Bourbaki

Exercice 10, § 10

Algèbre, V, p. 148

Soit K un corps parfait tel que, pour tout entier n>1n > 1, il existe une extension galoisienne N de K telle que Gal(N/K) soit isomorphe au groupe alterné An\mathfrak{A}_n; par exemple, pour tout corps k de caractéristique 0, le corps K=k(Xn)n∈NK = k(X_n)_{n \in \mathbf{N}} des fractions rationnelles à une infinité d’indéterminées possède cette propriété (V, p. 57, exemple 5). a) Soit A un ensemble fini d’entiers >1> 1, et soit Ω\Omega une clôture algébrique de K. On dit qu’un élément x∈Ωx \in \Omega est A-constructible s’il existe une suite croissante K=E0⊂E1⊂...⊂Er⊂ΩK = E_0 \subset E_1 \subset ... \subset E_r \subset \Omega d’extensions de K telles que chacun des degrés [Ej:Ej−1][E_j : E_{j-1}] appartienne à A pour 1≤j≤r1 \leq j \leq r et que x∈Erx \in E_r. Montrer qu’il existe un élément maximal L dans l’ensemble des sous-extensions

E ⊂ Ω telles que tout x ∈ E soit A-constructible. Pour tout x ∉ L, montrer que le degré [L(x) : L] appartient à N − A.

b) Soit a le plus grand élément de A, et soit n un entier tel que n ≥ max(a + 1, 5). Montrer qu’il existe une extension M de L telle que [M : L] = n. (Observer d’abord qu’il existe un polynôme irréductible f ∈ K[X] de degré n tel que, si N est le corps de décomposition de f, Gal(N/K) soit isomorphe à An\mathfrak{A}_n; soit y ∈ Ω une racine de f dans Ω et soit E = K(y). Montrer que l’on a nécessairement E ∩ L = K et par suite que L(E) répond à la question. Pour cela, raisonner par l’absurde en notant que les éléments de E ∩ L sont A-constructibles, et que la relation E ∩ L ≠ K entraînerait l’existence d’un sous-groupe distingué Γ de An\mathfrak{A}_n tel que 1 < (An:Γ\mathfrak{A}_n : \Gamma) < n, ce qui contredit la simplicité de An\mathfrak{A}_n (I, p. 131, exerc. 16).)

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.