Bourbaki

Exercice 12, § 2

Étiquette 0C3K, permanente. À citer comme [Bourbaki, Tag 0C3K].

Topologie générale, IX, p. 92

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

a) On considère, sur l’ensemble R\mathbf{R} des nombres réels, la topologie T\mathscr{T} définie de la manière suivante: pour tout y>0y > 0, Uy(x)U_y(x) désigne la réunion des intervalles

[x,x+y[et]−x−y,−x[ [x, x + y[ \quad \text{et} \quad ]-x - y, -x[
T\mathscr{T} est la topologie dans laquelle un système fondamental de voisinages d’un point quelconque xx est formé des ensembles Uy(x)U_y(x), où yy parcourt l’ensemble des nombres >0> 0. Soit X l’espace obtenu en munissant l’intervalle [−1,+1][-1, +1] de la topologie induite par T\mathscr{T}. Montrer que X est compact (considérer un filtre F\mathscr{F} sur X; si x∈Xx \in X est adhérent à F\mathscr{F} pour la topologie de la droite numérique, xx ou −x-x est adhérent à F\mathscr{F} pour la topologie T\mathscr{T}). b) Tout point de X admet un système fondamental dénombrable de voisinages, et il existe une partie dénombrable partout dense de X, mais X n’est pas métrisable (montrer que sa topologie n’admet pas de base dénombrable). Tout sous-espace dénombrable de X est métrisable et de type dénombrable. c) Soit A une partie ouverte de X; montrer que A est réunion d’une famille dénombrable

(I_n) d’intervalles ouverts contenus dans (0,1)(0, 1), des intervalles −In-I_n, d’une partie de l’ensemble des origines des intervalles InI_n et −In-I_n et éventuellement du point +1+1. En déduire que AA est réunion d’une famille dénombrable d’ensembles fermés dans XX.

d) Soit YY l’ensemble I×{1,2}I \times \{1, 2\}, où II est l’intervalle (0,1)(0, 1) de R\mathbf{R}; on pose Ei=I×{i}E_i = I \times \{i\} (i=1,2i = 1, 2) et on désigne par ff la bijection (x,1)↦(x,2)(x, 1) \mapsto (x, 2) de E1E_1 sur E2E_2. Pour tout x∈Ix \in I, on désigne par B((x,2))\mathscr{B}((x, 2)) l’ensemble de parties réduit à {(x,2)}\{(x, 2)\}, par B((x,1))\mathscr{B}((x, 1)) l’ensemble des parties de la forme V1∪(f(V1)−{(x,2)})V_1 \cup (f(V_1) - \{(x, 2)\}), où V1=V×{1}V_1 = V \times \{1\} et VV parcourt un système fondamental de voisinages de xx dans II. Montrer que pour tout y∈Yy \in Y, B(y)\mathscr{B}(y) est un système fondamental de voisinages de yy pour une topologie sur YY. Muni de cette topologie, YY est compact et tout point admet un système fondamental dénombrable de voisinages, mais il n’existe pas d’ensemble dénombrable partout dense dans YY. Toute partie fermée de YY contenue dans E2E_2 est finie; en déduire que dans YY l’ensemble compact E1E_1 ne possède pas de système fondamental dénombrable de voisinages. Si RR est la relation d’équivalence dans YY dont les classes sont l’ensemble E1E_1 et les points de Y−E1Y - E_1, RR est fermée et toute classe d’équivalence suivant RR est compacte, mais il y a dans Y/RY/R un point n’admettant pas de système fondamental dénombrable de voisinages (cf. IX, p. 96, exerc. 24 a)).

e) Soit XX un espace compact, B\mathscr{B} une base de la topologie de XX telle que pour tout point x∈Xx \in X l’ensemble B(x)\mathscr{B}(x) des G∈BG \in \mathscr{B} tels que x∈Gx \in G soit dénombrable. Montrer qu’alors B\mathscr{B} est dénombrable. (Il suffit de prouver qu’il y a dans XX une partie dénombrable dense. Définir une suite (Cn)(C_n) de parties dénombrables de XX, de la façon suivante: on prend C0=∅C_0 = \varnothing, et Bn\mathscr{B}_n est défini comme l’ensemble des G∈BG \in \mathscr{B} tels que G∩Cn≠∅G \cap C_n \neq \varnothing, de sorte que Bn\mathscr{B}_n est dénombrable. Pour toute partie finie F⊂Bn\mathscr{F} \subset \mathscr{B}_n telle que la réunion des G∈FG \in \mathscr{F} ne soit pas vide, on prend un point xF∈X−⋃G∈FGx_{\mathscr{F}} \in X - \bigcup_{G \in \mathscr{F}} G, et on désigne par Cn+1C_{n+1} la réunion de CnC_n et des xFx_{\mathscr{F}}. Montrer que la réunion DD des CnC_n est dense dans XX en raisonnant par l’absurde et utilisant le fait que D‾\overline{D} est compact).

f) Déduire de e) que si XX est un espace localement compact et s’il existe une base B\mathscr{B} de la topologie de XX tel que B(x)\mathscr{B}(x) soit dénombrable pour tout x∈Xx \in X, alors XX est métrisable. (Considérer d’abord le cas où XX est compact, puis utiliser IX, p. 95, exerc. 19a) et la méthode de I, p. 70, th. 5.

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