Soient k un anneau commutatif, A une k-algèbre associative et unifère, M un (A,A)-bimodule. On appelle extension de A par M la donnée d’une k-algèbre B associative et unifère et d’une suite exacte de k-modules
(E):0⟶MiBpA⟶0,
où p est un homomorphisme d’algèbres et où
i(p(b)m)=bi(m)eti(mp(b))=i(m)bpour b∈B,m∈M.
Deux extensions 0⟶MiBpA⟶0 et 0⟶Mi′B′p′A⟶0 sont dites équivalentes s’il existe un homomorphisme d’algèbres u:B⟶B′ tel que p′∘u=p et u∘i=i′; l’homomorphisme u est alors bijectif.
a) On suppose que la suite exacte de k-modules 0⟶MiBpA⟶0 est scindée; soit s:A⟶B une section k-linéaire de p. Montrer qu’il existe un élément f∈C2(A,M) (X, p. 195, exercice 26, b)) tel que
s(a)s(a′)−s(aa′)=i(f(a,a′))
pour a,a′∈A. Montrer que f est un 2-cocycle et que sa classe dans H2(A,M) est indépendante du choix de s; on la note (E).
b) Soit Exk(A,M) l’ensemble des classes d’équivalence d’extensions de A par M qui sont triviales comme extensions de k-modules. Montrer que c définit une bijection de Exk(A,M) sur H2(A,M).
c) Soient E:0→MiBpA→0 et E′:0→Mi′B′p′A→0 deux extensions de A par M. On note C la sous-algèbre de B×B′ formée des éléments (b,b′) tels que p(b)=p′(b′), c l’idéal de C formé des éléments (i(m),−i′(m)) pour m∈M, B l’algèbre C/c, π:C→B l’homomorphisme de passage au quotient. Soient i′′:M→B et p′′:B→A les homomorphismes tels que i′′(m)=π((m,0)) pour m∈M et p′′π((b,b′))=p(b) pour b∈B,b′∈B′. Montrer que la suite 0→M→B→A→0 est une extension de A par M, appelée extension somme de (E) et (E′), et que l’on définit ainsi une loi de groupe commutatif sur l’ensemble des classes d’équivalence d’extensions de A par M. En particulier, l’ensemble Exk(A,M) est muni ainsi d’une structure de groupe, et l’application c est un isomorphisme de groupes.