Bourbaki

Exercice 1, § 7

Algèbre, X, p. 197

Soient kk un anneau commutatif, AA une kk-algèbre associative et unifère, MM un (A,A)(A,A)-bimodule. On appelle extension de AA par MM la donnée d’une kk-algèbre BB associative et unifère et d’une suite exacte de kk-modules

(E):0⟶M→iB→pA⟶0, (\mathscr{E}):\quad 0\longrightarrow M \xrightarrow{i} B \xrightarrow{p} A\longrightarrow0,

où pp est un homomorphisme d’algèbres et où

i(p(b)m)=bi(m)eti(mp(b))=i(m)bpour b∈B, m∈M. i(p(b)m)=bi(m)\quad\text{et}\quad i(mp(b))=i(m)b\quad\text{pour }b\in B,\ m\in M.

Deux extensions 0⟶M→iB→pA⟶00\longrightarrow M\xrightarrow{i}B\xrightarrow{p}A\longrightarrow0 et 0⟶M→i′B′→p′A⟶00\longrightarrow M\xrightarrow{i'}B'\xrightarrow{p'}A\longrightarrow0 sont dites équivalentes s’il existe un homomorphisme d’algèbres u:B⟶B′u:B\longrightarrow B' tel que p′∘u=pp'\circ u=p et u∘i=i′u\circ i=i'; l’homomorphisme uu est alors bijectif.

a) On suppose que la suite exacte de kk-modules 0⟶M→iB→pA⟶00\longrightarrow M\xrightarrow{i}B\xrightarrow{p}A\longrightarrow0 est scindée; soit s:A⟶Bs:A\longrightarrow B une section kk-linéaire de pp. Montrer qu’il existe un élément f∈C2(A,M)f\in C^2(A,M) (X, p. 195, exercice 26, b)) tel que

s(a)s(a′)−s(aa′)=i(f(a,a′)) s(a)s(a')-s(aa')=i(f(a,a'))

pour a,a′∈Aa,a'\in A. Montrer que ff est un 22-cocycle et que sa classe dans H2(A,M)H^2(A,M) est indépendante du choix de ss; on la note (E)(\mathscr{E}).

b) Soit Exk(A,M)Ex_k(A,M) l’ensemble des classes d’équivalence d’extensions de AA par MM qui sont triviales comme extensions de kk-modules. Montrer que cc définit une bijection de Exk(A,M)Ex_k(A,M) sur H2(A,M)H^2(A,M).

c) Soient E:0→M→iB→pA→0\mathscr{E}:0\to M \xrightarrow{i} B \xrightarrow{p} A\to0 et E′:0→M→i′B′→p′A→0\mathscr{E}':0\to M \xrightarrow{i'} B' \xrightarrow{p'} A\to0 deux extensions de AA par MM. On note CC la sous-algèbre de B×B′B\times B' formée des éléments (b,b′)(b,b') tels que p(b)=p′(b′)p(b)=p'(b'), cc l’idéal de CC formé des éléments (i(m),−i′(m))(i(m),-i'(m)) pour m∈Mm\in M, B‾\overline{B} l’algèbre C/cC/c, π:C→B‾\pi:C\to\overline{B} l’homomorphisme de passage au quotient. Soient i′′:M→B‾i'':M\to\overline{B} et p′′:B‾→Ap'':\overline{B}\to A les homomorphismes tels que i′′(m)=π((m,0))i''(m)=\pi((m,0)) pour m∈Mm\in M et p′′π((b,b′))=p(b)p''\pi((b,b'))=p(b) pour b∈B,b′∈B′b\in B,b'\in B'. Montrer que la suite 0→M→B‾→A→00\to M\to\overline{B}\to A\to0 est une extension de AA par MM, appelée extension somme de (E)(\mathscr{E}) et (E′)(\mathscr{E}'), et que l’on définit ainsi une loi de groupe commutatif sur l’ensemble des classes d’équivalence d’extensions de AA par MM. En particulier, l’ensemble Exk(A,M)Ex_k(A,M) est muni ainsi d’une structure de groupe, et l’application cc est un isomorphisme de groupes.

Solution

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