§ 3. Majoration du reste de la formule d’euler–maclaurin
1. Majoration du reste de la formule d’Euler–Maclaurin
La majoration obtenue dans (16) pour les polynômes de Bernoulli dans l’intervalle [0,1] permet de majorer aisément le reste Tp(x,n) de la formule d’Euler–Maclaurin (IV, p. 14, formule (39))
où B2p+1(t) est la fonction périodique de période 1 égale à B2p+1(t) dans l’intervalle [0,1[. La formule (16) de VI, p. 19, montre que
∣B2p+1(t)∣≤4e2π(2π)2p+1(2p+1)!
pour tout t∈R, et l’application de la formule de la moyenne donne pour Tp(x,n) la majoration
∣Tp(x,n)∣≤(2π)2p+14e2π∫xx+n+1∣f(2p+1)(t)∣dt.
2. Application aux développements asymptotiques
La formule d’Euler–Maclaurin permet de donner une solution plus complète (dans les cas les plus importants) au problème traité dans V, p. 28 à 32, consistant à obtenir un développement asymptotique de la somme partielle sn=∑m=0ng(m) (resp. du reste rn=∑m=n+1∞g(m)), où g est une fonction numérique >0 et monotone définie dans un intervalle [x0,+∞[. Nous allons nous borner au cas où g est une fonction (H) (V, p. 41), d’ordre 0 par rapport à ex; autrement dit, on a la relation g′≪g; de cette relation, on déduit g(k+1)≪g(k) pour tout entier k>0 tel qu’aucune des dérivées g(h) d’ordre h≤k ne soit équivalente à une constante
(V, p. 22, prop. 7). Soit p un entier tel qu’aucune des dérivées g(h) d’ordre h≤2p ne soit équivalente à une constante. Supposons d’abord que la série de terme général g(n) ait une somme infinie, et distinguons plusieurs cas:
1° ∣g(2p−1)(n)∣ tend vers +∞ avec n; il en est de même, en vertu de l’hypothèse, de ∣g(2k−1)(n)∣ pour 1≤k≤p; en outre comme g(2p+1) est monotone au voisinage de +∞, la formule (4) de VI, p. 20, donne Tp(0,n)=O(g(2p)(n+1))=o(g(2p−1)(n+1)); la formule d’Euler-Maclaurin, appliquée pour x=0, montre que
sn=m=0∑ng(m)=∫0n+1g(t)dt−21g(n+1)
+k=1∑p(2k)!b2kg(2k−1)(n+1)+o(g(2p−1)(n+1))
chacun des termes de cette somme étant négligeable devant le précédent; en développant chacun d’eux par rapport à une échelle de comparaison E, on aura donc un développement asymptotique de sn.
2° Supposons maintenant que pour un indice q tel que 1≤q<p, ∣g(2q−1)(n)∣ tend vers +∞ avec n, mais que g(2k−1)(n) tende vers 0 pour k>q. Comme g(2p+1) est monotone au voisinage de +∞, l’intégrale ∫0∞∣g(2p+1)(u)∣du est convergente, et on peut alors écrire