Bourbaki

§ 6. La série de Hausdorff

On suppose dans ce paragraphe que KK est un corps de caractéristique 0.

1. Exponentielle et logarithme dans les algèbres filtrées

Soit AA une algèbre associative unifière, séparée et complète pour une filtration réelle (Aα)(A_\alpha). On pose m=A0+=⋃α>0Aαm = A_0^+ = \bigcup_{\alpha > 0} A_\alpha.

Pour x∈mx \in m, la famille (xn/n!)n∈N(x^n/n!)_{n \in \mathbf{N}} est sommable. On pose

ex=exp⁡x=∑n≥0xn/n!. e^x = \exp x = \sum_{n \geq 0} x^n/n!.

On a exp⁡(x)∈1+m\exp(x) \in 1 + m, et l’application exp⁡:m→1+m\exp : m \to 1 + m est dite application exponentielle de AA.

Pour tout y∈1+my \in 1 + m, la famille ((−1)n−1(y−1)n/n)n≥1((-1)^{n-1}(y-1)^n/n)_{n \geq 1} est sommable. On pose

log⁡y=∑n≥1(−1)n−1(y−1)n/n. \log y = \sum_{n \geq 1} (-1)^{n-1}(y-1)^n/n.

On a log⁡y∈m\log y \in m, et l’application log⁡:1+m→m\log : 1 + m \to m est dite application logarithme de AA.

Proposition 1

L’application exponentielle est un homéomorphisme de mm sur 1+m1 + m et l’application logarithme en est l’homéomorphisme réciproque*.

Cite 2 · Cité par 2

Cite A IV § 6. Fonctions symétriques, II § 5. Algèbres de Magnus

Cité par § 6. La série de Hausdorff, Théorème 1

Pour x∈Aαx \in A_\alpha, on a xnn!∈Anα\frac{x^n}{n!} \in A_{n\alpha}. Il en résulte que la série définissant l’exponentielle converge uniformément dans chacun des ensembles AαA_\alpha pour α>0\alpha > 0; comme AαA_\alpha est ouvert dans mm et que m=⋃α>0Aαm = \bigcup_{\alpha > 0} A_\alpha, l’application exponentielle est continue. On montre de même que l’application logarithme est continue.

Soient ee et ll les séries formelles sans terme constant

e(X)=∑n≥1Xnn!l(X)=∑n≥1(−1)n−1Xn/n. e(\mathbf{X}) = \sum_{n \geq 1} \frac{\mathbf{X}^n}{n!} \qquad l(\mathbf{X}) = \sum_{n \geq 1} (-1)^{n-1} \mathbf{X}^n/n.

On sait (A, IV, , n° 9, n^{e}lle édition) que l’on a e(l(X))=l(e(X))=Xe(l(X)) = l(e(X)) = X dans A^({X})=K[[X]]\hat{A}(\{X\}) = K[[X]]. Par substitution (§ 5, n° 1), on en déduit e(l(x))=l(e(x))=xe(l(x)) = l(e(x)) = x pour x∈mx \in m; comme on a

exp⁡x=e(x)+1,log⁡(1+x)=l(x) \exp x = e(x) + 1, \quad \log(1 + x) = l(x)

on en déduit immédiatement

log⁡exp⁡x=x,exp⁡log⁡(1+x)=1+x \log \exp x = x, \quad \exp \log(1 + x) = 1 + x

pour xx dans mm, d’où la proposition.

Remarque 1

Si x∈m,y∈mx \in m, y \in m et si xx et yy commutent, on a exp⁡(x+y)=exp⁡(x)exp⁡(y)\exp(x + y) = \exp(x) \exp(y), la famille (xii!⋅yjj!)i,j∈N\left( \frac{x^i}{i!} \cdot \frac{y^j}{j!} \right)_{i,j \in \mathbf{N}} étant sommable (cf. A, IV, § 6, n° 9, prop. 11).

Cite 1 · Cité par 1

Cite Proposition 11, A IV § 6

Cité par Théorème 1

Remarque 2

Comme les séries ee et ll sont sans terme constant et que AαA_\alpha est un idéal fermé de AA, on a exp⁡Aα⊂1+Aα\exp A_\alpha \subset 1 + A_\alpha et log⁡(1+Aα)⊂Aα\log(1 + A_\alpha) \subset A_\alpha d’où exp⁡Aα=1+Aα\exp A_\alpha = 1 + A_\alpha et log⁡(1+Aα)=Aα\log (1 + A_\alpha) = A_\alpha pour α>0\alpha > 0.

Remarque 3

Soient BB une algèbre associative unifière filtrée, séparée et complète, et n=⋃α>0Bαn = \bigcup_{\alpha > 0} B_\alpha. Soit ff un homomorphisme unifière continu de AA dans BB tel que f(m)⊂nf(m) \subset n. On a f(exp⁡x)=exp⁡f(x)f(\exp x) = \exp f(x) pour x∈mx \in m et f(log⁡y)=log⁡f(y)f(\log y) = \log f(y) pour y∈1+my \in 1 + m; démontrons par exemple la première de ces formules:

f(exp⁡x)=∑n≥0f(xn)/n!=∑n≥0f(x)n/n!=exp⁡f(x). f(\exp x) = \sum_{n \geq 0} f(x^n)/n! = \sum_{n \geq 0} f(x)^n/n! = \exp f(x).

Remarque 4

Soit EE une algèbre associative unifière. Si aa est un élément nilpotent de EE, la famille (ann!)n∈N\left( \frac{a^n}{n!} \right)_{n \in \mathbf{N}} est à support fini et on pose exp⁡a=∑n≥0an/n!\exp a = \sum_{n \geq 0} a^n/n!. On dit qu’un élément bb est unipotent si b−1b - 1 est nilpotent; on pose alors log⁡b=∑n≥1(−1)n−1(b−1)n/n\log b = \sum_{n \geq 1} (-1)^{n-1}(b - 1)^n/n. On déduit des relations e(l(X))=l(e(X))=Xe(l(X)) = l(e(X)) = X que l’application a↦exp⁡aa \mapsto \exp a est une bijection de l’ensemble des éléments nilpotents de EE sur l’ensemble des éléments unipotents de EE, et que b↦log⁡bb \mapsto \log b en est l’application réciproque.

2. Groupe de Hausdorff

Soit XX un ensemble. Reprenons les notations du § 5, n°s 1 et 2. On identifie l’algèbre de Lie libre L(X)L(X) à son image canonique dans A(X)A(X) (§ 3, n° 1, th. 1). On notera L^(X)\hat{L}(X) l’adhérence de L(X)L(X) dans A^(X)\hat{A}(X), c’est-à-dire l’ensemble des éléments de A^(X)\hat{A}(X) de la forme a=∑n≥1ana = \sum_{n \geq 1} a_n tels que an∈Ln(X)a_n \in L^n(X) pour tout n≥0n \geq 0; c’est une sous-algèbre de Lie filtrée de A^(X)\hat{A}(X).

Théorème 1

La restriction de l’application exponentielle de A^(X)\hat{A}(X) à L^(X)\hat{L}(X) est une bijection de L^(X)\hat{L}(X) sur un sous-groupe fermé du groupe de Magnus Γ(X)\Gamma(X).

Cite 4

Cite Corollaire 1, II § 3, Corollaire 2, II § 3, Proposition 1, Remarque 1

Posons A(X)=A,An(X)=An,A^(X)=A^,Ln(X)=Ln,L^(X)=L^,Γ(X)=ΓA(X) = A, \quad A^n(X) = A^n, \quad \hat{A}(X) = \hat{A}, \quad L^n(X) = L^n, \quad \hat{L}(X) = \hat{L}, \quad \Gamma(X) = \Gamma. Soit B l’algèbre A⊗AA \otimes A munie de la graduation de type N\mathbf{N} définie par Bn=∑i+j=nAi⊗AjB^n = \sum_{i+j=n} A^i \otimes A^j. Soit B^=∏n≥0Bn\hat{B} = \prod_{n \geq 0} B^n l’algèbre filtrée complète associée (AC, III, § 2, no 12, Exemple 1). Le coproduit c:A→A⊗Ac : A \to A \otimes A défini au § 3, no 1, cor. 1 du th. 1, est gradué de degré 0, donc se prolonge par continuité en un homomorphisme c^:A^→B^\hat{c} : \hat{A} \to \hat{B} donné par

c^(∑n≥0an)=∑n≥0c(an)pour an∈An. \hat{c}\left( \sum_{n \geq 0} a_n \right) = \sum_{n \geq 0} c(a_n) \quad \text{pour } a_n \in A^n.
On définit aussi les homomorphismes continus δ′\delta' et δ′′\delta'' de A^\hat{A} dans B^\hat{B} par
δ′(∑n≥0an)=∑n≥0(an⊗1),δ′′(∑n≥0an)=∑n≥0(1⊗an)pour an∈An. \delta'\left( \sum_{n \geq 0} a_n \right) = \sum_{n \geq 0} (a_n \otimes 1), \qquad \delta''\left( \sum_{n \geq 0} a_n \right) = \sum_{n \geq 0} (1 \otimes a_n) \quad \text{pour } a_n \in A^n.
D’après le cor. 2 du th. 1 du § 3, no 1, LnL^n est l’ensemble des an∈Ana_n \in A^n tels que c(an)=an⊗1+1⊗anc(a_n) = a_n \otimes 1 + 1 \otimes a_n. Il en résulte que L^\hat{L} est l’ensemble des a∈A^a \in \hat{A} tels que
c^(a)=δ′(a)+δ′′(a). \hat{c}(a) = \delta'(a) + \delta''(a).
Soit Δ\Delta l’ensemble des b∈A^b \in \hat{A} de terme constant égal à 1 et satisfaisant à la relation
c^(b)=δ′(b)⋅δ′′(b), \hat{c}(b) = \delta'(b) \cdot \delta''(b),
autrement dit, l’ensemble des b=∑n≥0bnb = \sum_{n \geq 0} b_n tels que bn∈Anb_n \in A^n pour tout n≥0n \geq 0, b0=1b_0 = 1 et c(bn)=∑i+j=nbi⊗bjc(b_n) = \sum_{i+j=n} b_i \otimes b_j pour n≥0n \geq 0. Cette dernière caractérisation montre que Δ\Delta est une partie fermée de Γ\Gamma; comme c^,δ′\hat{c}, \delta' et δ′′\delta'' sont des homomorphismes d’anneaux, et que tout élément de δ′(A^)\delta'(\hat{A}) commute à tout élément de δ′′(A^)\delta''(\hat{A}), les restrictions à Γ\Gamma des applications c^\hat{c} et δ′δ′′\delta'\delta'' sont des homomorphismes de groupes et Δ\Delta est un sous-groupe de Γ\Gamma.

D’après la prop. 1 du no 1, l’application exponentielle de A^\hat{A} est une bijection de l’ensemble A^+\hat{A}^+ des éléments de A^\hat{A} sans terme constant sur Γ\Gamma. Soient a∈A^+a \in \hat{A}^+ et b=exp⁡ab = \exp a. Comme c^\hat{c} est un homomorphisme continu d’anneaux, on a

c^(b)=c^(∑n≥0an/n!)=∑n≥0c^(a)n/n!=exp⁡c^(a). \hat{c}(b) = \hat{c}\left( \sum_{n \geq 0} a^n/n! \right) = \sum_{n \geq 0} \hat{c}(a)^n/n! = \exp \hat{c}(a).
On prouve de même les relations
δ′(b)=exp⁡δ′(a),δ′′(b)=exp⁡δ′′(a), \delta'(b) = \exp \delta'(a), \qquad \delta''(b) = \exp \delta''(a),
et comme δ′(a)\delta'(a) commute à δ′′(a)\delta''(a), on a (no 1, Remarque 1)
δ′(b)δ′′(b)=exp⁡(δ′(a)+δ′′(a)). \delta'(b)\delta''(b) = \exp (\delta'(a) + \delta''(a)).
Par suite, aa satisfait à (3) si et seulement si bb satisfait à (4), ce qui démontre le théorème.

Remarque

La démonstration précédente montre que exp(\hat{L}) est le sous-groupe Δ\Delta de Γ\Gamma formé des bb satisfaisant à (4).

On peut donc transporter par l’application exponentielle la loi de groupe de Δ\Delta à L^\hat{L}. Autrement dit, L^\hat{L} est un groupe topologique complet pour la loi de composition (a,b)↦a⊛b(a, b) \mapsto a \circledast b donnée par

a⊛b=log⁡(exp⁡a⋅exp⁡b). a \circledast b = \log(\exp a \cdot \exp b).
Le groupe topologique ainsi obtenu s’appelle le groupe de Hausdorff (déduit de X relativement à K).

Soit gg l’homomorphisme du groupe libre F=F(X)F = F(X) dans Γ\Gamma tel que g(x)=exp⁡xg(x) = \exp x pour x∈Xx \in X. Comme exp⁡x−1−x=∑n≥2xn/n!\exp x - 1 - x = \sum_{n \geq 2} x^n / n! est d’ordre ≥2\geq 2, gg est injectif d’après le th. 1 du § 5, no 3. Par suite, l’application log⁡∘g\log \circ g est un homomorphisme injectif de FF dans le groupe de Hausdorff qui prolonge l’injection canonique X→L^X \to \hat{L}.

Pour tout entier m≥1m \geq 1, on note L^m\hat{L}_m l’ensemble des éléments d’ordre ≥m\geq m de L^\hat{L} et Γm\Gamma_m l’ensemble des u∈Γu \in \Gamma tels que u−1u - 1 soit d’ordre ≥m\geq m. On a L^m=exp⁡−1(Γm)\hat{L}_m = \exp^{-1}(\Gamma_m) d’après la Remarque 2 du no 1 ; comme (Γm)m≥1(\Gamma_m)_{m \geq 1} est une filtration centrale entière sur Γ\Gamma (§ 4, no 5, prop. 2), (L^m)m≥1(\hat{L}_m)_{m \geq 1} est une filtration centrale entière sur le groupe L^\hat{L}.

Cite 4

Cite Théorème 1, II § 5, II § 4. Filtrations centrales, Remarque 2, Proposition 2

3. Séries formelles de Lie

Lemme 1

Soient gg une algèbre de Lie filtrée (§ 4, no 1), (gα)α∈R(g_\alpha)_{\alpha \in \mathbf{R}} sa filtration, et soit α∈R\alpha \in \mathbf{R}. Soit P un polynôme de Lie homogène de degré nn en les indéterminées (Ti)i∈I(T_i)_{i \in I} (§ 2, no 4). On a P((ai))∈gnαP((a_i)) \in g_{n\alpha} pour toute famille (ai)i∈I(a_i)_{i \in I} d’éléments de gαg_\alpha.

Cite 3 · Cité par 1

Cite II § 2. Algèbres de Lie libres, II § 4. Filtrations centrales, Proposition 7, II § 2

Cité par Proposition 2

Tout polynôme de Lie de degré n≥2n \geq 2 est somme finie de termes de la forme [Q,R][Q, R] où QQ et RR sont de degré <n< n et dont la somme des degrés est égale à nn (§ 2, no 7, prop. 7). Le lemme en résulte par récurrence sur nn.

On appelle série formelle de Lie1^1 (à coefficients dans KK) en les indéterminées (Ti)i∈I(T_i)_{i \in I} tout élément de l’algèbre de Lie L^((Ti)i∈I)=L^(I)\hat{L}((T_i)_{i \in I}) = \hat{L}(I). Un tel élément uu s’écrit de manière unique comme somme d’une famille sommable (uv)v∈N(I)(u_v)_{v \in \mathbf{N}^{(I)}} où uv∈Lv(I)u_v \in L^v(I).

Supposons I fini. Soit gg une algèbre de Lie filtrée séparée et complète, telle que g=⋃α>0gαg = \bigcup_{\alpha > 0} g_\alpha; soit t=(ti)i∈It = (t_i)_{i \in I} une famille d’éléments de gg.

Proposition 2

L’homomorphisme ft:L(I)→gf_t : L(I) \to g tel que ft(Ti)=tif_t(T_i) = t_i (§ 2, no 4) se prolonge par continuité en un homomorphisme continu, et un seul, ftf_t de L^(I)\hat{L}(I) dans gg.

Cite 3 · Cité par 1

Cite II § 2. Algèbres de Lie libres, Lemme 1, A IV § 6. Fonctions symétriques

Cité par Remarque

En effet, il existe α>0\alpha > 0 tel que ti∈gαt_i \in g_\alpha pour tout i∈Ii \in I; on a donc ft(Lv(I))⊂g∣v∣αf_t(L^v(I)) \subset g_{|v|\alpha} pour tout vv (lemme 1), ce qui entraîne la continuité de ftf_t.

C.Q.F.D.

1 Une série formelle de Lie n’est pas en général une série formelle au sens de A, IV, § 6.

Si u∈L^(I)u \in \hat{\mathbf{L}}(\mathbf{I}), on pose u((ti))=f^t(u)u((t_i)) = \hat{f}_t(u). En particulier, prenant g=L^(I)g = \hat{\mathbf{L}}(\mathbf{I}), on a u=u((Ti))u = u((T_i)); dans le cas général, on dit que u((ti))u((t_i)) est le résultat de la substitution des tit_i aux TiT_i dans la série formelle de Lie u((Ti))u((T_i)). Si u=∑v∈N(I)uvu = \sum_{v \in \mathbf{N}^{(I)}} u_v, avec uv∈Lv(X)u_v \in \mathbf{L}^v(X), la famille (uv((ti)))v∈N(I)(u_v((t_i)))_{v \in \mathbf{N}^{(I)}} est sommable et

u((ti))=∑v∈NIuv((ti)). u((t_i)) = \sum_{v \in \mathbf{N}^I} u_v((t_i)).

Soit σ\sigma un homomorphisme continu de gg dans une algèbre de Lie filtrée séparée et complète g′g', telle que g′=⋃α>0gα′g' = \bigcup_{\alpha > 0} g'_\alpha. Pour toute famille finie t=(ti)i∈It = (t_i)_{i \in I} d’éléments de gg et tout u∈L^(I)u \in \hat{\mathbf{L}}(\mathbf{I}), on a

σ(u((ti)))=u((σ(ti))), \sigma(u((t_i))) = u((\sigma(t_i))),

car l’homomorphisme σ∘f^t\sigma \circ \hat{f}_t est continu et applique TiT_i sur σ(ti)\sigma(t_i), pour i∈Ii \in I.

Soit u=(uj)j∈Ju = (u_j)_{j \in J} une famille finie d’éléments de L^(I)\hat{\mathbf{L}}(\mathbf{I}) et soit v∈L^(J)v \in \hat{\mathbf{L}}(\mathbf{J}); par substitution des uju_j aux TjT_j dans vv, on obtient un élément w=v((uj)j∈J)w = v((u_j)_{j \in J}) de L^(I)\hat{\mathbf{L}}(\mathbf{I}) noté v∘uv \circ u. On a

w((ti)i∈I)=v((uj((ti)i∈I))j∈J), w((t_i)_{i \in I}) = v((u_j((t_i)_{i \in I}))_{j \in J}),

pour toute famille finie t=(ti)i∈It = (t_i)_{i \in I} d’éléments de gg, comme on le voit en transformant par l’homomorphisme continu f^t\hat{f}_t l’égalité w=v((uj)j∈J)w = v((u_j)_{j \in J}).

Soit u=∑v∈NIuv∈L^(I)u = \sum_{v \in \mathbf{N}^I} u_v \in \hat{\mathbf{L}}(\mathbf{I}), avec uv∈Lv(I)u_v \in \mathbf{L}^v(\mathbf{I}). L’application u~:(ti)↦u((ti))\tilde{u}: (t_i) \mapsto u((t_i)) de gIg^I dans gg est continue: en effet, dans chacun des ouverts gαg_\alpha pour α>0\alpha > 0, la famille des u~v\tilde{u}_v est uniformément sommable et il suffit de prouver que chaque u~v\tilde{u}_v est continue, ce qui est immédiat par récurrence sur ∣v∣|v|.

4. La série de Hausdorff

Soit {U,V}\{U, V\} un ensemble à deux éléments.

Définition 1

L’élément H=U&V=log⁡(exp⁡U.exp⁡V)H = U \mathbin{\&} V = \log(\exp U . \exp V) (n° 2) de l’algèbre de Lie L^q({U,V})\hat{\mathbf{L}}_q(\{U, V\}) s’appelle la série de Hausdorff en les indéterminées UU et VV.

Cité par 4

Cité par II § 7. Convergence de la série de Hausdorff (cas réel ou complexe), II § 8. Convergence de la série de Hausdorff (cas ultramétrique), Lemme 2, II § 8, III § 4. Passage des algèbres de Lie aux groupes de Lie

On désigne par HnH_n (resp. Hr,sH_{r,s}) la composante homogène de degré total nn (resp. de multidegré (r,s)(r, s)) de HH. On a

H=∑n≥0Hn=∑r,s≥0Hr,sHn=∑r+s=nr,s≥0Hr,s. H = \sum_{n \geq 0} H_n = \sum_{r,s \geq 0} H_{r,s} \qquad H_n = \sum_{\substack{r+s=n \\ r,s \geq 0}} H_{r,s}.

Théorème 2

Si r et s sont deux entiers positifs, tels que r+s⩾1r + s \geqslant 1, on a Hr,s=Hr,s′+Hr,s′′\mathbf{H}_{r,s} = \mathbf{H}'_{r,s} + \mathbf{H}''_{r,s} avec

Cite 1

Cite Corollaire, II § 3

(9)

(r+s)Hr,s′=∑m⩾1(−1)m−1m∑r1+⋯+rm=rs1+⋯+sm−1=s−1r1+s1⩾1,…,rm−1+sm−1⩾1(∏i=1m−1(ad U)riri!(ad V)sisi!)(ad U)rmrm!(V) (r + s) \mathbf{H}'_{r,s} = \sum_{m \geqslant 1} \frac{(-1)^{m-1}}{m} \sum_{\substack{r_1 + \cdots + r_m = r \\ s_1 + \cdots + s_{m-1} = s - 1 \\ r_1 + s_1 \geqslant 1, \ldots, r_{m-1} + s_{m-1} \geqslant 1}} \left( \prod_{i=1}^{m-1} \frac{(\mathrm{ad}\ U)^{r_i}}{r_i!} \frac{(\mathrm{ad}\ V)^{s_i}}{s_i!} \right) \frac{(\mathrm{ad}\ U)^{r_m}}{r_m!} (\mathrm{V})

(10)

(r+s)Hr,s′′=∑m⩾1(−1)m−1m∑r1+⋯+rm−1=r−1s1+⋯+sm−1=sr1+s1⩾1,…,rm−1+sm−1⩾1(∏i=1m−1(ad U)riri!(ad V)sisi!)(U). (r + s) \mathbf{H}''_{r,s} = \sum_{m \geqslant 1} \frac{(-1)^{m-1}}{m} \sum_{\substack{r_1 + \cdots + r_{m-1} = r - 1 \\ s_1 + \cdots + s_{m-1} = s \\ r_1 + s_1 \geqslant 1, \ldots, r_{m-1} + s_{m-1} \geqslant 1}} \left( \prod_{i=1}^{m-1} \frac{(\mathrm{ad}\ U)^{r_i}}{r_i!} \frac{(\mathrm{ad}\ V)^{s_i}}{s_i!} \right) (\mathrm{U}).

Dans A^q({U,V})\hat{A}_q(\{\mathrm{U}, \mathrm{V}\}), on a exp⁡U.exp⁡V=1+W\exp \mathrm{U} . \exp \mathrm{V} = 1 + \mathrm{W} avec W=∑r+s⩾1Urr!Vss!\mathrm{W} = \sum_{r+s \geqslant 1} \frac{\mathrm{U}^r}{r!} \frac{\mathrm{V}^s}{s!}, d’où H=∑m⩾1(−1)m−1Wm/m\mathbf{H} = \sum_{m \geqslant 1} (-1)^{m-1} \mathrm{W}^m / m (n° 2), c’est-à-dire:

(11)

Hr,s=∑m⩾1(−1)m−1m∑r1+⋯+rm=rs1+⋯+sm=sr1+s1⩾1,…,rm+sm⩾1∏i=1mUriri!Vsisi!. \mathbf{H}_{r,s} = \sum_{m \geqslant 1} \frac{(-1)^{m-1}}{m} \sum_{\substack{r_1 + \cdots + r_m = r \\ s_1 + \cdots + s_m = s \\ r_1 + s_1 \geqslant 1, \ldots, r_m + s_m \geqslant 1}} \prod_{i=1}^m \frac{\mathrm{U}^{r_i}}{r_i!} \frac{\mathrm{V}^{s_i}}{s_i!}.

L’application linéaire PnP_n, définie par Pn(x1,…,xn)=1n(∏i=1n−1(ad xi))(xn)P_n(x_1, \ldots, x_n) = \frac{1}{n} \left( \prod_{i=1}^{n-1} (\mathrm{ad}\ x_i) \right)(x_n) pour n⩾1n \geqslant 1 et x1,…,xnx_1, \ldots, x_n dans {U,V}\{\mathrm{U}, \mathrm{V}\}, est un projecteur de Aqn({U,V})A_q^n(\{\mathrm{U}, \mathrm{V}\}) sur Lqn({U,V})L_q^n(\{\mathrm{U}, \mathrm{V}\}) (§ 3, n° 2, cor. de la prop. 1); comme Hr,s\mathbf{H}_{r,s} appartient à Lqr+s({U,V})L_q^{r+s}(\{\mathrm{U}, \mathrm{V}\}), on a Hr,s=Pr+s(Hr,s)\mathbf{H}_{r,s} = P_{r+s}(\mathbf{H}_{r,s}). Or, on a

(12)

Pr+s(∏i=1mUriri!Vsisi!)=1r+s((∏i=1m−1(ad U)riri!(ad V)sisi!)(ad U)rmrm!(ad V)sm−1sm!)(V) P_{r+s} \left( \prod_{i=1}^m \frac{\mathrm{U}^{r_i}}{r_i!} \frac{\mathrm{V}^{s_i}}{s_i!} \right) = \frac{1}{r+s} \left( \left( \prod_{i=1}^{m-1} \frac{(\mathrm{ad}\ U)^{r_i}}{r_i!} \frac{(\mathrm{ad}\ V)^{s_i}}{s_i!} \right) \frac{(\mathrm{ad}\ U)^{r_m}}{r_m!} \frac{(\mathrm{ad}\ V)^{s_m-1}}{s_m!} \right) (\mathrm{V})
lorsque sm⩾1s_m \geqslant 1, et (13)
Pr+s(∏i=1mUriri!Vsisi!)=1r+s((∏i=1m−1(ad U)riri!(ad V)sisi!)(ad U)rm−1rm!)(U) P_{r+s} \left( \prod_{i=1}^m \frac{\mathrm{U}^{r_i}}{r_i!} \frac{\mathrm{V}^{s_i}}{s_i!} \right) = \frac{1}{r+s} \left( \left( \prod_{i=1}^{m-1} \frac{(\mathrm{ad}\ U)^{r_i}}{r_i!} \frac{(\mathrm{ad}\ V)^{s_i}}{s_i!} \right) \frac{(\mathrm{ad}\ U)^{r_m-1}}{r_m!} \right) (\mathrm{U})
lorsque rm⩾1r_m \geqslant 1 et sm=0s_m = 0. De plus, on a évidemment (ad t)p−1.t=0(\mathrm{ad}\ t)^{p-1} . t = 0 si p⩾2p \geqslant 2 et (ad t)0.t=t(\mathrm{ad}\ t)^0 . t = t. Il en résulte que les deux membres de (12) sont nuls lorsque sm⩾2s_m \geqslant 2 et que ceux de (13) le sont lorsque rm⩾2r_m \geqslant 2. Le théorème résulte de là, Hr,s′\mathbf{H}'_{r,s} étant la somme des termes du type (12) et Hr,s′′\mathbf{H}''_{r,s} celle des termes du type (13).

C.Q.F.D.

Remarque 1

On a défini (§ 3, n° 2, Remarque) un projecteur Q de A(X) sur L(X) tel que Q(a^m) = 0 pour a∈L(X)a \in L(X) et m≥2m \geq 2, et Q(1) = 0. On a alors H=Q(exp⁡H)=Q(exp⁡U⋅exp⁡V)H = Q(\exp H) = Q(\exp U \cdot \exp V), d’où immédiatement

Hr,s=Q(Urr!Vss!)pour r+s≥1. H_{r,s} = Q \left( \frac{U^r}{r!} \frac{V^s}{s!} \right) \quad \text{pour } r + s \geq 1.
Cite 1

Cite II § 3. Algèbre enveloppante de l'algèbre de Lie libre

Remarque 2

On a

H(U,V)≡U+V+12[U,V]+112[U,[U,V]]+112[V,[V,U]]−124[U,[V,[U,V]]] H(U, V) \equiv U + V + \frac{1}{2}[U, V] + \frac{1}{12}[U, [U, V]] \\ + \frac{1}{12}[V, [V, U]] - \frac{1}{24}[U, [V, [U, V]]]
modulo ∑n≥5Ln({U,V})\sum_{n \geq 5} L^n(\{U, V\}).

Remarque 3

On a H0,n=Hn,0=0H_{0,n} = H_{n,0} = 0 pour tout entier n≠1n \neq 1, d’où

H(U,0)=H(0,U)=U. H(U, 0) = H(0, U) = U.

D’autre part, comme [U,−U]=0[U, -U] = 0, on a

H(U,−U)=0. H(U, -U) = 0.

5. Substitutions dans la série de Hausdorff

Comme K est un corps contenant Q\mathbf{Q}, la série de Hausdorff peut être considérée comme une série formelle de Lie à coefficients dans K. Par suite, si gg est une algèbre de Lie filtrée, séparée et complète avec g=⋃α>0gαg = \bigcup_{\alpha > 0} g_\alpha, on peut, pour a,ba, b dans gg, substituer aa et bb à U et V dans H (cf. n° 3 et § 2, n° 5, Remarque).

En particulier, soit A une algèbre associative unifière, filtrée, séparée et complète. Posons m=⋃α>0Aαm = \bigcup_{\alpha > 0} A_\alpha et mα=Aα∩mm_\alpha = A_\alpha \cap m pour α∈R\alpha \in \mathbf{R}; on a donc mα=Aαm_\alpha = A_\alpha pour α>0\alpha > 0 et mα=mm_\alpha = m pour α≤0\alpha \leq 0. Pour le crochet [a,b]=ab−ba[a, b] = ab - ba, m est une algèbre de Lie filtrée, séparée et complète, à laquelle on peut appliquer ce qui précède. Avec ces notations, on a le résultat suivant, qui complète la prop. 1 du n° 1.

Proposition 3

Si a∈m,b∈ma \in m, b \in m, on a exp⁡H(a,b)=exp⁡a⋅exp⁡b\exp H(a, b) = \exp a \cdot \exp b.

Cite 1 · Cité par 4

Cite Proposition 1, II § 5

Cité par Remarque 1, Proposition 4, Proposition 5, Lemme 1, VII § 3

Soient a,ba, b dans mm; il existe α>0\alpha > 0 tel que a∈Aαa \in A_\alpha et b∈Aαb \in A_\alpha. Par suite, il existe un homomorphisme continu θ\theta de l’algèbre de Magnus A^({U,V})\hat{A}(\{U, V\}) dans A appliquant U sur aa et V sur bb (§ 5, n° 1, prop. 1).

La restriction de θ\theta à L^({U,V})\hat{L}(\{U, V\}) est un homomorphisme continu d’algèbres de Lie de L^({U,V})\hat{L}(\{U, V\}) dans m qui applique U (resp. V) sur aa (resp. bb). D’après la formule (6) du n° 3, on a donc θ(H)=H(a,b)\theta(H) = H(a, b). Il suffit alors d’appliquer l’homomorphisme continu θ\theta aux deux membres de la relation exp⁡H(U,V)=exp⁡U⋅exp⁡V\exp H(U, V) = \exp U \cdot \exp V en tenant compte de la Remarque 3 du n° 1.

Remarque 1

Si aa et bb commutent, on a Hr,s(a,b)=0H_{r,s}(a,b) = 0 pour r+s≥2r + s \geq 2, car tout polynôme de Lie homogène de degré ≥2\geq 2 est nul en (a,b)(a,b). On a donc H(a,b)=a+bH(a,b) = a + b, et la prop. 3 redonne la formule exp⁡(a+b)=exp⁡a.exp⁡b\exp(a + b) = \exp a . \exp b.

Cite 1

Cite Proposition 3

Proposition 4

Soit gg une algèbre de Lie filtrée, séparée et complète, telle que g=⋃α>0gαg = \bigcup_{\alpha > 0} g_\alpha.

Cite 1 · Cité par 3

Cite Proposition 3

Cité par Proposition 2, II § 7, Proposition 3, II § 8, Lemme 1, VII § 3

L’application (a,b)↦H(a,b)(a, b) \mapsto H(a, b) est une loi de groupe sur gg, compatible avec la topologie de gg, pour laquelle 00 est élément neutre et −a-a est inverse de aa, pour tout a∈ga \in g.

L’application (a,b)↦H(a,b)(a, b) \mapsto H(a, b) de g×gg \times g dans gg est continue (n° 3); comme l’application a↦−aa \mapsto -a est évidemment continue, il suffit de prouver les relations

(18)H(H(a,b),c)=H(a,H(b,c)) \text{(18)} \qquad H(H(a, b), c) = H(a, H(b, c))
(19)H(a,−a)=0 \text{(19)} \qquad H(a, -a) = 0
(20)H(a,0)=H(0,a)=a \text{(20)} \qquad H(a, 0) = H(0, a) = a

pour a,b,ca, b, c dans gg. D’après la formule (7) du n° 3, il suffit de démontrer ces formules lorsque a,b,ca, b, c sont trois indéterminées et que g=L^({a,b,c})g = \hat{L}(\{a, b, c\}). Or la restriction de l’application exponentielle à L^({a,b,c})\hat{L}(\{a, b, c\}) est une injection dans l’algèbre de Magnus A^({a,b,c})\hat{A}(\{a, b, c\}) et l’on a d’après la prop. 3:

exp⁡H(H(a,b),c)=exp⁡H(a,b).exp⁡c=exp⁡a.exp⁡b.exp⁡cexp⁡H(a,H(b,c))=exp⁡a.exp⁡H(b,c)=exp⁡a.exp⁡b.exp⁡cexp⁡H(a,−a)=exp⁡a.exp⁡(−a)=exp⁡(a−a)=exp⁡0exp⁡H(a,0)=exp⁡a.exp⁡0=exp⁡aexp⁡H(0,a)=exp⁡0.exp⁡a=exp⁡a. \begin{align*} \exp H(H(a, b), c) &= \exp H(a, b) . \exp c = \exp a . \exp b . \exp c \\ \exp H(a, H(b, c)) &= \exp a . \exp H(b, c) = \exp a . \exp b . \exp c \\ \exp H(a, -a) &= \exp a . \exp(-a) = \exp(a - a) = \exp 0 \\ \exp H(a, 0) &= \exp a . \exp 0 = \exp a \\ \exp H(0, a) &= \exp 0 . \exp a = \exp a. \end{align*}

Ceci établit les relations (18) à (20).

Remarque 2

Prenons pour gg l’algèbre de Lie L^(X)\hat{L}(X). La loi de groupe introduite dans la proposition précédente coïncide avec la loi définie au n° 2. En d’autres termes, on a

(21)a⊛b=H(a,b)pour a,b dans L^(X); \text{(21)} \qquad a \circledast b = H(a, b) \qquad \text{pour } a, b \text{ dans } \hat{L}(X);

la loi du groupe de Hausdorff est donc donnée par la série de Hausdorff.

Cite 1 · Cité par 1

Cite II § 2. Algèbres de Lie libres

Cité par Remarque

Remarque 3

Soit gg une algèbre de Lie munie de la filtration entière (Cng)(\mathscr{C}^n g) définie par la suite centrale descendante. Supposons qu’il existe un m≥1m \geq 1 tel que Cmg={0}\mathscr{C}^m g = \{0\}. Pour la topologie déduite de la filtration (Cng)n≥1(\mathscr{C}^n g)_{n \geq 1}, l’algèbre de Lie gg est séparée, complète, et même discrète. On a P(a1,…,ar)=0P(a_1, \ldots, a_r) = 0 pour a1,…,ara_1, \ldots, a_r dans gg et pour tout polynôme de Lie PP homogène de degré ≥m\geq m; en particulier, on a Hr,s(a,b)=0H_{r,s}(a, b) = 0 pour r+s≥mr + s \geq m, et la série H(a,b)=∑r,sHr,s(a,b)H(a, b) = \sum_{r,s} H_{r,s}(a, b) n’a qu’un nombre fini de termes non nuls. La loi de groupe (a,b)↦H(a,b)(a, b) \mapsto H(a, b) sur gg est alors une application polynomiale (§ 2, n° 4).

§ 5 LA SÉRIE DE HAUSDORFF

Proposition 5

Soit Kr,sK_{r,s} la composante de multidegré (r,s)(r, s) de H(U+V,−U)H(U + V, -U). On a

Kn,1(U,V)=1(n+1)!(ad⁡U)n(V)pour n≥0. K_{n,1}(U, V) = \frac{1}{(n+1)!} (\operatorname{ad} U)^n(V) \quad \text{pour } n \geq 0.
Cite 2 · Cité par 2

Cite Proposition 3, II § 2. Algèbres de Lie libres

Cité par Exercice 3, § 6, Proposition 6, III § 4

En effet, posons K(U,V)=H(U+V,−U)K(U, V) = H(U + V, -U), K1(U,V)=∑n≥0Kn,1(U,V)K_1(U, V) = \sum_{n \geq 0} K_{n,1}(U, V). Notons LL (resp. RR) la multiplication à gauche (resp. à droite) par UU dans A^({U,V})\hat{A}(\{U, V\}).

On peut écrire

eUVe−U=∑p,qUpp!V(−U)qq! e^{UV} e^{-U} = \sum_{p, q} \frac{U^p}{p!} V \frac{(-U)^q}{q!}
=∑n≥01n!(∑p+q=nn!p!q!(Lp(−R)q).V) = \sum_{n \geq 0} \frac{1}{n!} \left( \sum_{p+q=n} \frac{n!}{p!q!} (L^p(-R)^q) . V \right)
=∑n≥01n!(L−R)n.V = \sum_{n \geq 0} \frac{1}{n!} (L - R)^n . V

et par suite

eUVe−U=∑n≥01n!(ad⁡U)nV. e^{UV} e^{-U} = \sum_{n \geq 0} \frac{1}{n!} (\operatorname{ad} U)^n V.

Calculons maintenant modulo l’idéal ∑m≥0∑n≥2Am,n({U,V})\sum_{m \geq 0} \sum_{n \geq 2} A^{m,n}(\{U, V\}) de A({U,V})A(\{U, V\}). Pour tout n≥1n \geq 1, on a

(U+V)n≡Un+∑i=1n−1UiVUn−1−i (U + V)^n \equiv U^n + \sum_{i=1}^{n-1} U^i V U^{n-1-i}

d’où

(ad⁡U)(U+V)n≡((L−R)∑i=1n−1LiRn−i).V (\operatorname{ad} U)(U + V)^n \equiv ((L - R) \sum_{i=1}^{n-1} L^i R^{n-i}) . V
≡(Ln−Rn).V \equiv (L^n - R^n) . V
≡UnV−VUn. \equiv U^n V - V U^n.

Par suite, on a

(ad⁡U).eU+V≡eUV−VeU (\operatorname{ad} U) . e^{U+V} \equiv e^{UV} - V e^U

par sommation sur nn.

Par ailleurs, K1(U,V)≡K(U,V)K_1(U, V) \equiv K(U, V) et eK1(U,V)≡1+K1(U,V)e^{K_1(U,V)} \equiv 1 + K_1(U, V), donc

K1≡eK−1≡eU+Ve−U−1 K_1 \equiv e^K - 1 \equiv e^{U+V} e^{-U} - 1

d’après la prop. 3. On en déduit

(ad U)K1≡UeU+Ve−U−eU+Ve−UU≡(UeU+V−eU+VU)e−U (\mathrm{ad}\ U)\mathbf{K}_1 \equiv U e^{U+V} e^{-U} - e^{U+V} e^{-U} U \equiv (U e^{U+V} - e^{U+V} U) e^{-U}
≡(eUV−VeU)e−U(d’apreˋs (23)) \equiv (e^{UV} - V e^U) e^{-U} \tag{d’après (23)}
≡eUVe−U−V \equiv e^{UV} e^{-U} - V
≡∑n≥11n!(ad U)nV(d’apreˋs (22)) \equiv \sum_{n \geq 1} \frac{1}{n!} (\mathrm{ad}\ U)^n V \tag{d’après (22)}
≡(ad U)(∑n≥0(ad U)n(n+1)!V). \equiv (\mathrm{ad}\ U) \left( \sum_{n \geq 0} \frac{(\mathrm{ad}\ U)^n}{(n+1)!} V \right).

Il suffit alors d’appliquer la Remarque du § 2, n° 11.

Exercices

See the exercises for § 6.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.