Appendice 1
Espaces de lindelöf
Définition 1
On dit qu’un espace topologique (non nécessairement séparé) est un espace de Lindelöf si, de tout recouvrement ouvert de , on peut extraire un recouvrement dénombrable de .
Proposition 1
Soit un espace topologique.
(i) Si la topologie de admet une base dénombrable, est un espace de Lindelöf.
(ii) Soit une application continue de dans un espace topologique (non nécessairement séparé). Si est un espace de Lindelöf, il en est de même du sous-espace de .
(i) Soient un recouvrement ouvert de , une base dénombrable de la topologie de , l’ensemble des éléments tels qu’il existe un élément de contenant ; est un recouvrement dénombrable de , car tout est contenu dans un ensemble , et il existe ensuite tel que . Il existe alors une application de dans telle que l’on ait pour tout ; il est clair que est un recouvrement ouvert dénombrable de contenu dans .
(ii) Soit une famille d’ensembles ouverts dans formant un recouvrement de . Les ensembles forment alors un recouvrement ouvert de , et il existe par suite une partie dénombrable de telle que les ensembles ouverts pour forment un recouvrement de . Mais alors les ensembles pour forment un recouvrement de , ce qui prouve que est un espace de Lindelöf.
Corollaire
Tout espace souslinien, et en particulier tout espace polonais ou lusinien, est un espace de Lindelöf.
Cela résulte aussitôt de la prop. 1 précédente et de la définition des espaces sousliniens (IX, p. 59, déf. 2), puisqu’un espace polonais admet une base dénombrable.
Proposition 2
Tout espace de Lindelöf régulier est paracompact.
Soient un espace de Lindelöf régulier, et un recouvrement ouvert de . Pour tout , soit contenant , et soit un voisinage ouvert de tel que . Comme est un espace de Lindelöf, il existe une suite de points de tels que les forment un recouvrement de . Posons alors, pour tout entier , . Les ensembles sont ouverts et forment un recouvrement de plus fin que . D’autre part, ce recouvrement est localement fini, car tout appartient à un pour un au moins ; alors est un voisinage de , qui ne rencontre aucun ensemble pour .
Corollaire
Tout espace souslinien régulier est paracompact* (et en particulier normal (IX, p. 49, prop. 4) et a fortiori complètement régulier).
Proposition 3
Soit un espace topologique (non nécessairement séparé). Les propriétés suivantes sont équivalentes*: a) Tout sous-espace ouvert de est un espace de Lindelöf. b) Tout ensemble de fonctions semi-continues inférieurement (resp. supérieurement) dans contient un sous-ensemble dénombrable qui admet la même enveloppe supérieure (resp. inférieure).
Montrons d’abord que b) entraîne a). Soit un sous-espace ouvert de , et soit une famille d’ensembles ouverts dans (donc dans ) recouvrant . Les fonctions étant semi-continues inférieurement dans , il existe une partie dénombrable de telle que la famille ait même enveloppe supérieure que la famille . On a par suite , et est un espace de Lindelöf.
Prouvons maintenant que a) entraîne b). Soient un ensemble de fonctions semi-continues inférieurement dans , et l’enveloppe supérieure de . Soit une partie dénombrable dense de . Pour toute fonction et tout nombre , soit l’ensemble ouvert des tels que (IV, p. 29). Par hypothèse, il existe une partie dénombrable de telle que
Posons , et désignons par l’enveloppe supérieure de . On a évidemment ; d’autre part, soit un point de , et soit un élément de tel que ; il existe une fonction telle que ; on a donc , et il existe une fonction telle que . Par suite, on a aussi , d’où l’inégalité , et finalement . Comme est dénombrable, l’assertion est établie pour les fonctions semi-continues inférieurement; le cas des fonctions semi-continues supérieurement s’y ramène par changement de signe.
Corollaire 1
Soient un espace souslinien régulier, un ensemble de fonctions numériques continues dans , qui sépare les points de * (IX, p. 9, déf. 5). Il existe alors une partie dénombrable de qui sépare les points de .
En effet, est un espace souslinien (IX, p. 60, prop. 7); il en est de même de tout sous-espace ouvert de (IX, p. 59, prop. 5), qui est donc un espace de Lindelöf (IX, p. 76, corollaire). À toute fonction , associons l’ensemble fermé des couples tels que . En vertu de la prop. 3, il existe une partie dénombrable de telle que l’on ait . Mais par hypothèse le second membre est la diagonale de ; il en est donc de même du premier, et par suite sépare les points de .
Corollaire 2
Tout espace compact souslinien est métrisable*.
Soient un espace compact souslinien, l’intervalle de , l’ensemble des applications continues de dans . Comme est complètement régulier, sépare les points de , et le cor. 1 entraîne l’existence d’une suite d’éléments de qui sépare les points de . Mais alors l’application de dans , continue et injective, est un homéomorphisme de l’espace compact sur un sous-espace de ; cela prouve que est métrisable.