Bourbaki

§ 2. Développements asymptotiques

1. Échelles de comparaison

Soient EE un ensemble filtré par un filtre de base F\mathfrak{F}, et KK un corps valué non discret (le plus souvent K=RK = \mathbf{R} ou K=CK = \mathbf{C}). Dans l’ensemble des fonctions de H(F,K)\mathscr{H}(\mathfrak{F}, K) non équivalentes à 0 modulo R∞R_\infty (c’est-à-dire telles que dans tout ensemble de F\mathfrak{F}, il existe un point au moins où la fonction ne s’annule pas), la relation « f≪gf \ll g ou f=gf = g » est une relation d’ordre.

Définition 1

On dit qu’une partie E\mathscr{E} de H(F,K)\mathscr{H}(\mathfrak{F}, K) formée de fonctions non équivalentes à 0 modulo R∞R_\infty est une échelle de comparaison lorsque E\mathscr{E} est totalement ordonnée par la relation « f≪gf \ll g ou f=gf = g ».

En d’autres termes, si ff et gg sont deux fonctions de E\mathscr{E}, on a toujours entre ff et gg une (et une seule) des trois relations f≪gf \ll g, g≪fg \ll f, f=gf = g. Il s’ensuit que dans E\mathscr{E}, la relation f≍gf \asymp g (et a fortiori ∣f∣∼a∣g∣|f| \sim a|g|, où aa est un nombre > 0) entraîne f=gf = g.

Toute partie d’une échelle de comparaison est évidemment une échelle de comparaison.

Exemple 1

Pour xx réel tendant vers +∞+\infty, l’ensemble des fonctions xαx^\alpha (α\alpha nombre réel arbitraire) est une échelle de comparaison. Il en est de même des fonctions (x−a)α(x-a)^\alpha lorsque F\mathfrak{F} est l’ensemble des intervalles ouverts d’origine aa.

Exemple 2

Pour zz complexe tendant vers ∞\infty, l’ensemble des fonctions znz^n (nn entier rationnel) est une échelle de comparaison; il en est de même des fonctions (z−a)n(z-a)^n lorsque F\mathfrak{F} est la trace sur le complémentaire du point a∈Ca \in \mathbf{C} du filtre des voisinages de ce point.

Exemple 3

Soit F un espace normé; l’ensemble des fonctions ∥x−a∥α\|x - a\|^{\alpha} (α\alpha nombre réel arbitraire) est une échelle de comparaison lorsque F\mathfrak{F} est la trace sur le complémentaire de aa du filtre des voisinages de ce point. On notera que si pp et qq sont deux normes distinctes sur FF, la réunion des deux échelles de comparaison formées des fonctions (p(x−a))α(p(x-a))^{\alpha} et (q(x−a))α(q(x-a))^{\alpha} n’est plus en général une échelle de comparaison.

Exemple 4

Pour xx réel tendant vers +∞+\infty, l’ensemble E\mathscr{E} des fonctions de la forme exp⁡(p(x))\exp(p(x)), où p(x)p(x) parcourt l’ensemble des polynômes sans terme constant (à coefficients réels), est une échelle de comparaison: il suffit de remarquer que le quotient de deux fonctions de E\mathscr{E} appartient encore à E\mathscr{E}, et qu’une fonction exp⁡(p(x))\exp(p(x)) tend nécessairement vers 0 ou +∞+\infty si p≠0p \neq 0; en effet, on a alors p(x)∼αxnp(x) \sim \alpha x^n, où n>0n > 0 et α≠0\alpha \neq 0; si α>0\alpha > 0, p(x)>12αxnp(x) > \frac{1}{2} \alpha x^n pour xx assez grand; si α<0\alpha < 0, p(x)<12αxnp(x) < \frac{1}{2} \alpha x^n pour xx assez grand; dans le premier cas, exp⁡(p(x))\exp(p(x)) tend vers +∞+\infty, et dans le second cas vers 0.

Exemple 5

Pour xx réel tendant vers +∞+\infty, l’ensemble E\mathscr{E} des fonctions de la forme xα(log⁡x)βx^{\alpha}(\log x)^{\beta} (définies pour x>1x > 1), où α\alpha et β\beta sont des nombres réels arbitraires, est une échelle de comparaison. En effet, ici encore le quotient de deux fonctions de E\mathscr{E} est une fonction de E\mathscr{E}; il suffit donc de montrer que si α\alpha et β\beta ne sont pas tous deux nuls, xα(log⁡x)βx^{\alpha}(\log x)^{\beta} tend vers 0 ou vers +∞+\infty; c’est évident si α=0\alpha = 0, β≠0\beta \neq 0; si α>0\alpha > 0, on a (log⁡x)−β≪xα(\log x)^{-\beta} \ll x^{\alpha}, et si α<0\alpha < 0, (log⁡x)β≪x−α(\log x)^{\beta} \ll x^{-\alpha} quel que soit β\beta, d’où la proposition.

On observa que cette dernière échelle de comparaison est un ensemble totalement ordonné (pour la relation «f≪gf \ll g ou f=gf = g») dont la structure d’ordre est isomorphe à la structure d’ordre lexicographique de R2\mathbf{R}^2 (E, III, p. 23); on rappelle que dans cette structure, la relation (α,β)<(γ,δ)(\alpha, \beta) < (\gamma, \delta) signifie α<γ\alpha < \gamma, ou α=γ\alpha = \gamma et β<δ\beta < \delta.

De même, l’échelle formée des fonctions exp⁡(p(x))\exp(p(x)), où pp parcourt l’ensemble P0P_0 des polynômes sans terme constant, a une structure d’ordre isomorphe à la structure d’ordre de P0P_0, dans laquelle la relation p<qp < q signifie que le terme dominant du polynôme q−pq - p a un coefficient > 0 (cf. A, VI, § 2, no 1, Exemple 2).

Soit φ\varphi une application d’un ensemble FF dans EE, telle que φ(F)\varphi(\mathfrak{F}) soit une base de filtre sur FF. Si E\mathscr{E} est une échelle de comparaison sur EE (pour la base de filtre F\mathfrak{F}), les fonctions f∘φf \circ \varphi, où ff parcourt E\mathscr{E}, forment une échelle de comparaison sur FF (pour la base de filtre φ−1(F)\varphi^{-1}(\mathfrak{F})).

2. Parties principales et développements asymptotiques

Soit E\mathscr{E} une échelle de comparaison formée de fonctions à valeurs dans un corps valué non discret KK. Soit VV un espace normé sur KK, et soit ff une fonction de H(F,V)\mathscr{H}(\mathfrak{F}, V); s’il existe une fonction g∈Eg \in \mathscr{E}, et un élément a≠0a \neq 0 de VV tels que f∼agf \sim a g, on dit que aga g est une partie principale de ff relativement à l’échelle E\mathscr{E}. D’après la déf. 1 de VV, p. 10, ff ne peut avoir qu’une seule partie principale relative à E\mathscr{E}, car si g1g_1, g2g_2 sont deux fonctions de E\mathscr{E}, a1a_1, a2a_2 deux éléments ≠0\neq 0 de VV, la relation a_1 g_1 \sim a_2 g_2 entraîne |g_1| \asymp |g_2|, et par suite g_1 = g_2, d’où (a_2 - a_1)g_1 \ll g_1, et comme g_1 n’est identiquement nulle dans aucun ensemble de E\mathscr{E}, cela entraîne a2=a1a_2 = a_1.

Si ff admet une partie principale relativement à une échelle de comparaison E\mathscr{E}, elle admet la même partie principale relativement à toute échelle de comparaison E′⊃E\mathscr{E}' \supset \mathscr{E}.

Exemple 1

Pour x réel (resp. complexe) tendant vers +∞ (resp. vers ∞), tout polynôme a0xn+a1xn−1+⋯+ana_0 x^n + a_1 x^{n-1} + \cdots + a_n à coefficients dans V, tels que a0≠0a_0 \neq 0, a pour partie principale a0xna_0 x^n par rapport à l’échelle des xnx^n (ou de toute échelle contenant les xnx^n). On en déduit que toute fraction rationnelle a0xn+⋯+amb0xn+⋯+bn\frac{a_0 x^n + \cdots + a_m}{b_0 x^n + \cdots + b_n} à coefficients réels ou complexes tels que a0b0≠0a_0 b_0 \neq 0, a pour partie principale a0b0xm−n\frac{a_0}{b_0} x^{m-n} par rapport à la même échelle.

Exemple 2

Une fonction peut être comparable à toutes les fonctions d’une échelle de comparaison sans admettre de partie principale par rapport à cette échelle. Par exemple, pour x réel tendant vers +∞, x\sqrt{x} n’a pas de partie principale par rapport à l’échelle des xnx^n, où n est entier rationnel; log x n’a pas de partie principale par rapport à l’échelle des xαx^\alpha (α\alpha réel quelconque); exp(log⁡x\sqrt{\log x}) et xx=exlog⁡xx^x = e^{x \log x} n’ont pas de partie principale par rapport à l’échelle des xα(log⁡x)βx^\alpha (\log x)^{\beta}, ni par rapport à l’échelle des exp (p(x)p(x)) (pp polynôme sans terme constant).

La notion de partie principale est susceptible d’une généralisation étendue. Supposons en effet qu’une fonction f∈H(F,V)f \in \mathscr{H}(\mathfrak{F}, V) ait une partie principale a1g1a_1 g_1 par rapport à une échelle E\mathscr{E}; la relation f∼a1g1f \sim a_1 g_1 équivaut à f−a1g1≪g1f - a_1 g_1 \ll g_1 (V, p. 6, déf. 4); pour étudier de façon plus précise la fonction ff, on est donc amené à considérer la fonction f−a1g1f - a_1 g_1. Si cette fonction a une partie principale a2g2a_2 g_2 par rapport à E\mathscr{E}, on aura nécessairement g2≪g1g_2 \ll g_1 et f−a1g1−a2g2≪g2f - a_1 g_1 - a_2 g_2 \ll g_2.

D’une façon générale, supposons que l’échelle E\mathscr{E} soit écrite paramétriquement sous la forme (gα)(g_\alpha), où α\alpha parcourt un ensemble d’indices A muni d’une structure d’ensemble totalement ordonné isomorphe à l’opposée de la structure d’ordre de E\mathscr{E}: la relation α<β\alpha < \beta est donc équivalente à gβ≪gαg_\beta \ll g_\alpha. Dans ces conditions:

Définition 2

On dit qu’une fonction f∈H(F,V)f \in \mathscr{H}(\mathfrak{F}, V) admet un développement asymptotique à la précision gαg_\alpha (relativement à l’échelle E\mathscr{E}) s’il existe une famille (aλ)λ≤α(a_\lambda)_{\lambda \leq \alpha} d’éléments de V, nuls sauf un nombre fini d’entre eux, tels que f−∑λ≤αaλgλ≪gαf - \sum_{\lambda \leq \alpha} a_\lambda g_\lambda \ll g_\alpha. On dit que ∑λ≤αaλgλ\sum_{\lambda \leq \alpha} a_\lambda g_\lambda est un développement asymptotique de ff à la précision gαg_\alpha, que les aλgλa_\lambda g_\lambda (λ≤α\lambda \leq \alpha) sont les termes, les aλa_\lambda les coefficients et la fonctions rα=f−∑λ≤αaλgλr_\alpha = f - \sum_{\lambda \leq \alpha} a_\lambda g_\lambda le reste de ce développement.

Pour exprimer que ∑λ≤αaλgλ\sum_{\lambda \leq \alpha} a_\lambda g_\lambda est un développement asymptotique de ff à la précision gαg_\alpha, on se bornera le plus souvent à écrire

f=∑λ≤αaλgλ+o(gα)(ou f=∑λ≤αaλgλ+ok(gα) f = \sum_{\lambda \leq \alpha} a_\lambda g_\lambda + o(g_\alpha) \quad \text{(ou } f = \sum_{\lambda \leq \alpha} a_\lambda g_\lambda + o_k(g_\alpha)

s’il figure plusieurs fonctions dans la démonstration) conformément aux notations de V, p. 9 et 10.

De deux développements asymptotiques (de deux fonctions distinctes ou non) relativement à la même échelle E\mathscr{E}, on dit que celui dont la précision a le plus grand indice est le plus précis.

Si ∑λ≤αaλgλ\sum_{\lambda \leq \alpha} a_\lambda g_\lambda est un développement asymptotique de f\mathbf{f} à la précision gαg_\alpha, pour tout β<α\beta < \alpha, ∑λ≤βaλgλ\sum_{\lambda \leq \beta} a_\lambda g_\lambda est un développement asymptotique de f\mathbf{f} à la précision gβg_\beta (V, p. 5, prop. 5): on dit qu’on l’obtient en réduisant à la précision gβg_\beta le développement donné ∑λ≤αaλgλ\sum_{\lambda \leq \alpha} a_\lambda g_\lambda de f\mathbf{f}.

Si ∑λ≤αaλgλ\sum_{\lambda \leq \alpha} a_\lambda g_\lambda et ∑λ≤αbλgλ\sum_{\lambda \leq \alpha} b_\lambda g_\lambda sont des développements asymptotiques à la même précision gαg_\alpha de deux fonctions f1,f2\mathbf{f}_1, \mathbf{f}_2, ∑λ≤α(aλ+bλ)gλ\sum_{\lambda \leq \alpha} (a_\lambda + b_\lambda) g_\lambda est un développement asymptotique de f1+f2\mathbf{f}_1 + \mathbf{f}_2 à la précision gαg_\alpha (V, p. 7, prop. 5) et pour tout scalaire cc, ∑λ≤αaλcgλ\sum_{\lambda \leq \alpha} a_\lambda c g_\lambda est un développement asymptotique de f1c\mathbf{f}_1 c à la précision gαg_\alpha. On en déduit que si une fonction f\mathbf{f} admet un développement asymptotique à la précision gαg_\alpha, ce développement est unique: il suffit de voir que la fonction 0 ne peut admettre de développement asymptotique à la précision gαg_\alpha ayant des coefficients ≠0\neq 0. Or, si 0=∑λ≤αaλgλ+rα0 = \sum_{\lambda \leq \alpha} a_\lambda g_\lambda + r_\alpha, et si γ\gamma est le plus petit des indices λ≤α\lambda \leq \alpha tel que aλ≠0a_\lambda \neq 0, on aurait aγgγ=−∑γ<λ≤αaλgλ−rα≪gγa_\gamma g_\gamma = - \sum_{\gamma < \lambda \leq \alpha} a_\lambda g_\lambda - r_\alpha \ll g_\gamma, ce qui est absurde.

Dire qu’une fonction f\mathbf{f} admet un développement asymptotique à la précision gαg_\alpha, dont tous les coefficients sont nuls, équivaut à dire que f≪gα\mathbf{f} \ll g_\alpha. Si f\mathbf{f} admet un développement asymptotique ∑λ≤αaλgλ\sum_{\lambda \leq \alpha} a_\lambda g_\lambda à la précision gαg_\alpha, dont les coefficients ne sont pas tous nuls, et si γ\gamma est le plus petit des indices λ\lambda tels que aλ≠0a_\lambda \neq 0, aγgγa_\gamma g_\gamma est la partie principale de f\mathbf{f} relativement à l’échelle E\mathscr{E}, car on a f−aγgγ=∑γ<λ≤αaλgλ+rα≪gγ\mathbf{f} - a_\gamma g_\gamma = \sum_{\gamma < \lambda \leq \alpha} a_\lambda g_\lambda + r_\alpha \ll g_\gamma; de même, si μ≤α\mu \leq \alpha est un indice tel que aμ≠0a_\mu \neq 0, aμgμa_\mu g_\mu est la partie principale de f−∑λ<μaλgλ\mathbf{f} - \sum_{\lambda < \mu} a_\lambda g_\lambda.

Les développements asymptotiques les plus importants dans les applications sont les développements relatifs à l’échelle des x−nx^{-n} (resp. des z−nz^{-n}), où nn est entier positif ou négatif, lorsque xx réel tend vers +∞+\infty ou −∞-\infty (resp. lorsque zz complexe tend vers ∞\infty), ou relatifs à l’échelle des (x−c)n(x-c)^n (resp. (z−c)n(z-c)^n) lorsque xx réel tend vers cc à droite ou à gauche (resp. lorsque zz complexe tend vers cc). On a vu dans I, p. 29 que toute fonction vectorielle d’une variable réelle xx, kk fois dérivable au point c∈Rc \in \mathbf{R}, admet en ce point un développement de Taylor d’ordre kk, c’est-à-dire un développement asymptotique à la précision (x−c)k(x-c)^k relatif à l’échelle des (x−c)n(x-c)^n.

3. Sommes et produits de développements asymptotiques

Si f1,f2f_1, f_2 admettent des développements asymptotiques à la précision gαg_\alpha et gβg_\beta respectivement, relativement à une échelle de comparaison E\mathscr{E}, on en déduit des développements à la précision gmin⁡(α,β)g_{\min(\alpha,\beta)} en limitant à cette précision les deux développements; nous avons vu alors dans V, p. 13, comment on obtient un développement asymptotique de f1+f2f_1 + f_2 à la précision gmin⁡(α,β)g_{\min(\alpha,\beta)}.

Soient V1,V2V_1, V_2 et VV trois espaces normés sur le corps KK, et soit (x,y)↦[x,y](\mathbf{x}, \mathbf{y}) \mapsto [\mathbf{x}, \mathbf{y}] une application bilinéaire continue de V1×V2V_1 \times V_2 dans VV; nous supposerons d’autre part dans tout le reste de ce paragraphe, que l’échelle E\mathscr{E} soit telle que le produit de deux fonctions quelconques de E\mathscr{E} appartienne encore à E\mathscr{E} (ce qui est le cas pour toutes les échelles de comparaison données en exemples (dans V, p. 10).

Soient alors f1,f2f_1, f_2 des fonctions de H(F,V1)\mathscr{H}(\mathfrak{F}, V_1) et H(F,V2)\mathscr{H}(\mathfrak{F}, V_2) respectivement, admettant par rapport à l’échelle E\mathscr{E} des développements asymptotiques f1=∑λ≤αaλgλ+rα,f2=∑μ≤βbμgμ+rβf_1 = \sum_{\lambda \leq \alpha} a_\lambda g_\lambda + r_\alpha, \quad f_2 = \sum_{\mu \leq \beta} b_\mu g_\mu + r_\beta à la précision gαg_\alpha et gβg_\beta respectivement. Supposons en outre que ni les aλa_\lambda ni les bμb_\mu ne soient tous nuls, et soient aγ,gγa_{\gamma, g_\gamma} et bδ,gδb_{\delta, g_\delta} les parties principales de f1f_1 et f2f_2. Par hypothèse, on peut écrire gγgδ=gβg_\gamma g_\delta = g_\beta et gδgα=gσg_\delta g_\alpha = g_\sigma; montrons que la somme ∑[aλ,bμ]gλgμ\sum [a_\lambda, b_\mu] g_\lambda g_\mu, étendue aux couples (λ,μ)(\lambda, \mu) tels que gmin⁡(α,σ)≪gλgμg_{\min(\alpha, \sigma)} \ll g_\lambda g_\mu, est un développement asymptotique de [f1,f2][f_1, f_2] à la précision gmin⁡(α,σ)g_{\min(\alpha, \sigma)}. En effet, la différence entre [f1,f2][f_1, f_2] et cette somme est somme d’un nombre fini de termes, qui sont soit de la forme [aλ,bμ]gλgμ[a_\lambda, b_\mu] g_\lambda g_\mu avec gλgμ≪gmin⁡(α,σ)g_\lambda g_\mu \ll g_{\min(\alpha, \sigma)}, soit de la forme [aλ,rμ]gλ[a_\lambda, r_\mu] g_\lambda, où λ≥γ\lambda \geq \gamma, soit de la forme [rα,bμ]gμ[r_\alpha, b_\mu] g_\mu, où μ≥δ\mu \geq \delta; mais comme [x,y][\mathbf{x}, \mathbf{y}] est continue, on a (V, p. 3, prop. 3 et V, p. 5, prop. 6) [aλ,rμ]gλ≪rβgλ≪gδgλ=gσ[a_\lambda, r_\mu] g_\lambda \ll r_\beta g_\lambda \ll g_\delta g_\lambda = g_\sigma pour λ≥γ\lambda \geq \gamma, et de même [rα,bμ]gμ≪rαgμ≪gαgδ=gσ[r_\alpha, b_\mu] g_\mu \ll r_\alpha g_\mu \ll g_\alpha g_\delta = g_\sigma pour μ≥δ\mu \geq \delta, d’où la proposition (V, p. 5, prop. 5).

Si tous les aλa_\lambda sont nuls, on a [f1,f2]≪gαgβ[f_1, f_2] \ll g_\alpha g_\beta, autrement dit, on a un développement asymptotique de [f1,f2][f_1, f_2] à termes nuls, à la précision gαgβg_\alpha g_\beta; de même si tous les aλa_\lambda et tous les bμb_\mu sont nuls, on a un développement asymptotique de [f1,f2][f_1, f_2] à termes nuls, à la précision gαgβg_\alpha g_\beta.

On appliquera surtout le résultat précédent au cas où VV est une algèbre normée sur KK, et la fonction bilinéaire [x,y][\mathbf{x}, \mathbf{y}] le produit xyxy dans cette algèbre; les cas les plus importants sont ceux où VV est égal à R\mathbf{R} ou C\mathbf{C}.

En particulier, si fif_i (1 ≤i≤n\leq i \leq n) sont nn fonctions de H(F,K)\mathscr{H}(\mathfrak{F}, K) admettant chacune un développement asymptotique par rapport à E\mathscr{E}, on pourra obtenir un développement asymptotique par rapport à E\mathscr{E} pour tout polynôme ∑(vi)av1v2…vnf1v1…fnvn\sum_{(v_i)} a_{v_1 v_2 \ldots v_n} f_1^{v_1} \ldots f_n^{v_n} par rapport aux fif_i, à coefficients dans un espace normé VV; les règles qui précèdent permettent en outre de déterminer la précision du développement obtenu, connaissant celles des développements des fonctions fif_i.

4. Composition des développements asymptotiques

Soit ff une fonction de H(F,R)\mathscr{H}(\mathfrak{F}, \mathbf{R}) (resp. H(F,C)\mathscr{H}(\mathfrak{F}, \mathbf{C})) admettant un développement asymptotique à la précision gαg_\alpha par rapport à une échelle E\mathscr{E}, et ayant pour limite 0 suivant le filtre de base F\mathfrak{F}. Soit d’autre part hh une fonction à valeurs dans l’espace normé VV sur R\mathbf{R} (resp. C\mathbf{C}), définie dans un voisinage du point 00 dans R\mathbf{R} (resp. C\mathbf{C}) et nn fois dérivable dans ce voisinage; on a donc dans ce voisinage,

h(t)=c0+c1t+⋯+cntn+o(tn) h(t) = c_0 + c_1 t + \cdots + c_n t^n + o(t^n)

(I, p. 29), d’où, dans un ensemble convenable de F\mathfrak{F},

h∘f=c0+c1f+⋯+cnfn+o(fn). h \circ f = c_0 + c_1 f + \cdots + c_n f^n + o(f^n).

Nous avons vu, au no 3, comment on peut former un développement asymptotique de c0+c1f+⋯+cnfnc_0 + c_1 f + \cdots + c_n f^n, à une précision gρg_\rho bien déterminée par la précision du développement de ff; d’autre part, supposons que les coefficients du développement asymptotique de ff ne soient pas tous nuls, et que aγgγa_{\gamma g_\gamma} soit la partie principale de ff, et soit gσ=gγσg_\sigma = g_\gamma^\sigma; si σ<ρ\sigma < \rho, on aura un développement de h∘fh \circ f à la précision gσg_\sigma en limitant le développement de ∑k=0nckfk\sum_{k=0}^n c_k f^k à cette précision; si au contraire ρ≤σ\rho \leq \sigma, le développement de ∑k=0nckfk\sum_{k=0}^n c_k f^k est aussi un développement de h∘fh \circ f à la précision gρg_\rho.

Si tous les termes de développement asymptotique de ff sont nuls et si gα≪1g_\alpha \ll 1, on a f≪gαf \ll g_\alpha, donc fk≪gαk≪gαf^k \ll g_\alpha^k \ll g_\alpha pour tout entier k>0k > 0; si cmc_m est le premier coefficient d’indice >0> 0 qui ne soit pas nul (en supposant que les ckc_k d’indice k>0k > 0 ne soient pas tous nuls), c0c_0 est un développement asymptotique de h∘fh \circ f à la précision gαmg_\alpha^m.

Dans le reste de ce no, nous nous bornerons au cas où les fonctions de E\mathscr{E} ont des valeurs réelles et strictement positives dans un ensemble de F\mathfrak{F}, et nous ne considérerons que les développements asymptotiques de fonctions de H(F,R)\mathscr{H}(\mathfrak{F}, \mathbf{R}). Supposons d’abord que pour toute fonction g∈Eg \in \mathscr{E} et tout nombre réel vv, gvg^v appartienne encore à E\mathscr{E}: cette condition est par exemple remplie par l’échelle des xαx^\alpha, ou celle des xα∣log⁡x∣βx^\alpha |\log x|^\beta (α\alpha et β\beta réels quelconques) au voisinage de +∞+\infty ou au voisinage de 00 dans R\mathbf{R}. Cette propriété entraîne que le quotient de deux fonctions de E\mathscr{E} appartient encore à E\mathscr{E}. Cela étant, d’un développement asymptotique relatif à E\mathscr{E} d’une fonction f∈H(F,R)f \in \mathscr{H}(\mathfrak{F}, \mathbf{R}), à la précision gαg_\alpha, on peut déduire un développement de ∣f∣v|f|^v pour tout nombre réel vv. Bornons-nous en effet au cas où les coefficients du développement de ff ne sont pas tous nuls, et soit aγgγa_{\gamma g_\gamma} la partie principale de ff; on peut écrire ∣f∣v=∣av∣gγ(1+h)v|f|^v = |a_v|^{g_\gamma}(1 + h)^v, avec

h=∑γ<λ<αaλaγgλgγ+o(gαgγ). h = \sum_{\gamma < \lambda < \alpha} \frac{a_\lambda}{a_\gamma} \frac{g_\lambda}{g_\gamma} + o\left( \frac{g_\alpha}{g_\gamma} \right).

En vertu des hypothèses faites ∑γ<λ<αaλaγgλgγ\sum_{\gamma < \lambda < \alpha} \frac{a_\lambda}{a_\gamma} \frac{g_\lambda}{g_\gamma} est un développement asymptotique de hh, à la précision gα/gγg_\alpha/g_\gamma; comme hh tend vers 00 suivant F\mathfrak{F}, la méthode décrite ci-dessus donne un développement asymptotique de (1+h)v(1 + h)^v, puis un développement de ∣f∣v|f|^v en multipliant par ∣av∣gγ|a_v|^{g_\gamma}.

Sous les mêmes hypothèses sur ff, on peut écrire

log⁡∣f∣=log⁡∣aγgγ∣+log⁡(1+h) \log |f| = \log |a_{\gamma g_\gamma}| + \log (1 + h)
et log⁡(1+h)\log (1 + h) se développe comme il a été dit plus haut, la fonction log⁡(1+t)\log (1 + t) étant indéfiniment dérivable au voisinage de 0 ; si en outre log⁡gγ\log g_\gamma admet un développement asymptotique par rapport à E\mathscr{E}, ou par rapport à une échelle E1⊃E\mathscr{E}_1 \supset \mathscr{E}, on obtient un développement asymptotique de log⁡∣f∣\log |f| en faisant la somme de deux développements asymptotiques.

Exemple

On a (1+x)1/x=exp⁡(1xlog⁡(1+x))(1 + x)^{1/x} = \exp \left( \frac{1}{x} \log (1 + x) \right); lorsque xx tend vers +∞+\infty, on a log⁡(1+x)=log⁡x+log⁡(1+1x)\log (1 + x) = \log x + \log \left( 1 + \frac{1}{x} \right), d’où le développement asymptotique de 1xlog⁡(1+x)\frac{1}{x} \log (1 + x) par rapport à l’échelle des xα(log⁡x)βx^\alpha (\log x)^\beta:

1xlog⁡(1+x)=log⁡xx+1x2−12x3+o1(1x3). \frac{1}{x} \log (1 + x) = \frac{\log x}{x} + \frac{1}{x^2} - \frac{1}{2x^3} + o_1 \left( \frac{1}{x^3} \right).
De ce développement, et du développement de Taylor
eu=1+u+u22+u36+o(u3) e^u = 1 + u + \frac{u^2}{2} + \frac{u^3}{6} + o(u^3)
au voisinage de u=0u = 0, on tire par les méthodes exposées ci-dessus, le développement asymptotique
(1+x)1/x=1+log⁡xx+12(log⁡x)2x2+1x2+16(log⁡x)3x3+log⁡xx3−12x3+o2(1x3) (1 + x)^{1/x} = 1 + \frac{\log x}{x} + \frac{1}{2} \frac{(\log x)^2}{x^2} + \frac{1}{x^2} + \frac{1}{6} \frac{(\log x)^3}{x^3} + \frac{\log x}{x^3} - \frac{1}{2x^3} + o_2 \left( \frac{1}{x^3} \right)
par rapport à l’échelle des xα(log⁡x)βx^\alpha (\log x)^\beta.

Les hypothèses et les notations restant les mêmes, le développement asymptotique de ete^t ne pose de nouveaux problèmes que lorsque f≫1f \gg 1; il faut alors distinguer deux cas, suivant que gα≫1g_\alpha \gg 1 ou gα≪1g_\alpha \ll 1. Dans le premier cas, la donnée du développement de ff ne permet pas d’obtenir une partie principale de ete^t relative à E\mathscr{E}, car on ignore en général si le reste rαr_\alpha tend vers 0, c’est-à-dire si erαe^{r_\alpha} tend vers 1. Au contraire, si gα≪1g_\alpha \ll 1, on a rα≪1r_\alpha \ll 1, donc et∼exp⁡(∑λ<δaλgλ)e^t \sim \exp \left( \sum_{\lambda < \delta} a_{\lambda g_\lambda} \right). On peut préciser ce résultat : soit aγgγa_{\gamma g_\gamma}, la partie principale de ff, et soit δ\delta l’indice (tel que γ<δ≤α\gamma < \delta \leq \alpha) pour lequel gδ=1g_\delta = 1; posons f1=∑λ<δaλgλf_1 = \sum_{\lambda < \delta} a_{\lambda g_\lambda}, f2=∑δ<λ≤αaλgλ+rαf_2 = \sum_{\delta < \lambda \leq \alpha} a_{\lambda g_\lambda} + r_\alpha; on a f=f1+f2f = f_1 + f_2, donc et=ef1ef2e^t = e^{f_1} e^{f_2}, et la méthode générale exposée au début de ce no permet de former un développement asymptotique de ef2e^{f_2} (à partir du développement de Taylor de ete^t au point t=0t = 0). On aura donc encore un développement asymptotique de ete^t si ef1=∏λ<δexp⁡(aλgλ)e^{f_1} = \prod_{\lambda < \delta} \exp(a_{\lambda g_\lambda}) appartient à E\mathscr{E}, ou à une échelle E1\mathscr{E}_1 contenant E\mathscr{E}.

Exemple

On a xx1/x=exp⁡(log⁡x.exp⁡(1xlog⁡x))x^{x^{1/x}} = \exp \left( \log x . \exp \left( \frac{1}{x} \log x \right) \right); lorsque xx tend vers +∞+\infty, on a log⁡x≪x\log x \ll x, d’où le développement asymptotique de log⁡x.exp⁡(1xlog⁡x)\log x . \exp \left( \frac{1}{x} \log x \right) par rapport à l’échelle des xα(log⁡x)βx^\alpha (\log x)^\beta :

log⁡x.exp⁡(1xlog⁡x)=log⁡x+(log⁡x)2x+12(log⁡x)3x2+o((log⁡x)3x2). \log x . \exp \left( \frac{1}{x} \log x \right) = \log x + \frac{(\log x)^2}{x} + \frac{1}{2} \frac{(\log x)^3}{x^2} + o \left( \frac{(\log x)^3}{x^2} \right).

Tous les termes de ce développement à partir du second tendent vers 0; à partir de ce développement et du développement de Taylor eu=1+u+u2/2+o(u2)e^u = 1 + u + u^2/2 + o(u^2) au voisinage de u=0u = 0, on tire

xx1/x=x+(log⁡x)2+12(log⁡x)4x+12(log⁡x)3x+o((log⁡x)3x). x^{x^{1/x}} = x + (\log x)^2 + \frac{1}{2} \frac{(\log x)^4}{x} + \frac{1}{2} \frac{(\log x)^3}{x} + o \left( \frac{(\log x)^3}{x} \right).

5. Développements asymptotiques à coefficients variables

On peut généraliser la notion de partie principale et celle de développement asymptotique, de la manière suivante. Soit E\mathscr{E} une échelle de comparaison formée de fonctions réelles (resp. complexes) telles que, pour chacune d’elles, il existe un ensemble de F\mathfrak{F} où la fonction ne s’annule en aucun point. Soit d’autre part C\mathscr{C} un ensemble de fonctions de H(F,V)\mathscr{H}(\mathfrak{F}, V), satisfaisant aux trois conditions suivantes:

(CO_I) Pour toute fonction a∈Ca \in \mathscr{C}, on a a≪1a \ll 1.

(CO_{II}) La relation a≪1a \ll 1 pour une fonction a∈Ca \in \mathscr{C} entraîne a=0a = 0.

(CO_{III}) C\mathscr{C} est un espace vectoriel sur R\mathbf{R} (resp. C\mathbf{C}).

Soit alors ff une fonction quelconque de H(F,V)\mathscr{H}(\mathfrak{F}, V); s’il existe une fonction g∈Eg \in \mathscr{E} et une fonction non nulle a∈Ca \in \mathscr{C} telles que f−ag≪gf - a g \ll g, on dira que aga g est une partie principale de ff, relative à l’échelle de comparaison E\mathscr{E} et au domaine de coefficients C\mathscr{C}. S’il existe une telle partie principale, elle est unique: supposons en effet qu’il existe deux telles parties principales a1g1a_1 g_1 et a2g2a_2 g_2; on ne peut avoir g1≪g2g_1 \ll g_2, car en vertu de (CO_I) on déduirait de là a1g1≪g2a_1 g_1 \ll g_2, et f−a1g1≪g1≪g2f - a_1 g_1 \ll g_1 \ll g_2, donc f≪g2f \ll g_2; mais alors on aurait aussi a2g2≪g2a_2 g_2 \ll g_2, et par suite a2≪1a_2 \ll 1, contrairement à l’hypothèse a2≠0a_2 \neq 0 et à la condition (CO_{II}). On a donc nécessairement g1=g2g_1 = g_2; des relations f−a1g1≪g1f - a_1 g_1 \ll g_1, f−a2g1≪g1f - a_2 g_1 \ll g_1, on tire alors (a2−a1)g1≪g1(a_2 - a_1) g_1 \ll g_1 d’où a2−a1≪1a_2 - a_1 \ll 1, et par suite a2=a1a_2 = a_1 en vertu de (CO_{II}) et (CO_{III}).

Exemple

Pour xx réel tendant vers +∞+\infty, les fonctions périodiques et bornées dans R\mathbf{R}, ayant une même période τ\tau, satisfont aux conditions (CO_I), (CO_{II}) et (CO_{III}): en effet si lim⁡x→+∞a(x)−=0\lim_{x \to +\infty} a(x)_- = 0, pour tout ε>0\varepsilon > 0 il existe x0x_0 tel que x≥x0x \geq x_0 entraîne ∣a(x)∣≤ε|a(x)| \leq \varepsilon; on en déduit qu’on a aussi ∣a(x)∣≤ε|a(x)| \leq \varepsilon pour 0≤x≤τ0 \leq x \leq \tau, puisqu’il existe un entier nn tel que x+nτ≥x0x + n \tau \geq x_0, et que a(x)=a(x+nτ)a(x) = a(x + n \tau); comme ε\varepsilon est arbitraire, on a a(x)=0a(x) = 0 dans [0,τ][0, \tau], donc partout.

Avec les notations de V, p. 12, on dira que ∑λ<αaλgλ\sum_{\lambda < \alpha} a_\lambda g_\lambda, où les aλa_\lambda appartiennent à C\mathscr{C} et sont nuls sauf un nombre fini d’entre eux, est un développement asymptotique de ff à coefficients dans C\mathscr{C}, à la précision gαg_\alpha, si on a f−∑λ<αaλgλ≪gαf - \sum_{\lambda < \alpha} a_\lambda g_\lambda \ll g_\alpha; pour tout indice μ\mu tel que aμ≠0a_\mu \neq 0, aμgμa_\mu g_\mu est alors la partie principale de f−∑λ<μaλgλf - \sum_{\lambda < \mu} a_\lambda g_\lambda, relative à E\mathscr{E} et à C\mathscr{C}, ce qui prouve l’unicité de développement asymptotique de ff (à la précision gαg_\alpha) lorsqu’il existe.

Les méthodes données au no 3 (V, p. 14) pour former un développement asymptotique de f1+f2f_1 + f_2 ou de [f1,f2][f_1, f_2] à partir de développements asymptotiques donnés de f1f_1 et f2f_2 s’appliquent encore aux développements à coefficients variables, à condition que les [aλ,bμ][a_\lambda, b_\mu] appartiennent au domaine de coefficients C\mathscr{C} correspondant à l’espace normé VV ou admettent un développement asymptotique à coefficients dans C\mathscr{C}.

Transcribed from the printed volume. Not translated.