Bourbaki

Appendice

1. Limite inductive d’anneaux locaux

Soit I un ensemble préordonné non vide filtrant à droite et soit (Aα,φβα)(A_\alpha, \varphi_{\beta\alpha}) un système inductif d’anneaux relatif à I. On suppose que, pour tout α∈I\alpha \in I, l’anneau AαA_\alpha est local, d’idéal maximal mαm_\alpha, que les homomorphismes φβα\varphi_{\beta\alpha} sont locaux et plats, et qu’on a φβα(mα)\varphi_{\beta\alpha}(m_\alpha) Aβ=mβA_\beta = m_\beta pour β≥α\beta \geq \alpha. Notons A la limite inductive des AαA_\alpha, et pour tout α∈I\alpha \in I, soit φα:Aα→A\varphi_\alpha : A_\alpha \to A l’homomorphisme canonique.

Proposition 1

a) L’anneau A est local, d’idéal maximal m=lim⁡mα→m = \lim \overrightarrow{m_\alpha}. Pour tout α∈I\alpha \in I, l’homomorphisme φα\varphi_\alpha est local et plat, et on a φα(mα)\varphi_\alpha(m_\alpha) A=mA = m.

b) Si AαA_\alpha est noethérien pour tout α∈A\alpha \in A, alors A est noethérien.

a) Posons m=lim⁡mα→m = \lim \overrightarrow{m_\alpha}; c’est un idéal de A. L’anneau quotient A/mA/m est limite inductive des corps Aα/mαA_\alpha/m_\alpha, donc est un corps (A, I, p. 116, prop. 3). Par ailleurs, tout élément de A−mA - m est inversible dans A : en effet, soit x∈A−mx \in A - m; il existe α∈I\alpha \in I et ξ∈Aα\xi \in A_\alpha tels que x=φα(ξ)x = \varphi_\alpha(\xi); on a ξ∉mα\xi \notin m_\alpha, donc ξ\xi est inversible dans AαA_\alpha et x est inversible dans A. Par conséquent, A est un anneau local, d’idéal maximal m. Soit α∈I\alpha \in I. Des relations φβα(mα)\varphi_{\beta\alpha}(m_\alpha) Aβ=mβA_\beta = m_\beta pour β≥α\beta \geq \alpha, on déduit, par passage à la limite inductive, φα(mα)\varphi_\alpha(m_\alpha) A=mA = m; enfin, l’homomorphisme φα\varphi_\alpha est plat d’après I, § 2, no 7, prop. 9.

b) Soient A^\hat{A} l’anneau séparé complété de A pour la topologie mm-adique et π\pi l’application canonique de A dans A^\hat{A}. Supposons les anneaux AαA_\alpha noethériens. Fixons α∈I\alpha \in I et prouvons que l’anneau A^\hat{A} est noethérien et plat sur AαA_\alpha. Par hypothèse, mαm_\alpha est un idéal de type fini de AαA_\alpha, donc m=φα(mα)m = \varphi_\alpha(m_\alpha). A est un idéal de type fini de A. Il s’ensuit que l’idéal maximal m^\hat{m} de A^\hat{A} est égal à mAmA (III, § 2, no 12, cor. 2 à la prop. 16 et no 13, prop. 19), donc est de type fini. Par conséquent, l’anneau A^\hat{A} est noethérien (loc. cit., no 10, cor. 5 au th. 2). D’autre part, pour tout n∈Nn \in \mathbf{N}, le quotient A^/m^n\hat{A}/\hat{m}^n est isomorphe à A/mnA/m^n (loc. cit., n° 12, cor. 2 à la prop. 16 et formule (21)), ce qui signifie que A^/π∘φα(mαn)\hat{A}/\pi \circ \varphi_\alpha(m_\alpha^n) A^\hat{A} est isomorphe à A⊗A(Aα/mαn)A \otimes_A (A_\alpha/m_\alpha^n); puisque A est un AαA_\alpha-module plat, le (Aα/mαn)(A_\alpha/m_\alpha^n)-module A^/π∘φα(mαn)\hat{A}/\pi \circ \varphi_\alpha(m_\alpha^n) A^\hat{A} est plat pour tout n∈Nn \in \mathbf{N}. D’après III, § 5, no 4, prop. 2, le AαA_\alpha-module A^\hat{A} est idéalement séparé pour mαm_\alpha; d’après loc. cit., no 2, th. 1, le AαA_\alpha-module A^\hat{A} est donc plat. Il en résulte par passage à la limite inductive que A^\hat{A} est (fidèlement) plat sur A (I, § 2, no 7, prop. 9), donc que A est noethérien (I, § 3, no 5, corollaire à la prop. 8).

2. Gonflement d’un anneau local

Soit A un anneau local.

On note A]X[ l’anneau local de l’anneau de polynômes A[X] en l’idéal premier mAA[X]m_A A[X]. C’est un anneau local d’idéal maximal mAA[X]m_A A[X], l’homomorphisme canonique A→A[X]A \to A[X] est local et plat, et le corps résiduel de A[X]A[X] est l’extension pure de κA\kappa_A engendrée par la classe de XX.

Lemme 1

Soit P∈A[X]P \in A[X] un polynôme unitaire dont l’image P‾\overline{P} dans κA[X]\kappa_A[X] est irréductible. Alors la AA-algèbre B=A[X]/(P)B = A[X]/(P) est locale et finie sur AA, d’idéal maximal mABm_A B, l’homomorphisme canonique ρ:A→B\rho : A \to B est local et plat, l’extension résiduelle κA→κB\kappa_A \to \kappa_B est algébrique et engendrée par la classe xx de XX, et le polynôme minimal de xx sur κA\kappa_A est P‾\overline{P}.

Comme le polynôme PP est unitaire, le AA-module BB est libre de type fini (A, IV, p. 10). L’anneau B/mABB/m_A B s’identifie à κA[X]/(P‾)\kappa_A[X]/(\overline{P}), donc est un corps ; l’idéal mABm_A B est donc maximal. Soit qq un idéal maximal de BB ; alors l’idéal ρ−1(q)\rho^{-1}(q) est maximal (V, § 2, no 1, prop. 1) ; on a donc ρ−1(q)=mA\rho^{-1}(q) = m_A, d’où q⊃mABq \supset m_A B et enfin q=mABq = m_A B. Ainsi l’anneau BB est local. Le lemme 1 en résulte aussitôt.

Définition 1

Soit AA un anneau local. On dit qu’une AA-algèbre BB est un gonflement élémentaire de AA si BB est isomorphe à la AA-algèbre A[X]A[X], ou bien s’il existe un polynôme unitaire PP de A[X]A[X], d’image irréductible dans κA[X]\kappa_A[X], tel que BB soit isomorphe à la AA-algèbre A[X]/(P)A[X]/(P).

Soit BB un gonflement élémentaire de AA. De ce qui précède résultent les propriétés suivantes :

a) L’anneau BB est local et l’homomorphisme canonique de AA dans BB est local et plat, et en particulier injectif (I, § 3, no 5, prop. 8).

b) Le corps résiduel κB\kappa_B de BB est une extension monogène du corps résiduel κA\kappa_A de AA. Si κA\kappa_A est de degré fini dd sur κA\kappa_A, alors BB est un AA-module libre de rang dd.

c) On a mB=mABm_B = m_A B. En particulier, si AA est un corps, il en est de même de BB. Une extension de corps est un gonflement élémentaire si et seulement si elle est monogène.

d) Si AA est noethérien, il en est de même de BB.

Définition 2

Soit AA un anneau local. On dit qu’une AA-algèbre BB est un gonflement de AA s’il existe un ensemble bien ordonné Λ\Lambda ayant un plus grand élément ω\omega, et une famille croissante (Bλ)λ∈Λ(B_\lambda)_{\lambda \in \Lambda} de sous-algèbres de BB satisfaisant aux conditions suivantes :

a) On a Bω=BB_\omega = B et l’anneau BλB_\lambda est local pour tout λ∈Λ\lambda \in \Lambda.

b) Si α\alpha est le plus petit élément de Λ\Lambda, la AA-algèbre BαB_\alpha est isomorphe à AA.

c) Soit ν≠α\nu \neq \alpha dans Λ\Lambda et soit SνS_\nu l’ensemble des λ∈Λ\lambda \in \Lambda tels que λ<ν\lambda < \nu. Si SνS_\nu n’a pas de plus grand élément, on a Bν=⋃λ∈SνBλB_\nu = \bigcup_{\lambda \in S_\nu} B_\lambda; si SνS_\nu a un plus grand élément μ\mu, alors BνB_\nu est un gonflement élémentaire de BμB_\mu.

Soient BB un anneau et ρ:A→B\rho : A \to B un homomorphisme d’anneaux. On dit que ρ\rho est un gonflement (resp. un gonflement élémentaire) si la AA-algèbre définie par ρ\rho a cette propriété. S’il en est ainsi, ρ\rho est injectif.

Exemple 1

Toute extension de corps est un gonflement. Soit en effet K une extension d’un corps k. Munissons K d’un bon ordre pour lequel 0 est le plus grand élément, et pour λ∈K\lambda \in K, soit KλK_\lambda la sous-kk-extension de K engendrée par les éléments β\beta de K tels que β<λ\beta < \lambda. La vérification des conditions a), b), c), pour k,Kk, K et la famille (Kλ)λ∈K(K_\lambda)_{\lambda \in K}, est immédiate.

Exemple 2

Soient A un anneau local, et I un ensemble d’indices. Notons A[(Xi)i∈I]A[(X_i)_{i \in I}] l’anneau local de l’anneau de polynômes A[(Xi)i∈I]A[(X_i)_{i \in I}] en l’idéal premier mAA[(Xi)i∈I]m_A A[(X_i)_{i \in I}]. La A-algèbre A[(Xi)i∈I]A[(X_i)_{i \in I}] est un gonflement de A. En effet, munissons l’ensemble I d’un bon ordre ; soit Λ\Lambda l’ensemble bien ordonné obtenu en adjoignant à I un plus grand élément ω\omega. Pour i∈Ii \in I, identifions A[(Xj)j<i]A[(X_j)_{j < i}] à une sous-algèbre BiB_i de B=A[(Xi)i∈I]B = A[(X_i)_{i \in I}], et posons Bω=BB_\omega = B. La famille (Bλ)λ∈Λ(B_\lambda)_{\lambda \in \Lambda} satisfait aux conditions a), b), c).

Remarque

Avec les notations de la déf. 2, l’anneau BμB_\mu est un gonflement de BλB_\lambda lorsque λ≤μ\lambda \leq \mu.

Proposition 2

Soient A un anneau local et B un gonflement de A.

a) L’anneau B est local et l’on a mAB=mBm_A B = m_B.

b) La A-algèbre B est fidèlement plate.

c) L’homomorphisme canonique

γB:gr⁡(A)⊗κAκB→gr⁡(B) \gamma_B : \operatorname{gr}(A) \otimes_{\kappa_A} \kappa_B \to \operatorname{gr}(B)

est bijectif.

d) Si A est noethérien, il en est de même de B et les séries de Hilbert-Samuel (VIII, § 4, no 3) de A et B sont égales.

Soit (Bλ)λ∈Λ(B_\lambda)_{\lambda \in \Lambda} une famille de sous-algèbres de B satisfaisant aux conditions a), b) et c) de la déf. 2.

Soit Λ′\Lambda' l’ensemble des indices λ∈Λ\lambda \in \Lambda tels que, pour tout μ≤λ\mu \leq \lambda dans Λ\Lambda, la A-algèbre BμB_\mu soit locale et fidèlement plate, et qu’on ait mBμ=mABμm_{B_\mu} = m_A B_\mu. Supposons qu’on ait Λ′≠Λ\Lambda' \neq \Lambda et soit vv le plus petit élément de Λ−Λ′\Lambda - \Lambda'. On a α∈Λ′\alpha \in \Lambda', d’où v≠αv \neq \alpha. Or SvS_v est contenu dans Λ′\Lambda'. Si SvS_v n’a pas de plus grand élément, on a Bv=⋃λ∈SvBλB_v = \bigcup_{\lambda \in S_v} B_\lambda et vv appartient à Λ′\Lambda' d’après la prop. 1 du no 1. Si SvS_v a un plus grand élément μ\mu, on a μ∈Λ′\mu \in \Lambda' et BvB_v est un gonflement élémentaire de BμB_\mu : on a encore v∈Λ′v \in \Lambda' d’après les remarques qui suivent la déf. 1, d’où une contradiction.

Lorsque A est noethérien, on prouve de manière analogue que l’ensemble Λ′′\Lambda'' des indices λ∈Λ\lambda \in \Lambda tels que l’anneau BλB_\lambda soit noethérien est égal à Λ\Lambda.

On a donc ω∈Λ′\omega \in \Lambda', d’où les assertions a) et b). Lorsque A est noethérien, on a ω∈Λ′′\omega \in \Lambda'', donc B=BωB = B_\omega est noethérien.

L’assertion c) résulte de a); b), et du th. 1 de III, § 5, no 2. Supposons A (donc B) noethérien ; comme on a

[mBn/mBn+1:κB]=[mAn/mAn+1:κA] [m_B^n / m_B^{n+1} : \kappa_B] = [m_A^n / m_A^{n+1} : \kappa_A]

pour tout n∈Nn \in \mathbf{N}, les séries de Hilbert-Samuel de A et B sont égales.

Corollaire

Supposons A noethérien. a) On a dim(A) = dim(B). b) Supposons A régulier, et soit (x1,...,xn)(x_1, ..., x_n) un système de coordonnées de A. Alors B est régulier et la suite (x11B,...,xn1B)(x_1 1_B, ..., x_n 1_B) est un système de coordonnées de B. Cela résulte de la prop. 1 de VIII, § 5, no 1.

Proposition 3

Soient A, B, C trois anneaux locaux et u:A→B,v:B→Cu : A \to B, v : B \to C deux gonflements. Alors v∘uv \circ u est un gonflement. Soient (Bλ)λ∈Λ(B_\lambda)_{\lambda \in \Lambda} et (Cμ)μ∈M(C_\mu)_{\mu \in M} des familles de sous-A-algèbres de B et de sous-B-algèbres de C respectivement, ayant les propriétés a), b), c) de la déf. 2. Sur l’ensemble N somme de Λ\Lambda et M, considérons la relation d’ordre induisant sur Λ\Lambda et M les ordres donnés et telle qu’on ait λ<μ\lambda < \mu pour λ∈Λ,μ∈M\lambda \in \Lambda, \mu \in M. C’est une relation de bon ordre. Pour λ∈Λ⊂N\lambda \in \Lambda \subset N, posons Cλ=v(Bλ)C_\lambda = v(B_\lambda). Alors la famille (Cv)v∈N(C_v)_{v \in N} satisfait aux conditions a), b), c) de la déf. 1 relativement à la A-algèbre C.

Théorème 1

Soient f:A→A′f : A \to A' un homomorphisme local surjectif d’anneaux locaux et B′B' un gonflement de A′A'. Il existe un gonflement B de A et un isomorphisme de A-algèbres de B⊗AA′B \otimes_A A' sur B′B'. A) Supposons que B′B' soit un gonflement élémentaire de A′A'. Distinguons deux cas : 1) Si B′B' est finie sur A′A', choisissons un isomorphisme de A′A'-algèbres φ:A′[X]/(P′)→B′\varphi : A'[X]/(P') \to B', où P′∈A′[X]P' \in A'[X] est un polynôme unitaire d’image irréductible dans κA′[X]\kappa_{A'}[X]. Choisissons un polynôme unitaire P∈A[X]P \in A[X] dont l’image dans A′[X]A'[X] est P′P'. Il est nécessairement irréductible modulo l’idéal maximal de A. Posons alors B=A[X]/(P)B = A[X]/(P). La A-algèbre B est un gonflement élémentaire de A et φ\varphi induit un isomorphisme de A-algèbres de B⊗AA′B \otimes_A A' sur B′B'. 2) Si B′B' n’est pas finie sur A′A', choisissons un isomorphisme de A′A'-algèbres ψ:A′[X]→B′\psi : A'[X] \to B'. Posons B=A[X][B = A[X][. La A-algèbre B est un gonflement élémentaire de A, et B⊗AA′B \otimes_A A' est canoniquement isomorphe à A′[X][A'[X][. Par suite ψ\psi induit un isomorphisme de A-algèbres de B⊗AA′B \otimes_A A' sur B′B'. B) Passons au cas général. Soit (Bλ′)λ∈Λ(B'_\lambda)_{\lambda \in \Lambda} une famille de sous-A'-algèbres de B′B' ayant relativement à A′A' et B′B' les propriétés a), b), c) de la déf. 2. Nous allons définir par récurrence transfinie un système inductif (B~λ,iμλ)(\tilde{B}_\lambda, i_{\mu \lambda}) relatif à Λ\Lambda d’anneaux locaux et d’homomorphismes locaux injectifs, et des isomorphismes uλ:B~λ⊗AA′→Bλ′u_\lambda : \tilde{B}_\lambda \otimes_A A' \to B'_\lambda tels que, pour λ≤μ\lambda \leq \mu, uμ∘(iμλ⊗IdA′)∘uλ−1u_\mu \circ (i_{\mu \lambda} \otimes \mathrm{Id}_{A'}) \circ u_\lambda^{-1} soit l’injection canonique de Bλ′B'_\lambda dans Bμ′B'_{\mu}. Si α\alpha est le plus petit élément de Λ\Lambda, on pose B~α=A,iαα=IdA\tilde{B}_\alpha = A, i_{\alpha \alpha} = \mathrm{Id}_A et on prend pour uαu_\alpha l’isomorphisme canonique A⊗AA′→A′A \otimes_A A' \to A'. Soit ν∈Λ\nu \in \Lambda, et supposons B~λ,uλ\tilde{B}_\lambda, u_\lambda et iμλi_{\mu \lambda} construits lorsque λ≤μ<ν\lambda \leq \mu < \nu. Soit SνS_\nu l’ensemble des éléments ε\varepsilon de Λ\Lambda tels que ε<ν\varepsilon < \nu. Si SνS_\nu n’a pas de plus grand élément, on prend pour B~ν\tilde{B}_\nu la limite inductive des B~λ\tilde{B}_\lambda pour λ∈Sν\lambda \in S_\nu, pour uνu_\nu l’isomorphisme composé B~ν⊗AA′→lim⁡(B~λ⊗AA′)→lim⁡Bλ′→Bν′\tilde{B}_\nu \otimes_A A' \to \lim (\tilde{B}_\lambda \otimes_A A') \to \lim B'_\lambda \to B'_\nu, et pour iνλi_{\nu \lambda}, lorsque λ∈Sν\lambda \in S_\nu, l’application canonique de B~λ\tilde{B}_\lambda dans B~ν\tilde{B}_\nu. Si SνS_\nu a un plus grand élément μ\mu, alors Bν′B'_\nu est un gonflement élémentaire de Bμ′B'_{\mu}. D’après A), il existe un gonflement élémentaire i_{v\mu}: \tilde{B}_{\mu} \to \tilde{B}_{v} et un isomorphisme de B~μ\tilde{B}_{\mu}-algèbres de B~v⊗B~μBμ′\tilde{B}_{v} \otimes_{\tilde{B}_{\mu}} B'_{\mu} sur Bv′B'_{v}. Prenons pour uvu_{v} l’isomorphisme de A-algèbres composé

B~v⊗AA′→B~v⊗B~μ(B~μ⊗AA′)→B~v⊗B~μBμ′→Bv′ \tilde{B}_{v} \otimes_{A} A' \to \tilde{B}_{v} \otimes_{\tilde{B}_{\mu}} (\tilde{B}_{\mu} \otimes_{A} A') \to \tilde{B}_{v} \otimes_{\tilde{B}_{\mu}} B'_{\mu} \to B'_{v}
et pour ivλi_{v\lambda}, lorsque λ∈Sv\lambda \in S_{v}, l’homomorphisme ivμ∘iμλi_{v\mu} \circ i_{\mu\lambda}.

Posons alors B=B~ωB = \tilde{B}_{\omega} et, pour tout λ∈Λ\lambda \in \Lambda, notons BλB_{\lambda} l’image de B~λ\tilde{B}_{\lambda} par l’injection canonique B~λ→B\tilde{B}_{\lambda} \to B. La famille (Bλ)λ∈Λ(B_{\lambda})_{\lambda \in \Lambda} satisfait aux conditions a), b), c) de la déf. 2, et B est un gonflement de A. D’autre part, l’homomorphisme uωu_{\omega} est un A’-isomorphisme de B⊗AA′B \otimes_{A} A' dans B′B'.

Corollaire

Soient A un anneau local et K une extension de son corps résiduel κA\kappa_{A}. Il existe un anneau local B et un gonflement A→BA \to B tels que la κA\kappa_{A}-algèbre κB\kappa_{B} soit isomorphe à K.

En effet, l’homomorphisme κA→K\kappa_{A} \to K est un gonflement (exemple 1). Appliquant le th. 1 avec A′=κAA' = \kappa_{A} et B′=KB' = K, on obtient l’existence d’un gonflement B de A et d’un A-isomorphisme de B/mABB/m_{A}B sur K, d’où le corollaire.

3. Existence des pp-anneaux

Proposition 4

Soient p un nombre premier, k un corps de caractéristique p, et soit n un entier ≥1\geq 1, ou +∞+ \infty. Il existe un pp-anneau (§\S 2, no 1, déf. 1) de longueur n dont le corps résiduel est isomorphe à k.

On peut considérer k comme une extension du corps résiduel Z/pZ\mathbf{Z}/p\mathbf{Z} de l’anneau local Z(p)\mathbf{Z}_{(p)}. D’après le corollaire du th. 1, il existe un anneau local B, gonflement de Z(p)\mathbf{Z}_{(p)}, tel que κB\kappa_{B} soit isomorphe à k. L’anneau local Z(p)\mathbf{Z}_{(p)} est régulier et {p}\{ p \} est un système de coordonnées de Z(p)\mathbf{Z}_{(p)}. D’après le corollaire de la prop. 2 du no 2, l’anneau B est régulier et {plB}\{ pl_{B} \} est un système de coordonnées de B. Autrement dit, B est un anneau de valuation discrète, d’idéal maximal pBpB. Le complété C de B est alors un pp-anneau de longueur infinie et le corps résiduel κC\kappa_{C} est isomorphe à κB\kappa_{B}, donc à k. De plus, pour tout entier n≥1n \geq 1, C/pnCC/p^{n}C est un pp-anneau de longueur n, de corps résiduel isomorphe à κC\kappa_{C}, donc à k.

Exercises

Exercices

See the exercises for Appendix 0.

Transcribed from the printed volume. Not translated.