Dans ce paragraphe, si F est un groupe abélien et g un automorphisme de F, on note g.f pour g(f).
1. τ-extensions de groupes
Dans ce numéro, on fixe un groupe G, un groupe abélien F noté multiplicativement et un homomorphisme de groupes τ de G dans le groupe Aut(F) des automorphismes du groupe F. On note e l’élément neutre de G et 1 l’élément neutre de F.
Rappelons (I, p. 62) qu’une extension E de G par F est un triplet (Γ,ι,π), où Γ est un groupe, π:Γ→G est un homomorphisme surjectif et ι un homomorphisme injectif de F dans Γ tel que Im(ι ) = Ker(π ). Soit E=(Γ,ι,π) une telle extension. Pour tout γ∈Γ, l’application φγ:F→F définie par
ι(φγ(f))=γι(f)γ−1
pour tout f∈F est un automorphisme de F. Comme F est commutatif, pour tout f∈F, l’automorphisme défini par ι(f) est l’application identique de F. Par passage au quotient, on obtient un homomorphisme IntE de G dans Aut(F) caractérisé par
γι(f)γ−1=ι(IntE(π(γ)).f)
pour γ∈Γ et f∈F.
On appelle τ-extension de G par F une extension E=(Γ,ι,π) telle que IntE soit égal à τ, c’est-à-dire vérifiant la relation
γι(f)γ−1=ι(τ(π(γ)).f)(1)
pour γ∈Γ et f∈F. Si E=(Γ,ι,π) et E′=(Γ′,ι′,π′) sont des τ-extensions, un morphisme de τ-extensions de E dans E′ est un morphisme d’extensions de E dans E′ (I, p. 63), c’est-à-dire un homomorphisme de groupes u:Γ→Γ′ tel que π′∘u=π et ι′=u∘ι. Notons que les τ-extensions forment une espèce de structure pour laquelle tout morphisme est un isomorphisme (E, IV, p. 6 et I, p. 63, prop. 1). Notons Isoτ(E,F) la relation
« E et F sont des τ-extensions isomorphes. »
C’est une relation d’équivalence ; on appelle classe de l’extension E la classe d’objets équivalents à E pour Isoτ (E, II, p. 47).
Posons E0=F×G et considérons les applications ι0:F→E0 et π0:E0→G définies par ι0(f)=(f,e) pour f∈F et π0(f,g)=g pour (f,g)∈F×G. Soit E=(Γ,ι,π) une τ-extension de G par F. L’application π est surjective, donc possède une section σ:G→Γ telle que σ(e)=e. L’application u:(f,g)→ι(f)σ(g) de F×G dans Γ est bijective. Munissons F×G de la loi de groupe obtenue par transport de structure. Le triplet (E0,ι0,π0) est alors une τ-extension isomorphe à E. Le lemme 1 résulte alors de E, II, p. 47.
On note Exτ(G,F) l’ensemble des classes de τ-extensions pour la relation Isoτ.
Le produit semi-direct externe (F×τG,i,p) (I, p. 64, prop. 3) est une τ-extension qu’on notera Iτ. On dira qu’une τ-extension est semi-triviale si elle est isomorphe à la τ-extension Iτ.
Pour i∈{1,2}, on se donne un groupe Gi, un groupe abélien Fi et un homomorphisme de groupes τi de Gi dans le groupe des automorphismes de Fi. On note τ1×τ2:G1×G2→ Aut(F1×F2) l’homomorphisme défini par
pour g1∈G1,g2∈G2,f1∈F1 et f2∈F2. Soient E1=(Γ1,ι1,π1) une τ1-extension de G1 par F1 et E2=(Γ2,ι2,π2) une τ2-extension de G2 par F2. Alors le triplet (Γ1×Γ2,ι1×ι2,π1×π2) est une τ1×τ2-extension de G1×G2 par F1×F2 appelée le produit extérieur des extensions E1 et E2 et notée E1×E2.
2. Image inverse d’une τ-extension
Soient G et G′ des groupes. Soit F un groupe abélien, soit τ:G→Aut(F) un homomorphisme de groupes et soit u:G′→G un homomorphisme de groupes. Considérons l’homomorphisme de groupes τ′=τ∘u:G′→Aut(F) et notons Γ′ le produit fibré Γ×GG′ relativement à π et u (I, p. 44). C’est le sous-groupe de Γ×G′ formé des couples (γ,g′) tels que π(γ)=u(g′). Soit ι′:F→Γ′ l’homomorphisme de groupes donné par ι′(α)=(ι(α),e) pour α∈F et notons π′:Γ′→G′ la seconde projection. Alors le morphisme ι′ est injectif, le morphisme π′ est surjectif puisque π l’est et l’image de ι′ coïncide avec le noyau de π′. En outre, pour tout α∈F et tout γ′=(γ,g)∈Γ′, on a les relations
Par conséquent, (Γ′,ι′,π′) est une τ′-extension de G′ par F qu’on appelle l’image inverse par u de E et qu’on note u∗(E). La première projection est un homomorphisme de groupes φ:Γ′→Γ qui sera dit canonique.
Soit F1′ un groupe abélien et soient w:F1′→F et τ1:G′→Aut(F1′) des homomorphismes de groupes tels que
w(τ1(g)(f))=τ(u(g))(w(f))
pour tout f∈F1′ et tout g∈G′. Soit E1′=(Γ1′,ι1′,π1′) une τ1-extension de G′ par F1′ et φ1:Γ1′→Γ un homomorphisme de groupes tel que le diagramme
F1′↓wFι1′ιΓ1′↓φ1Γπ1′πG′↓uG
soit commutatif. Alors il existe un unique homomorphisme de groupes ψ:Γ1′→Γ′ tel que le diagramme
F1′↓wFι1′ι′Γ1′↓ψΓ′π1′π′G′∥G′
soit commutatif et tel que φ1=φ∘ψ.
Si l’homomorphisme de groupes ψ:Γ1′→Γ′ convient, alors il vérifie les relations
ψ(γ)=(φ∘ψ(γ),π′∘ψ(γ))=(φ1(γ),π1′(γ))
pour tout γ∈Γ1′. Inversement, l’homomorphisme de groupes de Γ1′ dans Γ×G′ défini par γ↦(φ1(γ),π1′(γ)) est à valeurs dans le produit fibré Γ×GG′ puisque π∘φ1(γ)=u∘π1′(γ) pour tout γ∈Γ1′.
Soient E1 et E2 des τ-extensions de G par F et soit ψ un morphisme de τ-extensions de E1 dans E2. Notons φ1 (resp. φ2) l’homomorphisme canonique pour u∗(E1) (resp. u∗(E2)). Alors il existe un unique morphisme de τ′-extensions de u∗(E1) dans u∗(E2), noté u∗(ψ), tel que φ2∘u∗(ψ)=ψ∘φ1.
Il suffit d’appliquer la prop. 1 à ψ∘φ1.
La classe de la τ′-extension u∗(E) ne dépend donc que de la classe de E. On note également u∗:Exτ(G,F)→Exτ′(G′,F) l’application qui envoie la classe d’une τ-extension E sur la classe de la τ′-extension u∗(E).
Soit u′:G′′→G′ un homomorphisme de groupes et soit E une τ-extension de G par F. Posons τ′′=τ′∘u′ et notons φ (resp. φ′,φ′′) l’homomorphisme canonique associé à la τ′-extension u∗(E) (resp. la τ′′-extension u′∗(u∗(E))), la τ′′-extension (u∘u′)∗(E)). Alors il existe un unique morphisme ψ de la τ′′-extension u′∗(u∗(E)) dans la τ′′-extension (u∘u′)∗(E) telle que φ′′∘ψ=φ∘φ′.
Soit H un sous-groupe de G et j:H→G l’injection canonique. Alors pour toute τ-extension E=(Γ,ι,π), la τ∘j-extension j∗(E) est isomorphe à (πˉ1(H),ι′,π′) où ι′:F→πˉ1(H) (resp. π′:πˉ1(H)→H) est l’homomorphisme de groupes f→ι(f) (resp. γ→π(γ)). Plus généralement, si l’homomorphisme de groupes u:G′→G est injectif, alors l’homomorphisme canonique φ est injectif d’image π−1(u(G′)).
3. Image directe d’une τ-extension
Soit G un groupe, soient F et F′ des groupes abéliens, soit τ (resp. τ′) un homomorphisme de groupes de G dans le groupe des automorphismes de F (resp. F′) et soit v:F→F′ un homomorphisme de groupes tel que
v(τ(g).f)=τ′(g).v(f)(3)
pour g∈G et f∈F. Soit E=(Γ,ι,π) une τ-extension de G par F. Soit Γ le produit semi-direct externe F′×τ′∘πΓ. On note :F′→Γ l’homomorphisme f→(f,e) et p:Γ→Γ la première projection. Soit j:F→Γ l’application définie par f→(v(f),ι(f)−1). Comme l’image de ι est contenue dans le noyau de τ′∘π, l’application j est un homomorphisme de groupes ; il est injectif puisque ι est injectif. On a les relations
(f′,γ)j(f)(f′,γ)−1=(f′,γ)(v(f),ι(f)−1)(f′,γ)−1
=(τ′(π(γ)).v(f),ι(τ(π(γ)).f)−1)(4)
=j(τ(π(γ)).f)
pour tout f∈F, tout γ∈Γ et tout f′∈F′. Par conséquent, l’image de j est un sous-groupe distingué dans Γ. Notons Γ′ le quotient de Γ par l’image de j. On note ι′ la composée de la surjection canonique de Γ dans Γ′ et de . Le noyau de l’homomorphisme π∘p est le produit F′×ι(F) qui contient l’image de j. On définit π′:Γ′→G comme l’homomorphisme de groupes déduit de π∘p par passage au quotient. Comme ι est injective, l’intersection de j(F) avec (F′) est réduite à l’élément neutre de Γ; il en résulte que ι′ est injective. L’application de F′×F dans F′×ι(F)= Ker(π∘p) donnée par
(f′,f)⟶(f′v(f),ι(f)−1)
est un isomorphisme de groupes. L’image de ι′ coïncide donc avec le noyau de π′. Comme π et p sont surjectifs, il en est de même de π′. Ceci démontre que E′=(Γ′,ι,π′) est une τ′-extension de G par F′ qu’on appelle l’image directe de E par v et qu’on note v∗(E). La composée de la surjection canonique de Γ~ dans Γ′ et de l’homomorphisme de groupes de Γ dans Γ~, donné par γ↦(1,γ) est un homomorphisme de groupes φ:Γ→Γ′ qui est dit canonique.
Soit G1′ un groupe et soient w:G→G1′ et τ1:G1′→Aut(F′) des homomorphismes de groupes tels que τ′=τ1∘w. Soit E1′=(Γ1′,ι1′,π1′) une τ1-extension de G1′ par F′ et soit φ1:Γ→Γ1′ un homomorphisme de groupes tel que le diagramme
F∣F′ιι1′Γ∣Γ1′
π∣φ1G∣∣
GG1′↓w
soit commutatif. Alors il existe un unique homomorphisme de groupes ψ:Γ′→Γ1′ tel que le diagramme
F′∣F′ι′ι1′Γ′∣Γ1′
π′∣ψG∣∣
GG1′↓w
soit commutatif et tel que φ1=ψ∘φ.
Pour tout (f,γ)∈F′×Γ, notons (f,γ) la classe de (f,γ) dans Γ′. Si l’homomorphisme de groupes ψ:Γ′→Γ1′ convient, il vérifie les relations
ψ((f′,γ))=ψ(ι′(f′)φ(γ))=ι1′(f′)φ1(γ)
pour tout f′∈F′ et tout γ∈Γ. Inversement, l’application ψ~ de F′×τ′∘πΓ dans Γ1′ donnée par (f,γ)↦ι1′(f)φ1(γ) est un homomorphisme de groupes. En effet, on a les relations
pour f,f′∈F′ et γ,γ′∈Γ. Le noyau de ψ~ contient l’image de j puisque ι1′(v(f))=φ1(ι(f)) pour f∈F et le morphisme ψ déduit de ψ~ par passage au quotient convient.
Notons Σ l’espèce de structure de τ′-extension et définissons les α-applications comme les applications de Γ dans un groupe Γ′ sous-jacent à une τ′-extension qui sont des homomorphismes de groupes et qui rendent le diagramme
F↓vF′ιι′Γ↓φΓ′ππ′G∥G
commutatif. La prop. 2 exprime que v∗(E) est une solution du problème d’application universelle correspondant (E, IV, p. 22).
Soient E1 et E2 des τ-extensions de G par F et soit ψ un morphisme de τ-extensions de E1 dans E2. Notons φ1 (resp. φ2) l’homomorphisme canonique pour v∗(E1) (resp. v∗(E2)). Alors il existe un unique morphisme de τ′-extensions de v∗(E1) dans v∗(E2), noté v∗(ψ), tel que φ2∘ψ=v∗(ψ)∘φ1. Il suffit d’appliquer la prop. 2 à φ2∘ψ.
La classe de la τ′-extension v∗(E) ne dépend donc que de la classe de E. On note également v∗:Exτ(G,F)→Exτ′(G,F′) l’application qui envoie la classe d’une τ-extension E sur la classe de la τ′-extension v∗(E).
On conserve les notations de la proposition. Soit F′′ un groupe abélien et soient τ′′:G→Aut(F′′) et v′:F′→F′′ des homomorphismes de groupes tels que*
τ′′(g).v′(f)=v′(τ′(g).f)
pour g∈G et f∈F′. Soit E une τ-extension de G par F et notons φ (resp. φ′,φ′′) l’homomorphisme canonique associé à v∗(E) (resp. v∗′(v∗(E)), (v′∘v)∗(E)). Alors il existe un unique morphisme ψ de la τ′′-extension v∗′(v∗(E)) de G par F′′ dans la τ′′-extension (v′∘v)∗(E) tel que φ′′=ψ∘φ′∘φ.
Soit j:{1}→F l’injection canonique. L’extension semi-triviale Iτ est isomorphe à j∗((G,i,IdG)) où i:{e}→G est l’injection canonique. Soit c:F→F l’homomorphisme constant f↦1 et soit E une τ-extension. La τ-extension c∗(E) est également isomorphe à Iτ.
Soit E un sous-groupe de F stable pour l’action de G. Notons F′ le quotient de F par E, v:F→F′ l’homomorphisme canonique et τ′:G→Aut(F′) l’action de G sur F′ caractérisée par
τ′(g).v(f)=v(τ(g).f)
pour g∈G et f∈F. Soit E=(Γ,ι,π) une τ-extension de G par F. Alors ι(E) est un sous-groupe distingué de Γ et la τ′-extension v∗(E) de G par F′ est isomorphe à l’extension (Γ/ι(E),ιˉ,πˉ) où ιˉ et πˉ sont les homomorphismes de groupes déduits de ι et π par passages aux quotients. L’homomorphisme canonique φ associé à v∗(E) correspond par cet isomorphisme à l’homomorphisme canonique de Γ dans Γ/ι(E).
Soient G et G′ des groupes. Soient F et F′ des groupes abéliens. Soient τ:G→Aut(F), τ′:G→Aut(F′), u:G′→G et v:F→F′ des homomorphismes de groupes tels que
τ′(g).v(f)=v(τ(g).f)
pour g∈G et f∈F. On note τ′′=τ′∘u. Soit E une τ-extension de G par F. On note φu (resp. φv,φu′,φv′) l’homomorphisme canonique correspondant à la τ∘u-extension u∗(E) (resp. à la τ′-extension v∗(E), aux τ′′-extensions u∗(v∗(E)) et v∗(u∗(E))). Alors il existe un unique morphisme ψ de τ′′-extensions de v∗(u∗(E)) dans u∗(v∗(E)) tel que φv∘φu=φu′∘ψ∘φv′.
On note (Γu,ιu,πu) (resp. (Γu′,ιu′,πu′)) la τ∘u-extension u∗(E) (resp. la τ′′-extension u∗(v∗(E))). En appliquant le lemme 2 de VIII, p. 283 à φv∘φu, on obtient qu’il existe un homomorphisme de groupes ψ1:Γu→Γu′ tel que le diagramme
F∣F′ιuιu′Γu∣Γu′πuπu′G′∥G′
soit commutatif et tel que φu′∘ψ1=φv∘φu. L’existence de ψ s’en déduit à l’aide de la proposition 2 appliquée à ψ1. Inversement, si ψ′ convient également, on a ψ′∘φv′=ψ1 par le lemme 2, donc ψ′=ψ (prop. 2).
4. Loi de groupe sur les classes de τ-extensions
Soit G un groupe, soit F un groupe abélien et soit τ:G→Aut(F) un homomorphisme de groupes. On désigne par δ:G→G×G l’application diagonale g↦(g,g) et par m:F×F→F l’homomorphisme de multiplication (f1,f2)↦f1f2. On note s:F→F l’homomorphisme de groupes donné par f↦f−1. Soient E1=(Γ1,ι1,π1) et E2=(Γ2,ι2,π2) des τ-extensions de G par F. Comme on a la relation
m(((τ×τ)∘δ)(g).(f1,f2))=τ(g).m(f1,f2),
pour tout g∈G et tous f1,f2∈F, l’extension m∗(δ∗(E1×E2)) est une τ-extension qu’on appelle le produit des τ-extensionsE1 et E2 et qu’on note E1E2. La classe de cette extension ne dépend que des classes des extensions E1 et E2 (VIII, p. 284, cor. 1 et VIII, p. 287, cor. 1). On en déduit donc une loi de composition sur Exτ(G,F).
Soient E1=(Γ1,ι1,π1) et E2=(Γ2,ι2,π2) des τ-extensions de G par F. Soit E1E2=(Γ,ι,π) le produit de ces extensions. Compte tenu de l’exemple de VIII, p. 284, la construction fournit un homomorphisme de groupes surjectif du produit fibré Γ1×GΓ2 dans Γ dont le noyau est l’image de l’homomorphisme de groupes f↦(ι1(f),ι2(f)−1) de F dans Γ1×GΓ2.
Le produit des τ-extensions munit l’ensemble Exτ(G,F) d’une structure de groupe abélien. Son élément neutre est la classe de l’extension semi-triviale Iτ. L’inverse de la classe d’une τ-extension E est la classe de s∗(E).
L’associativité de la loi résulte de la commutativité des diagrammes
G↓δG×Gδδ×IdG×G↓Id×δG×G×G
et
F×F×F↓Id×mF×Fm×IdmF×F↓mF,
du cor. 2 de VIII, p. 284, du cor. 2 de VIII, p. 287 et de la prop. 3 de VIII, p. 288.
Soit Δ:F→F×F l’application diagonale f↦(f,f). Soit E=(Γ,ι,π) une τ-extension. Soit Δ~:Γ→Γ×GΓ l’homomorphisme de groupes donné par γ↦(γ,γ). Le diagramme
F↓ΔF×Fι⟶Γ↓Δ~Γ×GΓπ⟶G∥G
est commutatif. D’après la prop. 2 de VIII, p. 286, il en résulte que la (τ×τ)∘δ-extension δ∗(E×E) est isomorphe à Δ∗(E).
Notons c:F→F l’homomorphisme constant f↦1. Compte tenu de l’exemple 1 de VIII, p. 288, le fait que Iτ soit un élément neutre pour cette loi de composition résulte de l’isomorphisme de δ∗(E×E) sur Δ∗(E) et du diagramme commutatif
F(c×IdF)∘Δ↓F×F(IdF×c)∘ΔIdFF×F↓mF.
La dernière assertion résulte du diagramme commutatif
F(s×IdF)∘Δ↓F×F(IdF×s)∘ΔcF×F↓mF.
Soient E1=(Γ1,ι1,π1) et E2=(Γ2,ι2,π2) des τ-extensions. L’isomorphisme de groupes Γ1×Γ2→Γ2×Γ1 donné par (γ1,γ2)↦(γ2,γ1) induit par passage aux sous-ensembles un isomorphisme de groupes σ:Γ1×GΓ2→Γ2×GΓ1. Compte tenu des relations
σ(ι1(f),ι2(f)−1)=(ι2(f−1),ι1(f−1)−1)
pour f∈F, l’homomorphisme de groupes σ induit par passage aux quotients un morphisme de τ-extensions de E1E2 sur E2E1. Donc la loi de composition est commutative.
a) Soient G et G′ des groupes. Soit F un groupe abélien. Soient τ:G→Aut(F) et u:G′→G des homomorphismes de groupes. L’application u∗:Exτ(G,F)→Exτou(G′,F) est un homomorphisme de groupes.
b) Soit G un groupe. Soient F et F′ des groupes abéliens. Soient τ:G→Aut(F), τ′:G→Aut(F′) et v:F→F′ des homomorphismes de groupes tels que
τ′(g).v(f)=v(τ(g).f)
pour g∈G et f∈F. L’application v∗:Exτ(G,F)→Exτ′(G,F′) est un homomorphisme de groupes.
Cela résulte de la commutativité des diagrammes
G′↓uGδδG′×G′↓u×uG×G
et
F×F↓v×vF′×F′mmF↓vF′.
5. Description cohomologique
Soit G un groupe, soit F un groupe abélien et soit τ:G→ Aut(F) un homomorphisme de groupes. Pour tout g∈G et tout f∈F on note également gf pour τ(g).f. Un 2-cocycle de G à valeurs dans F est une application c:G×G→F telle que pour tout (g1,g2,g3)∈G×G×G, on ait
Comme F est commutatif, l’ensemble des 2-cocycles est un sous-groupe du groupe des applications de G×G dans F, on le note Z2(G,F). Notons C1(G,F) le groupe des applications de G dans F. Pour tout h∈C1(G,F) et tout (g1,g2)∈G×G, posons
(∂h)(g1,g2)=g1h(g2)h(g1g2)−1h(g1)(8)
Un calcul simple démontre que l’application ∂h:G×G→F est un 2-cocycle. L’application ∂:C1(G,F)→Z2(G,F) est un homomorphisme de groupes. Pour tout h∈C1(G,F), le 2-cocycle ∂h est appelé un 2-cobord. Le groupe Z2(G,F)/∂(C1(G,F)) est noté H2(G,F) et est appelé le deuxième groupe de cohomologie de G à coefficients dans F.
∗Les notations qui précèdent sont conforme à celles de X, p. 112 concernant la cohomologie des groupes. ∗
Soit E=(Γ,ι,π) une τ-extension. Soit σ une section de l’application surjective π(E II, p. 18), c’est-à-dire une application de G dans Γ telle que π(σ(g))=g pour tout g dans G. On appelle 2-cocycle associé à σ, l’application cσ:G×G→F définie par la formule
ι(cσ(g1,g2))=σ(g1)σ(g2)σ(g1g2)−1(9)
pour g1,g2∈G. L’application cσ est constante de valeur 1 si et seulement si σ est un homomorphisme de groupes.
L’application cσ est un élément du groupe Z2(G,F)et sa classe dans le groupe de cohomologie H2(G,F)ne dépend que de la classe de la τ-extension E. On l’appelle la classe de cohomologie de la τ-extension E.
Vérifions tout d’abord que cσ satisfait à la condition de cocycle. Soient g1,g2 et g3 des éléments de G. En utilisant la relation (1) de VIII, p. 281 et (9), on obtient les relations
Démontrons maintenant que l’image de cσ dans H2(G,F) est indépendante de la section σ choisie. Soient σ et σ′ de telles sections. Pour tout élément g de G, il existe un unique élément ag de F tel que σ′(g)=ι(ag)σ(g). Soient g1 et g2 des éléments de G. En utilisant la définition (9) on obtient les égalités suivantes :
et les classes de cσ′ et cσ dans H2(G,F) coïncident.
Enfin, soient E=(Γ,ι,π) et E′=(Γ′,ι′,π′) des τ-extensions isomorphes, soit u:E→E′ un morphisme de τ-extensions et soit σ une section de l’application π. L’application u∘σ est une section de l’application π′ et l’on a cσ=cu∘σ. La classe de cσ dans H2(G,F) ne dépend donc que de la classe de E dans Exτ(G,F).
On note Θτ: Exτ(G,F)→H2(G,F) ou, plus simplement, Θ l’application qui envoie la classe d’une τ-extension (Γ,ι,π) sur la classe du 2-cocycle cσ, où σ est une section de la surjection π.
L’application Θ est un isomorphisme de groupes de Exτ(G,F)sur H2(G,F).
Démontrons tout d’abord que Θ est un homomorphisme de groupes. Soient E=(Γ,ι,π) et E′=(Γ′,ι′,π′) des τ-extensions et soit σ (resp. σ′) une section de l’application π (resp. π′). Notons EE′=(Γ′′,ι′′,π′′) le produit des τ-extensions E et E′. On notera [γ,γ′] l’image dans Γ′′ d’un élément (γ,γ′) de Γ×GΓ′ par l’homomorphisme surjectif de la remarque de VIII, p. 289. L’application de G dans Γ′′ qui envoie un élément g sur [σ(g),σ′(g)] est une section σ′′ de l’application π′′. Soient g1 et g2 des éléments de G. On a les relations
ι′′(cσ′′(g1,g2))=σ′′(g1)σ′′(g2)σ′′(g1g2)−1
=[ι(cσ(g1,g2)),ι′(cσ′(g1,g2)]
=ι′′(cσ(g1,g2)cσ′(g1,g2))
On a donc cσ′′(g1,g2)=cσ(g1,g2)cσ′(g1,g2).
Démontrons que l’application Θ est injective. Soit donc E=(Γ,ι,π) une τ-extension et soit σ une section de l’application π telle que l’image de cσ dans H2(G,F) soit triviale. Il existe donc une application a:G→F telle que
cσ(g1,g2)=(g1a(g2))a(g1g2)−1a(g1)
pour tous g1,g2∈G. On définit alors σ′:G→Γ par
σ′(g)=ι(a(g)−1)σ(g)
pour g∈G. En utilisant (11), on obtient que cσ′ est constante de valeur 1 ; par conséquent, σ′ est un homomorphisme de groupes ce qui prouve que la τ-extension E est semi-triviale (I, p. 64, prop. 4).
Démontrons que l’application Θ est surjective. Soit c un élément de Z2(G,F). On munit l’ensemble Γ=F×G de la loi de composition suivante :
pour tous f1,f2,f3∈F et tous g1,g2,g3∈G. Il en résulte que cette loi est associative car cσ est un 2-cocycle. Pour tout (f,g)∈Γ, on a
(f,g)(c(e,e)−1,e)=(f(gc(e,e)−1)c(g,e),g)
or il résulte de la définition d’un 2-cocycle que c(g,e)=gc(e,e), d’où l’on déduit que (f,g)(c(e,e)−1,e)=(f,g). De manière analogue on démontre que
(c(e,e)−1,e)(f,g)=(fc(e,e)−1c(e,g),g)=(f,g)
La loi de composition définie par (12) admet donc (c(e,e)−1,e) comme élément neutre et tout élément (f,g) de Γ est inversible, d’inverse
(g−1(f−1c(e,e)−1c(g,g−1)−1),g−1)
On a donc muni Γ d’une structure de groupe. Notons alors ι:F→G l’application envoyant f sur (c(e,e)−1f,e),π:Γ→G la deuxième projection et σ l’application g→(1,g). Les applications ι et π sont des homomorphismes de groupes, le triplet E=(Γ,ι,π) est alors une τ-extension, σ une section de l’application π et le cocycle associé cσ est égal à c, car
Soit G un groupe, soient F et F′ des groupes abéliens, soit τ (resp. τ′) un homomorphisme de groupes de G dans le groupe des automorphismes de F (resp. F′) et soit v:F→F′ un morphisme de groupes tel que
v(τ(g).f)=τ′(g).v(f)(13)
pour g∈G et f∈F. Soit α un élément de Exτ(G,F). Si le cocycle c représente Θ(α), alors v∘c représente Θ(v∗(α))∈H2(G,F′).
6. Restriction et corestriction
Soient G et G′ des groupes, soit F un groupe abélien et soit τ un homomorphisme de G dans le groupe des automorphismes du groupe F. Soit u:G′→G un homomorphisme de groupes. On note τ′=τ∘u.
Si ψ:G×G→F est un 2-cocycle de G à valeurs dans F, alors l’application ψ∘(u×u) de G′×G′ dans F donnée par (g1,g2)→ψ(u(g1),u(g2)) est un 2cocycle de G′ à valeurs dans F et l’application ψ→ψ∘(u×u) de Z2(G,F) dans Z2(G′,F) induit un homomorphisme de groupes u∗:H2(G,F)→H2(G′,F). Pour tout λ∈H2(G,F), l’élément u∗(λ) est appelé l’image inverse de λ par u. Lorsque G′ est un sous-groupe de G et u:G′→G est l’injection canonique, l’homomorphisme u∗ est appelée l’homomorphisme de restriction de G à G′ et on le note ResG′G. Lorsque G est un quotient de G′ et u : G′ → G est la surjection canonique, l’homomorphisme u* est appelée l’homomorphisme d’inflation de G à G′.
Soit H un sous-groupe d’indice fini de G. Soit s une section de la surjection canonique de G dans H\G. On note (g, x) ↦ x.g l’action à droite de G sur H\G induite par l’action à droite de G sur lui-même par multiplication. Notons que pour tout x ∈ H\G et tout g ∈ G, l’élément s(x)gs(x.g)−1 appartient à H. Pour toute application c : H × H → F, on définit donc une application c~s:G×G→F par la relation
pour tous g1,g2∈G; la première égalité provient de la relation de cocycle (VIII, p. 291, relation (7)) appliquée aux éléments
h(x)−1,h(x)s(x)g1s′(x.g1)−1 et s′(x.g1)g2s′(x.g1g2)−1,
la seconde est obtenue en appliquant la relation de cocycle aux éléments
s(x)g1s(x.g1)−1,h(x.g1)−1 et h(x.g1)s(x.g1)g2s′(x.g1g2)−1,
la dernière utilise simplement le fait que l’application x→x.g1 est une permutation de H\G.
Les deux dernières lignes de l’expression obtenue correspondent à un 2-cobord. On obtient que cs′ a la même classe dans H2(G,F) que le cocycle dont la valeur en (g1,g2)∈G2 est donnée par l’expression
où la première égalité résulte de la relation de cocycle appliquée aux éléments
s(x)g1s(x.g1)−1,s(x.g1)g2s(x.g1g2)−1 et h(x.g1g2)−1
Les deux dernières lignes de l’expression obtenue correspondent à un 2-cobord. On obtient que la classe de cs′ coïncide avec celle de cs.
Nous avons construit un homomorphisme du groupe H2(H,F) dans le groupe H2(G,F), qu’on appelle l’homomorphisme de corestriction de H à G et qu’on note CorHG.
Soit H un sous-groupe d’indice fini de G. L’endomorphisme CorHG∘ ResHG du groupe H2(G,F)coïncide avec la multiplication par l’indice (G : H).
Soit α un élément de H2(G,F). Soit c un élément de Z2(G,F) représentant α. L’élément CorHG∘ ResHG(α) est la classe du cocycle dont la valeur en (g1,g2)∈G2 est donnée par l’expression
Soit K un corps commutatif. Si E est une K-algèbre, on note AutK(E) le groupe de ses automorphismes ; si E est une extension galoisienne du corps K, le groupe AutK(E) n’est autre que le groupe de Galois Gal(E/K) (V, p. 56).
Soit G un groupe. On appelle (K,G)-algèbre une K-algèbre E munie d’un homomorphisme de groupes λ:G→ AutK(E). L’homomorphisme λ munit alors E d’une structure de groupe à opérateurs dans G ainsi que d’une structure de K[G]-module à gauche dont la loi d’action est donnée par
(g∈G∑μgg)x=g∈G∑μgλ(g).x(14)
pour tout x∈L et tout élément (μg)g∈G de K[G]. Un morphisme de (K, G)-algèbres est un morphisme d’algèbres qui est également un morphisme de groupes à opérateurs.
Pour toute famille (Ei)i∈I de (K, G)-algèbres, la K-algèbre produit∏i∈IEi munie de sa structure de groupe à opérateurs produit est une (K, G)-algèbre.
Si E est une (K, G)-algèbre, l’ensemble EG des éléments de E invariants sous G est une sous-algèbre de E.
Soit E une (K, G)-algèbre, où G opère par λ:G→ AutK(E). Si K′ est une extension de K, pour tout g∈G, soit λ′(g) l’automorphisme IdK′⊗λ(g) de la K′-algèbre L(K′). Alors λ′:g→λ′(g) munit L(K′) d’une structure de (K′, G)-algèbre.
Étant donné un groupe H et des H-ensembles X et Y, on note FH(X,Y) l’ensemble des morphismes de H-ensembles de X dans Y. C’est donc l’ensemble des applications f:X→Y telles que f(hx)=hf(x) pour tout h∈H et tout x∈X.
Soit G un groupe d’élément neutre e, soit H un sous-groupe de G et soit E une (K, H)-algèbre. On note CoïndHG(E) et on appelle (K,G)-algèbre déduite de E par coïnduction de H à G la K-algèbre FH(G,E) munie de l’action de G donnée par l’homomorphisme λ de G dans AutK(CoïndHG(E)) défini par
a) Soit S une partie de G telle que tout élément de G s’écrive de manière unique sous la forme hs avec h∈Het s∈S. Alors l’application envoyant f sur (f(s))s∈S est un isomorphisme de la K-algèbre CoïndHG(E)sur la K-algèbre F(S,E)des applications de S dans E.
b) L’algèbre CoïndHG(E)est de degré fini sur K si et seulement si E est de degré fini sur K et l’indice de H par rapport à G est fini. Dans ce cas, on a la formule
[CoïndHG(E):K]=(G:H)[E:K].
c) Soient EH l’algèbre des invariants du groupe H dans E et CoïndHG(E)G celle du groupe G dans CoïndHG(E). L’application f→f(e)de CoïndHG(E)dans E induit par passage aux sous-ensembles un isomorphisme d’algèbres de CoïndHG(E)G sur EH.
L’assertion a) résulte des définitions et b) en découle. Par (15), une application de G dans E est un élément de CoïndHG(E) invariant sous G si et seulement si elle est constante de valeur un élément de E invariant sous H.
Soient G un groupe, H un sous-groupe de G et N un sous-groupe de H. Soit E une (K, N)-algèbre. Soit α un élément de FH(G,FN(H,E)). On a la relation
α(g)(nh)=n(α(g)(h))(16)
pour tout g∈G, tout h∈H et tout n∈N et les relations
α(hg)(h′)=(hα(g))(h′)=α(g)(h′h)(17)
pour tous h,h′∈H et tout g∈G. Par conséquent, α(ng)(e)=α(g)(n)=n(α(g)(e)) pour tout g∈G et tout n∈N. On peut donc considérer l’application
ψ:FH(G,FN(H,E))→FN(G,E)
définie par la relation ψ(α)(g)=α(g)(e) pour tout élément α de FH(G,FN(H,E)) et tout élément g de G. L’application ψ est un isomorphisme d’algèbres de l’algèbre CoïndHG(CoïndNH(E)) sur CoïndNG(E) dont la réciproque envoie un élément β de FN(G,E) sur l’application α définie par la relation α(g)(h)=β(hg) pour g∈G et h∈H.
On suppose maintenant donnés un groupe fini G, une K-algèbre L commutative, de degré fini et réduite (V, p. 33), munie en outre d’une action de G donnée par un homomorphisme λ de G dans AutK(L). Pour x∈L et g∈G, on note g.x le transformé de x par l’automorphismeλ(g) de L. Soit S l’ensemble des idéaux maximaux de L ; on note g.m le transformé d’un élément m de S par l’automorphisme λ(g) de L. C’est un élément de S. Pour tout m de S, le corps L/m est une extension finie de K. On note πm:L→L/m et Gm le stabilisateur de m dans G, c’est-à-dire l’ensemble des g∈G tels que gm=m; la K-algèbre L/m est munie d’une action de Gm via l’homomorphisme λm de Gm dans AutK(L/m) qui, à un élément h de Gm, associe l’automorphisme de L/m déduit de λ(h) par passage aux quotients.
Soit O l’ensemble des orbites de G dans S. Étant donnée une orbite σ∈O, posons aσ=⋂m∈σm et Lσ=L/aσ. Comme aσ est invariant par G, l’action de G sur L définit par passage aux quotients un homomorphisme λσ de G dans AutK(Lσ). Enfin, notons πσ l’application canonique de L sur Lσ.
b) L’application π:x→(πσ(x))σ∈O est un isomorphisme de (K,G)-algèbres de L sur ∏σ∈OLσ.
c) Notons LG (resp. LσG)la sous-algèbre de L (resp. Lσ)des éléments invariants sous l’action de G dans L (resp. Lσ). Alors π induit un isomorphisme de LG sur ∏σ∈OLσG.
Comme l’algèbre L est réduite et de degré fini, l’intersection des idéaux maximaux de L est réduite à 0 (VIII, p. 169, cor. 2). De plus si m et m′ sont deux idéaux maximaux de L distincts, on a m+m′=L. D’après la prop. 10 de I, p. 105, l’application canonique de L dans ∏m∈SL/m est un isomorphisme de même que l’application canonique de L/aσ dans ∏m∈σL/m, pour tout σ∈O. L’assertion a) en résulte. Comme O est une partition de S, l’assertion b) en découle et c) est une conséquence immédiate de b).
Fixons maintenant une orbite σ∈O et un élément m de σ. Posons Fm= CoïndGmG(L/m) et notons λFm l’action de G sur Fm. Pour tout x∈L, notons x l’application de G dans L/m qui envoie g sur πm(gx). Compte tenu de la formule (15) de VIII, p. 300 et de la définition de l’action de Gm sur L/m, il est immédiat que x appartient à Fm et l’application u:x→x de L dans Fm vérifie λFm(g)∘u=u∘λ(g) pour g∈G. Autrement dit, u est un morphisme de (K, G)-algèbres.
Le morphime u est surjectif de noyau aσ. L’application déduite de u par passage au quotient est un isomorphisme de (K,G)-algèbres de Lσ sur Fm.
Comme le noyau de πm est égal à m, celui de u est égal à ⋂g∈Gg−1.m=aσ. Pour prouver que u est surjectif, il suffit de démontrer que les espaces vectoriels Lσ=L/aσ et Fm ont même dimension sur K. Or tous les idéaux g.m ont la même codimension dans L et, par le lemme 8 a),
[Lσ:K]= Card(σ ).[L/m:K].
Par ailleurs, d’après le lemme 7, b) de VIII, p. 300, on a
[Fm:K]=(G:Gm)[L/m:K]
comme on a Card(σ ) =(G:Gm), on a prouvé l’égalité [Lσ:K]=[Fm:K].
On suppose maintenant en outre que l’homomorphismeλ de G dans AutK(L) est injectif. On identifie K à son image dans L par l’application ξ→ξ.1. Par ailleurs, soit Ω une extension algébriquement close de K. L’ensemble F(G,Ω) des applications de G dans Ω coïncide avec la (Ω, G)-algèbre coïnduite Coïnd{e}G(Ω). C’est un Ω[G]module libre de rang 1. Soit H l’ensemble des homomorphismes de K-algèbres de L dans Ω. On fait opérer G à droite sur H par la loi d’action (g,χ)→χ∘λ(g). La Ω-algèbre F(H,Ω) est alors munie d’une structure de (Ω, G)-algèbre déduite de l’action à droite de G sur H.
Soit G un groupe fini et soit L une K-algèbre commutative, de degré fini et réduite munie d’une action de G donnée par un homomorphisme injectif λ de G dans AutK(L). Alors, les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) Il existe un sous-groupe H de G, une extension galoisienne E de degré fini de K, un isomorphisme de H sur Gal(E/K)et un isomorphisme de (K,G)-algèbres de L sur CoïndHG(E);
(ii) L’algèbre L est étale et H est un G-ensemble principal homogène (I, p. 58, déf. 7) ;
(iii) Il existe un isomorphisme de (Ω,G)-algèbres ψ:L(Ω)→F(G,Ω)autrement dit, pour tout g∈G, l’automorphisme ψ∘λ(g)(Ω)∘ψ−1 est égal à l’automorphisme
(xh)h∈G⟶(xhg)h∈G
de ΩG;
(iv) L’algèbre L est réduite et L est un K[G]-module libre de rang 1 ;
(v) L’algèbre L est réduite, on a Card(G) = [L : K] et K est le sous-anneau de L des éléments invariants sous l’action de G ;
(vi) L’algèbre L est réduite, le groupe G opère transitivement sur l’ensemble des idéaux maximaux de L et, pour tout idéal maximal m de L, le stabilisateur Gm de m dans G agit fidèlement dans L/m et admet K comme sous-corps des invariants.
(i)⇒(ii) : Soient E une extension galoisienne de degré fini de K et τ un isomorphisme de H sur AutK(E). Soit S un système de représentants des classes à droite suivant H dans G. La K-algèbre F = CoïndHG(E) est isomorphe à F(S,E) (VIII, p. 300, lemme 7 a)), elle est donc étale. Notons λF l’action de G sur F. Par ailleurs, soit ψ un homomorphisme de K-algèbres de E dans Ω et soit χ0 l’homomorphisme f→ψ(f(e)) de F dans Ω. Soit g∈G tel que l’on ait χ0∘λF(g)=χ0; Comme ψ est injective, on a alors f(g)=f(e) pour tout f∈F. Compte tenu du lemme 7, a) de VIII, p. 300,g∈H et par la formule
f(h)=τ(h).f(e)(18)
valide pour tout h∈H, ceci ne peut avoir lieu que pour g=e. D’autre part, d’après le lemme 7, b) de VIII, p. 300 et le th. 3 de V, p. 64, on a
L’ensemble K des K-homomorphismes de F dans Ω est de cardinal [F : K] puisque F est étale (V, p. 31, prop. 4), d’où Card(K) = Card(G). Comme le stabilisateur de χ0 dans G est égal à {e} par ce qui précède, le G-ensemble K est principal homogène.
(ii)⇒(iii) : Supposons que L soit étale et que H soit un G-ensemble principal homogène. Par le lemme 10, les (Ω, G)-algèbres L(Ω) et F(H,Ω) sont isomorphes. Comme H est un G-ensemble principal homogène, les (Ω, G)-algèbres F(H,Ω) et F(G,Ω) sont isomorphes.
(iii)⇒(iv) : Supposons la propriété (iii) satisfaite ; alors L(Ω) est un module libre de rang 1 sur l’algèbre Ω[G] et cette dernière s’identifie canoniquement à K[G](Ω). On applique alors le théorème 3 de VIII, p. 34.
L’implication (iv)⇒(v) est immédiate.
Démontrons l’implication (v)⇒(vi). L’algèbre L est réduite. Par le lemme 8, c), G opère transitivement sur l’ensemble S des idéaux maximaux de L. Soit m un élément de S. Par le lemme 9, comme ⋂n∈Sn={0}, l’algèbre L est isomorphe à l’algèbre CoïndGmG(L/m). L’algèbre des invariants de Gm dans L/m coïncide donc avec K par le lemme 7, c). Donc l’homomorphisme λm de Gm sur Gal((L/m)/K) est surjectif. Par la lemme 7, on a en outre
Card(G) =[L:K]=(G:Gm)[L/m:K] Donc Card(Gm) =[L/m:K] et l’homomorphisme λm est injectif.
Il reste à démontrer l’implication (vi)⇒(i). Soit m un idéal maximal de L. Par le lemme 9, l’algèbre L est isomorphe à l’algèbre CoïndGmG(L/m) en tant que (K, G)-algèbre. Comme Gm agit fidèlement dans L/m et admet K comme sous-corps des invariants, l’homomorphisme de groupes λm définit un isomorphisme de Gm sur Gal((L/m)/K).
Dans le théorème 2, on peut remplacer l’hypothèse que Ω est algébriquement clos par l’hypothèse que Ω est séparablement clos. En effet, si L est étale, l’image de tout homomorphisme de K-algèbres de L dans Ω est une extension séparable de K.
Soit G un groupe fini et soit L une algèbre commutative, non nulle, et de degré fini sur K, munie d’une structure de (K,G)-algèbre, l’action de G étant donnée par un homomorphisme injectif de G dans le groupe AutK(L). On dit que L est une algèbre galoisienne de groupe G si elle satisfait aux propriétés équivalentes (i) à (vi) du théorème 2.
Supposons que L soit une extension de K munie d’une action λ de G. Alors L est une algèbre galoisienne sur K si et seulement si L est une extension galoisienne de K et λ un isomorphisme de G sur le groupe de Galois de L sur K.
Supposons que le groupe G soit commutatif. Si G opère fidèlement et transitivement sur un ensemble X, le stabilisateur de tout point de X est réduit à l’identité (car les stabilisateurs des points de X sont tous égaux et leur intersection est réduite à l’élément neutre de G). Par suite, les propriétés (i) à (vi) énoncées dans le théorème 2 sont encore équivalentes à la suivante :
(vii) L’algèbre L est étale et G opère fidèlement et transitivement sur H.
Soit n un entier strictement positif, étranger à l’exposant caractéristique de K. On suppose que le groupe μn des racines n-èmes de l’unité dans K est d’ordre n. Pour tout diviseur d de n, le groupe μd des racines d-èmes de l’unité est alors d’ordre d. Soit a un élément non nul de K, soit L l’algèbre K[X]/(Xn−a) et soit x la classe de X dans L. La suite (1,x,...,xn−1) est une base de l’espace vectoriel L sur le corps K et l’on a xn=a. De plus, le polynôme Xn−a est étranger à sa dérivée nXn−1, donc l’algèbre L est étale (V, p. 36, prop. 3). Pour tout ζ dans μn, l’automorphisme P(X)→P(ζX) de l’anneau K[X] définit par passage aux quotients un endomorphisme λ(ζ) de L, puisqu’on a (ζX)n−a=Xn−a; c’est un automorphisme. On a
λ(ζ)xi=ζixi(19)
pour 0⩽i<n. L’application λ:ζ→λ(ζ) est un homomorphisme injectif de μn dans AutK(L) et l’anneau des invariants du groupe λ(μn) dans L est égal à K.1. Comme le cardinal de μn est égal à n=[L:K], l’algèbre L munie de l’action λ est une algèbre galoisienne (VIII, p. 303, th. 2, (v)).
Soit r le plus petit entier strictement positif tel que ar appartienne à K∗n; c’est un diviseur de n et il existe un élément b de K∗ tel que a=bn/r. Alors (V, p. 87, remarque), le polynôme Xr−b est irréductible et l’on a Xn−a=∏ζ∈μn/r(Xr−ζb). Soit E le corps K[Y]/(Yr−b) et soit y la classe de Y dans E. Il existe un isomorphisme θ de μn/r sur Gal(E/K), caractérisé par la relation θ(ξ)(y)=ξy (V, p. 86, exemple 3). On vérifie alors que l’algèbre galoisienne L est isomorphe à la (K,μn)-algèbre Coïndμn/rμn(E).
Supposons maintenant que le corps K soit de caractéristique p=0. Soit c un élément de K. Le polynôme f=Xp−X−c est étranger à sa dérivée f′=−1, l’algèbre L=K[X]/(f) est donc étale (V, p. 36, prop. 3). On note x l’image de X dans L, et on a la relation xp=x+c; la suite (1,x,...,xp−1) est une base de L considéré comme espace vectoriel sur K.
Soit P le groupe additif du sous-corps premier de K ; c’est un groupe cyclique d’ordre p, engendré par l’élément unité 1 de K. Pour tout j dans P, on a jp=j (V, p. 4, (4)), d’où f(X+j)=f(X). Il existe donc un automorphisme γ(j) de l’algèbre L caractérisé par la relation γ(j)(x)=x+j; de plus, l’application γ ainsi définie est un homomorphisme injectif de P dans AutK(L).
Soit Ω une extension algébriquement close de K et soit ξ une racine du polynôme f dans Ω. On a ξp=ξ+c, d’où
Xp−X−c=(Xp−ξp)−(X−ξ)=(X−ξ)p−(X−ξ)=j∈P∏(X−ξ−j)
d’après V, p. 89, formule (1). Pour tout j dans P, il existe un unique homomorphisme d’algèbres χj:L→Ω qui applique x sur ξ+j; de plus, tout homomorphisme de L dans Ω est l’un des χj et l’on a la relation χj=χ0∘γ(j). D’après la condition (ii) du th. 2 de VIII, p. 303, l’algèbre L munie de γ est une algèbre galoisienne sur K.
Pour décrire la structure de L on doit distinguer deux cas :
a) On a ξ∈/K: alors le polynôme f(X) est irréductible dans K[X] (V, p. 89, exemple 3). Dans ce cas L est une extension cyclique de degré p de K et γ est un isomorphisme de P sur Gal(L/K).
b) On a ξ∈K: alors l’application ψ:y→(χj(y))j∈P est un isomorphisme de l’algèbre L sur l’algèbre produit KP; de plus, ψ∘γ(k)∘ψ−1 est l’automorphisme (xj)j∈P→(xj+k)j∈P de KP pour tout k∈P.
Soit G un groupe fini, soit H un sous-groupe de G et soit E une algèbre galoisienne de groupe H sur le corps K. Alors la (K,G)-algèbre CoïndHG(E) déduite de E par coïnduction de H à G est une algèbre galoisienne de groupe G sur le corps K.
Comme E est une algèbre galoisienne sur K, l’algèbre E est réduite, on a Card(H) = [E : K] et K est l’anneau des invariants de H dans E (propriété (v) du th. 2 de VIII, p. 303). Mais d’après le lemme 7 de VIII, p. 300, l’algèbre F = CoïndHG(E) est réduite, et on a
Soit G un groupe fini. Soit L une algèbre galoisienne de groupe G sur le corps K et soit K′ une extension de K. Alors la (K′,G)-algèbre L(K′) est une algèbre galoisienne sur K′.
On utilise le th. 2, (v) en remarquant que si la K-algèbre L est étale, la K′-algèbre L(K′) l’est aussi (V, p. 32, cor. 2), que l’on a l’égalité [L(K′):K′]=[L:K], et que l’anneau des invariants de G dans L(K′) est (LG)(K′), où LG est l’anneau des invariants de G dans L.
Soient G1 et G2 des groupes. Soient L1 et L2 des algèbres galoisiennes sur K d’actions respectives λ1:G1→ AutK(L1)et λ2:G2→ AutK(L2). Posons L=L1⊗KL2,G=G1×G2 et λ(g1,g2)=λ1(g1)⊗λ2(g2)pour (g1,g2)∈G. Alors la K-algèbre L munie de l’action λ est une algèbre galoisienne sur K.
On raisonne comme précédemment au moyen des remarques suivantes : si L1 et L2 sont étales, il en est de même de l’algèbre L=L1⊗KL2 (V, p. 31, cor. 1) et l’on a les égalités
[L:K]=[L1:K][L2:K] et Card(G) = Card(G1) Card(G2).
De plus si LiGi désigne l’anneau des invariants de Gi dans Li alors il résulte du lemme suivant que L1G1⊗KL2G2 est l’anneau des invariants de G1×G2 dans L1⊗KL2.
Soient G1 et G2 des groupes et soient W1 et W2 des K-espaces vectoriels. On munit W1 (resp. W2)d’une action de G1 (resp. G2)donnée par un homomorphisme de groupes ρ1:G1→ AutK(W1) (resp. ρ2:G2→ AutK(W2)). On considère l’homomorphisme de groupes
ρ1⊗ρ2:G1×G2⟶ AutK(W1⊗KW2)
défini par la relation (ρ1⊗ρ2)(g1,g2)(w1⊗w2)=ρ1(g1)(w1)⊗ρ2(g2)(w2), pour tout g1∈G1 tout g2∈G2, tout w1∈W1 et tout w2∈W2. Alors l’application linéaire de W1G1⊗KW2G2 dans W1⊗KW2 donnée par le produit tensoriel des injections canoniques induit un isomorphisme de K-espaces vectoriels de W1G1⊗KW2G2 sur (W1⊗KW2)G1×G2.
Cela résulte du lemme 1 de VIII, p. 209, appliqué aux K[G]-modules M1=M2=K munis de l’action triviale de G,N1=W1 et N2=W2.
☡ Soit L une extension galoisienne de degré fini du corps K et soit G son groupe de Galois ; notons λ l’application identique de G. Alors L muni de λ est une algèbre galoisienne de groupe G sur K. Soit K′ une extension de K. D’après la proposition 10, L(K′) est une algèbre galoisienne sur K′, mais ce n’est pas en général une extension de K′. De manière analogue, d’après la prop. 11, le produit tensoriel d’extensions galoisiennes E et F de degré fini de K peut être considéré comme une algèbre galoisienne ; en général, ce n’est pas une extension galoisienne de K. C’est néanmoins le cas si E et F sont en outre des sous-extensions linéairement disjointes d’une extension de K (V, p. 13 et p. 55, prop. 1).
9. Produits croisés
Soit K un corps et soit G un groupe dont on note e l’élément neutre, soit L une K-algèbre commutative et soit λ un homomorphisme de G dans le groupe des automorphismes de la K-algèbre L. Pour tout g de G, soit τ(g) l’automorphisme du groupe multiplicatif L∗ de L qui est induit par λ(g).
Soit E=(Γ,ι,π) une τ-extension du groupe G par L∗. Faisons opérer le groupe L∗ à droite sur l’ensemble L×Γ par la loi d’opération :
(β,γ).α=(βα,ι(α)−1γ)(20)
pour α∈L∗,β∈L et γ∈Γ. Notons E l’ensemble des orbites de L∗ dans L×Γ et [β;γ] l’orbite du couple (β,γ). On a donc par construction la relation
[βα;γ]=[β;ι(α)γ](21)
pour α∈L∗,β∈L et γ∈Γ.
Étant donnés β dans L et γ dans Γ, on note γβ le transformé de β par l’automorphisme λ∘π(γ) de L ; on a les relations
(22) γ(γ′β)=γγ′β,γ(β+β′)=γβ+γβ′ et γ(ββ′)=γβγβ′
pour γ,γ′ dans Γ et β,β′ dans L. Il existe une loi de composition sur E caractérisée par la relation
[β;γ][β′;γ′]=[βγβ′;γγ′](23)
en effet, il suffit de vérifier que le membre de droite ne change pas si l’on remplace respectivement β,γ,β′,γ′ par βα,ι(α)−1γ,β′α′,ι(α′)−1γ′ avec α,α′ dans L∗ et cela résulte aussitôt de la formule (1) de VIII, p. 281 appliquée à E qui s’écrit également γι(α)=ι(γα)γ pour γ∈Γ et α∈L∗. D’après les formules (22), l’ensemble E muni de cette loi est un monoïde d’élément neutre [1;e].
Comme π∘ι est constante de valeur e, il existe une application π de E dans G telle que l’on ait
π([β;γ])=π(γ)(24)
pour β∈L et γ∈Γ.
Soit g un élément de G et soit Eg=π−1(g). Si γ0 est un élément fixé de π−1(g), l’application β→[β;γ0] est une bijection de L sur Eg, grâce à laquelle nous transporterons à Eg la structure de K-espace vectoriel de L. Comme π−1(g) se compose des éléments de la forme ι(α)γ0 où α parcourt L∗ et que l’on a
[β;ι(α)γ0]=[βα;γ0]
la structure d’espace vectoriel de Eg ne dépend pas du choix de γ0.
Soient g et g′ des éléments de G ; d’après les formules (22) et (23), la loi de composition de E induit par restriction une application K-bilinéaire de Eg×Eg′ dans Egg′. Par suite, l’espace vectoriel P=⨁g∈GEg est muni d’une structure d’algèbre associative et unifère, dont la multiplication induit l’application bilinéaire précédente de Eg×Eg′ dans Egg′, quels que soient g et g′ dans G. L’algèbre P s’appelle le produit croisé de L par E et se note A[E;L]; son élément unité est l’élément [1;e] de Ee.
Posons
u(β)=[β;e](25)
pour β dans L. Alors u:L→A[E;L] est un homorphisme injectif de K-algèbres. Par (23), pour tout γ∈Γ, l’élément [1;γ] est inversible dans A[E,L] et l’application v:Γ→A[E,L]∗ qui envoie γ sur [1;γ] est un homomorphisme injectif de groupes. Les homomorphismes u et v sont dits canoniques. On a les relations
u(α)=v(ι(α))(26)
u(γβ)=v(γ)u(β)v(γ)−1(27)
[β;γ]=u(β)v(γ)(28)
pour α∈L∗,β∈L et γ∈Γ.
Réciproquement, on a la propriété universelle suivante de l’algèbre A[E;L]:
Soient B une K-algèbre, u′:L→Bun homomorphisme de K-algèbres et v′:Γ→B∗ un homomorphisme de groupes. On suppose vérifiées les relations
u′(α)=v′(ι(α))(29)
u′(γβ)=v′(γ)u′(β)v′(γ)−1(30)
pour α dans L∗,β dans L et γ dans Γ. Il existe alors un homomorphisme d’algèbres f de A[E;L]dans B, et un seul, tel que l’on ait u′=f∘u et v′=f∘v.
Pour démontrer l’unicité de f, remarquons que l’espace vectoriel A[E;L] sur le corps K est engendré par l’ensemble des éléments de la forme [β;γ]=u(β)v(γ); si l’homomorphisme f′:A[E;L]→B satisfait à f′∘u=u′ et f′∘v=v′ il envoie [β;γ] sur u′(β)v′(γ), donc coïncide avec f.
D’après la formule (29), on a
u′(βα)v′(ι(α)−1γ)=u′(β)v′(γ)(31)
pour α dans L∗,β dans L et γ dans Γ. Vu la définition de E, il existe donc une application f0:E→B telle que f0([β;γ])=u′(β)v′(γ). D’après les formules (23) et (30), on a f0(xx′)=f0(x)f0(x′) pour x et x′ dans E. La restriction de f0 à Eg est K-linéaire pour tout élément g de G ; par suite, il existe une application K-linéaire f de A[E;L] dans B et une seule, qui coïncide avec f0 sur E. L’application f est un morphisme d’algèbres qui vérifie u′=f∘u et v′=f∘v.
Soit σ:G→Γ une section de l’application π. Posons εg=v(σ(g)) pour tout g de G et notons cσ le 2-cocycle associé à σ (VIII, p. 291). En particulier
εgεg′=u(cσ(g,g′))εgg′(32)
pour tous g,g′∈G. Identifions par ailleurs L à une sous-algèbre de A[E;L] par l’homomorphisme u. Alors tout élément de A[E;L] s’écrit de manière unique sous la forme ∑g∈Gagεg, où (ag) est une famille à support fini d’éléments de L. La multiplication dans A[E;L] s’exprime par la formule
(g∑agεg)((g∑bgεg)=g∑dgεg(33)
avec
dg=hh′=g∑ah(λ(h).bh′)cσ(h,h′)(34)
Si l’extension E est semi-triviale, on peut choisir une section σ de π qui est un morphisme de groupes de G dans Γ ; le cocycle cσ est donc constant de valeur 1 et la formule (34) se simplifie alors en
dg=hh′=g∑ahλ(h).bh′(35)
Soit K′ une extension du corps K. Notons L′ la K′-algèbre L(K′) et pour tout g de G, notons λ′(g) l’automorphismeλ(g)(K′) induit par λ(g) sur L(K′). Notons également τ′(g) l’automorphisme de L′∗ induit par λ′(g). Enfin, soit h l’homomorphisme de L∗ dans L′∗ qui envoie x sur x⊗1. Soit alors E′=(Γ′,ι′,π′) l’image directe de l’extension E par h (VIII, p. 285). Soit A[E′,L′] la K′-algèbre produit croisé de E′ par L′ et soient u′:L′→A[E′,L′] et v′:Γ′→A[E′,L′]∗ les homomorphismes canoniques.
Soit E=(Γ,ι,π)une τ-extension de G par L∗. L’algèbre A[E;L] est simple, centrale et de rang n2 sur K. De plus, l’homomorphisme canonique u de L dans A[E;L]est un isomorphisme de L sur une sous-algèbre commutative maximale de A[E;L].
a) Il n’existe aucun idéal de L, autre que {0} et L, qui soit invariant par G.
b) Soit g un élément de G distinct de l’élément neutre et soit ag l’idéal de L engendré par les éléments de la forme x−λ(g)x où x parcourt L. On a ag=L.
Soit S l’ensemble des idéaux maximaux de L ; pour toute partie S de S, posons a(S)=⋂m∈Sm. Comme l’anneau L est commutatif et semi-simple (VIII, p. 305, remarque 6), l’application S→a(S) est une bijection de l’ensemble des parties de S sur l’ensemble des idéaux de L (VIII, p. 137, prop. 9). L’idéal a(S) est invariant sous G si et seulement si S l’est. Comme G agit de manière transitive sur S (VIII, p. 303, th. 2 vi)), les seules parties de S invariantes par G sont ∅ et S. Comme a(∅)=L et a(S)={0}, on a démontré l’assertion a).
Pour démontrer b), raisonnons par l’absurde en supposant qu’on ait ag=L. Soit m un idéal maximal de L contenant ag. On a donc λ(g)x≡x mod. m pour tout x de L. En particulier, m est invariant par g et λ(g) induit l’identité sur le corps L/m. Par le th. 2, (vi) de VIII, p. 303, l’élément g de Gm est trivial ce qui contredit l’hypothèse de b).
Démontrons maintenant le théorème 3. L’espace vectoriel A[E;L] est de dimension finie Card(G)[L:K]=n2 sur K, d’après VIII, p. 311 et l’égalité Card(G) = [L:K]=n faite en hypothèse.
Soit a un idéal bilatère non nul de l’algèbre A[E;L]. Reprenons les notations de VIII, p. 311. Tout élément a de A[E;L] s’écrit de manière unique sous la forme a=∑g∈Gagεg avec ag∈L pour tout g∈G; on note Φ(a) l’ensemble des éléments g de G tels que ag=0. D’après la formule (32) de VIII, p. 311, on a la relation
εgεg′=cσ(g,g′)εgg′(38)
pour tous g,g′∈G et par suite
Φ(aεg)=Φ(a).g(39)
pour tout g∈G et tout a∈A[E;L].
Soit a un élément non nul de a, pour lequel Φ(a) soit minimal pour l’inclusion ; d’après la formule (39), on peut supposer, quitte à remplacer a par un élément de la forme aεg−1, où g∈Φ(a), qu’on a e∈Φ(a). Soit s un élément de Φ(a) distinct de e. D’après le lemme 12, b), il existe un élément x de L tel que as(x−λ(s).x)=0. Mais on a la relation
xa−ax=g∑ag(x−λ(g).x)εg(40)
la somme s’étendant sur les éléments g de Φ(a) distincts de e. Vu le caractère minimal de Φ(a), on a donc xa−ax=0, mais ceci contredit l’hypothèse faite sur x. On a donc prouvé par l’absurde que Φ(a) contient seulement l’unité e de G, d’où a∈L.
Donc L∩a est un idéal de L non réduit à {0}. De plus, pour tout x de L, on a εgxεg−1=λ(g).x, donc L∩a est invariant par G. D’après le lemme 12, on a donc L∩a=L, c’est-à-dire L⊂a. Comme L contient l’élément unité de A[E;L], on a a=A[E;L].
Comme l’algèbre A[E;L] est de dimension finie non nulle sur K et qu’elle n’a d’autre idéal bilatère que {0} et A[E;L], elle est simple.
Démontrons que tout élément a de A[E;L] qui commute à L appartient à L. Écrivons a sous la forme ∑g∈Gagεg avec des coefficients ag dans L. Pour tout x de L, on a xa−ax=0 et la relation (40) montre qu’on a
ag(x−λ(g).x)=0(41)
quels que soient g∈G et x∈L. D’après le lemme 12, on a donc ag=0 pour g=e; d’où a∈L.
Déterminons enfin le centre de A[E;L]. Si z appartient au centre, il commute à L, donc appartient à L. Mais on a alors
0=εgz−zεg=(λ(g).z−z)εg
pour tout g de G. Donc z est invariant par le groupe λ(G) d’automorphismes de L. On a donc z∈K par hypothèse.
Soit A une algèbre simple et centrale, de rang fini sur K et soit L une sous-algèbre commutative maximale de A. Alors il existe une τ-extension E de G par L∗ telle que A soit isomorphe à A[E;L].
On ne restreint pas la généralité en supposant que L est une sous-algèbre commutative maximale de A. Soit Γ le groupe multiplicatif formé des éléments inversibles γ de A tels qu’il existe g appartenant à G avec
γxγ−1=λ(g).x(42)
pour tout élément x de L. Si γ∈Γ est donné, l’élément g satisfaisant à cette relation est unique, on le note π(γ); il est immédiat que π est un homomorphisme de Γ dans G et que son noyau est égal à L∗. Que π soit surjectif résulte du théorème de Skolem-Noether (VIII, p. 259, cor.).
Si l’on note ι l’injection canonique de L∗ dans Γ, il résulte des constructions que E=(Γ,ι,π) est une τ-extension de G par L∗. Soient
u:L→A[E;L] et v:Γ→A[E;L]
les homomorphismes canoniques. D’après la propriété universelle de A[E;L] (VIII, p. 310, prop. 12), il existe un unique homomorphisme d’algèbres f:A[E;L]→A tel que f∘u(x)=x et f∘v(γ)=γ pour x∈L et γ∈Γ. Comme l’algèbre A[E;L] est simple, l’homomorphisme f est injectif. Or l’algèbre A[E;L] est de rang n2 sur K et il en est de même de A, puisque L est une sous-algèbre semi-simple commutative maximale de A et qu’on a n=[L:K] (VIII, p. 258, prop. 3, (ii)). Donc f est bijectif.
qui à la classe de toute τ-extension E de G par L∗ associe la classe dans Br(L/K) de l’algèbre A[E;L].
Pour définir Ψ et vérifier que c’est une bijection, il s’agit d’établir les points suivants :
a) Si E et E′ sont des τ-extensions isomorphes de G par L∗, les algèbres A[E;L] et A[E′;L] sont isomorphes ;
b) Réciproquement, si les algèbres A[E;L] et A[E′;L] sont isomorphes, les τ-extensions E et E′ de G par L∗ sont isomorphes ;
c) Dans toute classe appartenant à Br(L/K), il y a une algèbre E contenant L comme sous-algèbre commutative maximale ;
d) Si E est une algèbre simple et centrale de rang fini sur K et contenant L comme sous-algèbre commutative maximale, alors il existe une τ-extension E de G par L∗ telle que E soit isomorphe à A[E;L].
La vérification de a) résulte de la construction du produit croisé ; celle de b) résulte de VIII, p. 259, cor. L’assertion c) résulte de la prop. 5 de VIII, p. 277 et l’assertion d) n’est autre que le th. 4 ci-dessus.
Il reste à vérifier que Ψ est un homomorphisme de groupes ; pour cela il suffit de démontrer que si E1=(Γ1,ι1,π1) et E2=(Γ2,ι2,π2) sont des τ-extensions alors l’algèbre A[E1E2;L] est équivalente à l’algèbre A[E1;L]⊗A[E2;L]. Notons E=(Γ,ι,π) l’extension produit E1E2. Le groupe Γ est donc isomorphe au conoyau de l’homomorphisme ρ de L∗ dans le produit fibré Γ1×GΓ2 qui envoie μ sur (ι1(μ),ι2(μ)−1). Pour i∈{1,2}, notons Ai=A[Ei;L]. Soient ui:L→Ai et vi:Γi→Ai∗ les homomorphismes canoniques et identifions L avec ses images par les homomorphismes ui, ce qui fait de L une sous-algèbre commutative maximale de Ai. Notons Vi le L-espace vectoriel défini par la multiplication à gauche dans Ai. L’anneau L⊗KAio opère sur Vi. Comme il est simple et de dimension n2 sur L, on obtient un isomorphisme de L⊗KAio sur EndL(Vi). Donc l’anneau L⊗KA1o⊗KA2o, qu’on peut identifier à (L⊗KA1o)⊗L(L⊗KA2o) est isomorphe à EndL(V1⊗LV2). Posons C = EndA1o⊗KA2o(V1⊗LV2). Par le lemme 3 de VIII, p. 277, C est semblable à A1⊗KA2 et L⊗1⊗1 est une sous-algèbre commutative maximale de C. Pour tout couple (γ1,γ2)∈Γ1×Γ2 vérifiant π1(γ1)=π2(γ2), notons w(γ1,γ2) l’unique endomorphisme λ(π1(γ1))-semi-linéaire (II, p. 32) tel que
w(γ1,γ2)(x1⊗x2)=v1(γ1)x1⊗v2(γ2)x2
pour x1∈V1 et x2∈V2. On a w(γ1,γ2)∈C∗ et w est un homomorphisme de groupes du produit fibré Γ1×GΓ2 dans C∗. Cet homomorphisme est trivial sur l’image de ρ et induit un homomorphisme v de Γ dans C∗. Notons u:L→C le morphisme donné par u:l→l⊗1⊗1. On vérifie alors les relations
u(α)=v(ι(α)) et u(γβ)=v(γ)u(β)v(γ)−1
pour α∈L∗,β∈L et γ∈Γ. La proposition 12 de VIII, p. 310 fournit un homomorphisme f de l’algèbre A[E;L] dans C. Comme l’algèbre A[E;L] est simple, l’homomorphisme f est injectif. Les algèbres C et A[E;L] ayant la même dimension sur K, f est un isomorphisme.
Si L est une algèbre étale sur K et G le groupe des automorphismes de L, il n’est pas toujours vrai que l’algèbre A[E;L] soit simple et centrale (par exemple, on peut prendre L=Kn et G=Sn).
On peut calculer comme suit un 2-cocycle c associé à une algèbre A déployée par une extension galoisienne finie L de groupe G. Tout d’abord, il existe un K-homomorphisme φ:A→Mm(L), où [A:K]=m2. Pour g∈G, soit φg l’homomorphisme de A dans Mm(L) donné par a↦φ(g−1ag). D’après le théorème de Skolem-Noether, il existe, pour tout g∈G, un élément ug de GLm(L) tels que
φg(a)=ugφ(a)ug−1
pour a∈A. On pose ensuite
c(g,g′)=ugug′ugg′−1.
On peut également définir une extension de G par L∗ au moyen de φ : on considère le groupe Γ⊂GLm(L) formé des γ pour lesquels il existe g∈G avec
φg(a)=γφ(a)γ−1
pour tout a∈A. La classe de cette extension est l’image inverse par Ψ de la classe de A dans Br(L/K).
L’application* ΦL/K=Θ∘Ψ−1définit un isomorphisme de groupes deBr(L/K)surH2(G,L∗).
Soient K′ une extension de K et φ:K′→L un morphisme de K-algèbres. L’ensemble H des éléments h de G tels que λ(h)∘φ=φ est un sous-groupe de G et la K′-algèbre-L munie de la restriction de λ à H est une algèbre galoisienne sur K′.
Soit K un corps commutatif et soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Soit L une extension séparable de degré fini de K qui déploie l’algèbre A. Alors [L : K][A] est nul dans Br(K).
Il existe une extension M de L qui est une extension galoisienne de degré fini de K (V, p. 55, prop. 2). La classe [A] de A dans le groupe de Brauer de K appartient au sous-groupe Br(M/K). Soit G le groupe de Galois de M sur K et soit α l’image de [A] dans H2(G,M∗) (VIII, p. 316, cor.). Soit H le groupe de Galois de M sur L. Alors H est un sous-groupe d’indice [L : K] dans G (V, p. 66, cor. 5). Comme ResHG(α)=ΦM/L(A(L)) (prop. 14), on a ResHG(α)=0. Par la prop. 8 de VIII, p. 298, on en déduit que [L:K]α=0, puis [L : K][A] = 0.
Soit K un corps commutatif et soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Alors A est isomorphe à une algèbre de la forme Mn(D), où D est un corps de centre K et [A] = [D] dans Br(K). Le degré réduit de D ne dépend que de A. On appelle indice de A ce degré réduit. L’indice de A divise donc le degré réduit de A. On appelle exposant de A l’ordre de la classe de A dans le groupe de Brauer de K.
L’exposant d’une algèbre centrale simple et de degré fini sur un corps commutatif divise son indice.
Il suffit de le démontrer pour un corps D de degré fini sur son centre K. Soit L un sous-corps commutatif maximal de D qui est une extension séparable de K ; on a [D:K]=[L:K]2 (VIII, p. 261, cor. 2, b) et c)). Alors l’extension L de K déploie l’algèbre D (VIII, p. 277, prop. 5) et [L : K] coïncide avec le degré réduit de D. On applique alors le théorème 6.
Soit K un corps commutatif et soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Soit p un nombre premier. Si p divise l’indice de A, alors il divise l’exposant de A.
Supposons que le nombre premier p ne divise pas l’exposant de A et démontrons qu’il ne divise pas son indice. Il suffit de démontrer ce résultat dans le cas où A est un corps. Soit L une extension galoisienne de degré fini de K qui déploie A. Soit G le groupe de Galois de L sur K et soit H un p-sous-groupe de Sylow de G (I, p. 74). On note L′=LH le sous-corps de L des invariants de H. L’exposant de A(L′) divise celui de A donc est premier à p. Par le théorème 6, on a que [L:L′][A(L′)]=0 dans le groupe de Brauer de L′. Il en résulte que [A(L′)]=0 et que le corps L′ déploie A. On applique alors le cor. 2 de VIII, p. 278 ; il en résulte que l’indice de A divise [L′:K] et n’est donc pas divisible par p.
Soit K un corps parfait de caractéristique p et soit A une algèbre centrale et simple de degré fini sur K, alors p ne divise pas l’indice de A.
Il suffit de traiter le cas où p est strictement positif.
Démontrons dans ce cas que le groupe de Brauer de K ne contient pas d’élément d’ordre p. Pour toute extension M galoisienne de degré fini sur K, le corps M est parfait (V, p. 35, prop. 2). Donc l’élévation à la puissance p est un automorphisme du groupe M∗. Il en résulte que la multiplication par p est un automorphisme du groupe H2(Gal(M/K),M∗) qui est isomorphe à Br(M/K).
Par conséquent, l’ordre de [A] est premier à p et, par le corollaire 2, son indice n’est pas divisible par p.
En considérant des produits tensoriels d’algèbres de quaternions, il est possible de construire des corps de centre K d’exposant 2 et d’indice arbitrairement grand (cf. VIII, p. 363, exercices 7 et 8).
∗Par contre, si K est une extension finie d’un corps p-adique ou un corps de
série formelle sur un corps fini, alors l’exposant d’une algèbre centrale simple et de degré fini sur K est égal à son indice (VIII, p. 327, exerc. 17, e)).∗