Bourbaki

Exercice 8, § 3

Groupes et algèbres de Lie, III

Soient G un groupe de Lie réel connexe de dimension finie, M une variété de classe C∞C^\infty connexe de dimension finie; on se donne une loi d’opération à droite de classe C∞C^\infty de G dans M. Pour tout x∈Mx \in M, soit ρ(x)\rho(x) l’application orbitale correspondante. a) Pour que G opère transitivement dans M, il faut et il suffit que, pour tout x∈Mx \in M, l’application Te(ρ(x))T_e(\rho(x)) de L(G) dans Tx(M)T_x(M) soit surjective. (Pour voir que la condition est suffisante, observer qu’alors toute G-orbite dans M est ouverte.) b) On suppose que G opère transitivement dans M. On identifie M à un espace homogène H\GH\backslash G où H est le stabilisateur d’un point x0x_0 de M. On dit que l’action de G dans M est imprimitive s’il existe une sous-variété fermée V de M de classe C∞C^\infty, telle que 0<dim⁡V<dim⁡M0 < \dim V < \dim M et pour laquelle toute transformée V.s (pour s∈Gs \in G) est ou bien égale à V ou bien disjointe de V. Pour qu’il en soit ainsi, il faut et il suffit qu’il existe un sous-groupe de Lie L de G tel que H ⊂ L ⊂ G et dim⁡(H)<dim⁡(L)<dim⁡(G)\dim(H) < \dim(L) < \dim(G). S’il n’en est pas ainsi, on dit que l’action de G dans M est primitive; il suffit pour cela qu’il n’existe pas de sous-algèbre de L(G) comprise entre L(G) et L(H), distincte de L(G) et L(H). c) Les hypothèses sont celles de b). Soit L\mathscr{L} l’image de L(G) par la loi d’opération infinitésimale associée à l’action de G. Soit E\mathfrak{E} l’algèbre des fonctions de classe C∞C^\infty sur M, m l’idéal maximal de E\mathscr{E} formé des fonctions de E\mathscr{E} s’annulant en x0x_0; on désigne par Lp\mathscr{L}_p, pour p=−1,0,1,2,…p = -1, 0, 1, 2, \ldots l’ensemble des X∈LX \in \mathscr{L} tels que θ(X)f∈mp+1\theta(X)f \in m^{p+1} pour toute f∈Ef \in \mathscr{E}; on a L−1=L\mathscr{L}_{-1} = \mathscr{L}, et L0\mathscr{L}_0 est l’image de L(H)L(H) par la loi d’opération infinitésimale. Si (U,φ,Rn)(U, \varphi, \mathbf{R}^n) est une carte de MM centrée en x0x_0, et si X1,…,XnX_1, \ldots, X_n sont les champs de vecteurs sur UU définis par la carte, les éléments de Lp\mathscr{L}_p sont les a1X1+⋯+anXna_1X_1 + \cdots + a_nX_n pour a1,…,ana_1, \ldots, a_n dans mp∣Um^p|U. Montrer que [Lp,Lq]⊂Lp+q[\mathscr{L}_p, \mathscr{L}_q] \subset \mathscr{L}_{p+q} (en convenant de poser L−2=L\mathscr{L}_{-2} = \mathscr{L}). S’il existe Y∈LpY \in \mathscr{L}_p (pour p⩾0p \geqslant 0) tel que Y∉Lp+1Y \notin \mathscr{L}_{p+1}, il existe X∈LX \in \mathscr{L} tel que [Y,X]∉Lp[Y, X] \notin \mathscr{L}_p. Les Lp\mathscr{L}_p sont des sous-algèbres de Lie de L\mathscr{L}. Pour p⩾0p \geqslant 0, Lp\mathscr{L}_p est un idéal de L0\mathscr{L}_0. Soit ρ\rho la représentation linéaire canonique de HH dans Tx0(M)T_{x_0}(M). L’algèbre de Lie de H/(Ker ρ)H/(Ker\ \rho) est isomorphe à L0/L1\mathscr{L}_0/\mathscr{L}_1.

d) On suppose en outre que l’intersection des Lp\mathscr{L}_p est {0}\{0\}. Alors il existe un plus grand indice rr tel que Lr≠{0}\mathscr{L}_r \neq \{0\}, et tous les Lj\mathscr{L}_j d’indices ⩽r\leqslant r sont distincts. Pour p⩾0p \geqslant 0, on a

dim⁡(Lp/Lp+1)⩽(n+pp+1). \dim(\mathscr{L}_p/\mathscr{L}_{p+1}) \leqslant \binom{n+p}{p+1}.

e) L’hypothèse de d) est satisfaite si MM est analytique et si GG opère analytiquement dans MM.

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