Chapitre II
Groupes localement compacts commutatifs
Dans tout ce chapitre, la lettre G désigne, sauf mention du contraire, un groupe localement compact commutatif muni d’une mesure de Haar notée généralement ; pour , l’espace sera simplement noté , et sa norme sera notée . On identifie à un sous-espace de par l’application . On rappelle que le support de la mesure de Haar est égal à G (INT, VII, §1, n, remarque 3) ; en particulier (INT, III, §2, n, proposition 9), l’application canonique de l’espace dans est injective pour . Pour , on identifiera à un sous-espace de l’espace des classes de fonctions à valeurs complexes sur G définies et finies presque partout (INT, IV, §3, n, n). En particulier, la notation désigne l’intersection de et dans cet espace. On note l’involution sur l’algèbre involutive (exemple 4 de I, p. 99) ; on a pour tout dans G.
On rappelle (INT, V, §5, n, th. 1) que si est une mesure complexe sur un espace topologique localement compact X et si est une fonction localement -intégrable sur X, alors la mesure de densité par rapport à est notée ou encore . Une fonction de X dans est essentiellement intégrable pour la mesure si, et seulement si, est essentiellement intégrable pour ; on a alors
Si G est un groupe topologique compact, on appelle mesure de Haar normalisée sur G l’unique mesure de Haar sur G telle que .
Si X est un espace topologique discret, on appelle mesure de comptage sur X la mesure discrète sur X telle que pour tout . Si G est un groupe topologique discret, la mesure de comptage sur G est une mesure de Haar sur G.
Nous ferons aussi usage des deux lemmes suivants.
Lemme 1. — Soient X un espace topologique localement compact et une mesure positive sur X. Soit un élément du support de . Soit U un voisinage ouvert de . Il existe une fonction de support contenu dans U telle que .
Par définition du support d’une mesure (INT, III, §2, n, déf. 1), il existe une fonction à support contenu dans U telle que . On a alors puisque est positive, et la fonction a les propriétés voulues.
Lemme 2. — Soient G et H des groupes topologiques d’éléments neutres et ; supposons que le groupe topologique G est séparé. Soit un morphisme de groupes topologiques de G dans H. Supposons que pour tout voisinage U de dans G, il existe un voisinage W de dans H tel que . Alors, le morphisme est injectif et strict (TG, III, p. 16, déf. 1).
Les hypothèses impliquent que Ker() est contenu dans tout voisinage de dans G, donc que Ker() puisque G est séparé. L’homomorphisme de G dans déduit de par passage aux sous-espaces est alors bijectif ; notons l’homomorphisme réciproque. Les hypothèses entraînent alors que est continu en , donc continu (TG, III, p. 15, prop. 23).