Algèbre, VIII, p. 319
Soient G un groupe, Z[G] l’algèbre de G sur Z; on identifie G à la base canonique de Z[G]. Soit M un Z[G]-module, c’est-à-dire un groupe commutatif muni d’une action de G respectant sa structure de groupe. Pour tout entier n⩾0, on note Cn(G,M) le groupe des applications de Gn dans M ; on pose Cn(G,M)=0 pour n<0. On définit un homomorphisme dn:Cn(G,M)→Cn+1(G,M) par la formule
(dnc)(g0,...,gn)=g0c(g1,...,gn)+i=0∑n−1(−1)i+1c(g0,...,gigi+1,...,gn)
+(−1)n+1c(g0,...,gn−1)
Pour tout entier n, on pose Zn(G,M)= Kerdn et Bn(G,M)= Im dn.
a) Prouver que Bn(G,M) est contenu dans Zn(G,M). On pose Hn(G,M)= Zn(G,M)/Bn(G,M). Le groupe H0(G,M) est l’ensemble des éléments de M fixes par l’action de G ; le groupe Z1(G,M) est le groupe des applications f:G→M satisfaisant à f(gg′)=f(g)+gf(g′), et B1(G,M) est le sous-groupe des applications f pour lesquelles il existe m∈M tel que f(g)=gm−m(cf. I, p. 135, exerc. 7).
b) Soient N un Z[G]-module et u:M→N une application Z[G]-linéaire. Pour tout entier n, l’application c→u∘c est un homomorphisme de Cn(G,M) dans Cn(G,N), qui applique Zn(G,M) dans Zn(G,N) et Bn(G,M) dans Bn(G,N), et induit donc un homomorphisme de Hn(G,M) dans Hn(G,N), noté Hn(G,u) ou simplement Hn(u). Si v:N→P est un homomorphisme de Z[G]-modules, on a Hn(v∘u)=Hn(v)∘Hn(u).
c) Soit 0→M′→ιM→πM′′→0 une suite exacte deZ[G]-modules. Soient n un entier et x′′ un élément de Hn(G,M′′), classe d’un élément c′′∈Zn(G,M′′). Soit c∈Cn(G,M) tel que π∘c=c′′. Prouver qu’il existe un élément c′∈Zn+1(G,M′) tel que ι∘c′=dn(c), et que la classe de c′ dans Hn+1(G,M′) ne dépend que de x′′; on la note ∂n(x′′). L’application ∂n:Hn(G,M′′)→Hn+1(G,M′) est un homomorphisme (« homomorphisme de liaison ») ; prouver que la suite
...⟶Hn(G,M′)H⟶n(ι)Hn(G,M)H⟶n(π)Hn(G,M′′)⟶∂nHn+1(G,M′)⟶..
est exacte.