

Dans tout ce paragraphe, on note KK un anneau commutatif, AA une KK-algèbre, associative et unifère. Tout AA-module sera supposé muni de la structure de KK-module obtenue par restriction des scalaires à KK.

1. Normes et traces relatives à un module

Définition 1

Soit MM un AA-module admettant une base finie en tant que KK-module. Pour tout a∈Aa \in A, soit aMa_M l’endomorphisme x↦axx \mapsto ax du KK-module MM. La trace, le déterminant et le polynôme caractéristique de aMa_M sont appelés respectivement la trace, la norme et le polynôme caractéristique de aa relativement à MM.

La trace et la norme de aa sont donc des éléments de KK, notés respectivement TrM/K(a)\mathrm{Tr}_{M/K}(a) et NM/K(a)N_{M/K}(a); le polynôme caractéristique de aa est un élément de K[X]K[X], noté PcM/K(a;X)\mathrm{Pc}_{M/K}(a; X). On omet KK dans les notations précédentes lorsqu’il n’y a pas risque de confusion.

D’après les propriétés de la trace et du déterminant d’un endomorphisme (II, p. 78 et III, p. 90), on a les relations

(1)

TrM(a+a′)=TrM(a)+TrM(a′) \mathrm{Tr}_M(a + a') = \mathrm{Tr}_M(a) + \mathrm{Tr}_M(a')
(2)
TrM(aa′)=TrM(a′a) \mathrm{Tr}_M(aa') = \mathrm{Tr}_M(a'a)
(3)
NM(aa′)=NM(a)NM(a′) N_M(aa') = N_M(a)N_M(a')

quels que soient a,a′a, a' dans AA.

Soient (ei)1≤i≤n(e_i)_{1 \leq i \leq n} une base du KK-module MM, et (mij(a))(m_{ij}(a)) la matrice de l’endomorphisme aMa_M par rapport à cette base. Les fonctions mijm_{ij} sont des formes linéaires sur le KK-module AA, et l’on a

(4)

TrM(a)=∑i=1nmii(a) \mathrm{Tr}_M(a) = \sum_{i=1}^n m_{ii}(a)
(5)
NM(a)=det⁡(mij(a)) N_M(a) = \det(m_{ij}(a))
(6)
PcM(a;X)=det⁡(δijX−mij(a)). \mathrm{Pc}_M(a; X) = \det(\delta_{ij}X - m_{ij}(a)).

Il résulte de III, p. 107, formule (50), que l’on a

(7)

PcM(a;X)=Xn+c1Xn−1+⋯+cn \mathrm{Pc}_M(a; X) = X^n + c_1 X^{n-1} + \cdots + c_n

avec

(8)

c1=−TrM(a),cn=(−1)nNM(a). c_1 = -\mathrm{Tr}_M(a), \quad c_n = (-1)^n N_M(a).

Pour λ∈K\lambda \in K, on a

(9)

TrM(λ)=n.λ,NM(λ)=λn,PcM(λ;X)=(X−λ)n. \mathrm{Tr}_M(\lambda) = n.\lambda, \quad N_M(\lambda) = \lambda^n, \quad \mathrm{Pc}_M(\lambda; X) = (X - \lambda)^n.

Soit K′K' une KK-algèbre commutative. Posons M′=K′⊗KMM' = K' \otimes_K M et A′=K′⊗KAA' = K' \otimes_K A, de sorte que M′M' est muni d’une structure de A′A'-module (III, p. 40, Exemple 2). En tant que K′K'-module, M′M' admet la base formée des 1⊗ei1 \otimes e_i (1≤i≤n1 \leq i \leq n) et la matrice de aMa_M par rapport à (ei)(e_i) est égale à la matrice de (1⊗a)M′(1 \otimes a)_{M'} par rapport à (ei′)(e'_i). On a donc

(12)

TrM′(1⊗a)=TrM(a).1,NM′(1⊗a)=NM(a).1 \mathrm{Tr}_{M'}(1 \otimes a) = \mathrm{Tr}_M(a).1, \quad N_{M'}(1 \otimes a) = N_M(a).1
PcM′(1⊗a;X)=PcM(a;X).1 \mathrm{Pc}_{M'}(1 \otimes a; X) = \mathrm{Pc}_M(a; X).1

pour tout a∈Aa \in A, où 11 désigne l’élément unité de K′K'. Si l’on prend en particulier K′=K[X]K' = K[X], on a

(13)PcM/K(a;X)=NM[X]/K[X](X−a). (13) \quad \mathrm{Pc}_{M/K}(a; X) = N_{M[X]/K[X]}(X - a).

2. Propriétés des traces et normes relatives à un module

Si MM et M′M' sont deux AA-modules isomorphes, ayant des bases finies sur KK, on a, pour tout a∈Aa \in A

(14)TrM′(a)=TrM(a),NM′(a)=NM(a),PcM′(a;X)=PcM(a;X) (14) \quad \mathrm{Tr}_{M'}(a) = \mathrm{Tr}_M(a), \quad N_{M'}(a) = N_M(a), \quad \mathrm{Pc}_{M'}(a; X) = \mathrm{Pc}_M(a; X)
car si ff est un isomorphisme de MM sur M′M', la matrice de aMa_M par rapport à une base BB de MM sur KK est la même que la matrice de aMa_M par rapport à la base f(B)f(B) de M′M'.

Proposition 1

Soit M=M0⊃M1⊃…⊃Mr={0}M = M_0 \supset M_1 \supset \ldots \supset M_r = \{0\} une suite décroissante de sous-modules d’un AA-module MM, telle que chacun des KK-modules Pi=Mi−1/MiP_i = M_{i-1}/M_i (1≤i≤r1 \leq i \leq r) admette une base finie. Alors le KK-module MM admet une base finie et l’on a*

TrM(a)=∑i=1rTrPi(a),NM(a)=∏i=1rNPi(a) \mathrm{Tr}_M(a) = \sum_{i=1}^r \mathrm{Tr}_{P_i}(a), \qquad N_M(a) = \prod_{i=1}^r N_{P_i}(a)
(15)PcM(a;X)=∏i=1rPcPi(a;X). (15) \qquad \mathrm{Pc}_M(a; X) = \prod_{i=1}^r \mathrm{Pc}_{P_i}(a; X).
Soit Bi′B'_i une base de PiP_i sur KK; alors un système de représentants BiB_i de Bi′B'_i (mod. MiM_i) est une base d’un supplémentaire du KK-module MiM_i dans le KK-module Mi−1M_{i-1} (II, p. 27, prop. 21). La réunion BB des BiB_i (1≤i≤r1 \leq i \leq r) est une base de MM sur KK. Soit XiiX_{ii} la matrice de l’endomorphisme aPia_{P_i} par rapport à la base Bi′B'_i. Il est immédiat que la matrice de aMa_M par rapport à la base BB est de la forme
(XrrXr,r−1…Xr,10Xr−1,r−1…Xr−1,1⋯⋯⋯⋯00…X11) \begin{pmatrix} X_{rr} & X_{r,r-1} & \ldots & X_{r,1} \\ 0 & X_{r-1,r-1} & \ldots & X_{r-1,1} \\ \cdots & \cdots & \cdots & \cdots \\ 0 & 0 & \ldots & X_{11} \end{pmatrix}
et la proposition résulte des formules (4), (5) et (6) de III, p. 108 et de la formule (31) de III, p. 101.

Proposition 2

Soient A,A′A, A' deux KK-algèbres, MM un AA-module et M′M' un A′A'-module. On suppose que MM et M′M' sont des KK-modules libres de dimensions respectives nn et n′n', et on considère M⊗KM′M \otimes_K M' comme un (A⊗KA′)(A \otimes_K A')-module (III, p. 40, Exemple 2). Alors, pour a∈Aa \in A et a′∈A1a' \in A_1, on a*

(16)TrM⊗M′(a⊗a′)=TrM(a)TrM′(a′) (16) \qquad \mathrm{Tr}_{M \otimes M'}(a \otimes a') = \mathrm{Tr}_M(a) \mathrm{Tr}_{M'}(a')

(17) NM⊗M′(a⊗a′)=(NM(a))n′(NM′(a′))n.N_{M \otimes M'}(a \otimes a') = (N_M(a))^{n'}(N_{M'}(a'))^n.

En effet, la formule (16) résulte de II, p. 80, formule (26) et la formule (17) de III, p. 101, formule (33).

3. Norme et trace dans un algèbre

Définition 2

Soit AA une KK-algèbre qui soit un KK-module libre de dimension finie. Pour tout élément a∈Aa \in A, on appelle trace (resp. norme,1^1 resp. polynôme caractéristique) de aa relativement à AA et à KK la trace (resp. le déterminant, resp. le polynôme caractéristique) de l’endomorphisme x↦axx \mapsto ax du KK-module AA.

On note TrA/K(a)\mathrm{Tr}_{A/K}(a), NA/K(a)N_{A/K}(a) et PcA/K(a;X)\mathrm{Pc}_{A/K}(a; X) la trace, la norme et le polynôme caractéristique de a∈Aa \in A relativement à AA et KK; on omet KK (et même AA) dans ces notations lorsqu’il n’y a pas risque de confusion. On notera que la trace (resp. la norme, le polynôme caractéristique) de a∈Aa \in A n’est autre que la trace (resp. la norme, le polynôme caractéristique) de aa relativement au AA-module AsA_s.

Supposons que AA soit le produit A1×A2×⋯×AmA_1 \times A_2 \times \cdots \times A_m d’un nombre fini d’algèbres qui soient des KK-modules libres de dimensions finies sur KK. Utilisant la remarque précédente et la prop. 1 de III, p. 109, on a, pour tout élément a=(a1,…,am)∈Aa = (a_1, \ldots, a_m) \in A

TrA/K(a)=∑i=1mTrAi/K(ai),NA/K(a)=∏i=1mNAi/K(ai) \mathrm{Tr}_{A/K}(a) = \sum_{i=1}^m \mathrm{Tr}_{A_i/K}(a_i), \quad N_{A/K}(a) = \prod_{i=1}^m N_{A_i/K}(a_i)
PcA/K(a;X)=∏i=1mPcAi/K(ai;X). \mathrm{Pc}_{A/K}(a; X) = \prod_{i=1}^m \mathrm{Pc}_{A_i/K}(a_i; X).

De même, la prop. 2 de III, p. 109 montre que si AA et A′A' sont deux algèbres qui soient des KK-modules libres de dimensions finies n,n′n, n' respectivement sur KK, on a, pour a∈A,a′∈A′a \in A, a' \in A',

TrA⊗A′(a⊗a′)=TrA(a)TrA′(a′) \mathrm{Tr}_{A \otimes A'}(a \otimes a') = \mathrm{Tr}_A(a) \mathrm{Tr}_{A'}(a')
NA⊗A′(a⊗a′)=(NA(a))n′(NA′(a′))n. N_{A \otimes A'}(a \otimes a') = (N_A(a))^{n'}(N_{A'}(a'))^n.

Enfin, soient AA une algèbre qui soit un KK-module libre de dimension finie sur KK, hh un homomorphisme de KK dans un anneau commutatif K′K', A′=A(K′)A' = A_{(K')}, la K′K'-algèbre déduite de AA par extension des scalaires au moyen de hh. Il résulte de la formule (12) de III, p. 108 que, pour tout a∈Aa \in A, on a

TrA′/K′(1⊗a)=h(TrA/K(a)),NA′/K′(1⊗a)=h(NA/K(a)) \mathrm{Tr}_{A'/K'}(1 \otimes a) = h(\mathrm{Tr}_{A/K}(a)), \quad N_{A'/K'}(1 \otimes a) = h(N_{A/K}(a))
PcA′/K′(1⊗a;X)=h(PcA/K(a;X)) \mathrm{Pc}_{A'/K'}(1 \otimes a; X) = h(\mathrm{Pc}_{A/K}(a; X))

1^1 On ne confondra pas cette notion avec la notion de norme dans une algèbre sur un corps valué (TG, IX, § 3, no 7).

h étant l’homomorphisme K[X] → K'[X] déduit de h. En particulier, pour K' = K[X], on a, en posant A[X] = A ⊗_K K[X],

PcA/K(a;X)=NA[X]/K[X](X−a). \mathrm{Pc}_{A/K}(a; X) = N_{A[X]/K[X]}(X - a).

Plus généralement, si K' est une K-algèbre commutative et A' = A ⊗_K K', on a, pour tout x ∈ A',

PcA/K(a;x)=NA′/K′(x−a). \mathrm{Pc}_{A/K}(a; x) = N_{A'/K'}(x - a).

Exemple 1

Soient A une algèbre quadratique sur K de type (\alpha, \beta), (e_1, e_2) une base de type (\alpha, \beta) (III, p. 12 et 13). Pour x = \xi e_1 + \eta e_2, on a Tr_{A/K}(x) = 2\xi + \beta\eta et N_{A/K}(x) = \xi^2 + \beta\xi\eta - \alpha\eta^2; ces fonctions sont donc identiques à la trace et à la norme cayleyennes de x (III, p. 14 et p. 15).

Exemple 2

Soit A une algèbre de quaternions sur K. Un calcul direct permet de vérifier que l’on a Tr_{A/K}(x) = 2 T(x) et N_{A/K}(x) = (N(x))^2, où T et N sont la trace et la norme cayleyennes (III, p. 15).

Exemple 3

Soit A = M_n(K), et rangeons la base canonique (E_{ij}) de A (II, p. 142) dans l’ordre lexicographique. On voit alors aussitôt que pour toute matrice X = \sum_{i,j} \xi_{ij} E_{ij}, la matrice (d’ordre n^2) de l’endomorphisme Y \to XY a la forme

(X0…00X…0…………00…X) \begin{pmatrix} X & 0 & \ldots & 0 \\ 0 & X & \ldots & 0 \\ \ldots & \ldots & \ldots & \ldots \\ 0 & 0 & \ldots & X \end{pmatrix}

d’où Tr_{A/K}(X) = n \cdot \mathrm{Tr}(X) et N_{A/K}(X) = (\det(X))^n.

4. Propriétés des normes et traces dans une algèbre

Proposition 3

Soit A une K-algèbre admettant une base finie. Pour qu’un élément a \in A soit inversible, il faut et il suffit que sa norme N_{A/K}(a) soit inversible dans K.

Si a admet un inverse a' dans A, on a

NA/K(a)NA/K(a′)=NA/K(aa′)=NA/K(1)=1 N_{A/K}(a) N_{A/K}(a') = N_{A/K}(aa') = N_{A/K}(1) = 1

d’après la formule (3) de III, p. 108. Réciproquement, si N_{A/K}(a) est inversible, l’endomorphisme h : x \mapsto ax est bijectif (III, p. 91, th. 1). Il existe donc a' \in A tel que aa' = 1 ; on a alors h(a′a−1)=aa′a−a=(aa′−1)a=0h(a'a - 1) = aa'a - a = (aa' - 1)a = 0, d’où a′a=1a'a = 1 puisque h est injectif. Donc a' est l’inverse de a.

Proposition 4

Soit A une K-algèbre admettant une base finie. Pour tout a \in A, on a

PcA/K(a;a)=0. \mathrm{Pc}_{A/K}(a; a) = 0.

Cela résulte immédiatement du th. de Hamilton-Cayley (III, p. 107, prop. 20).

Proposition 5

Soient A une K-algèbre, m un idéal bilatère de A. On suppose que A_0 = A/m est un K-module libre de dimension finie n, qu’il existe un entier r > 0 tel que m^r = \{0\}, et que m^{i-1}/m^i est un A_0-module libre de dimension finie s_i pour 1 \leq i \leq r.

Posons s=s1+⋯+srs = s_1 + \cdots + s_r et pour tout a∈Aa \in A, notons a0a_0 la classe de aa mod. m. Alors AA est un KK-module libre de dimension nsns, et pour tout a∈Aa \in A, on a

TrA(a)=s⋅TrA0(a0),NA(a)=(NA0(a0))sPcA(a;X)=(PcA0(a0;X))s \text{Tr}_A(a) = s \cdot \text{Tr}_{A_0}(a_0), \quad N_A(a) = (N_{A_0}(a_0))^s \\ \text{Pc}_A(a; X) = (\text{Pc}_{A_0}(a_0; X))^s
En vertu de II, p. 31, prop. 25, mi−1/mim^{i-1}/m^i est un KK-module libre de dimension nsins_i. On peut donc appliquer la prop. 1 de III, p. 109 avec Pi=mi−1/miP_i = m^{i-1}/m^i; cela montre en premier lieu que AA est un KK-module libre de dimension n(s1+⋯+sr)=nsn(s_1 + \cdots + s_r) = ns. En outre, l’hypothèse entraîne que le AA-module PiP_i est isomorphe à une somme directe de sis_i sous-modules isomorphes au AA-module A0A_0; en vertu de la prop. 1 de III, p. 109, on a donc NPi(a)=NA0(a)siN_{P_i}(a) = N_{A_0}(a)^{s_i}; finalement, on a donc
NA(a)=NA0(a)s. N_A(a) = N_{A_0}(a)^s.
Dans cette formule, NA0(a)N_{A_0}(a) est défini en considérant A0A_0 comme AA-module à gauche, et il est égal au déterminant de l’application KK-linéaire x↦axx \mapsto ax de A0A_0 dans lui-même; mais comme ax=a0xax = a_0 x pour x∈A0x \in A_0, on a NA0(a)=NA0(a0)N_{A_0}(a) = N_{A_0}(a_0), ce qui achève de prouver la formule (23) relative à la norme. Les deux autres se démontrent de façon analogue.

Proposition 6

Soient AA une KK-algèbre commutative admettant une base finie sur KK, VV un AA-module admettant une base finie sur AA. Alors VV admet une base finie sur KK, et pour tout AA-endomorphisme uu de VV, si uKu_K est l’application uu considérée comme KK-endomorphisme de VV on a

Tr(uK)=TrA/K(Tr(u)),det⁡(uK)=NA/K(det⁡(u))Pc(uK;X)=NA[X]/K[X](Pc(u;X)) \text{Tr}(u_K) = \text{Tr}_{A/K}(\text{Tr}(u)), \quad \det(u_K) = N_{A/K}(\det(u)) \\ \text{Pc}(u_K; X) = N_{A[X]/K[X]}(\text{Pc}(u; X))
Soient (ai)1≤i≤m(a_i)_{1 \leq i \leq m} une base de AA sur KK, (ej)1≤j≤n(e_j)_{1 \leq j \leq n} une base de VV sur AA; alors (aiej)(a_i e_j) est une base de VV sur KK (II, p. 31, prop. 25). D’autre part la troisième des formules (24) se déduit de la seconde appliquée à l’endomorphisme X−uˉX - \bar{u} du A[X]A[X]-module A[X]⊗AVA[X] \otimes_A V (III, p. 106). Il suffira donc de démontrer les deux premières formules (24). Nous établirons d’abord le lemme suivant:

Lemme 1

Soient XijX_{ij} (1≤i≤n,1≤j≤n1 \leq i \leq n, 1 \leq j \leq n) n2n^2 indéterminées, XX la matrice carrée (Xij)(X_{ij}) d’ordre nn, D(X11,…,Xnn)∈Z[X11,…,Xnn]D(X_{11}, \ldots, X_{nn}) \in \mathbf{Z}[X_{11}, \ldots, X_{nn}] le déterminant det⁡(X)\det(X). Soient d’autre part AA un anneau commutatif, MijM_{ij} (1≤i≤n,1≤j≤n1 \leq i \leq n, 1 \leq j \leq n) n2n^2 matrices carrées d’ordre mm sur AA, deux à deux permutables, et MM la matrice carrée d’ordre mnmn sur AA qui se met sous la forme d’une matrice carrée de matrices (II, p. 152)

M=(M11M12⋯M1nM21M22⋯M2n⋯⋯⋯⋯Mn1Mn2⋯Mnn) M = \begin{pmatrix} M_{11} & M_{12} & \cdots & M_{1n} \\ M_{21} & M_{22} & \cdots & M_{2n} \\ \cdots & \cdots & \cdots & \cdots \\ M_{n1} & M_{n2} & \cdots & M_{nn} \end{pmatrix}

Alors le déterminant de MM est égal au déterminant de la matrice carrée D(M11,…,Mnn)D(M_{11}, \ldots, M_{nn}) d’ordre mm.

Nous procéderons par récurrence sur nn, les cas n=0n = 0 et n=1n = 1 étant triviaux. Soient ZZ un nouvelle indéterminée, et NijN_{ij} la matrice Mij+δijZImM_{ij} + \delta_{ij} Z I_m (δij\delta_{ij} indice de Kronecker). Si Dij(X11,…,Xnn)D^{ij}(X_{11}, \ldots, X_{nn}) est le cofacteur de XijX_{ij} dans la matrice XX (III, p. 99), on a

∑i=1nXjiDki(X11,…,Xnn)=δjkD(X11,…,Xnn) \sum_{i=1}^n X_{ji} D^{ki}(X_{11}, \ldots, X_{nn}) = \delta_{jk} D(X_{11}, \ldots, X_{nn})
(III, p. 99, formule (28)). Posons Nij′=Dij(N11,…,Nnn)N'_{ij} = D^{ij}(N_{11}, \ldots, N_{nn}), qui est une matrice carrée d’ordre mm sur A[Z]A[Z], et considérons le produit N.UN.U où
U=(N11′0⋯0N12′Im⋯0⋯⋯⋯⋯N1n′0⋯Im)N=(N11N12⋯Nn1N21N22⋯N2n⋯⋯⋯⋯Nn1Nn2⋯Nnn) U = \begin{pmatrix} N'_{11} & 0 & \cdots & 0 \\ N'_{12} & I_m & \cdots & 0 \\ \cdots & \cdots & \cdots & \cdots \\ N'_{1n} & 0 & \cdots & I_m \end{pmatrix} \quad N = \begin{pmatrix} N_{11} & N_{12} & \cdots & N_{n1} \\ N_{21} & N_{22} & \cdots & N_{2n} \\ \cdots & \cdots & \cdots & \cdots \\ N_{n1} & N_{n2} & \cdots & N_{nn} \end{pmatrix}
En effectuant ce produit par blocs (II, p. 148) et utilisant les formules (25), il vient
N.U=(PN12⋯N1n0N22⋯N2n⋯⋯⋯⋯0Nn2⋯Nnn) N.U = \begin{pmatrix} P & N_{12} & \cdots & N_{1n} \\ 0 & N_{22} & \cdots & N_{2n} \\ \cdots & \cdots & \cdots & \cdots \\ 0 & N_{n2} & \cdots & N_{nn} \end{pmatrix}
où on a posé P=D(N11,…,Nnn)P = D(N_{11}, \ldots, N_{nn}). Soit
Q=(N22⋯N2n⋯⋯⋯Nn2⋯Nnn) Q = \begin{pmatrix} N_{22} & \cdots & N_{2n} \\ \cdots & \cdots & \cdots \\ N_{n2} & \cdots & N_{nn} \end{pmatrix}
qui est une matrice d’ordre m(n−1)m(n-1); on a (III, p. 101, formule (31)) (det⁡N)(det⁡U)=(det⁡P)(det⁡Q)(\det N)(\det U) = (\det P)(\det Q) et det⁡U=det⁡N11′\det U = \det N'_{11}. Mais d’après l’hypothèse de récurrence, on a det⁡Q=det⁡(D11(N11,…,Nnn))=det⁡N11′\det Q = \det(D^{11}(N_{11}, \ldots, N_{nn})) = \det N'_{11}, et en vertu de la définition des NijN_{ij}, il est clair que det⁡Q\det Q est un polynôme de A[Z]A[Z], de degré m(n−1)m(n-1), dont le terme en Zm(n−1)Z^{m(n-1)} a pour coefficient 1 ; on en déduit aussitôt que det⁡Q\det Q n’est pas diviseur de zéro dans l’algèbre graduée A[Z]A[Z]. On en conclut donc que det⁡N=det⁡(D(N11,…,Nnn))\det N = \det(D(N_{11}, \ldots, N_{nn})) dans A[Z]A[Z]; si on substitue 0 à ZZ dans ces polynômes, il vient det⁡M=det⁡(D(M11,…,Mnn))\det M = \det(D(M_{11}, \ldots, M_{nn})).

Ce lemme étant démontré, le K-module V est somme directe des K-modules AejAe_j (1≤j≤n1 \leq j \leq n); posons u(ej)=∑k=1ncjkeku(e_j) = \sum_{k=1}^n c_{jk} e_k. Pour tout élément xej∈Aejx e_j \in Ae_j, avec x∈Ax \in A, la composante de u(xej)u(x e_j) dans AekAe_k est xcjkekx c_{jk} e_k; on en conclut que la matrice de uKu_K par rapport à la base (aiej)(a_i e_j) du K-module V se met sous forme d’une matrice carrée de matrices (Mjk)(M_{jk}), où MjkM_{jk} est la matrice de l’application K-linéaire xej↦xcjkekx e_j \mapsto x c_{j k} e_k de AejA e_j dans AekA e_k, par rapport aux bases (aiej)1≤i≤m(a_i e_j)_{1 \leq i \leq m} et (aiek)1≤i≤m(a_i e_k)_{1 \leq i \leq m} de ces deux KK-modules (II, p. 147). Si pour tout t∈At \in A, on note M(t)M(t) la matrice, pour rapport à la base (ai)1≤i≤m(a_i)_{1 \leq i \leq m} de AA sur KK, de l’endomorphisme x↦xtx \mapsto xt de AA, on a Mjk=M(cjk)M_{jk} = M(c_{jk}); comme t↦M(t)t \mapsto M(t) est un homomorphisme d’anneaux les matrices MjkM_{jk} sont deux à deux permutables. On a donc det⁡uK=det⁡(D(M11,…,Mnn))\det u_K = \det(D(M_{11}, \ldots, M_{nn})) en vertu du lemme 1. Mais comme t↦M(t)t \mapsto M(t) est un homomorphisme d’anneaux, D(M11,…,Mnn)D(M_{11}, \ldots, M_{nn}) est la matrice du KK-endomorphisme x↦x.det⁡(cjk)x \mapsto x.\det(c_{jk}) de AA par rapport à la base (ai)(a_i); par définition son déterminant est donc NA/K(det⁡(u))N_{A/K}(\det(u)), ce qui prouve la seconde formule (24). D’autre part, on a Tr⁡(uK)=∑j=1nTr⁡(Mjj)=∑j=1nTr⁡A/K(cjj)=Tr⁡A/K(∑j=1ncjj)=Tr⁡A/K(Tr⁡(u))\operatorname{Tr}(u_K) = \sum_{j=1}^n \operatorname{Tr}(M_{jj}) = \sum_{j=1}^n \operatorname{Tr}_{A/K}(c_{jj}) = \operatorname{Tr}_{A/K}\left( \sum_{j=1}^n c_{jj} \right) = \operatorname{Tr}_{A/K}(\operatorname{Tr}(u)), et la prop. 6 est ainsi complètement démontrée.

Corollaire

Soient AA une KK-algèbre commutative admettant une base finie sur KK, BB une AA-algèbre admettant une base finie sur AA. Alors BB admet une base finie sur KK, et pour tout b∈Bb \in B, on a (« formules de transitivité »)

Tr⁡B/K(b)=Tr⁡A/K(Tr⁡B/A(b)),NB/K(b)=NA/K(NB/A(b)) \operatorname{Tr}_{B/K}(b) = \operatorname{Tr}_{A/K}(\operatorname{Tr}_{B/A}(b)), \quad N_{B/K}(b) = N_{A/K}(N_{B/A}(b))
PcB/K(b;X)=NA[X]/K[X](PcB/A(b;X)). \mathrm{Pc}_{B/K}(b; X) = N_{A[X]/K[X]}(\mathrm{Pc}_{B/A}(b; X)).

Cela résulte immédiatement de la prop. 6, où l’on fait V=BV = B et u(x)=bxu(x) = bx.

Remarque

Supposons que l’homomorphisme λ↦λ.1\lambda \mapsto \lambda . 1 de KK dans AA soit injectif, et identifions KK à son image dans AA; supposons que AA admette une base finie (ei)1≤i≤n(e_i)_{1 \leq i \leq n} en tant que KK-module. Soit ss un automorphisme de AA tel que s(K)=Ks(K) = K. Soit aa un élément de AA; on a, par transport de structure,

Tr⁡A/K(s(a))=s(Tr⁡A/K(a)) \operatorname{Tr}_{A/K}(s(a)) = s(\operatorname{Tr}_{A/K}(a))
NA/K(s(a))=s(NA/K(a)). N_{A/K}(s(a)) = s(N_{A/K}(a)).

\* Considérons par ailleurs une dérivation DD de AA (III, p. 118) telle que D(K)⊂KD(K) \subset K, et posons D(ei)=∑j=1nejμjiD(e_i) = \sum_{j=1}^n e_j \mu_{ji} avec μji∈K\mu_{ji} \in K; posons

aei=∑j=1nejλjiavec λji∈K. ae_i = \sum_{j=1}^n e_j \lambda_{ji} \quad \text{avec } \lambda_{ji} \in K.
On a
D(a)ei+aD(ei)=D(aei)=∑j=1n(D(ej)λji+ejD(λji)). D(a)e_i + aD(e_i) = D(ae_i) = \sum_{j=1}^n (D(e_j)\lambda_{ji} + e_j D(\lambda_{ji})).
On en déduit que l’on a
D(a)ei=∑j=1nejvji D(a)e_i = \sum_{j=1}^n e_j v_{ji}

avec vji=D(λji)+∑k=1n(μjklλki−λjklμki)v_{ji} = D(\lambda_{ji}) + \sum_{k=1}^{n} (\mu_{jkl}\lambda_{ki} - \lambda_{jkl}\mu_{ki}). Comme ∑i,k(μikλki−λikμki)=0\sum_{i,k} (\mu_{ik}\lambda_{ki} - \lambda_{ik}\mu_{ki}) = 0, on a donc TrA/K(D(a))=∑i=1nD(λii)\mathrm{Tr}_{A/\mathbf{K}}(D(a)) = \sum_{i=1}^{n} D(\lambda_{ii}), autrement dit

TrA/K(D(a))=D(TrA/K(a)).∗ \mathrm{Tr}_{A/\mathbf{K}}(D(a)) = D(\mathrm{Tr}_{A/\mathbf{K}}(a)).*

5. Discriminant d’une algèbre

Définition 3

Soit AA une K\mathbf{K}-algèbre admettant une base finie de nn éléments. On appelle discriminant d’une suite (x1,…,xn)(x_1, \ldots, x_n) de nn éléments de AA, par rapport à K\mathbf{K}, et l’on note DA/K(x1,…,xn)D_{A/\mathbf{K}}(x_1, \ldots, x_n) le déterminant de la matrice carrée (TrA/K(xixj))1≤i≤n,1≤j≤n(\mathrm{Tr}_{A/\mathbf{K}}(x_i x_j))_{1 \leq i \leq n, 1 \leq j \leq n}.

Considérons d’abord une base (ei)1≤i≤n(e_i)_{1 \leq i \leq n} de AA sur K\mathbf{K}, et posons

eiej=∑k=1ncijlekavec cijl∈K. e_i e_j = \sum_{k=1}^{n} c_{ijl} e_k \quad \text{avec } c_{ijl} \in \mathbf{K}.
On a donc TrA/K(ei):=∑s=1nciss\mathrm{Tr}_{A/\mathbf{K}}(e_i) := \sum_{s=1}^{n} c_{iss}, d’où TrA/K(eiej)=∑k,scijkckss\mathrm{Tr}_{A/\mathbf{K}}(e_i e_j) = \sum_{k,s} c_{ijk} c_{kss}, et par suite
DA/K(e1,…,en)=det⁡((∑k,scijkckss)1≤i≤n,1≤j≤n). D_{A/\mathbf{K}}(e_1, \ldots, e_n) = \det((\sum_{k,s} c_{ijk} c_{kss})_{1 \leq i \leq n, 1 \leq j \leq n}).
Soient maintenant (xi)1≤i≤n(x_i)_{1 \leq i \leq n}, (xi′)1≤i≤n(x'_i)_{1 \leq i \leq n} deux suites de nn éléments de AA, et supposons qu’il existe une matrice carrée d’ordre nn, M=(mij)M = (m_{ij}) à coefficients dans K\mathbf{K}, telle que xi=∑j=1nmijxj′x_i = \sum_{j=1}^{n} m_{ij} x'_j pour 1≤i≤n1 \leq i \leq n. Posons
T=(TrA/K(xixj))1≤i≤n,1≤j≤n,T′=(TrA/K(xi′xj′))1≤i≤n,1≤j≤n. T = (\mathrm{Tr}_{A/\mathbf{K}}(x_i x_j))_{1 \leq i \leq n, 1 \leq j \leq n}, \qquad T' = (\mathrm{Tr}_{A/\mathbf{K}}(x'_i x'_j))_{1 \leq i \leq n, 1 \leq j \leq n}.
On a TrA/K(xixj)=∑p,qmipmjqTrA/K(xp′xq′)\mathrm{Tr}_{A/\mathbf{K}}(x_i x_j) = \sum_{p,q} m_{ip} m_{jq} \mathrm{Tr}_{A/\mathbf{K}}(x'_p x'_q), d’où T=M.T.tMT = M . T . {}^t M; la règle de multiplication des déterminants donne donc
det⁡T=det⁡M.det⁡T′.det⁡tM=(det⁡M)2det⁡T′ \det T = \det M . \det T' . \det {}^t M = (\det M)^2 \det T'
d’où finalement
DA/K(x1,…,xn)=(det⁡M)2DA/K(x1′,…,xn′). D_{A/\mathbf{K}}(x_1, \ldots, x_n) = (\det M)^2 D_{A/\mathbf{K}}(x'_1, \ldots, x'_n).
La formule précédente montre en particulier que les discriminants de deux bases de AA sur K\mathbf{K} diffèrent par multiplication par le carré d’un élément inversible de K\mathbf{K}, et engendrent donc le même idéal (principal) de K\mathbf{K}. Cet idéal ΔA/K\Delta_{A/\mathbf{K}} s’appelle l’idéal discriminant de AA sur K\mathbf{K}; en vertu de la formule (32), le discriminant de toute suite de nn éléments de AA appartient à ΔA/K\Delta_{A/\mathbf{K}}. On notera que deux suites de nn éléments de AA qui ne diffèrent que par l’ordre des termes ont même discriminant, car le déterminant d’une matrice de permutation est égal à ±1\pm 1.

Exemple 1

Si AA est une algèbre quadratique de type (α,β)(\alpha, \beta) sur K\mathbf{K}, on a (avec les notations de III, p. 12) Tr⁡(e1)=2, Tr⁡(e2)=β, Tr⁡(e22)=αTr⁡(e1)+βTr⁡(e2)=2α+β2\operatorname{Tr}(e_1) = 2,\ \operatorname{Tr}(e_2) = \beta,\ \operatorname{Tr}(e_2^2) = \alpha \operatorname{Tr}(e_1) + \beta \operatorname{Tr}(e_2) = 2\alpha + \beta^2, d’où DA/K(e1,e2)=β2+4αD_{A/K}(e_1, e_2) = \beta^2 + 4\alpha.

Exemple 2

Soit A=K[X]/K[X]PA = K[X]/K[X]P, où P(X)=X3+pX+qP(X) = X^3 + pX + q, de sorte que si xx est l’image de XX dans AA, 1,x,x21, x, x^2 forment une base de AA sur KK et x3=−px−qx^3 = -px - q. On voit aussitôt que Tr⁡(1)=3, Tr⁡(x)=0, Tr⁡(x2)=−2p\operatorname{Tr}(1) = 3,\ \operatorname{Tr}(x) = 0,\ \operatorname{Tr}(x^2) = -2p, et en tenant compte de la relation x3=−px−q, Tr⁡(x3)=−3qx^3 = -px - q,\ \operatorname{Tr}(x^3) = -3q et Tr⁡(x4)=2p2\operatorname{Tr}(x^4) = 2p^2, d’où facilement DA/K(1,x,x2)=−4p3−27q2D_{A/K}(1, x, x^2) = -4p^3 - 27q^2.

Exemple 3

Soit AA une algèbre de quaternions de type (α,β,γ)(\alpha, \beta, \gamma) sur KK, (1,i,j,k)(1, i, j, k) une base de AA de type (α,β,γ)(\alpha, \beta, \gamma); compte tenu de III, p. 18, formule (30), on trouve aisément Tr⁡(1)=4, Tr⁡(i)=2β, Tr⁡(j)=Tr⁡(k)=0\operatorname{Tr}(1) = 4,\ \operatorname{Tr}(i) = 2\beta,\ \operatorname{Tr}(j) = \operatorname{Tr}(k) = 0, puis

DA/K(1,i,j,k)=−16γ2(β2+4α)2. D_{A/K}(1, i, j, k) = -16\gamma^2(\beta^2 + 4\alpha)^2.

Exemple 4

Soit A=Mn(K)A = M_n(K), et considérons la base canonique (Eij)1≤i≤n, 1≤j≤n(E_{ij})_{1 \leq i \leq n,\ 1 \leq j \leq n} de AA sur KK (II, p. 142). Il est immédiat que Tr⁡A/K(Eij)=0\operatorname{Tr}_{A/K}(E_{ij}) = 0 si j≠ij \neq i et Tr⁡A/K(Eii)=n\operatorname{Tr}_{A/K}(E_{ii}) = n pour tout ii; on en déduit sans peine que la matrice (Tr⁡(EijEhk))(\operatorname{Tr}(E_{ij}E_{hk})) d’ordre n2n^2 est de la forme n.Pn.P, où PP est une matrice de permutation, d’où DA/K((Eij))=±nn2D_{A/K}((E_{ij})) = \pm n^{n^2}.

Exercices

See the exercises for § 9.

Transcribed from the printed volume. Not translated.