§ 3. Formes hermitiennes et formes quadratiques
Dans toute la suite de ce Chapitre, on désigne, sauf mention expresse du contraire, par A un anneau et par E un A-module à gauche. On suppose A muni d’un antiautomorphisme involutif J, noté ; on a donc , et quels que soient dans A. Sauf mention expresse du contraire, les formes sesquilinéaires considérées sont sesquilinéaires à droite (§ 1, n° 2, déf. 4) pour cet antiautomorphisme.
1. Formes hermitiennes et -hermitiennes.
Définition 1
Soit un élément du centre de A. Une forme sesquilinéaire sur E telle que l’on ait quel que soient et dans E s’appelle une forme -hermitienne. Une forme 1-hermitienne (resp. (−1)-hermitienne) est dite hermitienne (resp. antihermitienne).
Lorsque J est l’identité (ce qui implique que A est commutatif) une forme hermitienne (resp. antihermitienne) (pour J) n’est autre qu’une forme bilinéaire symétrique (resp. antisymétrique) (chap. III, § 5, n° 1, déf. 2). Rappelons qu’une forme bilinéaire alternée (chap. III, § 5, n° 2, déf. 4) est antisymétrique ; la réciproque est vraie si, dans A, la relation entraîne .
La relation d’orthogonalité () par rapport à une forme -hermitienne est évidemment symétrique (cf. exerc. 1).
Si est un élément inversible de A, l’application est un antiautomorphisme de A, et l’on vérifie aisément que la forme est sesquilinéaire par rapport à T. Si, de plus, on a , alors T est involutif, et, si est -hermitienne, l’est aussi ; en effet on a
En particulier, lorsque A est un corps, les éléments du centre de A tels que forment un sous-corps K de A, et les formes -hermitiennes sur E (pour J) forment un espace vectoriel sur K.
Remarque 1
Si est une forme -hermitienne sur E, on a quels que soient dans E. Donc, si prend des valeurs inversibles, on a .
Remarque 2
S’il existe un élément inversible du centre de A tel que , alors, pour que soit -hermitienne, il faut et il suffit que soit hermitienne.
L’application étant sesquilinéaire pour J, pour que soit -hermitienne, il faut et il suffit que l’on ait lorsque et parcourent un système de générateurs de E. En particulier, si E admet une base finie , pour qu’une forme sesquilinéaire sur E soit -hermitienne, il faut et il suffit que sa matrice vérifie les relations quels que soient , c’est-à-dire ; une matrice possédant cette propriété est dite -hermitienne. Lorsque (resp. ) on dit que est hermitienne (resp. antihermitienne) relativement à l’antiautomorphisme J. Lorsque J est l’identité (donc A commutatif), une matrice hermitienne (resp. antihermitienne) est telle que (resp. ) ; on dit alors que est une matrice symétrique (resp. antisymétrique). Pour que soit une forme alternée, il faut et il suffit que sa matrice soit antisymétrique et, en outre, que les termes diagonaux de soient tous nuls ; une matrice possédant ces propriétés est dite alternée.
Soit une forme sesquilinéaire sur , et soient et les applications de dans associées à à gauche et à droite (, n° 6). Pour que soit -hermitienne, il faut et il suffit que quels que soient les éléments de , donc que , ou encore que , donc que .
Soit une forme -hermitienne telle que l’application de dans associée à droite à soit bijective. Pour tout endomorphisme de on a alors
Si est une forme -hermitienne telle que les applications et soient bijectives, alors la forme inverse de (, n° 7) est une forme -hermitienne. En effet, en posant , pour abréger, on déduit de que , étant semi-linéaire. Par suite, quels que soient dans , on a
Enfin, lorsque l’anneau est commutatif, les prolongements canoniques d’une forme -hermitienne aux puissances tensorielle et extérieure et de sont des formes -hermitiennes, comme il résulte aussitôt des formules (35) et (37) du , n° 9.
2. Modules sur une extension quadratique.
Soit un anneau commutatif. On prend pour l’extension quadratique avec , et pour l’automorphisme λ + iμ → λ − iμ () (chap. II, § 7, n° 7). Si E est un A-module, nous noterons le K-module déduit de E par restriction de l’anneau des scalaires, et par j l’automorphisme de ; on a évidemment , où I est l’application identique de . Inversement soit un K-module et soit j un automorphisme de tel que ; l’application est évidemment un homomorphisme de A dans l’anneau des endomorphismes de ; on a donc défini sur une structure de A-module, pour laquelle on a
(2)
Si est un autre A-module, le K-module sous-jacent à , l’automorphisme de , alors les applications A-linéaires f de E dans ne sont autres que les applications K-linéaires de dans telles que . En particulier, si l’on note et les duals respectifs de E et , et si et sont deux applications de E dans K, pour que l’application de E dans A soit A-linéaire, il faut et il suffit que et soient dans et que l’on ait , c’est-à-dire et . Comme j est un automorphisme de et que , ces deux conditions sont équivalentes. En éliminant ou , on voit que les formules
(3)
établissent deux correspondances biunivoques entre et .
3. Formes bilinéaires associées à une forme hermitienne.
Nous supposons encore ici que l’anneau A est l’extension quadratique (où ) d’un anneau commutatif K, et que J est l’automorphisme de A (). Soient E et deux A-modules, et les K-modules sous-jacents à E et , j et les automorphismes et de E et (cf. n° 2). Une forme K-bilinéaire sur sera dite invariante par j et si l’on a
(5)
pour et . Remplaçant par , on voit que cette condition équivaut à
quels que soient et .
Proposition 1
Soit (resp. ) une forme K-bilinéaire sur , invariante par et . L’application qui à (resp. ) fait correspondre l’application de dans définie par
, est un isomorphisme du K-espace vectoriel des formes K-bilinéaires sur invariantes par et sur le K-espace vectoriel des formes sesquilinéaires sur . Supposons de plus ; pour que soit hermitienne, il faut et il suffit que soit symétrique (resp. que soit antisymétrique) (cf. exerc. 4).
En effet toute application de dans s’écrit, d’une manière et d’une seule, sous la forme , où et sont des applications de dans . Pour que l’application partielle soit A-linéaire, il faut et il suffit, d’après la formule (3) (resp. (4)) du n° 2, que (resp. ) soit K-linéaire en et que l’on ait
De même, pour que soit A-linéaire en , il faut et il suffit que (resp. ) soit K-linéaire en et que l’on ait
Il en résulte immédiatement que, pour que soit sesquilinéaire, il faut et il suffit qu’elle s’écrive sous l’une ou l’autre formes (9) et (11) (resp. (10) et (12)) avec (resp. ) K-bilinéaire invariante par et .
Il résulte de ceci que, pour qu’une forme sesquilinéaire soit nulle, il faut et il suffit que (resp. ) soit nulle. Or, si , on a et ; pour que ces deux expressions soient égales, autrement dit pour que soit hermitienne, il faut et il suffit donc que soit symétrique (resp. que soit antisymétrique).
Remarque 1
Les formules (7) et (8) montrent que, si , pour que l’on ait pour tout , il faut et il suffit que (resp. ) pour tout .
Remarque 2
L’adjoint d’un endomorphisme de par rapport à (, n° 8) est le même que l’adjoint de (considéré comme endomorphisme de ) par rapport à (resp. ).
4. Formes quadratiques.
Définition 2
On suppose l’anneau commutatif. On dit qu’une application de dans est une forme quadratique sur si 1) l’on a pour et ; 2) l’application de dans est une forme bilinéaire. La forme bilinéaire (qui est nécessairement symétrique) s’appelle la forme bilinéaire associée à . Si est non dégénérée, on dit que est non dégénérée.
Comme , il résulte aussitôt de 2) que l’on a
On dira que deux éléments (resp. deux sous-ensembles) de sont orthogonaux relativement à s’ils sont orthogonaux relativement à la forme bilinéaire associée .
Soient une famille d’éléments de et une famille d’éléments de nuls sauf un nombre fini d’entre eux. Par récurrence sur le nombre des indices pour lesquels , on montre aisément que l’on a
la dernière sommation étant étendue aux sous-ensembles à deux éléments de I.
Pour toute forme bilinéaire sur , on définit une forme quadratique en posant ; la forme bilinéaire associée à est alors définie par pour dans . De plus, si l’on suppose que le scalaire 2 a un inverse dans , il existe une forme bilinéaire symétrique et une seule telle que , à savoir ; le discriminant de par rapport à un système s’appelle aussi le discriminant de par rapport à . Il y a donc dans ce cas correspondance biunivoque entre les formes quadratiques et les formes bilinéaires symétriques sur (cf. exerc. 6).
Dans le cas d’un module libre, on a de plus le résultat suivant :
Proposition 2
Supposons que soit commutatif et que admette une base . Alors, pour toute forme quadratique sur , il existe une forme bilinéaire sur telle que pour tout . Pour toute famille de scalaires tels que pour , il existe une forme quadratique et une seule telle que l’on ait
où désigne la forme bilinéaire associée à ; alors est donnée par la formule
la dernière sommation étant étendue aux sous-ensembles de ayant un ou deux éléments.
En effet, comme la formule (16) n’est qu’une transcription de la formule (14), l’unicité d’une forme quadratique vérifiant (15) est démontrée. Pour démontrer son existence, remarquons d’abord qu’il existe une famille d’éléments de telle que et que pour ; on obtient par exemple une telle famille en munissant d’une structure d’ensemble totalement ordonné (Ens., chap. III, § 2, n° 3, th. 1) et en posant pour et pour . Comme les forment une base de , il existe une forme bilinéaire sur telle que ; en posant et en désignant par la forme bilinéaire associée à la forme quadratique , on obtient et . Ceci démontre notre seconde assertion. Quant à la première, elle en résulte aussitôt car, en vertu de l’unicité, si une forme quadratique vérifie (15), on a .
Le module muni de la structure définie par une forme quadratique prend le nom de module quadratique. Un homomorphisme du module quadratique dans un module quadratique est une application linéaire de dans telle que ; si et sont les formes bilinéaires associées à et , on a alors pour ; autrement dit est l’image réciproque de par (§ 1, n° 1). On dit que deux formes quadratiques et sur deux -modules et sont équivalentes si les modules quadratiques correspondants sont isomorphes.
Soit une famille de modules quadratiques, et soit la somme directe des modules . On appelle somme directe externe des modules quadratiques le module quadratique obtenu en munissant de la forme quadratique définie par pour . On dit aussi que la forme quadratique est la somme directe externe des formes quadratiques .
Si les formes sont non dégénérées, il en est de même de .
Soit une forme quadratique sur le -module ; si est un sous-module de et si est constante sur chaque classe modulo , l’application de dans déduite de par passage au quotient est évidemment une forme quadratique, et l’application canonique de sur est un homomorphisme pour les structures de modules quadratiques. Pour que soit constante sur chaque classe modulo , il faut et il suffit que l’on ait pour et , c’est-à-dire, en notant la forme bilinéaire associée à , que l’on ait pour et . Faisant , on voit que l’on a pour , et donc
pour et . Autrement dit, si l’on appelle noyau du module quadratique l’ensemble des éléments de tels que et pour tout , pour que soit constante sur chaque classe modulo , il faut et il suffit que soit contenu dans le noyau de . On vérifie sans peine que est un sous-module de . Pour que soit constante sur chaque classe modulo , il faut et il suffit donc que soit engendré par des éléments de .
On voit aussitôt que le noyau du module quadratique est .
Proposition 3
Soit un homomorphisme de dans un anneau commutatif . Pour toute forme quadratique sur le -module , il existe une forme quadratique et une seule sur le -module (chap. III, 2e éd., App. II, n° 10) telle que l’on ait*
Montrons d’abord que, s’il existe une forme quadratique vérifiant (17), elle est unique et la forme bilinéaire associée à s’obtient par extension de l’anneau des scalaires à partir de la forme associée à . En effet cette dernière assertion résulte de ce que l’on a
Pour montrer l’existence de , nous supposerons d’abord que le module admet une base . Il existe alors des éléments de tels que et que pour (prop. 2). Comme les éléments forment une base du
A'-module , on définit une forme quadratique sur ce dernier module en posant
Passons maintenant au cas général. Soient un système de générateurs de , le module des combinaisons linéaires formelles d’éléments de (chap. II, § 1, n° 8), et la base canonique de . L’application linéaire de dans définie par est surjective puisque les éléments engendrent . Il en résulte (chap. III, 2e éd., App. II, n° 5, prop. 4) que l’application de dans est surjective, et que son noyau est engendré par les éléments de la forme avec . Soit alors l’extension à de la forme quadratique sur . Si est un élément de tel que , on a et (en notant la forme bilinéaire associée à ) pour tout . Donc, si (), alors appartient au noyau du module quadratique , et il existe par suite, comme on l’a vu plus haut, une forme quadratique sur telle que . Comme est surjective, on voit que vérifie la condition (17). CQFD.
La forme quadratique , dont l’existence et l’unicité sont assurées par la prop. 3, est appelée l’extension de à (par rapport à ). On dit aussi que s’obtient à partir de par extension de l’anneau des scalaires.
Exercices. — 1) Soient un corps, un espace vectoriel à gauche sur , une forme sesquilinéaire sur (pour un antiautomorphisme de ). On suppose que le rang (fini ou infini) de est , et que les relations et sont équivalentes. a) Montrer qu’il existe dans tel que l’on ait . (Utiliser l’exerc. 8 du § 1). b) Montrer qu’il existe tel que la forme sesquilinéaire (pour l’antiautomorphisme ) soit hermitienne ou alternée.
(Remarquer d’abord que l’on a et . Distinguer ensuite deux cas suivant que pour tout ou non ; dans le second cas, montrer que tout élément de la forme répond à la question).
2) Soit une forme sesquilinéaire -hermitienne sur un espace vectoriel de dimension finie sur un corps .
a) Montrer que pour tout sous-espace vectoriel de , on a et .
b) Si sont deux sous-espaces vectoriels de , montrer que l’on a (considérer l’application canonique de sur ).
3) Soient un anneau commutatif, un polynôme unitaire de , de degré ; soit l’algèbre quotient admettant pour base sur les éléments (chap. IV, § 1, no 5, prop. 4). Montrer que la donnée d’un -module équivaut à la donnée d’un -module et d’un -endomorphisme de tel que . Pour tout , on pose ; montrer que si est inversible dans , l’application est un -isomorphisme de sur , dont on explicitera l’isomorphisme réciproque.
¶ 4) a) Soient un anneau (commutatif ou non), un automorphisme de tel qu’il existe un élément inversible vérifiant , et tel que l’on ait pour tout . Soit un -module à gauche ayant une base de deux éléments ; montrer qu’on définit sur une structure d’anneau en prenant comme multiplication dans la loi de composition
Pour cette structure d’anneau, est élément unité (qu’on identifie avec l’élément unité 1 de ); si on pose , on a et pour tout ; en outre, est un -module à droite, dont 1 et forment une base. Si est un corps, une condition nécessaire et suffisante pour que soit un corps est que ne soit pas de la forme (où ). (Cf. chap. VIII, § 12, exerc. 8).
b) Soit un antiautomorphisme involutif de . On suppose qu’il existe un élément inversible satisfaisant aux conditions suivantes :
(1) pour tout .
Montrer qu’on peut alors prolonger en un antiautomorphisme involutif de (noté encore ) en posant
(2)
Si en outre et sont des corps et si n’est pas un automorphisme intérieur, montrer que les conditions (1) sont nécessaires pour l’existence d’un prolongement de en un antiautomorphisme involutif de (en posant , avec dans , montrer qu’on a nécessairement , en écrivant la condition pour tout ).
c) On suppose les conditions (1) vérifiées et l’antiautomorphisme involutif J prolongé à B par (2). Soient F un B-module unitaire, E le A-module unitaire déduit de F par restriction à A de l’anneau des scalaires ; l’application est alors une application semi-linéaire bijective de E sur lui-même, relative à l’automorphisme de A et telle que . Soit une forme hermitienne sur F (pour J) ; pour , , posons , où , . Montrer que est une forme hermitienne sur E (pour J), telle que
Réciproques. Pour que soit non dégénérée, il faut et il suffit que ou soit non dégénérée. Cas particulier où B est une algèbre de quaternions sur un anneau commutatif K, correspondant à une couple d’éléments de K, étant inversible, A la sous-algèbre de B, et J et l’application (chap. II, § 7, no 8).
d) Soit un automorphisme du A-module E. Pour que soit un automorphisme du B-module F, laissant invariante la forme , il faut et il suffit que satisfasse à deux quelconques des trois conditions suivantes : 1° laisse invariante ; 2° laisse invariante ; 3° permuté avec .
5) Soient A un anneau commutatif, E un A-module, un système de générateurs de E ; soit R le sous-module du module formé des éléments tels que , et soit un système de générateurs de R (avec ). Soit une famille d’éléments de A . Pour qu’il existe une forme quadratique Q telle que et pour ( désignant la forme bilinéaire associée à Q), il faut et il suffit que quels que soient dans I, et que, quels que soient et , on ait
6) Soient un anneau commutatif de caractéristique 2, un -module libre, (resp. , ) le -module des formes bilinéaires alternées (resp. bilinéaires symétriques, quadratiques) sur . On a ; on définit en outre une application linéaire de dans , et une application linéaire de dans de la façon suivante : pour toute forme bilinéaire , est la forme quadratique , et pour toute forme quadratique , est la forme bilinéaire associée à , qui est alternée. Montrer que , et .
¶ 7) Soient un anneau commutatif, deux -modules. On dit qu’une application de dans est quadratique si elle satisfait aux conditions suivantes : pour ; l’application de dans est bilinéaire. Si est une application linéaire d’un -module dans , est une application quadratique de dans .
a) Soient un -module, le module des combinaisons linéaires formelles des éléments de à coefficients dans (chap. II, § 1, no 8), et pour tout , soit l’élément correspondant de la base canonique de . Soit le quotient de par le sous-module engendré par les éléments et , pour . Pour tout , on pose , en désignant par l’application canonique de sur ; on dit que est l'*application canonique* de dans . Montrer que est une application quadratique de dans et que, pour toute application quadratique de dans un -module , il existe une application linéaire et une seule de dans telle que (en d’autres termes, est solution d’un problème d’application universelle ; cf. Ens., chap. IV, § 3).
Pour tout couple de -modules et toute application linéaire de dans , montrer que, si désigne l’application canonique de dans , il existe une et une seule application linéaire de dans telle que .
b) On suppose que est somme directe de deux sous-modules . Définir un isomorphisme canonique de sur la somme directe des modules et (montrer que cette somme directe est solution du même problème d’application universelle que ).
c) Soient un sous-module de , l’injection canonique de dans . Définir un isomorphisme canonique de sur
où pour . (Même méthode).
d) Soient un anneau commutatif, un homomorphisme de dans . Définir un isomorphisme canonique de sur (même méthode).
e) Il existe une application linéaire et une seule de dans telle que pour tout ; montrer que si est un module libre, s est un isomorphisme sur le sous-module des tenseurs symétriques d’ordre 2 sur E.
f) On suppose que et que E est un groupe cyclique fini d’ordre n. Montrer que est un groupe cyclique d’ordre n si n est impair, d’ordre si n est pair. (Remarquer d’abord que si a est un générateur de E, est un générateur de , et que pour tout entier h ; déduire de là que si n est impair, en prenant ; montrer de même que si n est pair. Prouver enfin que si n est impair (resp. pair), il existe une application quadratique Q de E dans un groupe cyclique d’ordre n (resp. ) appliquant a sur un générateur de ce groupe).
8) Soient A un corps commutatif, E, F deux espaces vectoriels sur A. Soit g une application de E dans F, telle qu’il existe trois applications de dans F, satisfaisant à l’identité
quels que soient dans E, dans A.
a) Montrer que l’on a et ; en outre, si on pose
montrer que l’on a et en conclure que .
b) Déduire de a) que si , on a nécessairement et par suite que g est une application quadratique (exerc. 7). Au contraire, si et si dim E , montrer qu’il existe des applications g de E dans A, satisfaisant à (4) et pour lesquelles ne soit pas identiquement nul.
9) Soient A un anneau commutatif, E un A-module ayant une base de n éléments, une forme bilinéaire symétrique sur E. Soient e un élément de formant une base de ce module, le discriminant de par rapport à e, l’isomorphisme canonique de sur relatif à e (chap. III, § 8, no 5). Pour , soit ; montrer que l’application de dans possède les propriétés suivantes :
a) Pour tout , .
b) Pour tout couple d’éléments de , on a
c) On suppose en outre que A soit un corps et que soit non dégénérée. Alors, si x est un p-vecteur décomposable correspondant à un sous-espace F de E (chap. III, § 7, no 3), est un -vecteur décomposable correspondant au sous-espace orthogonal à F.
d) Étendre les résultats précédents au cas où (A étant un anneau commutatif), Φ est une forme sesquilinéaire ε-hermitienne pour un automorphisme involutif J ≠ 1 de A.
10) a) Soient A un anneau commutatif, E un A-module ayant une base de 3 éléments, Φ une forme bilinéaire symétrique sur E. Avec les notations de l’exerc. 9, pour deux éléments quelconques x, y de E, on pose , et on dit que cet élément est le produit vectoriel de x et de y (relativement à Φ et à la base e de ). Montrer que est une application bilinéaire alternée de dans E, et que est orthogonal à x et à y.
b) Soient α, β deux éléments inversibles de A, B l’algèbre de quaternions sur A correspondant au couple () (chap. II, § 7, n° 8), 1, u, v, ω la base canonique de B sur A ; soit E le sous-module de B ayant pour base u, v, ω. Montrer que si x, y sont deux quaternions appartenant à E, on a
11) Soit Φ une forme sesquilinéaire ε-hermitienne non dégénérée sur un espace vectoriel E de dimension finie. On dit qu’un sous-espace vectoriel M de E est faiblement orthogonal à un sous-espace vectoriel N (relativement à Φ) si l’un des deux sous-espaces M, N° contient l’autre.
a) Montrer que la relation « M est faiblement orthogonal à N » est symétrique.
b) Si M et N sont faiblement orthogonaux, M° et N° sont faiblement orthogonaux.
c) Si M et N sont faiblement orthogonaux et si , M et N sont orthogonaux.