Bourbaki

Exercice 1, § 7

Topologie générale, III, p. 85

a) Montrer que l’anneau Zp\mathbf{Z}_p des entiers pp-adiques (III, p. 84, exerc. 23 a)) est isomorphe à la limite projective de la suite des anneaux discrets Z/(pn),fnm:Z/(pm)→Z/(pn)\mathbf{Z}/(p^n), f_{nm} : \mathbf{Z}/(p^m) \to \mathbf{Z}/(p^n) (pour n≤mn \leq m) étant l’homomorphisme canonique, lorsque Z/(pn)\mathbf{Z}/(p^n) est considéré comme anneau quotient de Z/(pm)\mathbf{Z}/(p^m).

b) Pour tout n>0n > 0, soient GnG_n le groupe Z\mathbf{Z} des entiers rationnels, EnE_n son groupe quotient Z/(pn)\mathbf{Z}/(p^n) (pp premier), GnG_n et EnE_n étant munis de la topologie discrète; on considère (Gn)(G_n) comme un système projectif, Gm→GnG_m \to G_n étant l’identité, (En)(E_n) comme un système projectif, fnm:Em→Enf_{nm} : E_m \to E_n étant l’homomorphisme canonique (voir a)) pour n≤mn \leq m. Alors l’orbite pour GnG_n de tout point de EnE_n est compacte, mais l’orbite pour G=lim⁡←GnG = \lim_{\leftarrow} G_n d’un point x=(xn)x = (x_n) de

E = \lim_{\leftarrow} E_n n’est pas compacte, et n’est pas isomorphe à la limite projective des orbites des xnx_n, et l’application canonique E/G→lim⁡←En/GnE/G \to \lim_{\leftarrow} E_n/G_n n’est pas injective.

c) Pour tout n>0n > 0, soit GnG_n le sous-groupe pnZp^n \mathbf{Z} de Z\mathbf{Z} (pp premier), EnE_n le groupe Z\mathbf{Z}, GnG_n et EnE_n étant munis de la topologie discrète et GnG_n opérant par translations dans EnE_n; on considère (En)(E_n) et (Gn)(G_n) comme des systèmes projectifs, Em→EnE_m \to E_n étant l’identité, Gm→GnG_m \to G_n l’injection canonique (n≤m)(n \leq m). Alors le stabilisateur de tout point de EnE_n (pour GnG_n) est compact, l’orbite pour G=lim⁡←GnG = \lim_{\leftarrow} G_n de tout point de E=lim⁡←EnE = \lim_{\leftarrow} E_n est compacte, mais l’application canonique E/G→lim⁡←En/GnE/G \to \lim_{\leftarrow} E_n/G_n n’est pas surjective.

d) Déduire de b) et c) un exemple de système projectif d’espaces à opérateurs (Eα)(E_\alpha), pour un système projectif de groupes (Gα)(G_\alpha), tels que si l’on pose E=lim⁡←EαE = \lim_{\leftarrow} E_\alpha, G=lim⁡←GαG = \lim_{\leftarrow} G_\alpha, l’application canonique E/G→lim⁡←Eα/GαE/G \to \lim_{\leftarrow} E_\alpha/G_\alpha ne soit ni injective, ni surjective.

Solution

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