Bourbaki

Exercice 4, § 6

Groupes et algèbres de Lie, II

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soit X un ensemble fini, et soit L^=L^(X)\hat{L} = \hat{L}(X). On munit L^\hat{L} de la loi de composition de Hausdorff (a,b)↦a+b(a, b) \mapsto a + b, que l’on note simplement a.ba . b. Si t∈Kt \in K, a∈L^a \in \hat{L}, on pose at=taa^t = ta.

a) Soit H\mathscr{H} un ensemble de Hall relatif à X. Si m∈Hm \in \mathscr{H}, on note mLm_L l’élément correspondant de l’algèbre de Lie L(X)L(X) (§ 2, n° 11), et mHm_{\mathscr{H}} le commutateur basique du groupe L^\hat{L} défini par mm (§ 5, n° 4, Remarque). Si mm est de longueur ll, montrer que mH=mL+μm_{\mathscr{H}} = m_L + \mu, où μ\mu est de filtration ⩾l+1\geqslant l + 1 (raisonner par récurrence sur ll). En déduire que tout élément ww du groupe L^\hat{L} s’écrit de façon unique sous la forme

w=∏m∈HmHα(m), w = \prod_{m \in \mathscr{H}} m_{\mathscr{H}}^{\alpha(m)},

avec α(m)∈K\alpha(m) \in K, le produit étant convergent dans le groupe topologique L^\hat{L}.

b) Soit PP l’ensemble des nombres premiers, et soit cc un entier ⩾1\geqslant 1. On prend K=QK = \mathbf{Q}. Montrer que le groupe L^/L^c\hat{L}/\hat{L}_c s’identifie à la PP-enveloppe FPcF_P^c du groupe Fc=F(X)/CcF(X)F^c = F(X)/C^cF(X), cf. § 5, exerc. 6.

c) On prend pour X un ensemble à deux éléments {U,V}\{U, V\}. Montrer l’existence de deux familles α(m),β(m)\alpha(m), \beta(m) de nombres rationnels telles que

U+V=∏m∈HmHα(m) U + V = \prod_{m \in \mathscr{H}} m_{\mathscr{H}}^{\alpha(m)}
[U,V]=∏m∈HmHβ(m). [U, V] = \prod_{m \in \mathscr{H}} m_{\mathscr{H}}^{\beta(m)}.

On a par exemple

U+V=U.V.(U,V)−12… U + V = U . V . (U, V)^{-\frac{1}{2}} \ldots
[U,V]=(U,V)… [U, V] = (U, V) \ldots

d) Soit gg une Q\mathbf{Q}-algèbre de Lie nilpotente, munie de la loi de groupe de Hausdorff. Soient u,vu, v dans gg. Montrer que l’on a

u+v=∏m∈HmH(u,v)α(m) u + v = \prod_{m \in \mathscr{H}} m_{\mathscr{H}}(u, v)^{\alpha(m)}
[u,v]=∏m∈HmH(u,v)β(m), [u, v] = \prod_{m \in \mathscr{H}} m_{\mathscr{H}}(u, v)^{\beta(m)},

où α\alpha et β\beta sont les familles de nombres rationnels définies ci-dessus (« inversion de la formule de Hausdorff »). (Utiliser l’homomorphisme continu φ:L^→g\varphi : \hat{L} \to g tel que φ(U)=u\varphi(U) = u, φ(V)=v\varphi(V) = v, et remarquer que c’est aussi un homomorphisme pour la loi de groupe de Hausdorff.)

e) Soit G un groupe nilpotent divisible sans torsion (i.e. P-divisible et sans P-torsion). Si u∈Gu \in G, t∈Qt \in \mathbf{Q}, utu^t est défini (§ 4, exerc. 16). Si u∈Gu \in G, v∈Gv \in G, on définit u+vu + v et [u,v][u, v] par les formules de d) ci-dessus. Montrer que G se trouve ainsi muni d’une structure de Q\mathbf{Q}-algèbre de Lie nilpotente et que la loi de Hausdorff correspondante est la loi de groupe donnée sur G (vérifier ces assertions lorsque G est un groupe FPcF_P^c, cf. b), et passer de là au cas général en utilisant des homomorphismes de FPcF_P^c dans G).

Soit ff une application de G dans un groupe nilpotent divisible sans torsion G′G'. Montrer que ff est un homomorphisme (de groupes) si et seulement si c’est un homomorphisme d’algèbres de Lie. (La loi de Hausdorff définit donc un isomorphisme de la « catégorie » des Q\mathbf{Q}-algèbres de Lie nilpotentes sur celle des groupes nilpotents divisibles sans torsion.)

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.