Chapitre III
Algèbres tensorielles, algèbres extérieures, algèbres symétriques
Rappelons les notations exponentielles introduites au chapitre I et dont nous ferons un fréquent usage (I, p. 89):
Soit (xλ)λ∈L une famille d’éléments d’un anneau A, deux à deux permutables; pour toute application α:L→N, de support fini, nous poserons
xα=λ∈L∏xλα(λ).
Si β est une seconde application de L dans N, de support fini, on note α+β l’application λ↦α(λ)+β(λ) de L dans N; muni de cette loi de composition, l’ensemble N(L) des applications de L dans N, de support fini, est le monoïde commutatif libre déduit de L, et l’on a
xαxβ=xα+β.
Pour tout α∈N(L), on pose ∣α∣=∑λ∈Lα(λ)∈N; on a donc ∣α+β∣=∣α∣+∣β∣; on dit que ∣α∣ est l’ordre du « multiindice » α. Pour tout λ∈L, on note δλ l’élément de N(L) tel que δλ(λ)=1, δλ(μ)=0 pour μ=λ (indice de Kronecker); les δλ pour λ∈L sont les seuls éléments de N(L) qui sont d’ordre 1. On munit N(L) de l’ordre induit par l’ordre produit sur NL, de sorte que la relation α≤β équivaut à « α(λ)≤β(λ) pour tout λ∈L »; on note alors β−α le multiindice λ↦β(λ)−α(λ), de sorte que c’est l’unique multiindice tel que α+(β−α)=β. Pour tout α∈N(L), il n’y a qu’un nombre fini de multiindices β≤α; les δλ sont les éléments minimaux de l’ensemble N(L)−{0}; la relation α≤β entraîne ∣α∣≤∣β∣, et si l’on a à la fois α≤β et ∣α∣=∣β∣, on en tire α=β. Enfin, on pose α!=∏λ∈L(α(λ))!, ce qui a un sens puisque 0!=1.
Du au § 8 inclus, A désigne un anneau commutatif, et sauf mention expresse du contraire, les algèbres considérées sont supposées associatives et unifères, et les homomorphismes d’algèbres sont supposés unifères