Bourbaki

Exercice 22, § 6

Topologie générale, III, p. 83

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Dans un corps K muni d’une topologie séparée T\mathscr{T} compatible avec sa structure d’anneau, on dit qu’un ensemble R contenant 0 est rétroborné si (CR)−1(\mathscr{C}R)^{-1} est borné. On dit que T\mathscr{T} est localement rétrobornée s’il existe un système fondamental de voisinages rétrobornés de 0 pour T\mathscr{T}.

a) Une topologie localement rétrobornée T\mathscr{T} est localement bornée, et est un élément minimal dans l’ensemble des topologies séparées compatibles avec la structure d’anneau de K ; en outre T\mathscr{T} est compatible avec la structure de corps de K (utiliser l’exerc. 19 a) de III, p. 82).

b) On suppose désormais que T\mathscr{T} est une topologie localement rétrobornée. Montrer que pour tout voisinage V de 0 dans K, x↦x−1x \mapsto x^{-1} est uniformément continue dans CV\mathscr{C}V. En déduire que l’anneau complété K^\hat{K} de K est un corps topologique dont la topologie est localement rétrobornée.

c) Tout voisinage de 0 pour T\mathscr{T} contient un voisinage V de 0 tel que E(V)=(CV)∩(CV)−1E(V) = (\mathscr{C}V) \cap (\mathscr{C}V)^{-1} ne soit pas vide. Montrer que sur E(V)E(V) les trois structures uniformes induites par la structure uniforme additive et les structures uniformes multiplicatives de K sont identiques. En déduire que, si K est complet, les structures uniformes multiplicatives sur K∗K^* sont des structures uniformes d’espace complet.

d) Montrer qu’un élément x∈K∗x \in K^* est, ou bien topologiquement nilpotent, ou bien tel que x−1x^{-1} soit topologiquement nilpotent, ou bien tel que la suite (xn)n∈Z(x^n)_{n \in \mathbf{Z}} soit bornée, les trois cas s’excluant mutuellement. (En considérant un voisinage borné U tel que UU⊂UUU \subset U (III, p. 82, exerc. 20 d)), montrer que si 0 est valeur d’adhérence de la suite (xn)n≥0(x^n)_{n \geq 0}, x est topologiquement nilpotent). S’il existe des éléments ≠0\neq 0 de K topologiquement nilpotents, montrer que l’ensemble B formé de 0 et des x∈K∗x \in K^* tels que x−1x^{-1} ne soit pas topologiquement nilpotent, est un voisinage borné de 0 dans K, invariant par tout automorphisme intérieur (utiliser l’exerc. 21 b)); B contient alors tous les voisinages bornés U de 0 tels que UU⊂UUU \subset U; parmi ceux de ces voisinages qui sont invariants par tous les automorphismes intérieurs, il y en a un plus grand que tous les autres, qui est identique à B lorsque le groupe des commutateurs de K∗K^* est borné, et en particulier lorsque K est commutatif.

e) Si U est un voisinage symétrique borné de 0 dans K tel que UU⊂UUU \subset U, il existe b∈U∗b \in U^* tel que K∗=U∗∪((U∗)−1b)K^* = U^* \cup ((U^*)^{-1}b). Soit a∈U∗a \in U^* tel que Ua⊂bUUa \subset bU, et supposons que la suite (a−n)n≥0(a^{-n})_{n \geq 0} soit bornée. Montrer que l’ensemble V des x∈Kx \in K tels que xUxU soit contenu dans la réunion des Ua−nUa^{-n} est un voisinage borné de 0 tel que VV⊂VVV \subset V et K∗=V∗∪(V∗)−1K^* = V^* \cup (V^*)^{-1}.

f) On suppose que dans K il n’y ait aucun élément topologiquement nilpotent ≠0\neq 0. Montrer qu’il existe un voisinage borné de 0 dans K qui est un sous-anneau A de K tel que K∗=A∗∪(A∗)−1K^* = A^* \cup (A^*)^{-1}. (Partir d’un voisinage borné V de 0 tel que K∗=V∗∪(V∗)−1K^* = V^* \cup (V^*)^{-1} et

VV ⊂V\subset V (voir e)); si c∈V∗c \in V^* est tel que c(V+V)⊂Vc(V + V) \subset V, observer que l’anneau A engendré par V est contenu dans la réunion des Vc−nVc^{-n} (n⩾0n \geqslant 0).

Solution

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