Fonctions d’une variable réelle, V, p. 53
Bourbaki marks this one as harder than the rest.
Pour tout entier n>0, soit n=∑k=0∞εk2k le développement dyadique de n (εk entier nul sauf pour un nombre fini d’indices, 0≤εk≤1). On pose
α(n)=k=0∑∞εk,A1(n)=j=1∑nα(j),A2(n)=j=1∑nα(α(j)). a) Démontrer la formule
A1(n)=∑k=0∞(k+2)εk2k−1. En déduire la formule
A1(n)=2log2nlogn+o(nloglogn) lorsque
n croît indéfiniment (décomposer la somme qui exprime
A1(n) en deux parties, l’indice
k variant de
0 à
μ(n) dans la première somme, de
μ(n) à
n1 dans la seconde, où
n1 est le plus grand des nombres
k tels que
εk=0, et
μ(n) un nombre convenablement choisi; on majorera la première somme en utilisant la prop. 6 de V, p. 29, et on majorera ensuite la différence entre la deuxième somme et
n1n/2).
b) Démontrer la relation
j=0∑2m−1f(α(j))=k=0∑m(km)f(k) f étant une fonction quelconque définie dans
N (considérer pour un
k donné le nombre des
j<2m tels que
α(j)=k).
c) Pour m=2r−1, démontrer la relation α(m−j)+α(j)=r. Déduire de cette relation et de b) qu’on a
A2(2m)=r2m−1∼2log22mloglog2m.
d) Pour m=2r, montrer qu’on a
A2(2m)=2A2(2m−1)+2m−1−j=0∑m−1(jm−1)Δ(j+1) où on a posé
α(n+1)−α(n)=1−Δ(n+1) pour tout
n (utiliser
b) et la relation
α(2k+r)=α(r)+1 pour
r<2k. Montrer que
∑j=0m−1(jm−1)Δ(j+1)≤r2m−2 (remarquer que
Δ(j+1)=0 si
j est pair, et
Δ(j+1)≤logj/log2 pour tout
j). En déduire à l’aide de
c, qu’on a
A2(2m)≥23r2m−1≥23⋅2log22mloglog2m. Conclure de
c et de cette relation que
A2(n) n’est équivalente à aucune fonction (H) lorsque
n tend vers
+∞.