Bourbaki marks this one as harder than the rest.
Soient K un corps de caractéristique zéro, V un K-espace vectoriel de dimension finie l, et G un sous-groupe de GL(V) engendré par des pseudo-réflexions. On pose q=Card(G); on note S (resp. L) l’algèbre symétrique (resp. l’algèbre extérieure) de V. Si x∈V, on note x (resp. x′) son image canonique dans S (resp. dans L).
a) Soit E=S⊗L l’algèbre produit tensoriel de S et de L. Montrer qu’il existe sur E une dérivation d et une seule telle que dx=x′ et dx′=0 pour tout x∈V.
b) Soit SG l’algèbre des invariants symétriques de G et soient P1,…,Pl des éléments homogènes de SG tels que SG=K[P1,…,Pl]. Pour toute partie I={i1,…,ir} avec i1<⋯<ir de {1,l} on pose :
ωI=dPi1…dPir.
(*) Comme l’a montré E. Vinberg, le groupe W correspondant à ce dernier graphe n’est pas un sous-groupe de type « arithmétique » du groupe G. La même situation se présente pour divers autres graphes de type hyperbolique (non compacts, cette fois), notamment pour les quatre derniers de l’exercice 16.
Montrer que les ω1 sont linéairement indépendants sur S, et qu’ils appartiennent à la sous-algèbre EG formée des éléments de E invariants par G. En déduire que, pour tout ω∈EG, il existe a,cI∈SG, avec a=0, tels que
aω=I∑cIωI.
c) Montrer que tout élément de EG contenu dans S⊗⋀lV est de la forme c.dP1…dPl, avec c∈SG. (Appliquer la prop. 5.)
d) Montrer que les ωI forment une base du SG-module EG. (Avec les notations de b), on multiplie chaque membre de la relation aω=∑IcIωI par un élément ωJ, et on applique c); on en déduit que, si I est le complémentaire de J, a divise cI; d’où (*) le fait que les ωI engendrent EG.
e) Soit Sn (resp. Lm) la composante homogène de degré n (resp. m) de S (resp. L). On pose :
En,m=Sn⊗Lm,En,mG=EG∩En,m,an,m=dimEn,mG,
a(X,Y)=n,m≥0∑an,mXnYm.
En utilisant d), démontrer la formule :
a(X,Y)=i=1∏l1−Xpi1+Y.Xpi−1, où
pi=deg(Pi).
f) Si g∈G, soit Trn,m(g) la trace de l’automorphisme de En,m défini par g; on pose :
Tr(X,Y)(g)=n,m≥0∑Trn,m(g)XnYm. Montrer que l’on a :
Tr(X,Y)(g)=det(1−Xg)det(1+Yg).
g) Soit q=Card(G). Montrer que
q1g∈G∑Tr(X,Y)(g)=a(X,Y), i.e.
q1g∈G∑det(1−Xg)det(1+Yg)=i=1∏l1−Xpi1+Y.Xpi−1. (On utilisera le résultat suivant : si G opère sur un espace vectoriel E de dimension finie, la dimension de l’espace des éléments de E invariants par G est égale à
q1∑g∈GTrE(g)). Que donne cette formule pour
Y=0?
h) Pour tout entier p≥0, soit Hp l’ensemble des éléments g∈G qui admettent 1 pour valeur propre avec une multiplicité égale à p. Soit hp=Card(Hp). Démontrer la formule :
p=0∑lhpTp=i=1∏l(pi−1+T). (Dans la formule de g) ci-dessus, remplacer Y par
−1+T(1−X), puis faire
X=1 dans le résultat. Si
g∈Hp, le terme
Tr(X,Y)(g) devient
Tp.)
(*) Pour plus de détails, voir L. SOLOMON, Invariants of finite reflection groups, Nagoya Math. Journal, t. XXII (1963), p. 57-64.
EXERCICES