Algèbre, VIII, p. 19
Soient A un anneau, I un ensemble, σ=(σi)i∈I une famille d’endomorphismes de l’anneau A et d=(di)i∈I une famille d’endomorphismes du groupe additif de A, satisfaisant les relations
σi∘σj=σj∘σiσi∘dj=dj∘σidi∘dj=dj∘di
pour i∈I,j∈I,i=j et
di(ab)=σi(a)di(b)+di(a)b
pour i∈I,a∈A,b∈A.
a) Prouver qu’il existe un unique anneau B dont le groupe additif est le groupe additif A[X] des polynômes à coefficients dans A en la famille d’indéterminées X=(Xi)i∈I, et dont le produit satisfait aux conditions suivantes :
(i) Les éléments Xi(i∈I) de B sont deux à deux permutables ;
(ii) Pour tout a∈A et tout multiindice ν=(νi)i∈I∈N(I), le produit dans B, dans cet ordre, de a par une suite finie formée de νi éléments égaux à Xi pour tout i∈I, est le polynôme aXν;
(iii) Pour tout a∈A et tout i∈I, on a dans l’anneau B la relation Xia=σi(a)Xi+ di(a).
b) L’anneau B est noté A[X]σ,d. Il possède la propriété universelle suivante : étant donnés un anneau C, un homomorphisme d’anneaux f:A→C et une famille (xi)i∈I d’éléments de C deux à deux permutables tels que xif(a)=f(σi(a))xi+f(di(a)) pour tout a∈A et tout i∈I, il existe un unique homomorphisme d’anneaux g:B→C prolongeant f tel que g(Xi)=xi pour i∈I.
c) Soit J une partie de I. Notons B′ l’anneau A[(Xi)i∈J](σi)i∈J,(di)i∈J. Pour tout i∈I−J, il existe un unique endomorphisme σi′ de l’anneau B′ et un unique endomorphisme di′ du groupe additif de B′ tel que :
σi′(a)=σi(a)di′(a)=di(a) pour a∈A,
σi′(Xj)=Xjdi′(Xj)=0 pour j∈J,
di′(PQ) =σi′(P)di′(Q)+di′(P)Q pour P∈B,Q∈B.
Posons σ′=(σi′)i∈I−J et d′=(di′)i∈I−J. La bijection canonique de A[(Xi)i∈I] sur A[(Xj)j∈J][(Xi)i∈I−J] est un isomorphisme de l’anneau B=A[(Xi)i∈I]σ,d sur l’anneau B′[(Xi)i∈I−J]σ′,d′.
d) Si l’anneau A est noethérien à gauche, que l’ensemble I est fini et que, pour tout i∈I, l’endomorphisme σi de A est bijectif, l’anneau B=A[X]σ,d est noethérien à gauche.
e) Supposons que, pour tout i∈I,σi soit l’application identique de A. Notons E l’anneau des endomorphismes du groupe additif de A. Montrer qu’il existe un unique homomorphisme d’anneaux ψ de B=A[X]σ,d dans E tel que ψ(Xi)=di pour i∈I et que, pour tout a∈A,ψ(a) soit l’homothétie à gauche b→ab de A.
f ) Conservons les hypothèses de e). Supposons de plus que A soit un anneau de polynômes C[(Ti)i∈I] à coefficients dans un anneau C (non nécessairement commutatif), et que, pour tout i∈I,di soit la dérivation P→∂Ti∂P de A. Démontrer que, si C est non nul et sans torsion sur Z, l’homomorphisme ψ:B→E est injectif. Démontrer que, si C est un anneau de caractéristique p>0 (V, p. 2), le noyau de ψ est l’idéal à gauche de B engendré par les éléments Xip(i∈I).
Nothing.
Nothing.