Algèbre, VIII, p. 419
Bourbaki marks this one as harder than the rest.
Soit n∈N. On désigne par Dn le sous-ensemble de Nn formé des éléments (p1,...,pn) tels que p1⩾⋯⩾pn; on le munit de l’ordre lexicographique. Pour p∈Dn, on note p′ l’élément de Dn défini par pi′=pi+n−i. Soit X=(X1,...,Xn) une suite d’indéterminées ; on pose Δ(X)=∏i<j(Xi−Xj).
a) Soit P∈Z[X] un polynôme antisymétrique, c’est-à-dire satisfaisant à la relation P(Xσ(1),...,Xσ(n))=ε(σ)P(X1,...,Xn) pour tout élément σ∈Sn. Démontrer qu’il existe un polynôme symétrique Q∈Z[X] tel que P = ΔQ.
b) Pour tout p∈Dn, on pose Sp(X)=Δ(X)−1 det(Xjpi′)1⩽i,j⩽n. Démontrer que Sp est un polynôme symétrique homogène de degré ∑pi, à coefficients entiers.
c) Si q=(qi)1≤i≤n est un élément de Dn et P un élément de Q[X], on note [P]q le coefficient de xq dans P. On pose Kpq=[Sp]q. Prouver qu’on a Kpp=1 et Kpq=0 pour q>p (développer l’égalité det(Xjpj′)=Sp(X)Δ(X) suivant l’ordre lexicographique). En déduire que les polynômes Sp pour p∈Dn forment une base du sous-Z-module de Z[X] formé des polynômes symétriques.
d) Soit Y=(Y1,…,Yn) une suite d’indéterminées. Prouver l’égalité entre séries formelles
1≤i,j≤n∏(1−XiYj)−1=p∈Dn∑Sp(X)Sp(Y)
(utiliser l’égalité det((1−XiYj)−1)1≤i,j≤n=Δ(X)Δ(Y)∏1≤i,j≤n(1−XiYj)−1 (cf. III, p. 192, exerc. 5), en calculant le membre de gauche à l’aide du développement en série formelle de (1−T)−1).
e) Soit P∈Q[X] un polynôme symétrique. Pour tout p∈Dn, on pose ωp(P)=[PΔ]p′. Prouver l’égalité ωp(Sq)=δpq. En déduire que pour tout q∈Dn on a [P]q=∑p∈DnKpqωp(P).
f) Pour α∈Nn, on pose fα(X)=∏j=1n(∑iXij)αj et cα=∏j=1njαjαj!1. Démontrer qu’on a ∑α∈Nncαωp(fα)ωq(fα)=δpq pour p,q dans Dn (remarquer qu’on a
1≤i,j≤n∏(1−XiYj)−1=k=0∏∞exp(k1(i∑Xik)(j∑Yjk))=α∈Nn∑cαfα(X)fα(Y)).